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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Horreur, #Francis Ford Coppola
Twixt (Francis Ford Coppola, 2011)

Il y a toujours une raison. Toujours une raison pourquoi un jeune écrivain talentueux plein de promesses devient un écrivaillon de seconde zone alcoolique, faisant la tournée des petits patelins pour promouvoir un énième roman de sorcellerie. Et Hall Baltimore (Val Kilmer) en a une de raison.

Cette raison, c’est sa fille Vicky (Fiona Medaris), disparue dans un accident de bateau.

Quand Hall débarque à Swann Valley et qu’il rencontre le shérif LaGrange (Bruce Dern), ce dernier lui parle de deux éléments qui vont peut-être pouvoir relancer sa carrière : l’assassinat de plusieurs enfants cinquante ans plus tôt, ainsi qu’une jeune fille retrouvée avec un pieu dans le cœur comme un vulgaire vampire.

D’ailleurs, LaGrange lui propose une association pour en tirer un livre. Hall accepte.

 

On pourrait appeler ça un film Canada Dry : ça ressemble à du Stephen King, mais ce n’est pas du Stephen King. Et d’ailleurs, Coppola s’en joue à travers LaGrange qui compare Baltimore à un sous-produit du maître de l’épouvante. Et on peut confirmer que Coppola n’est pas King, même s’il en est un autre. Son final est un tantinet extrême et la dernière réplique, si elle provoque le sourire ne rattrape pas ce qu’on pourrait appeler une « faute de goût. » Oui, une faute de goût parce que tout ce sang qui dégouline dans un bouquet final aurait tendance à faire oublier les très beaux effets visuels précédents.

 

En effet, Baltimore, alcoolique, donc, a tendance à s’endormir (quand il ne prend pas une cabane à chauve-souris sur le crâne). Et dans ses rêves, l’hôtel qui a accueilli les meurtres d’enfants est ouvert et on rencontre un auteur d’histoires extraordinaires (1) qui tel Diogène se déplace avec une lanterne et accompagne l’autre écrivain dans son parcours onirique.

Parce que la grande différence avec le monde de King, c’est que tout ça, c’est du rêve (2). L’ambiance un brin mortifère ne va se dérouler qu’une fois Baltimore endormi, mêlant les époques et les faits divers, la jeune Virginia (Elle Fanning, toujours aussi formidable) étant le fil rouge de tout cela.

 

C’est d’ailleurs son apparition qui fait basculer le film dans le fantastique, avec un travail sur les images qui, à lui seul, vaut le déplacement. Le travail de Mihai Malaimare Jr. Est magnifique, donnant aux images un faux aspect en noir et blanc toujours trahi par quelques teintes en couleurs (3) qui vont aussi contribuer à teinter l’intrigue.

De plus, l’éclairage blanc qui se reflète sur les différents personnages ressurgis du passé accentue l’aspect irréel du rêve de Baltimore sans en affecter l’effet, créant l’atmosphère d’épouvante nécessaire recherchée.

 

Bref, Coppola retourne à ses premières amours (Dementia 13, 1963), avec son expérience accumulée en près de 50 ans de carrière, donnant un effet plus saisissant à son film, tournant avec autrement pus de moyens, mais sans toutefois arriver au sommet du genre que fut son Dracula vingt ans plus tôt.

Dommage.

 

  1. Oui, c’est Edgar Poe (Ben Chaplin).
  2. Vraiment ?
  3. Etant daltonien, je ne parlerai pas de cette teinte qui m’apparaît entre le vert et l’orange mais doit plus appartenir au rouge du fait du contexte…
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