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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Abel Ferrara, #Gangsters, #Steve Buscemi
King of New York (Abel Ferrara, 1990)

Une sonnerie.

Un homme qui arpente des couloirs de prison.

Une limousine qui l’attend et l’emmène.

Frank White (Christopher Walken) a été libéré.

Et bien sûr, avec l’aide de Jimmy Jump (Laurence Fishburne), il se remet aux affaires, au grand déplaisir des policiers Gilley (David Caruso), Flanigan (Wesley Snipes et surtout leur chef Bishop (Victor Argo).

 

Ce ne fut pas un grand succès immédiat, la projection à New-York ayant amené quelques complications : acteurs hués, interviews coup de poing. Bref, ce n’est pas un film qui est passé inaperçu.

Il faut dire que le scénario de Nicolas St. John ne fait pas dans la dentelle (quoi que…) : du sang, du sexe et de la violence, et un personnage principal qui se définit lui-même comme un homme d’affaire, bien embêté qu’il est par la police.

 

Et avoir choisi Christopher Walken pour interpréter ce truand flegmatique fut une très bonne inspiration. Walken est connu pour avoir interprété des personnages relevant souvent de l’hôpital psychiatrique : mais Frank White n’est pas le dingue qu’on peut trouver dans ses autres rôles.

Certes, ce n’est pas un enfant de chœur, et s’il annonce que la prison l’a réformé, il ne faut en rien y croire. Mais alors que les cadavres s’empilent autour de lui, Ferrara n’en fait pas un sale type comme pouvaient l’être Rico Bandello (Little Caesar), Tom Powers (Public Enemy) ou encore Tony Camonte (Scarface), archétypes des gangsters hollywoodiens.

Les différentes exécutions commandées par White une fois sorti de prison ne sont pas gratuites : ce sont des gens qui lui ont tous fait du tort d’une façon ou d’une autre, que ce soit en actes ou en paroles. Avec en prime le mafioso (enfin l’Italien) qui est un raciste de première, et qui mourra aussi pour ça.

 

White est un enfant de New-York et agit pour sa ville : sa participation pour le sauvetage de l’hôpital public n’est pas seulement une façade. Et même si Vespasien a parfois raison, l’argent de White a certainement des relents nauséabonds. Et on peut comprendre le ras-le-bol des policiers qui le voient s’étaler auprès des personnalités publiques alors qu’eux triment sans grand résultat, les lois étant à l’avantage de la truande (1).

Si on ne peut pas complètement donner tort aux policiers, on ne peut tout de même pas leur donner complètement raison non plus.

En effet, les méthodes radicales employées par Gilley et Flanigan ne sont pas des plus orthodoxes. Et il faut peut-être voir cet aspect dans le tollé soulevé pendant la projection citée plus haut. Ces policiers vont employer les mêmes méthodes que White dans leur lutte contre cette délinquance. C’est peut être (un peu) efficace, mais du point de vue moral indéfendable : quelle légitimité peut avoir la police à employer des méthodes de gangsters ?


Quoi qu’il en soit, la morale finale est sauve, et White n’échappe pas plus à son destin fatal que ses aînés des années 1930s.

Mais, et c’est dans le ton utilisé par Ferrara tout au long du film, sa fin ne fait pas dire au spectateur « bien fait ! » tant ce personnage n’est pas monolithique, et peut attirer la sympathie du public. Ceci expliquant aussi ce déchaînement contre le film après cette fameuse projection.

 


PS : Outre Fishburne et Snipes qui vont percer dans les années suivantes, on notera la présence de Steve « Showalter » Buscemi, dans le rôle du testeur de drogue.

 

(1) Vieux refrain policier des films de gangsters.

 

 

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