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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #George Chesebro, #Bruce Mitchell, #Fantastique
Wolfblood (George Chesebro & Bruce Mitchell,1925)

Dick Bannister (George Chesebro) dirige l’exploitation forestière Ford, en concurrence directe avec la Consolidated Lumber Company dirigée par le pas toujours scrupuleux Jules Deveroux (Roy Watson). Deveroux est prêt à tout pour éliminer son concurrent : il fait tirer sur les bûcherons de Bannister. Devant l’accumulation de blessés graves, Bannister demande la venue de la propriétaire et d’un chirurgien.

Arrive alors Edith Ford (Marguerite Clayton) – qui n’est pas une mémère atteinte de goutte – et Eugene Horton (Ray Hanford), son fiancé lui-même chirurgien.

A la suite d’une bagarre contre Deveroux, Bannister est laissé pour mort par son opposant, mais est secouru par le docteur qui doit pratiquer une transfusion sanguine : comme il ne trouve personne, il va utiliser le sang d’une louve, prêtée par un individu louche, Jacques Lebeq (Milburn Morante).

Un peu plus tard, alors que Bannister se remet, Deveroux est tué avec une grande sauvagerie, comme par un loup.

Mais Bannister ne se souvient pas de ce qu’il faisait à ce moment-là, et en plus, ses hommes parlent dans son dos : il serait devenu mi-homme mi-loup…

 

Voilà une intrigue bien compliqué pour un petit film !

En effet, Wolfblood ne dure que 68 minutes et ne casse pas des briques. Si la notion de loup-garou est centrale dans la deuxième partie du film, il ne faut pas attendre de grands effets de maquillage ou de Grand-Guignol : vous ne verrez pas de transformation. Non pas que la métamorphose soit impossible à recréer (1), mais parce qu’il n’y a pas de raison d’en avoir une.

 

Puisque The Werewolf (Henry MacRae, 1913) est considéré comme définitivement disparu dans l’incendie des studios Universal en 1924, on peut décemment considérer ce film comme le plus ancien encore visible traitant des loups-garous. Il s’agit du premier et seul film réalisé par George Chesebro – alors crédité au générique Geo Chesbro – un acteur oublié qui a tout de même joué dans plus de 420 films entre 1913 et 1955.

Sans être un chef-d’œuvre, ce film est bien tourné, les plans de coupe (dans tous les sens du terme, hé ! hé ! hé !…) amenant un plus à la narration : il s’agit d’un film qu’on peut qualifier d’honnête. Honnête certes, mais tout de même un tantinet vieillot dans son exécution.

Sympathique.

 

Toutefois, un léger détail peut faire se détourner la tête des spectateurs près d’un siècle plus tard : le personnage de Jacques Lebeq.

Cet homme est immédiatement étiqueté « half-breed » (2) et est un personnage maléfique.

C’est un trafiquant d’alcool : nous sommes en pleine Prohibition aux Etats-Unis, mais comme l’intrigue se déroule au Canada, c’est moins grave (!).

Son apparence est franchement répugnante et il semble que sa morale soit du même acabit.

Bref, ça ressemble tout de même à un délit de sale gueule.

 

Un film à découvrir.

Ou pas.

 

 

  1. Il suffit de voir les versions antérieures (1912 et surtout 1920) de Dr. Jekyll & Mr Hyde pour s’en convaincre : on savait (et encore plus en 1925) comment montrer une métamorphose au cinéma.
  2. « Métis ». Est-il moitié-canadien et moitié indien ? On pourrait le supposer au vu du statut des Indiens au cinéma, comme dans la société en 1925. Aujourd’hui encore, certains « bons » Canadiens (j’en ai rencontrés) ne sont pas très ouverts à ces véritables Américains.
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