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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Raoul Walsh, #Guerre, #Comédie

Un film d’hommes.

Ils sont deux : Flagg (Victor McLaglen) et Quirt (Edmund Lowe).

Ce sont des hommes, des vrais, durs-à-cuire et tatoués (enfin surtout Flagg). Ils sont courageux et répondent présents lors des conflits armés.

MAIS : ils ne peuvent pas se sentir. Dès que Flagg lève une fille, Quirt arrive et la lui souffle. A Pékin, aux Philippines, en France, c’est toujours la même chose : ils en viennent aux mots puis, évidemment, ça se termine en bagarre. Ca ne rate pas.

En France, justement, c’est la première guerre mondiale. Ils font la connaissance de Charmaine (délicieuse Dolorès del Rio), et vont – bien entendu – se battre pour elle.

Mais l’intérêt du film est ailleurs.

Raoul Walsh nous propose LE film de guerre. Tout est là :

  • La vie à l’arrière du front : les soldats sont cantonnés dans un village français. La vie s’organise autour d’un café (chez Cognac Pete). L’alcool y coule à flot, évidemment.
  • L’amitié virile : malgré l’antagonisme entre Quirt et Flagg, les soldats sont des frères d’arme. Il suffit de voir les soldats Kiper & Lipinsky, inséparables. De plus, le petit garçon à sa maman est protégé par les autres.
  • La gnôle : attribut indispensable du soldat. Elle est aussi source de gags.
  • La revue de détails : elle permet à Walsh de montrer les horizons différents d’où viennent les soldats.
  • Les filles à soldat : autre attribut du soldat. Deux sortes : la jeune fille pure et la fille à soldats. Flagg quitte l’une pour les autres en permission.
  • La jeune fille pure : amoureuse du héros, elle doit ici choisir entre Flagg et Quirt. Elle n’est pas pour autant insipide. Ici, Dolorès del Rio sait ce qu’elle veut (et surtout ce qu’elle ne veut pas). C’est aussi pour elle que les soldats vont se battre, histoire de prouver leur courage.
  • Le petit garçon à sa maman : celui qui n’est absolument pas adapté à la situation. On se demande pourquoi il est là. Comme le dit Flagg : « ce gosse a plus besoin de sa mère que la guerre a besoin de lui. » Malgré sa faiblesse (évidente) il est très apprécié.
  • L’insubordonné : soldat un peu revêche (ici, c’est Kiper), il se moque de ses supérieurs – surtout Flagg – en faisant des bruits incongrus avec sa bouche, source de comique.
  • La guerre : elle intervient dans ce film comme une pause dabns la vie quotidienne des soldats. Par contre, autant Walsh s’amuse avec ces soldats en garnison, autant la guerre est filmée avec un sérieux et un réalisme rare. Walsh ne fait pas dans la demi-mesure. Les combats sont violents. Les morts ne tombent pas en rythme comme dans La grande Parade. On retrouve cette violence et ce réalisme dans la scène de débarquement de Il faut sauver le Soldat Ryan.
  • Le découragement et la folie : c’est le lieutenant Moore qui en souffre. Il prend très à cœur cette guerre – alors que Flagg et Quirt font leur boulot – et désespère de voir les hommes tomber. A un moment, c’en est trop. Il pète un câble, comme on dit aujourd’hui. C’est lui qui pose la véritable question sur ce conflit : quel sera le prix de la gloire ?
  • La mort : la véritable ennemie des soldats. Ici, lors des conflits, elle est anonyme. Des hommes sont tués devant une caméra froide, objective. Par contre, quand un soldat est mourant, c’est celui qui n’aurait pas dû mourir (devinez qui !), et la scène est remplie d’émotion. Charmaine et même Flagg (ce n’est pas lui !) sont tristes.

Et la vie continue. Et malgré ce carnage, dès que retentit l’appel, nos deux lurons retournent sans hésiter, pour le malheur de Charmaine.

Avec ce film, Walsh nous montre une autre façon de filmer la guerre. Les héros le sont, mais ne sont pas irréprochables : ils se battent, abusent des filles et boivent comme des trous. Tout ce qu’ils ordonnent aux soldats de deuxièmes classe de ne pas faire.

Alors évidemment, ça n’a pas fait l’unanimité.

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