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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Patrice Leconte, #Michel Blanc
Viens chez moi, j'habite chez une Copine (Patrice Leconte, 1981)

Guy (Michel Blanc) est un fléau.

Dragueur, fainéant, menteur, voleur, arnaqueur (etc.), c’est une personne peu recommandable. Bref, avec un ami comme ça, plus besoin d’ennemi. Et pourtant, c’est (certainement) le meilleur ami de Daniel (Bernard Giraudeau), déménageur qui vit chez Françoise (Thérèse Liotard), sa petite amie.

Alors quand Guy est viré – pour avoir essayé d’abuser un client de trop – il se tourne vers le couple pour être hébergé « pour une ou deux nuits, juste pour dépanner ».

C’est à partir de ce moment que la vie du couple va devenir un véritable enfer.

 

Michel Blanc, qui avait été révélé par Les Bronzés trois ans plus tôt, se démarque de la troupe du Splendid et retrouve Patrice Leconte pour une nouvelle comédie, à mi-chemin entre ce premier film et celui qui le verra passer derrière la caméra, Marche à l’Ombre.

Et Guy incarne la transition entre les deux personnages repères de ces deux œuvres : Jean-Claude Duse (Bronzés) et Denis (Marche). Mais déjà, malgré son physique (autre source de comique), Guy est non seulement entreprenant, mais il arrive à ses fins, collectionnant les « fiancées » d’un soir (d’une nuit).

 

Oui, Guy est un fléau, un fléau social qui détruit tout ce qu’il approche, et surtout les relations humaines qu’il a pu tisser : en quelques semaines, il va réussir à être viré de son travail (dans un garage), virer Daniel du sien (une histoire de vol de bouteilles de grand crû) et en outre séparer le couple. Un fléau, je vous dis !

Mais si ce couple est un tantinet coupable d’abonder dans le sens de ce personnage singulier, il faut avouer qu’il est difficile de lui résister : c’est toujours avec de bonnes intentions qu’il intervient dans leur histoire. Et si Daniel se fat virer de chez Françoise, ce n’est pas seulement de la faute de Guy. De plus, son physique – supposé disgracieux comparé à celui de Bernard Giraudeau – joue en sa faveur : il a une bonne tête et on a tendance à tout lui céder. Bien entendu, une fois qu’on a commencé, c’est un engrenage, on met un doigt et le bras s’en va.

 

Au final, Michel Blanc pose les bases de ce qui va être son premier film. Le duo (mal assorti) du bellâtre et du gringalet au physique plus ingrat est là (et bien là) et les différentes confrontations sont un véritable régal : les dialogues sont à la hauteur de l’enjeu, signés eux aussi par Blanc. Quant à son personnage, il est lui-même une transition sociale entre J-C, et Denis : Guy est en train de glisser progressivement vers la marginalisation. Alors que Duse était un type malchanceux avec les femmes mais avec une situation financière stable (il est capable de se payer des vacances exotiques), Guy est tout d’abord viré de son boulot (deux fois) puis en instance d’expulsion. Denis devient alors le stade suivant de son évolution (négative) puisqu’il est à la rue. Certes, il n’est pas seul : à chaque fois il y a une bonne poire qui supporte ses frasques, et si à chaque fois ses deux souffre-douleur sont excédés et décident de se séparer de lui, ils lui reviennent inexorablement. Parce que Guy (comme Denis) est avant tout un type attachant.

 

Bref, un personnage attachiant.

 

PS : Renaud, qui signe une partie de la bande originale – la chanson-titre est une très belle illustration de l’intrigue – reviendra dans Marche à l’Ombre pour donner le titre du film suivant (tiré de la chanson que Michel Blanc/Denis interprète dans le métro à un endroit hautement stratégique…).

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