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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Ken Russel
Tommy (Ken Russell, 1975)

Sept ans après la sortie de l’album, Ken Russell adapte le fabuleux (le mot est faible) « opéra-rock » de Pete Townshend.

Bien entendu, le 4 membres des Who sont aussi parties prenantes de la distribution.

Si Roger Daltrey endosse tout naturellement le rôle-titre, seul  Keith Moon interprète un rôle pertinent. John Entwistle et Pete Townshend se cantonnant à quelques apparitions en tant que musiciens et rien d’autres.

Tommy est – à peu près – le premier album-concept du rock’n’roll, ce que le générique appelle un « opéra rock ».

Il n’est pas question ici de définir ce qu’est un « opéra rock » et les constantes de l’opéra qu’on doit trouver dans le rock. Bref, la terminologie ne nous intéresse pas ici.

Il s’agit avant tout de raconter l’histoire de Tommy, jeune homme qui dans son enfance a dû faire avec de sacrés traumatismes :

  • Son père (Robert Powell) est mort à la guerre ;
  • En fait, il n’est pas vraiment mort, et il revient chez lui, découvrant sa femme (Ann-Margret) dans les bras (et le lit) d’un autre homme (Oliver Reed) ;
  • Comme Frank (l’amant) tue le père de Tommy sous les yeux de ce dernier, sa maman et son beaupère lui font comprendre qu’il ne doit garder aucun souvenir de cette scène lamentable.

Non seulement Tommy accepte, mais il en profite pour être aveugle, sourd et muet et doit affronter le monde ainsi.

 

On pouvait attendre de la part de Ken Russell un « opéra rock » flamboyant, avec force scènes de décadence et moult scènes choquantes. Et étrangement, il n’en est rien.

 

C’est un festival d’images fortes mais au bout du compte assez « soft » comme disent nos amis britanniques. Les seules femmes nues qu’on peut voir sont des affiches d’un commerce que tient le beau (?) Frank. Pour le reste, si Ann-Margret est très belle (euphémisme) elle reste dans les limites de la décence (est-ce vraiment un bien ?).

Bref, on aurait pu attendre un peu plus de la rencontre entre les Who et Ken Russell.

Il n’en est rien.

 

Toutefois, les images qui nous sont proposées ne sont tout de même pas si édulcorées que ça.

On pourrait même (presque) qualifier ce film de « surréaliste » tant les images qui nous sont proposées relèvent avant tout du rêve (Tommy) que du fantasme (sa mère).

Avec un point culminant quand la télé explose, lâchant une mousse savonneuse puis un déluge de haricots qu’on croirait tout droit sortis d’un tableau d’Andy Warhol ainsi qu’une dernière matière que même moi, daltonien notoire, ait du mal à ne pas prendre pour ce qu’elle est.

 

Et puis, il y a – surtout – la musique.

On retrouve l’album, un tantinet chamboulé mais toutes les chansons sont là, interprétées parfois par quelques pointures – Eric Clapton, Tina Turner ou Elton John – des stars qui sauront revenir au concert spécial que les Who donneront à la fin des années 1980s.

Tout de même, l’actualisation (i.e. : utiliser les sonorités de la décennie suivante) ne fut pas une bonne idée.

Non seulement la musique y acquière une marque temporelle, mais en plus, ça n’y apporte rien de transcendant (ce qu’on pouvait attendre).
 

Oui, on peut voir le film pour ce qu’il est : une adaptation soft de Ken Russell. Mais il faut avant tout se concentrer sur la musique originale de l’immense Pete Townshend, un chef-d’œuvre de musique rock.

Et puis c’est tout.

 

 

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