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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Edward Dmytryk
L'Homme aux colts d'or (Warlock - Edward Dmytryk, 1959)

La première fois, c’était un mardi.

Eddy Mitchell proposait ce film à sa Dernière Séance. Et après la présentation d’usage, nous avions enfin le droit de voir Henry Fonda et ses colts d’or qui faisaient rêver.

Il faut dire que le titre original laissait moins de place au fantasme : Warlock.

Qu’est-ce que Warlock ? Une petite ville américaine en bordure de désert où le shérif ne reste pas bien longtemps, chassé par la bande de McQuown (Tom Drake).

Les habitants décident alors d’embaucher leur propre marshal, même s’il a des méthodes un tantinet expéditives voire illégales.

Ce sera Clay Baisedell (Henry Fonda), à qui furent offerts deux pistolets en or pour ses services rendus.

Mais tout le monde n’approuve pas ces méthodes, à commencer par un ancien de la bande de McQuown, Johnny Gannon (Richard Widmark).

 

C’est la fin de l’âge d’or du western à Hollywood. Les sujets plus délicats sont posés : peut-on, pour ramener l’ordre, utiliser les mêmes pratiques que ceux qui le dérangent ? C’est le débat qui secoue les habitants – lâches – après le départ de leur énième shérif (1). Le juge Holloway (Wallace « Phroso » Ford) est pour le légalisme, mais il est bien seul.

Mais quand Clay apparaît, tout se dissipe et l’action va pouvoir commencer.

Et on retrouve encore une fois le thème cher à ce réalisateur tourmenté : le rachat.

Lui-même en quête de ce même rachat suite à ses prises de position et dénonciations pendant la chasse aux sorcières du maccarthysme, il offre à Widmark un rôle ambigu (au départ) celui du renégat (pour ses anciens partenaires).

La séquence d’introduction est pourtant bien claire : alors que s’égrène les différents noms de participants principaux (pas seulement les acteurs et actrices), on voit défiler la bande de hors-la-loi. Et c’est une fois que le générique se termine qu’on aperçoit enfin Gannon-Widmark, à la traîne, comme déjà en partance. Et cette position va durer jusqu’à la rupture inévitable, et la mort de son frère (Frank Gorshin) – tué par Clay – n’y changera rien : Gannon a rejoint le camp des « gentils », même si ce terme s’applique mal à Clay et son partenaire Tom Morgan (Anthony Quinn).

 

Parce que la position de Clay Baisedell est des plus ambiguës : il prévient tout le monde, dès son apparition en ville, qu’il y aura de la violence. Et il tient ses promesses. Sa première entrevue avec McQuown et sa bande est l’un des grands moments du film : le « Marshall » s’impose sans tirer un coup de feu, mais on sent tout de même que ça ne va pas durer.

Et paradoxalement, l’opinion va changer alors que Clay va faire ce pourquoi il a été engagé : il va tuer les contrevenants, sans distinction, pendant que Gannon va entrer dans la légalité : à aucun moment il ne tire sur quelqu’un, rejoignant alors le parti du juge Holloway, montrant que sa philosophie est la bonne.

 

Et les colts d’or, dans tout ça ?

Il faut attendre l’affrontement final (inévitable et attendu) pour que Clay les sorte : de leur cachette (on ne les voit pas avant, même pas en arrière-plan) et surtout le leurs étuis.

Mais cet affrontement final amène une nouvelle rupture : l’explication ne se déroulera pas comme prévue, et la fin ne se fera pas dans le soleil couchant.

Mais fort heureusement, les vrais méchants seront châtiés et l’ordre voulu s’installera.

 

[Attention ! Le paragraphe suivant révèle une partie de l’intrigue finale.]

 

Et les femmes ?

Elles sont deux, et très différentes l’une de l’autre. Bien sûr, ma préférence va à Lily Dollar (Dorothy Malone), qui incarne une femme mûre et forte (2), comparée à Jessie Marlow (Dolores Michael) plus jeune et diaphane. Chacune choisira son homme qui, chose curieuse, ne sera pas vraiment en accord avec sa personnalité propre.

En effet, Lily Dollar (ça sent bon le pseudonyme tout ça) n’est pas vraiment du côté de la morale alors qu’elle va choisir Gannon qui est le repenti de l’intrigue et terminera dans le camp des bons. Alors que Jessie, plus respectueuse de la loi, choisit Clay Baisedell qui, sans être le grand méchant de l’histoire, n’est pas vraiment le héros admiré de tous, sans oublier ses méthodes déjà évoquées plus haut.

 

Un  western particulier et qui eut beaucoup de succès, ce qui était mérité. On a tort de ne voir en Dmytryk qu’un technicien doué : c’était un réalisateur très capable et si les acteurs ont à chaque fois bien soutenu ses films, ce n’était pas seulement du fait de leur propre talent.

Mais son implication dans le maccarthysme ne lui a jamais été pardonnée, alors qu’il n’en fut pas de même pour Elia Kazan qui eut la même attitude à la même époque.

 

  1. Dans le bureau, une liste est gravée sur un mur.
  2. Dorothy avait presque 10 ans de plus que l’autre actrice.
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