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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Stéphane Meunier
Un Village presque parfait (Stéphane Meunier, 2014)

Au début, il y a Doc Hollywood (Michael Caton-Jones, 1991).

Puis, il y a La grande Séduction (Jean-François Pouliot, 2003), tourné au Québec.

Et comme on est sur des périodes de 12 ans, en 2015, c’est donc le film de Stéphane Meunier qui sort, reprenant cette histoire de médecin de la ville cantonné en milieu (très) rural.

Ici, il s’appelle Maxime Meyer (Lorànt Deutsch), et se retrouve médecin de campagne à Saint-Loin-la-Mauderne (1) – qui bien sûr n’est ni proche ni moderne – à l’instigation de Germain Lesage (Didier Bourdon), qui a besoin d’un docteur pour l’implantation d’une usine dans sa ville afin de la sauver : il n’y a plus d’activité professionnelle depuis bien longtemps, et même l’école a fermé.

 

Autant le dire tout de suite, le docteur se plaira et la ville aura son usine. Mais ce n’est pas là que réside l’intérêt du film. Non, Stéphane Meunier réussit à construire une comédie subtile dans un milieu qui ne l’est pas fondamentalement : c’est bien connu, les paysans sont des gens frustes et arriérés.

Au-delà des stéréotypes qui sont évacués très rapidement, c’est une belle histoire un tantinet optimiste sur fond de terroir recréé qui nous est proposée ici. Parce que tout y est faux. On va tenter de séduire le docteur pour qu’il s’installe durablement, quitte à lui mentir sans vergogne et surtout sans état d’âme : la fin justifie les moyens.

 

Alors on s’amuse des différents stratagèmes employés par ces villageois aux abois et surtout la prestation de Didier Bourdon qui mène avec bonheur ses « administrés ». A ses côtés, on trouve un duo de choc truculent et complémentaire : Henri (Denis Podalydès) et Yvon (Lionel Astier), véritable garde rapprochée de Germain Lesage et complices jusqu’au bout des turpitudes communales.

En face, Lorànt Deutsch est un médecin ultra parisien un tantinet caricatural – normal, quand on fait de la comédie, il ne faut jamais hésiter à forcer le trait – et on passe rapidement sur sa grande jeunesse (33 ans) pour un chirurgien esthétique plutôt émérite.

Parce que c’est tout ce qui concerne ce village qui nous intéresse le plus : la longue file des villageois qui s’en va toucher le RSA tous les 5 du mois, avec son lot de honte ; le centre culturel que représente le café de Josiane (Armelle), et l’église qui est devenue un lieu de rassemblement dont la religion a disparu depuis longtemps.

 

Evidemment, le cadre et les habitants sont sympathiques et on ne doute pas une seule seconde que le médecin finira par aimer l’endroit. Et puis de toute façon, nous spectateurs sommes aussi conquis par cette communauté de menteurs par occasion et surtout par besoin.

Mais on ne peut s’empêcher de voir avancer à grand pas cette idéologie ultralibérale qui détruit tout sur son passage, remplaçant les gens par des machines et faisant mourir progressivement les petites villes et les villages au nom de la rentabilité.

C’est le cas ici, même si ce n’est pas le propos du film.

Alors on ne peut pas en vouloir beaucoup à tous ces « menteurs » qui n’ont qu’une envie : la victoire de la vie sur le système.

 

PS : on notera la photo du président de la République dans la mairie…

 

  1. La ville est jumelée avec Sainte-Marie-la-Mauderne, ville où  se déroulait le film québécois de 2003.

 

 

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