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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Robert Zemeckis
The Walk : Rêver plus haut (The Walk - Robert Zemeckis, 2015)

11 septembre 2001. Personne n’a oublié cette date.

Mais bien avant, il y a eu le 7 août 1974.

Ce jour-là, Philippe Petit (Joseph Gordon-Levitt), un funambule, a traversé la distance qui sépare les Tours Jumelles du World Trade Center, sur un fil, au petit matin.

 

Et Robert Zemeckis nous raconte alors comment c’est arrivé. Rapidement, on apprend comme Philippe est devenu funambule, parce que ce n’est pas ça le plus important. Le plus important, c’est comment il a réussi un tel « coup » comme disent les Anglo-Saxons… Sauf la rencontre du vieux sages qui lui ouvrira les portes de cet exploit : Papa Rudy (Ben Kingsley).

Mais il faut avouer que c’est la mise en place de cet exploit le plus passionnant du film. Nous avons l’impression d’assister réellement à une entreprise illégale (ce qui fut le cas : une centaine de règlements ont été enfreints…).

 

Parce que  Zemeckis organise cette expédition comme pour un film de gangsters réalisant un casse : repérage, préparation, mise en place, accomplissement.

Et pendant 90 minutes, on assiste à tous ces préparatifs : les moments d’euphorie comme de découragement et bien entendu les moments forts, déconseillés aux gens qui ont le vertige.
Et moi qui l’ai facilement, j’avoue qu’à certains moments, on est à la limite de supportable. On a beau se dire que ce n’est que du cinéma, l’angoisse subsiste. Jusqu’au bout ? Non

 

Paradoxalement, c’est quand Philippe commence son voyage (sa promenade comme pourrait le dire le titre original…) que toutes les appréhensions s’estompent et qu’on jouit de cette quasi envolée du héros.

Car c’est là qu’est la force de Zemeckis : il aime ses personnages et nous fait partager une certaine empathie envers eux. Rappelez-vous ce que vous avez ressenti en suivant les péripéties de Forrest Gump ou encore l’isolement de Chuck Noland dans Seul au Monde (tous les deux interprétés par le fabuleux Tom Hanks).

 

On retrouve aussi le tandem des films d’initiation : un jeune fougueux et un vieux briscard, qui regardent ensemble vers la même direction, comme Marty et Doc dans Retour vers le Futur. Mais ici, c’est le plus âgé qui décourage le plus jeune (Jusqu’à un certain point, sinon, pas de film…).

Mais si la préparation est passionnante et amène son lot d’émotions fortes en rapport avec le vide, c’est l’exploit en lui-même qui est un véritable tour de force. Nous vivons la traversée, sans avoir besoin d’effet 3D. La concentration de l’artiste face à son fil devient réelle. Nous voyons le décor s’estomper et disparaître pendant que Philippe se met en condition. Jusqu’au premiers pas. Et une fois la prouesse engagée, le monde alentour revient, replaçant cet exploit extraordinaire dans le monde. Et nous regardons époustouflés ce marcheur qui va d’une tour à l’autre, serein, nous faisant partager sa sérénité. On n’a plus peur, on sait qu’il y arrivera.

 

Un hommage magnifique aux Tours Jumelles, recréées magnifiquement, sans une seule fois mentionner la catastrophe du 11 septembre, comme on aurait pu l’attendre. Non, seulement un instant magique qui donna un souffle de vie à ces deux bâtiments, les rendant presque vivantes*. Parce que Philippe ne s’est jamais senti ni ne se sentira jamais plus aussi vivant qu’à ce moment.

On comprend alors encore mieux la tristesse des New-yorkais après leur destruction, qui va au-delà des pertes humaines.

New York sans elle, ce n’est plus tout à fait New York.

 

Eblouissant.

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