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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Raoul Walsh
La Charge fantastique (They died with their Boots on - Raoul Walsh, 1941)

De West Point à Little Bighorn, voici la charge fantastique du titre français de George Armstrong Custer (Errol Flynn) : l’un des pires éléments de l’école prestigieuse militaire – pire que Grant (Joseph Crehan), c’est dire – qui s’illustra pendant la Guerre de Sécession avant de participer aux guerres indiennes qui suivirent le conflit. Et bien sûr, il devint l’un des plus grands héros de l’Ouest américain.

Blanc.

 

Autant le dire tout de suite, la vérité historique n’est pas toujours là. La première partie (jusqu’à la 74ème minute) est à peu près correcte, mais à partir de là, nous nageons dans un à peu près historique qui n’est pas pour déplaire à Raoul Walsh, grand conteur et surtout menteur invétéré du cinéma américain.

Mais peu nous importe cette vérité : nous sommes au cinéma, et c’est avant tout le spectacle qui nous intéresse.

Et du spectacle, ici, il y en a !

Cinq ans plus tôt, Custer avait déjà été la vedette (secondaire) d’un western qui traitait de la même période : The Plainsman. Mais ici, il passe au premier plan, et comme en plus il est interprété par le grand (et beau) Errol Flynn, on aurait tort de bouder son plaisir !

Et en plus, on retrouve à ses côtés une de ses partenaires mythiques : la belle (et talentueuse) Olivia de Havilland (Libby Bacon Custer) qui vient de fêter ses 104 ans (!) le 1er juillet dernier. C’est d’ailleurs leur dernier film ensemble – le huitième (1).

Et comme nous sommes chez Walsh, on ne peut pas passer à côté de l’humour, qui s’exprime essentiellement pendant la séquence à West Point où Custer y fait une entrée remarquée et est pris en grippe par deux personnages qui auront leur importance dans son destin (cinématographique) : Ned Sharp (Arthur Kennedy) et Romulus Taipe (Stanley Ridges).

 

La première partie (73 minutes environ) voit la montée en puissance d’un personnage hors du commun (en ferait-on un film s’il en était autrement ?) et qui va se révéler dans le point culminant : la Guerre Civile. On découvre déjà une forme d’obstination chez ce général malgré lui (et surtout malgré Taipe !) quand on le voit emmener les différents bataillons du Michigan à l’assaut de l’armée de Stuart jusqu’à ce que cela paye : on ne donne pas le nombre de morts que ces assauts ont engendrés. On retrouvera cette même obstination quand Custer décidera d’affronter les Indiens à Little Bighorn, mais pas dans ce film.

Les différentes scènes de bataille de la Guerre de Sécession ne sont d’ailleurs pas sans rappeler les débuts de Walsh en tant que réalisateur : il fut l’assistant de Griffith sur Naissance d’une Nation qui voit déjà une très belle séquence de bataille militaire : celle de Gettysburg (1863).

 

Au bout de 73 minutes, donc, apparaissent les premiers Indiens. Custer a été envoyé dans le Dakota du Sud, à Fort Lincoln, en bordure des Collines Noires.

C’est donc là que la fiction prend le dessus de l’Histoire, puisqu’on y découvre un Custer fort humain voire humaniste. On peut croire ce qui concerne la remise en état du célèbre 7ème de Cavalerie pour en faire un bataillon d’élite, ainsi que son hymne : Garryowen. Vous savez cet air entraînant qui retranscrit très bien le rythme d’une galopade (vous pouvez l’écouter ici à partir de 1 min 17).

Par contre, pour ce qui est des relations avec les Indiens, on a le droit d’être très circonspect. Avec en point d’orgue la réplique de « Queen’s Own » Butler (G.P. Huntley) : « les vrais Américains sont derrière les collines et portent des plumes ». Il fait ici référence aux Indiens de Crazy Horse (Anthony Quinn).

 

Et tout comme dans le film de DeMille, nous assistons à la fin héroïque de notre héros. Mais cette fois-ci, ce n’est pas seulement une évocation : Walsh met les petits plats dans les grands et nous offre un dernier souffle épique ainsi qu’un massacre en règle.

Certes, il conserve le point de vue de Custer et Flynn est aussi fantastique que le titre français, mais on assiste tout de même à une boucherie terrible : Comme on dit chez nous : « ça tombe comme à Gravelotte. » Quant à l’assaut final – à pied – il est d’une rare violence pour un film de cette époque. Ca trucide et ça frappe à tout va : heureusement que le film est en noir et blanc et que le sang ne coule pas autant qu’à notre époque parce qu’on aurait un sol bien rouge.

Il n’empêche, ce final est absolument magnifique : pour une fois que les Indiens gagnent !

 

Si la vérité n’est pas vraiment respectée, on ne peut négliger la situation (géo)politique des Etats-Unis en novembre 1941 : la guerre approche (16 jours plus tard aura lieu l’attaque japonaise à Pearl Harbour).

On y retrouve dans les films de cette année de nombreuses références ainsi qu’un encouragement latent à l’intervention contre les nazis (The long Voyage home, Foreign Correspondent).

Et on peut voir dans le travail de Custer pour créer un bataillon d’élite un encouragement national à l’unité dans le conflit à venir. Les valeurs exaltées dans son discours à son état-major  (avec l’adoption de Garryowen) vont dans ce sens. Et derrière Custer et ses hommes qui partent rencontrer leur destin (fatal), c’est l’Amérique (du Nord, entre le Canada et le Mexique) qui se prépare à entrer en guerre pour combattre les ennemis de la liberté.

Hélas, ce sont les Indiens qui en font les frais.

 

(1) Je sais, ils jouent aussi tous les deux dans Thank your lucky Star (1943). Mais ils n’y sont pas réunis comme dans les autres.

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