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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Gangsters, #Fritz Lang
Casier judiciaire (You and me - Fritz Lang, 1938)

« The big shots aren't little crooks like you. They're politicians. » (1)

C’est ce que dit Helen (Sylvia Sidney) aux truands venus braquer le grand magasin qui les emploie une bonne partie d’entre eux, leur démontrant alors que le crime (traditionnel) ne paie pas.

 

Nous sommes dans la lignée du film précédent de Fritz Lang – You only live once (1937) – où nous retrouvons un criminel (et même plus) dans une démarche de réforme après un séjour derrière les barreaux.

A nouveau, les contraintes imposées par la liberté retrouvée sont (trop) fortes et ici, le criminel est enclin à reprendre ses mauvaises habitudes qui l’avaient conduit à l’ombre.

Mais cette fois-ci, c’est différent.

 

Joe Dennis (George Raft, toujours cantonné à des rôles de gangsters) travaille pour Jerome Morris (Harry Carey) dans le magasin de celui-ci, au rayon des articles de sport. Il est amoureux de la vendeuse Helen mais du fait des règles du magasin, ils gardent leur relation secrète.

La véritable raison de cet amour caché est ailleurs : ils sont tous les deux d’anciens repris de justice et le mariage leur est interdit tant qu’ils n’ont pas terminé leur période de probation.

Alors quand Helen apprend que Joe est à nouveau sur un coup malgré sa probation, elle avertit Morris.

 

Comme écrit plus haut, on retrouve une base similaire au film précédent de Lang dans celui-ci. Tout comme Eddie Taylor (Henry Fonda), Joe n’est pas libre. Il doit se présenter à son officier de probation et a certaines règles qu’il doit observer et respecter. L’une des plus importantes (marquée en gras et majuscules) lui interdit de se marier. Ce qu’il fait avec Helen.

Mais à la différence du film précédent, il fait de la compagne de Joe une ancienne criminelle elle aussi, avec les mêmes règles à suivre. Le mariage entre ces deux êtres devient alors un nouveau crime qui ne sera pas puni pour des raisons naturelles (2).

Mais on retrouve tout de même cette même limitation de la liberté, accentuée par la relance d’un gangster notoire et de plus grande envergure – Mickey Baine (Barton McLane) qui entraînera notre héros vers la pente fatale.

 

Malheureusement pour lui (Mickey), le patron du magasin est un personnage positif : Morris est un directeur de caractère qui a préféré collectionner les ex-truands aux timbres et ne tiendra pas compte de l’égarement de ses employés. On peut d’ailleurs se demander quelle est cette motivation qui l’incite à recruter de tels employés et pourquoi il ne les livre pas à la police alors qu’il sait pertinemment qu’ils sont venus le voler.

La raison n’est jamais évoquée mais on peut raisonnablement penser que le passé de Morris n’est pas aussi limpide que sa position ne le laisse croire. Quoi qu’il en soit, Harry Carey est un patron superbe, humain comme devrait l’être beaucoup de ses confrères. Un homme qui aurait compté dans la vie d’Eddie Taylor (voir plus haut).

 

Parce que Lang se tourne résolument vers la comédie, dans le sens premier du terme : tout est bien qui se termine bien. Ca en est d’ailleurs un tantinet exagéré puisqu’on a droit à une leçon de morale dispensée par Helen : elle montre à toute cette bande de petites frappes que le crime ne paie pas, sur un tableau noir en vente dans le magasin : on ne peut donc pas échapper à la leçon !

Mais il ne faut pas s’arrêter à cette poussée morale : on retrouve dans le film certains éléments qui ont fait le succès de cet immense cinéaste, et en plus, il est soutenu par la musique Kurt Weill : aucune raison de bouder son plaisir donc.

Ajoutez à cela quelques personnages un brin pittoresques (3) et vous avez un film intéressant qui s’appuie avant tout sur la parole donnée et le refus du mensonge, et qui aurait pu faire basculer l’intrigue dans le tragique.


Bref, un Lang moyen (surtout après ses deux films précédents) mais qui se laisse regarder avec un certain plaisir (4).

En plus, c’est l’occasion d’y retrouver une autre légende du cinéma, Harry Carey qui, tout comme Jack Pennick (5), s’est affranchi  momentanément de John Ford.

 

  1. « Les gros bonnets ne sont pas des petits truands comme vous autres : ils font de la politique. »
  2. Allez voir, je ne vous dirai rien.
  3. Le chauffeur de taxi est interprété par William « Big Boy » Guinn qui aura une confrontation intéressante avec Joe.
  4. Voire un plaisir certain.
  5. Et en plus, Pennick parle !
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