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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Guerre, #Cecil B. DeMille
Les Bateliers de la Volga (The Volga Boatman - Cecil B. DeMille, 1926)

Si je peste régulièrement contre les traductions approximatives voire farfelues de certains traducteurs (traîtres ?), je ne vais pas m’étendre sur le titre : « Le » batelier de la Volga original est devenu « Les », en rapport direct avec la chanson traditionnelle. Et comme on ne voit pas seulement un batelier mais plusieurs, on ne va pas chipoter.

Ici, le batelier du titre original se prénomme Feodor (William Boyd), il a les cheveux blonds et bouclés, des yeux bleus magnifiques et une voix mélodieuse qui exprime tout à fait l’âme de la Russie.

Enfin c’est ce qu’en dit la princesse Vera (Elinor Fair), à son fiancé le prince Dimitri (Victor Varconi), qui se moque des bateliers, mettant en avant leur saleté et leur triste condition.

Mais nous sommes en 1917, et un vent de révolte souffle sur la Russie éternelle, et on assiste alors à la fin de ce qualificatif.

Feodor devient l’un des chefs de la révolution et attaque les nobles qui n’ont pas encore fui.

Mais subjugué par la beauté de Vera, il ne peut se résoudre à l’exécuter.

 

Nous sommes ici avec ce qu’on peut considérer comme un film moyen, où DeMille ne semble pas en grande forme.

Il faut dire que son équipe habituelle n’est pas au complet : Jeanie MacPherson et Alvin Wyckoff ne sont pas présents au générique, et ça se ressent. Même le montage d’Anne Bauchens, qui a fait mieux, n’est pas extraordinaire.

 

Certes, la photographie est bien léchée, et le film possède quelques teintes qui donnent une qualité supérieure à certains paysages (sur la Volga, par exemple, même si ce n’est pas exactement tourné sur place…).

Mais tout de même, on est un peu déçu du résultat.

L’intrigue est franchement improbable et s’il n’y avait pas Julia Faye et Theodore Kosloff, le film serait très statique.

En effet, ce sont essentiellement des tableaux qui nous sont proposés, avec de temps en temps tout de même quelques scènes d’actions – trop rares – dont la prise du palais par les insurgés rouges qui nous rappelle d’autres séquences épiques tournées par DeMille précédemment. Mais c’est tout de même bien trop peu.

 

Reste tout de même une séquence intéressante et qui montre tout de même que CB n’est pas le premier venu : dans la cave.

Les Blancs oint repris une auberge aux Rouges et décident de s’y installer. Mais une chambre est occupée par Feodor et Vera, en fuite (1).

L’officier commandant les Blancs n’est autre que Dimitri, qui permet à ses hommes de s’amuser avec la jeune femme qu’ils ont enlevé à un Rouge.

Suit alors une très belle séquence où la jeune femme est placée debout sur une table. Les soldats vont tour à tour grimper sur cette table pour ôter un vêtement à la femme, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus.

Mais même si on est chez DeMille – et c’est aussi pour cela que la séquence est belle – on ne voit pas une seule fois la femme se déshabiller : ce ne sont que des plans rapprochés des soldats, les yeux lubriques et la bouche qui s’ouvre à mesure que la femme se dénude.

Bien sûr, Dimitri interviendra avant que tout cela ne dégénère, amenant une série de gros plans sur des visages qui changent progressivement d’expression : celui de Dimitri où se mêle la surprise et la honte d’avoir fait subir ça à sa promise ; ceux des soldats qui se rendent compte qu’ils on fait une bourde, mais qui ricanent tout de même du tour qu’ont pris les choses…

 

Et à part ça ?

Peut mieux faire.

Largement.

 

PS : à noter une partition musicale qui mêle avec bonheur Les Bateliers de la Volga (inévitable) et L’Internationale (bien sûr !). Ainsi qu’un emprunt à Tchaïkovski pour la Valse des Fleurs. (2)

 

  1. Je ne vous expliquerai pas pourquoi, allez voir par vous-mêmes.
  2. Edition vidéo de 2015.
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