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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #John Huston, #Lillian Gish
Le Vent de la plaine (The Unforgive, - John Huston, 1960)

Audrey Hepburn (Rachel Zachary), Burt Lancaster (Ben Zachary), Lillian Gish (Mattilda Zachary)… Que du beau monde ! Ajoutez à cela l’un des soldats les plus décorés de la seconde guerre mondiale – Audie Murphy (Cash Zachary) – et vous avez ce qui ressemble à un western dans la mouvance de La Flèche brisée, où les Indiens ne sont pas les vrais méchants de l’histoire.

Enfin ça, c’est l’optique du réalisateur quand commence le tournage.

A la fin, ce qui aurait pu être un plaidoyer contre le racisme (anti-indien) se résume à un banal film d’action. Et ce n’est pas moi qui le dis, c’est Huston lui-même.

 

Les Zachary sont éleveurs de bétail. Le père Will a été tué par des Indiens, quelques années plus tôt. Parmi eux vit la belle Rachel, dont les origines sont incertaines puisque le même Will l’a ramenée d’une expédition punitive contre les Kiowas. Est-ce vrai ce que raconte ce vieux fou de Kelsey (Joseph « Dr. No » Wiseman), qu’elle appartenait à la tribu indienne avant d’être ramenée par Will ?

Cette perspective, dans cette contrée reculée des Etats-Unis, divise, et quand les Kiowas viennent réclamer la jeune femme, les choses s’enveniment.

 

Il y a une parenté évidente avec le formidable The Searchers tourné quelques années plus tôt, et c’est tout à fait normal puisque le roman original dont est tiré le scénario a été écrit par le même auteur que pour le film de John Ford. Mais là s’arrête la comparaison, le propos déviant inévitablement sur le conflit manichéen entre Indiens et cow-boys, au grand dam de Huston : la production ne voulait pas d’un western plus moderne

Et comme de bonnes intentions ne suffisent pas à faire un bon film…

Attention : je ne dis pas que ce film est un navet, mais on était en droit d’attendre un résultat plus dans la mouvance un tantinet repentante du cinéma américain envers les Indiens. Surtout qu’il y avait tous les ingrédients pour y arriver.

 

Et on sent que Huston a dû composer pour arriver à ce résultat mitigé. La première partie du film expose lentement mais avec précision la situation, jouant sur le rôle de Kelsey, sorte d’être à moitié chimérique, insaisissable et presque volatile, et surtout dangereux pour celle qui connaît la vérité, Mattilda. Mais tant que Kelsey reste insaisissable, les choses suivent leur cours, avec juste ce qu’il faut d’optimisme et d’humour. Mais nous savons bien que les allégations de ce même Kelsey vont porter leurs fruits et que cette sorte de béatitude (innocence ?) ne va pas durer. C’est quand le fils Rawlins (Albert Salmi) est tué après avoir obtenu la main de Rachel que le film, au rythme fort calme, va s’emballer et surtout que la violence va s’installer.

 

Bien sûr, la violence est inévitable dans un western, mais ici, elle prend une dimension particulière parce que chose peu commune dans ces films à cette époque, les deux femmes principales (Mattilda et Rachel) vont y participer, tuant de sang froid les Indiens venus les attaquer. Même Ben, qui jusque là apparaissait comme un homme pacifique et respectueux des Indiens, va devenir un tueur d’Indiens sans pitié, en (presque) totale opposition avec son attitude initiale.

C’est très certainement ce dernier changement qui plombe le propos du film et le détourne de son but original (mais pas partagé).

 

Alors oui, ça devient un banal film de cow-boys, où un bon Indien reste un Indien mort et où ce qui a pu être tenté vers un rapprochement reste une idée passagère, définitivement abandonnée avec l’assaut final.

Dommage.

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