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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Cecil B. DeMille
Les dix Commandements (The ten Commandments - Cecil B. DeMille, 1923)

Avec Les dix Commandements, Cecil B. DeMille entame une série de films religieux : suivront le magnifique Le Roi des Rois, Le Signe de la Croix, Samson et Dalila, et bien sûr le remake de ce film qui nous intéresse.

DeMille, sur un scénario de son indissociable collaboratrice Jeanie MacPherson, commence d’ailleurs le film avec l’histoire biblique. Mais, curieusement, ce n’est pas l’intrigue principale. En effet, c’est seulement au bout de 50 minutes qu’on entre dans le vif du sujet avec cette famille qui se désunit quand Danny McTavish (Rod La Rocque), le fils cadet, renie la religion qui l’a élevée et s’en va conquérir le monde au bras de Mary Leigh (Leatrice Joy), une jeune femme aussi mécréante que lui.

 

Mais si cette intrigue est la principale, elle n’est pas vraiment la plus heureuse : DeMille et MacPherson lui donnant un ton édifiant voire un tantinet bigot où le mouton noir est accablé par sa conduite athée et puni pour s’être détourné de Dieu… Bref, pas de rédemption pour ce mauvais sujet qui terminera en enfer, et c’est bien fait pour lui, alors que seront sauvés ceux qui (etc.)…

 

Et on comprend que DeMille soit revenu sur la première partie, en la développant au plus près des Ecritures, même si les intertitres Les citent abondamment pour expliquer les différentes étapes de l’Exode.

Mais surtout, cette première partie développe avec brio la dimension spectaculaire qu’on entrevu déjà dans Male & Female (1919) – Gloria Swanson dans sa robe merveilleuse et le lion – et surtout dans Manslaughter (1922) – déjà une scène de débauche...

C’est une débauche de décors somptueux (de Paul Iribe) dignes des pharaons, avec une utilisation de la foule qui rappelle celle de celui qui fut son maître : D. W. Griffith.

C’est tout simplement magnifique. Et comme c’est Cecil B. DeMille, on ne peut pas passer à côté d’une scène d’orgie, ni d’un sein qui pointe dans un coin de l’image (« cherchez et vous trouverez » - Matthieu, 7:7).

Et question épisodes bibliques, on est servi : la dixième plaie d’Egypte qui tue les premiers-nés ; le départ vers Canaan ; Le mur de feu qui empêche les chars* de Pharaon (Charles de Rochefort) ; la Mer Rouge qui s’écarte ; les Egyptiens engloutis ; Dieu donnant les Commandements à Moïse (Theodore Roberts) ; et l’adoration du Veau d’Or dont parlais plus haut. Il ne manque que le Buisson ardent !

Du grandiose, du spectaculaire, du DeMille, quoi !
On notera surtout Moïse en haut du Sinaï recevant les Commandements, alors que se déchaînent les éléments et les Hébreux qui se croient abandonnés et s’adonnent au stupre (et à la fornication, cela va sans dire, même si DeMille reste tout de même discret à ce sujet : c’est tout de même d’après un texte sacré, et il ne fallait pas heurter les croyances des spectateurs…).

Cette séquence de déchaînement atmosphérique annonce celle qui suivra la mort de Jésus dans Le Roi des Rois, mais ne sera pas aussi violente dans le remake de 1956.

 

On retrouvera cette puissance d’évocation dans la partie moderne avec la construction et surtout, la destruction de l’église, amenant la mort de la mère, symbole de cette religion que Dan a reniée.

Pour le reste, cette deuxième partie – on ne peut plus prévisible, où les bons et mes pénitents survivent – est un peu mièvre si l’on excepte tout de même une structure un peu en miroir.

A chaque fois que le fils (indigne) fuit – sa mère au début, ses responsabilités à la fin –, il pleut à torrent comme si le Déluge recommençait. C’est aussi à ce moment que Mary ouvre une fenêtre – du restaurant, pour voler, au début ; de l’atelier à la fin, pour déposer son message d’adieu.

Entre les deux ondées terribles (manifestation de la colère divine ?), on suit l’ascension puis la déchéance de cet homme sans scrupule qu’est Danny, dont le point culminant – et de rupture – est l’écroulement du mur sur sa propre mère.

 

Dommage que cette seconde partie soit la plus longue…

 

 

* DeMille les recyclera dans son Cléopâtre.

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