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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Greta Garbo, #Monta Bell, #Muet, #Drame
Le Torrent (The Torrent - Monta Bell, 1926)

Elle est jeune et belle. Elle est amoureuse. Elle s’appelle Leonora (Greta Garbo).

Il est jeune et beau. Il est amoureux. Il s’appelle Rafael (Ricardo Cortez).

Entre eux deux – parce que ce n’est pas un amour heureux – Doña Bernarda Brull (Martha Mattox), la mère de Rafael.

Doña Bernarda, c’est l’archétype de la duègne : sèche et mauvaise. Son ambition : faire de son fils un député comme l’était son père.
Alors pour ça, il faut écarter Leonora…

 

« La vie ne vaut d’être vécue sans amour, et c’est vous qui l’avez voulu, mon amour. » Ce vers de Gainsbourg s’applique très bien à ce film de Monta Bell. Car nous assistons à un incroyable gâchis, dû au manque d’amour.
Leonora et Rafael auraient dû s’aimer. Ils étaient faits l’un pour l’autre. Mais la vieille Doña Bernarda veillait et va tout faire pour s’opposer cet amour « honorable », comme le qualifie Rafael. L’honorabilité est d’ailleurs le seul moteur de la famille Brull. Et C’est en son nom que Rafael va renoncer à son bonheur.

Il faut ajouter que Doña Bernarda est conseillée par l’infâme Don Andrés (Tully Marshall), abject à souhait. C’est à chaque fois lui qui tue l’amour dans l’œuf, à chaque renaissance.

Reste un amour contrarié avec une Greta Garbo qui tournait là son premier film aux Etats-Unis. Belle, toujours belle, mais triste, comme souvent. Cette femme sublime qui souffre pour celui qu’elle aime : coiffée d’un châle noir, et filmée par William H. Daniels, elle est magnifique (Ce dernier tournera encore beaucoup avec Garbo, pour notre plus grand plaisir).

Quant au torrent dont il est question, il fait des siennes et nous permet de vivre une belle séquence de catastrophe, quand il déborde et engloutit tout sur son passage.

Le mythe Garbo va naître : elle est déjà (très) belle (je crois que je l’ai déjà dit), et joue un rôle de femme fatale à la moralité douteuse. Cette moralité douteuse qui ne devrait pas l’être sera – déjà – sa perte, ou plutôt celle des amants.

Il est dommage que ce ne soit que Ricardo Cortez qui partage la vedette avec elle (il est d’ailleurs en tête d’affiche. Mais la MGM n’a pas voulu prendre trop de risque avec cette jeune Suédoise qui débarquait à Hollywood. Dommage. Un latin lover comme Ramon Novarro (ou mieux encore, Rudolph Valentino) aurait pu donner un peu plus d’épaisseur à cet homme faible, dirigé par sa mère.

 

Mais rassurons-nous : les deux films suivants de Garbo seront à la hauteur et créeront le mythe !

 

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