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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Harry Langdon
Papa d'un Jour (Three's a Company - Harry Langdon, 1927)

Un, c’est le mari (Cornelius Keefe).

Deux, c’est Gladys, la femme (Gladys McConnell).

Trois, c’est… Harry (Langdon, bien sûr).

« Un, deux, trois », c’est ainsi que nous sont présentés les acteurs du film. Rien d’autre.
Mais s’il est le numéro trois, c’est tout de même Harry le personnage principal.

 

Le titre original (Three’s a Crowd) fait référence à un dicton anglo-saxon – « two’s company, three’s a crowd » – qui signifie que la troisième personne est inutile, voire encombrante.

Mais reprenons.

Harry travaille pour la compagnie Atlas, une société de déménagement. Il est l’unique employé d’un patron exigeant et matinal (Arthur Thalasso).
Gladys est une jeune femme enceinte déçue par son mari et qui donc l’abandonne. Seule, dans le froid elle est recueillie par Harry. Mais le terme de la grossesse est arrivé et la femme accouche d’un bébé qui a les yeux de sa mère et les pieds de son « papa » occasionnel.

Mais le vrai père veut retrouver sa femme.

 

Il s’agit ici du premier film réalisé par Harry Langdon, émancipé de Capra et d’autres réalisateurs.
Si le résultat n’a pas le ressort comique de ses grands succès (Sa dernière Culotte, L’Athlète incomplet…), il n’en garde pas moins la poésie intrinsèque au personnage lunaire de Langdon.
Il a toujours son côté naïf et vaporeux qui fait son charme.

La première séquence avec son patron nous ramène à un domaine connu où nous pouvons nous demander pourquoi ce patron le garde à son service : sa stature est loin der correspondre à celle d’un déménageur, et son efficacité est très contestable. De plus son organisation domestique est, sinon très orthodoxe, en tout cas très efficace !

 

Et cette femme qui lui tombe du ciel, c’est un désir devenu réalité comme l’explique l’épouse de son patron : un véritable conte de fée.

Mais Harry sait qu’il ne sera pas éternellement le père, malgré les prévisions du professeur De Motte. Et cela nous permet d’assister à un rêve magnifique, où le vrai père de l’enfant est le méchant, rejeté même par sa femme, et que Harry va devoir combattre. Et comme c’est un rêve, les personnages et les accessoires apparaissent soudainement mais naturellement : personne ne s’inquiète de tous ces changements subits.

 

Je le redis, on rit moins que dans les autres films susmentionnés, mais par contre, le sujet choisi est plutôt déroutant pour un comique comme Langdon. Non pas parce qu’il exprime très bien sa délicatesse, mais par le contenu de l’intrigue : une femme abandonne son mari alors qu’elle est enceinte, et va accoucher chez un parfait inconnu. N’oublions pas que nous sommes en 1927 ! Certes, le code Hays n’est pas encore d’actualité, mais tout de même, il y avait de quoi exciter les ligues de vertu !

 

Mais, de par cette situation (ainsi que le titre original), la fin – du point de vue de Harry – ne peut pas être heureuse. Et cette fin annoncée est amenée avec la subtilité de ce grand acteur, seul dans la rue, sa lampe à pétrole (accessoire primordial du film) dans la main, tel Diogène cherchant un homme.

Reste alors la délicatesse d’un comique éthéré, un peu oublié (hélas) à côté des géants : Chaplin, Keaton et Lloyd…

 

 

 

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