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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #Maurice Tourneur
Fille de Pirates (The wishing Ring: an Idyll of Old England - Maurice Tourneur, 1914)

J’ai eu beau chercher, me creuser les méninges, consulter des ouvrages d’étymologie, je n’ai pas trouvé. Pourquoi cette « Fille de pirates » alors que la seule jeune fille qui nous intéresse est fille de pasteur ?

Encore un coup du traducteur français ! Vu que nous sommes en 1914, ce doit être le père de celui du Grand Bill

Alors que le titre original se suffisait : « L’Anneau aux souhaits : une idylle de la vieille Angleterre ».

Il n’a pas dû voir le film…


Mais cet anneau n’intervient pas tout de suite. Maurice Tourneur installe ses personnages dans leur contexte et surtout dans leur personnalité : le comte Bateson (Alec B. Francis), personnage fréquemment terrassé par des crises de goutte, a un fils étudiant (Chester Barnett). Enfin plus bambocheur qu’étudiant, ce qui lui vaut la paille (pas si humide que ça) des cachots. Renvoyé de chez lui, il n’aura le droit de revenir que quand il aura amassé tout seul un peu d’argent.

Il est embauché par son parrain (Walter Morton) comme jardinier et fait la rencontre de la belle Sally (Vivian Martin), la fille du pasteur (Simeon Wiltsie), qui vient subtiliser les roses du jardin.

Cette dernière va essayer de rapprocher le père et le fils malgré leur différend.

 

Maurice Tourneur est donc aux Etats-Unis quand il tourne cette comédie. C’est un petit film plaisant à regarder, dans lequel la maîtrise du réalisateur se fait sentir, même s’il ne se hisse pas (encore) au niveau de ce qu’il fera ensuite. On sent que tout le monde s’amuse ici, Tourneur le premier, dan cette histoire fort convenue et très prévisible, où les coups de pied aux fesses ne manquent pas mais où oint aussi cet humour un peu plus subtil qui va se développer au fil des ans. La présentation des personnages par un quatuor de vierges (?) récurrent dans le film rappelle le théâtre (1) : on y découvre, une fois le rideau tiré, les personnages les plus importants : Sally, Bateson et son fils Giles. Mais cette présentation est à chaque fois perturbée par un petit détail qui casse l’effet sérieux (faussement) escompté.

 

Quant à l’anneau, tout est fait pour qu’il soit magique et ce, sans utiliser un quelconque trucage : elle souhaite être embrassée par celui qu’elle aime, il le fait à son insu ; elle aimerait de nouveaux habits pour un événement mondain, il court les lui acheter. Si ce n’est pas de la magie (pour elle) tout ça !

Bref, cet anneau est plus anecdotique qu’autre chose, un moyen pour les tsiganes qui se sont installés là de récolter un peu d’argent. La vision de ces gens est d’ailleurs un tantinet équivoque : sans être rejetés, ils ne sont pas montrés sous leur meilleur jour, les femmes étant continuellement allongées sur le sol, dans une propreté franchement douteuse.

 

Par contre, c’est – encore une fois – le formidable Alec B. Francis qui tire son épingle du jeu. Un tantinet ronchon, il est surtout un tyran domestique avec son personnel, et sa crise de goutte peut poser des questions : a-t-il vraiment mal ou le feint-il afin de jouir pleinement d’une certaine oisiveté. Et surtout, avec les visites de la jeune Sally qui est aux petits soins pour lui, cette crise a tendance à se prolonger : l’introduction de l’élément tragique (que je vous laisse découvrir) va révéler des choses et surtout amener l’issue heureuse du film.

Mais qui aurait pu en douter ?

 

  1. Le film est adapté d’une pièce de théâtre d’Owen Davis (sa première au cinéma)
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