Un avant GoldenEye (n°17 de la série), c’était Albert Saltzman qui disparaissait. Cette fois-ci, c’est Albert R. Broccoli qui s’en va, l’année avant la sortie de ce dix-huitième opus des aventures de notre agent secret préféré (1).
Et encore une fois, James Bond (Pierce Brosnan) nous revient en force, avec moult poursuites et situations périlleuses, sans oublier les jolies filles et bien sûr un méchant mégalomane et psychopathe (comme d’habitude, quoi) : Elliot Carver (Jonathan Pryce).
Cette fois-ci donc, le méchant est un tantinet différent des autres puisqu’il possède un empire médiatique – un tycoon, donc – et en use (et abuse) pour faire l’actualité, dans le but ultime de déclencher un cataclysme mondial dont il retirera tous les bénéfices.
Mais heureusement James Bond veille, et à l’aide de Wai Lin (Michelle Yeoh), des services secrets chinois, elle va déjouer cette lamentable tentative et, comme d’habitude, tout se terminera bien.
Par contre, à nouveau, c’est la façon dont il va y arriver qui retient notre attention, cette fin heureuse étant indissociable des différents éléments de la série.
C’est Roger Spottiswoode qui a la lourde tâche de mener à bien cette nouvelle histoire, et encore une fois, on constate que Spottiswoode ne fait pas spécialement dans la dentelle, mais il reste tout de même dans la verve des productions EON (2), renouvelant (un peu) les différentes poursuites. Il faut dire que lors du dernier opus, la poursuite en char d’assaut a laissé des marques : il n’est pas facile d’envisager un engin plus encombrant, alors Spottiswoode revient à la moto, avec les variations dues à l’attachement entre Bond et Lin du fait d’une paire de menottes les reliant. De plus, tout comme Clint Eastwood et Sondra Locke dans The Gauntlet, c’est un hélicoptère qui leur fait la chasse, créant un peu de remue-ménage à Saïgon.
L’autre poursuite (antérieure à celle-ci), concerne un véhicule plus traditionnel : une voiture. Mais la grande différence tient dans le fait que James n’est à aucun moment derrière le volant, couché qu’il est sur la banquette arrière et télécommandant grâce à son téléphone portable : déjà, en 1997, on pouvait (presque) tout faire avec un GSM (3)…
D’une manière générale, c’est une débauche de gadgets avec pourtant une courte apparition de l’ineffable Q (Desmond Llewelyn, qui fait ici son avant-dernière apparition au cinéma mais aussi dans ce rôle), qui a donc moins de temps pour pester contre Bond.
Et comme nous sommes en Orient, nous avons droit à une démonstration d’arts martiaux par Michelle Yeoh qui n’a rien à envier à Jackie Chan pour la maestria.
Et d’une manière générale, le film est très (trop ?) rythmé, ménageant très peu de temps morts, sans pour autant nous abreuver de plans consécutifs différents comme ce sera le cas quelques années plus tard au cinéma.
Alors oui, c’est spectaculaire, c’est efficace, Pierce Brosnan est un interprète décidément très bien choisi, et même la relation entre Moneypenny, Bond est M (Judi Dench) est savoureuse.
Mais malgré tout, c’est peut-être un peu trop, et on aurait peut-être pu avoir un peu plus de calme et de sérénité.
Mais ça, c’est un peu le péché mignon de Spottiswoode, qui se laisse facilement emporter par l’action, délaissant parfois des éléments plus subtils.
Mais ne boudons pas notre plaisir : l’objectif premier est de passer du bon temps et c’est bel et bien le cas ici.
PS : A noter la présence de Vincent Schiavelli, au physique particulier (4), dans le rôle du Dr. Kaufman qui n’est pas vraiment un disciple d’Hippocrate puisqu’il a tendance à faire mal plus qu’à soulager. Son entrevue avec James Bond est une séquence agréable dans ce maelstrom de péripéties.
- Après Austin Powers, cela va sans dire…
- Les propriétaires de la franchise.
- Comme disent nos amis Belges.
- Il était surnommé « l’Homme aux yeux tristes ».
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