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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Carol Reed, #Drame

Un film d’ambiance et de ténèbres.

L’ambiance d’abord. C’est Viennes, au sortir de la seconde guerre mondiale. Mais pas la Viennes romantique ou celle des cartes postales. C’est la vraie, celle des vaincus de la guerre. La ville a été bombardée et beaucoup de ruines figurent dans les plans du film. Et au milieu de toute cette désolation, la grande roue, symbole de ce que fut Viennes avant-guerre, une ville de plaisirs.

Mais cette ville n’est plus, et Carol Reed nous fait entrevoir ce qu’elle est devenue : ruines, gens pauvres, ville quadrillée par les armées victorieuses. On aperçoit un homme qui fouille dans les poubelles ; la logeuse de Anna Schmidt (Alida Valli) qui se promène avec sa vieille couverture sur le dos ; un ancien aristocrate qui joue du violon dans un restaurant pour subsister ; l’importance des cigarettes dans ce monde où sévit le marché noir ; un marchand de ballons.

C’est une Viennes sombre, noire, ténébreuse.

Parlons alors des ténèbres.

L’ombre, par opposition à la lumière, est le personnage le plus important du film. C’est aussi l’ombre des protagonistes de cette histoire. La plupart du film se déroule la nuit, et Reed joue avec talent de l’opposition entre la lumière et l’ombre. Ce sont presque toujours des silhouettes démesurées sur des murs rarement blancs. Ce sont aussi d’autres profils noirs se découpant en contre-jour dans de longs couloirs. C’est aussi le mélange entre les personnes et leurs ombres dans les égouts de la ville.

C’est aussi l’âme noire de Harry Lime (Orson Welles) qui s’est enrichi de manière ignoble. Et c’est un chat noir et blanc qui le dénonce à son ancien ami Holly Martins (Joseph Cotten). Sans ce chat, Holly n’aurait pas crié et réveillé une femme qui allume et éclaire ainsi le visage doux et ironique de Harry, le sortant de l’ombre où il s’était réfugié.

L’endroit le plus lumineux du film se situe à l’hôpital. C’est là que sont a litées les enfants victimes de Harry et de sen trafic mortifère. Reed nous suggère ce que peuvent être ces enfants ravagés par de faux médicaments.

Dernier lieu de ténèbres, les égouts. Cette scène illustre à elle seule qui était Harry Lime. Il fut l’ami de Holly, mais depuis leur séparation, alors que l’un écrivait des histoires de cowboys, l’autre s’enfonçait dans un marché noir de plus en plus terrible. Mais là, sa descente, après avoir été morale devient physique. Il se retrouve dans l’enfer des égouts. Un lieu noir où se déversent les eaux corrompues – comme lui – de la ville. Et sa tentative ultime de s’en sortir – de remonter vers le ciel – est vouée à l’échec, ce qui n’est que justice, tellement l’âme de ce personnage est noire.

Quand il arrive à Viennes, tout est réuni pour annoncer à Holly que ça va mal se passer : Harry n’est pas là pour l’accueillir. Ensuite, en se rendant chez son ami, il passe sous une échelle. Le major Calloway (Trevor Howard) lui conseille de repartir d’où il vient et de passer à autre chose.

Mais il ne sait pas lire ce qui l’entoure et va tout de même enquêter sur ce drôle d’ami. Jusqu’à le perdre totalement.

Et pour quoi ? Pour rien. La femme qu'il convoiterait passe devant lui sans s’arrêter.

Il reste aussi seul qu’au début. Peut-être même plus.

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