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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Robert Zemeckis
Bienvenue à Marwen (Welcome to Marwen - Robert Zemeckis, 2018)

Ciel de Belgique, deuxième Guerre Mondiale.

Le capitaine Mark « Hogie » Hogancamp (Steve Carell), as de l’aviation est touché et il doit se poser en catastrophe. Indemne après s’être écrasé – sauf pour ses chaussures – il est sauvé par une équipe de jeunes femmes à la taille mannequin qui l’emmène dans leur village : Marwen.

Mais ce répit est de courte durée car les nazis reviennent régulièrement les attaquer, espérant au final se débarrasser de cet Américain qui exalta la résistance féminine.

Seulement voilà : Marwen n’existe que dans l’imagination de Mark Hogancamp, ancien dessinateur devenu photographe suite à une agression au caractère homophobe.

 

Tout commence comme n’importe quel film de guerre. Enfin pas vraiment. On songe plutôt à un film bien particulier (dans tous les sens du terme) : 1941. L’avion de Hogie n’est pas sans rappeler celui de « Wild » Bill Kelso (John Belushi) qui ouvre déjà le film (1). Ensuite, ce seront des références aux films de Zemeckis qui vont s’enchaîner avec en point d’orgue une machine à voyager dans le temps qui ressemble beaucoup à la DeLorean de Back to the Future.

 

Mais ce qui surprend – et ravit ? – le plus, c’est l’utilisation de poupées pour recréer cette histoire de guerre contre les nazis. On ne s’en aperçoit pas tout de suite (2), parce que Zemeckis prend le temps pour amener cette singularité inattendue. C’est d’abord le grain du visage qui semble artificiel (normal) puis progressivement nous comprenons que Hogie n’est pas un personnage normal, surtout quand on découvre ses articulations qui n’ont absolument rien de naturel. Et cet aspect décalé de la narration prend toute son envergure quand les deux univers se mêlent pour n’en former qu’un : celui de Mark Hogancamp, véritable photographe qui a réellement recréé sa seconde guerre mondiale avec des poupées et expose régulièrement son travail un peu partout aux Etats-Unis.

 

IL me paraît évident qu’un tel sujet échût à Robert Zemeckis tant son univers allie avec brio le monde réel et le merveilleux, sans jamais tomber dans le conte de fées. Il suffit de se replonger dans ses deux œuvres phares des années 1980s : Who framed Roger Rabbit? et sa trilogie Back to the Future. Mais si ces deux films sont des comédies débridées, il n’en va pas de même ici : Hogancamp est un homme brisé sans passé – qui a disparu avec son agression – qui tente de se reconstruire à travers son œuvre photographique. Cette dimension émotionnelle qui manquait aux deux autres films cités ci-dessus fait de cette comédie la plus aboutie de son réalisateur, un dosage impeccable entre le tragique et le comique qui donne un équilibre parfait.

 

De plus, Zemeckis joue avec le temps et ses marqueurs tout au long du film : la sous-intrigue guerrière en s’insinuant dans la vraie vie brouille les marqueurs temporels, relayée par les objets technologiques utilisés tout au long du film. On a du mal à situer l’intrigue principale qui voit Mark évoluer, et ce n’est que sporadiquement qu’on la relie avec notre époque. En effet, le répondeur de Mark utilise des cassettes à bande magnétique, les tenues de Carol (Leslie Mann) ont un aspect un tantinet suranné et Hogancamp est souvent en tenue militaire.

C’est alors un CD que Mark sort de l’appareil ou un téléphone portable qui sonne et que décroche cette même Carole qui nous ramène à notre époque.

En effet, la musique, de par sa diversité de provenance, participe à al confusion temporelle voulue par le réalisateur : n’oublions pas que Mark est un homme qui n’a plus de passé, alors les musiques vont et viennent sans distinction, la plupart du temps seulement justifiées par leur propos (résumé par leur titre).

 

Alors qu’il fut un temps question de Leonardo DiCaprio pour interpréter Mar Hogancamp, c’est donc Steve Carell qui interprète – avec beaucoup de talent – le photographe. A nouveau, il fait preuve de beaucoup de subtilité, utilisant à bon escient son visage pour exprimer l’inexprimable, en restant toujours dans les limites de son personnage, évitant les écueils faciles du pathétique.


Et malgré tout cela, ce fut un échec commercial.

Espérons que l’avenir lui reconnaîtra  ses qualités – évidentes – et qu’il trouvera la place qu’il mérite dans la production cinématographique américaine.

 

  1. Robert Zemeckis en avait cosigné le scénario
  2. Même quand on le sait !
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