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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Terrence Malick
The Tree of life (Terrence Malick, 2011)

 

Fascinant.

Fascinant et déroutant.


La vie à travers les yeux d’une petite fille, qui devient femme (Jessica Chastain), se marie et enfante : trois garçons. Une vie somme toute heureuse avec cette famille bien masculine.

Et puis survient le drame : l’un de ses fils – le cadet (Laramie Eppler) - meurt, à 19 ans.

C’est le chaos dans sa vie.

C’est aussi le retour au chaos originel, à l’autre bout de l’univers, celui qui amena la vie. Cette vie qui s’arrête tôt. Toujours trop tôt.

 

Il y a du Kubrick dans ce film de Terrence Malick, où la référence à 2001, a space Odyssey est plus qu’évidente. Mais alors que le grand Stanley avait joué sur les couleurs en filtrant ses images et sur la vitesse (vertigineuse) pour son voyage vers l’infini, Malick ici prend son temps, et utilise des couleurs qui semblent plus naturelles (1), émaillant ces images de voix conversant avec le disparu.

Mais là s’arrête la comparaison, Malick repartant pour les années 1950s, quand les trois fils étaient enfants, sous la coupe d’un père (Brad Pitt) à l’éducation (très) stricte.

 

Encore une fois, le film est un très bel objet, d’une grande recherche artistique et donnant du panache à une histoire assez ordinaire : le monde à travers les yeux d’un enfant, jack (Hunter McCracken), l’aîné de ce père sévère et injuste, et qui ne sait pas vraiment comment aimer ses fils (comme la plupart des pères de cette époque)…

Mais cette histoire qui pourrait être banale est construite magnifiquement pour devenir une réflexion sur la vie, - et la mort bien entendu – amenant de nombreuses ruptures dans la ligne narrative qui n’a rien d’une droite !

 

Certes, la mort du frère/fils reste omniprésente, et le dialogue entamé au début va se prolonger pendant tout le film, espoir illusoire de faire revivre l’être aimé parti (beaucoup) trop tôt.

Et les différents sites choisis pour le tournage donnent à cette évocation un poids mystique fort, mélangeant la réalité et une éventuelle fiction – un fantasme ? (2) – jusqu’à une hypothétique réunion.

Et alors que ce film traite avant tout de la mort, c’est bel et bien la vie qui l’emporte, par les images, et par les sons.

 

Malick nous ramène sans cesse à l’eau, voire la mer, cette base de la vie terrestre, mais aussi le feu, que ce soit celui du soleil ou d’un volcan actif. Mais sans cesse il y a activité. Sans oublier la musique d’Alexandre Desplat et de ses illustres et glorieux prédécesseurs qui accentue le côté beau de la vie inhérent aux images montrées.

Et quand la vie semble avoir disparu – le voyage de Jack adulte (Sean Penn) – elle sera tout de même là à l’arrivée, avec le paradoxe qui va avec.


Oui, il y a un paradoxe dans ce film : d’un côté la mort qui fauche et de l’autre cette activité trépidante qui fait la vie : les relations familiales, le travail, et l’amour, ingrédient indispensable quand on parle de la vie.

Et ce paradoxe débute avec la mort du jeune frère/fils : le chaos engendré par la perte nous ramène au big bang et à l’arrivée de cette vie.

Il se poursuit ensuite avec l’opposition entre le père, son (ses ?) fils et son épouse, incapable de leur dire et surtout leur montrer correctement qu’il les aime. Et cette incapacité prend toute sa saveur quand on sait le destin tragique qui attend ce deuxième fils, celui qui, comme son père avait des prédispositions pour la musique : là encore, c’est celui qui est le plus vivant (3) qui s’en ira.

 

Un film tout en subtilité, d’une puissance et d’une beauté incroyables.

Mais je comprends qu’on ne puisse pas l’aimer.

 

  1. nous sommes au cinéma, difficile de parler vraiment de « naturel ».
  2. N’oublions pas que « fantasme » et « fantôme » ont la même étymologie.
  3. Un artiste est toujours plus vivant que les autres.

 

 

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