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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Drame, #Kristina Buozyte, #Bruno Samper
Vesper (Kristina Buozyte & Bruno Samper, 2022)

Vesper (Raffiella Chapman) est une jeune fille qui vit seule avec son père paralysé – Darius (Richard Brake) – dans un monde post-apocalyptique : les écosystèmes ont été détruits – par les humains, bien entendu – et seules les Citadelles produisent des graines à usage unique aux « paysans » qui vendent leur sang pour les acheter. Ce sang servira aux habitants de la Citadelle de prolonger ad libitum leur vie…

Un jour, un vaisseau de la Citadelle s’écrase, avec à son bord Elias (Edmund Dehn) qui ne survivra pas, et Camellia (Rosy McEwen). Cette dernière est hébergée et cachée par Vesper, parce que la Citadelle veut la retrouver.

 

« Une graine peut tout changer » annonce l’affiche qui voit une silhouette (Vesper) devant une structure difficilement identifiable quand on n’a encore rien vu : le croisement d’un champignon, d’un arbre et d’une pieuvre, dans un décor crépusculaire. Bref, du sensationnel à prévoir. Cette structure est, bien évidemment la Citadelle dont dépend Vesper : un monde supérieur qui n’a que très peu de rapport (voire pas du tout) avec des gens comme elle et son père. Et les deux réalisateurs, Kristina Buozyte et Bruno Samper, vont plus loin dans leur description de ce monde : nous sommes dans une société qui ressemble à celle du Moyen-âge, mais possède tout de même des technologies avancées.  Théoriquement, Vesper ne devait pas rencontrer Camellia, mais il faut bien un déséquilibre pour avoir une intrigue !

 

Et ça marche ! Nous sommes dans un univers très particulier qui, s’il se situait en ville, aurait eu toutes les chances de relever du steampunk : tout est sombre et technologique, dans un univers uchronique…

Mais nous sommes à la campagne, ou plutôt ce qu’il en reste : des arbres et très peu de cultures, contrôlées. Bien entendu, cette campagne est hostile, comme on peut s’en rendre compte lors de la poursuite par deux « soldats » de la Citadelle : nous avons droit à une autre herbe rouge, beaucoup plus dangereuse que celle de H.G. Wells.

Autre danger de la campagne : Jonas (Eddie Marsan). C’est lui qui traite avec la Citadelle, possédant du coup une ferme très productive, et une famille très prolifique puisqu’il s’accorde toutes les femmes de la région. Et en plus, c’est le frère de Darius…

 

Bref, tous les ingrédients sont là pour passer un bon moment, et les différent€s interprètes sont à la hauteur de l’enjeu. Eddie Marsan est encore une fois impeccable, bien que du côté obscur, mais c’est surtout Raffiella Chapman qui tire pleinement son épingle du jeu. Les deux réalisateurs ont de suite pensé à elle et on ne peut qu’approuver ce choix. Elle joue juste sans tomber dans certains travers possibles comme l’outrance. Certes Vesper vit des choses dures, mais elle exprime les émotions de son personnage avec juste ce qu’il faut de retenue. Bien sûr, le rôle de Richard Brake n’est pas spécialement reluisant : il est cloué au lit (infirme) et tout doit donc passer par son regard qui, s’il semble un peu toujours le même ne l’est pas et va tout de même établir la connexion avec Vesper et, heureusement pour nous, le spectateur.

 

Comme nous sommes dans une œuvre de science-fiction, nous avons droit à quelques effets numériques. Ils vont émailler le film sans pour autant le surcharger, certaines créatures nous rappelant le magnifique Avatar de James Cameron. C’est une utilisation subtile et raisonnable, la primeur étant donné aux différents interprètes.

Bref, une bien belle curiosité, loin du clinquant hollywoodien (1), prouvant, s’il en était besoin, que le cinéma européen a encore de beaux jours devant lui.

 

  1. J’aime bien ça aussi…
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