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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #George Roy Hill, #Robert Redford
L'Arnaque (The Sting - George Roy Hill, 1973)Com

Paul Newman & Robert Redford, quatre ans après Butch Cassidy & le Kid, et toujours sous la direction de George Roy Hill : le succès était assuré.

Mais si Newman et Redford pouvaient suffire pour assurer le succès, il valait tout de même mieux proposer une intrigue solide à ces deux mythes : c’est chose faite avec L’Arnaque, accompagné par la musique caractéristique de Scott Joplin qui fut remis au goût du jour pour le grand public.

Et ça a marché !

 

Johnny Hooker (Robert Redford) est un truand à la petite semaine, faisant des petites arnaques avec Luther Coleman (Robert Earl Jones, le père de qui vous savez), jusqu’au jour où ils s’attaquent – in volontairement à du très gros gibier : Doyle Lonnegan (Robert Shaw).

Et Lonnegan n’est pas du genre à faire dans la dentelle, alors évidemment c’est Coleman qui trinque et Johnny qui doit quitter Chicago.

Il rencontre alors Henry Gondorff (Paul Newman) et ensemble ils vont monter cette fameuse arnaque qu’on nous promet tant.

 

Il faut avouer que cette arnaque est un véritable tour de force : on assiste à toutes les étapes de la préparation jusqu’à la réalisation, avec une grande jubilation : ces hommes qui se reconnaissent en se frottant légèrement le nez ajoute une touche de conspiration. Parce qu’il s’agit d’une conspiration : on va venger la mort du pauvre Luther, grand arnaqueur devant l’éternel, maître incontesté du milieu.

Et non seulement cette arnaque va fonctionner magnifiquement et Lonnegan en sera pour ses frais (1), mais le spectateur va lui aussi être victime d’une fabuleuse arnaque, résultat d’un retournement de dernière minute : du grand art !

 

Si le milieu de l’intrigue est la pègre à l’ancienne, on n’en est pas non plus au niveau du Parrain. Les truands sont redoutables (2), mais leurs surnoms ajoutent à la comédie qui est en train de se jouer : rien que le dénommé Lace (dentelle en français) a une stature et une mine patibulaire qui ne vont pas vraiment avec son surnom.

Mais nous sommes dans une comédie qui a – elle aussi – le privilège de se bonifier avec le temps : plus on voit ce film et plus l’arnaque est délicieuse.

Comme pour un roman policier qu’on relit, les différents indices qui permettent la résolution finale sont disséminés dans ce qu’on nous montre : la première vision ne peut pas recouper tout ce qu’on voit, même si une fois le forfait accompli, on en comprend les mécanismes.

Bref, si on se fait arnaquer la première fois, on y revient pour voir comment on a été abusé, et le film n’en devient que plus savoureux.

 

Un dernier mot tout de même.

Si Newman et Redford sont des stars absolues lorsque le film sort, on remarque que les femmes qui les intéressent ne sont pas à leur niveau : sans être laides Billie (Eileen Brennan) et Loretta (Dimitra Arliss) ne sont pas ce qu’on peut appeler des sex-symbols comme on imaginerait les femmes autour de ces deux hommes.

Mais c’est comme ça : ces deux malfrats sont des gens comme les autres et ils ont des goûts très ordinaires.

 

 

  1. Enormes, n’oubliez pas que nous sommes en pleine crise, dans les années 1930s. Un seul plan nous renseigne sur cette période : celui quand Johnny essaie d’échapper à Snyder (Charles Durning), qui le fait traverser une espèce de camp-bidonville près de la station de métro.
  2. C’est la condition sine qua non.
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