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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Maurice Tourneur, #Mélodrame, #Lon Chaney
Le Secret du bonheur (Victory - Maurice Tourneur, 1919)

Axel Heyst (Jack Holt) est un homme qui vit seul et très heureux, sur une île (déserte, bien sûr), et qui suit les préceptes que son père a couchés dans un ouvrage.

Deux grandes idées ressortent de son mode de vie (outre l’isolement) : éviter les femmes et ne pas tuer quelqu’un.

Mais alors qu’il vient régler ses dernières affaires et ainsi quitter la « civilisation », il rencontre Alma (Seena owen), une jeune femme malheureuse, qu’il emmène avec lui.

Plus tard, trois individus louches débarquent sur son île, à la recherche de son or…

 

Si le titre original est assez abscons, que dire de sa traduction française ? Alors, Victory ou Le Secret du bonheur ?

Toujours est-il que pour le spectateur, rien qu’en lisant le générique, il sait déjà que les deux préceptes phares de monsieur Henry Heyst vont voler en éclat : en effet, nous avons pour la femme la belle Seena Owen, et pour l’infâme l’immense Lon Chaney.

Comment ne pas succomber à l’une et ne pas se débarrasser du second ?

Rassurez-vous, il n’y arrive pas.

 

Maurice Tourneur retrouve une partie de la distribution de son film précédent : Jack Holt, Seena Owen et Wallace Beery s’y trouvaient déjà.
Et encore une fois, on retrouve un homme qui se démarque des habitudes de ses contemporains, préférant la solitude à la société, menant une vie où aucune femme n’a de place. Si ce n’est pas un misanthrope, ça y ressemble un tantinet tout de même.

Il faut dire que la société qui lui est proposée près de sa retraite a des raisons de vous donner envie de partir.

 Nous sommes aux Indes orientales hollandaises, dans un palace pour touristes fortunés ou qui le semblent, tenu par August Schomberg, un propriétaire louche : c’est normal, c’est Wallace Beery qui l’interprète. Outre une bêtise crasse et une obséquiosité intrinsèque au personnage, Schomberg possède un goût pour les jeunes femmes qui prend sa source dans son mariage : sa femme n’est plus toute jeune – tout comme lui – et un peu de nouveauté semble sa devise.

Autre élément de cet hôtel : un orchestre de femmes dirigées – à la scène – par Zangiacomo, mais dans la vie, c’est Madame qui tient la baguette !
Pas étonnant donc que Zangiacomo louche lui aussi sur la belle Alma.

Tout est donc fait pour que Heyst rencontre Alma.

Voila donc une première partie de question qui se résout.

 

Comme Heyst a emmené Alma avec lui, Schomberg, dépité fait appel à un trio de brigands assez croquignolets : Mister Jones (Ben Deeley), un grand blond, froid comme la mort ; Ricardo (Lon Chaney), un homme de main fourbe et lanceur de couteaux ; Pedro, une brute qui sait régler certaines situations sans réfléchir.

C’est un curieux équipage que nous voyons là, mais qui prend toute sa place dans la présente intrigue. Si ces affreux ont décidé de dépouiller Heyst, Ricardo a en outre le dessein de repartir avec la belle Alma. Encore une fois, on retrouve Lon Chaney en butte à un amour impossible, mais à la différence de certains rôles qu’il interprètera plus tard, il n’y a aucune rédemption de prévue pour lui. Il disparaîtra et personne ne pleurera.

Mais sa présence nous permettra de jouir d’un beau flashback racontant la rencontre de Jones et lui avec Pedro (Bull Montana) et un des services que ce dernier a pu leur rendre.

A chaque fois, Tourneur n’hésite pas et nous montre des scènes plutôt violentes (surtout pour l’époque), dont un homme qui s’effondre dans un feu…

Il semble que les spectateurs de l’époque aient eu des frissons lors des diverses projections.

 

Ce personnage fourbe comme Chaney savait si bien les interpréter est aussi la deuxième cause de non respect du mode de vie initial de Heyst.

Et malgré tout, il se rend compte que l’histoire se termine très bien pour lui.

 

Ce qui nous amène à répondre à la question du début : Victory ou Le Secret du Bonheur ?

Pour ma part, je penche pour Victory, et ce n’est pas pour les raisons habituelles liées à un quelconque traducteur : si le secret du bonheur, c’est d’aimer et de tuer des gens, je pense que c’est un peu extrémiste.

Et surtout, il me semble que, en dehors des périodes de guerre, ce n’est pas tellement autorisé…

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