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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Sam Peckinpah, #Western

L'Ouest américain. La frontière n'existe plus. La Loi a triomphé. La Civilisation est en marche.

Ce film pourrait faire suite à L'Homme qui tua Liberty Valance. En effet, nous sommes en présence d'un pays en évolution. Petit à petit, ceux qui freinaient son évolution disparaissent : ils sont tués (Liberty Valance) ou essaient vainement de se maintenir.

Mais c'est un western, alors nous attendons une lutte entre le Bien et le Mal. Avec des bons et des méchants, comme autrefois. Mais la tendance est au sabordage. Le Western vit ses dernières heures. Ca a commencé quand les maîtres ont décidé qu'un bon Indien n'était pas obligatoirement un Indien mort. Et Sergio Leone est arrivé. Un petit Italien allait donner aux Américains une leçon de Far-West aux "natives".

Mais les Américains se sont ressaisis, et Peckinpah nous a donné une grande leçon. Ici, il y a des bons et des méchants - comme d'habitude-, mais nous suivons les "méchants".

Et quels méchants : Pike Bishop (William Holden), Dutch Engstrom (Ernest Borgnine), Freddie Sikes (Edmond O'Brien), les frères Gorch, etc...

En face, il y a les "bons" derrière la Loi. Et comme ce n'est pas suffisant, ils utilisent un atout : Deke Thornton (Robert Ryan), ancien "méchant" de la bande de Pike.

Mais Pike et ses hommes sont sur la pente descendante. Ils vieillissent et ne sont plus en accord avec le monde qui les entourent (il faut voir la scène où ils découvrent une automobile).

Le dernier coup américain se solde par un massacre. Ils ont perdu leurs réflexes d'antan, leur technique s'est émoussée. Ils n'ont plus leur place dans ce pays.

Alors ils vont traverser le Rio Grande. Mais là encore, le destin veille, et le compte à rebours fatal a commencé.

Au-delà du destin de ces desperados, Sam Peckinpah continue la mutation du Western. Comme il n'y a plus d'Indiens à tuer, les cow-boys s'entretuent. Mais pour combien de temps ?

Alors Peckinpah n'a aucune concession pour ces (ses ?) personnages : la violence s'étale. Mais en quoi cette violence est-elle exagérée ? En rien.

En effet, longtemps, le Code (Hays !) a permis que des truands de Western meurent d'une balle en pleine poitrine qui laissait leur chemise immaculée. Il était temps que le réalisme prenne le pouvoir dans ce domaine. Alors, évidemment, les scènes explosent de violence et le sang gicle.

Finalement, ce qui reste du film, c'est la fin des illusions. Nos "héros" sont indésirables dans leur pays mais ne peuvent pas s'intégrer ailleurs La vie les a rattrapés. Ils ont vieilli et vont s'en apercevoir. Mais ce sera radical, définitif.

Nous sommes dans un de ces films sur le temps qui passe et broie les êtres. Et Peckinpah, en plus d'avoir réuni un casting prestigieux, réussit son film. Et de quel manière.

Certains pourront s'offusquer du déploiement de violence inhérent au film. Mais pouvez-vous imaginer un tel assaut sans violence ? Et surtout, une violence propre ?

Peckinpah règle son compte au Western : le romantisme est terminé. Il n'y a plus de "brigand bien aimé". Les héros sont fatigués et surtout ne sont plus des héros. Ils ne sont rien d'autre que des criminels, n'en déplaise leurs motivations.

Ce film fait partie de cette mouvance où les réalisateurs ont voulu montrer que même les héros vieillissent. Qu'ils ne sont qu'humains et sont appelés à disparaître, que ce soit par la mort ou par l'évolution du monde autour d'eux. [Voir à ce propos La Rose et la Flèche de Richard Lester]

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