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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Mike Nichols
Working Girl (Mike Nichols, 1988)

L’Amérique reaganienne dans toute sa splendeur (1), avec les coupes de cheveux qui vont avec : Working Girl est un produit américain très marqué, véritable témoignage de cette période où l’individualisme et surtout l’ultralibéralisme sont rois.

Alors que le film sort, c’est George Bush (Sr.) qui vient d’être élu et remplacera l’ancien acteur en janvier suivant, continuant le travail de ce prédécesseur si prestigieux (1).

 

Tess McGill (Melanie Griffith) est la secrétaire de Katherine Parker (Sigourney Weaver), une executive woman arrogante qui n’hésite pas à pomper les idées de sa secrétaire pour les faire siennes.

Mais voilà : alors qu’elle part skier dans les Alpes pour le weekend, elle se casse la jambe et se retrouve coincée pour deux semaines loin de New York.

Tess va en profiter pour monter son projet (celui que Katherine voulait lui voler) avec l’aide de Jack Trainer (Harrison Ford) pour une grande firme qui se lance dans la communication.

Bien sûr, Katherine rentrera un jour. Et même un jour très proche…

 

Ce qui marque le plus quand commence le film, ce sont les coiffures : ces brushings qu’on aurait tendance à trouver improbables aujourd’hui et qui furent à cette époque très tendance…

Mais derrière cette comédie un tantinet grinçante, c’est un état des lieux des carrières des femmes qui nous est ici décrit.

Et hormis Katherine, on se rend compte qu’il n’y a que très peu de femmes à des postes (très) importants, voire pas du tout.

Pour trouver une de ces filles au travail (« working girl »), il faut s’arrêter à la case secrétaire, même si ce statut est caché par le terme « assistante ». Et là encore, il n’y a pas d’assistant, ce métier n’étant apparemment pas prisé des hommes.

 

Mais si on suit avec plaisir les pérégrinations de Tess dans ce monde impitoyable, on ne peut que s’indigner de la grande part faite à l’apparence quand on parle d’une femme cadre ou sur un poste à responsabilité. Et la citation de Coco Chanel que Katherine lance à Tess est complètement dans cette tendance : « Si une femme est mal habillée, on remarque sa robe. Si elle est impeccablement vêtue, c’est elle qu’on remarque. »

Mais l’apparence ne se cantonne pas à la tenue vestimentaire : c’est une façon de parler et la coiffure qui font que cette femme sera acceptée pour ce qu’elle veut être, et surtout prise au sérieux.

Il est clair que le premier look de Tess ne la sert pas pour ressembler à une de ces executive women qu’elle veut devenir. Mais encore une fois, à force de persévérance (2) et d’entraînement, elle réussit le pari de paraître ce qu’elle n’est pas.

 

Aux côtés de Melanie Griffith, Harrison Ford est un partenaire fort intéressant, tiraillé entre deux femmes – devinez qui (3) – et surtout il résume bien la situation de ces cadres obligés de réussir leur(s) transaction(s) sous peine de disparaître (professionnellement).

Et leur rencontre fait partie des éléments de comédie qui émaillent cette histoire, au final, pas si drôle que ça.

 

PS : A noter la présence de Kevin Spacey dans un tout petit rôle qui prend une autre saveur quand on sait les soucis qu’il a connus depuis le début de la campagne #metoo…

 

  1. C’est une question de point de vue…
  2. Nous sommes en plein dans le sujet (voir plus haut).
  3. Tess et Katherine, vous aviez deviné, j’espère.
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