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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

aventures

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Aventures, #Espionnage, #Wesley Ruggles
The leopard Woman (Wesley Ruggles, 1920)

La « femme léopard » du titre, c’est Madame (Louise Glaum). Une mondaine de type femme fatale qui opère sur Le Caire européen. Parce que cela se passe en Egypte (1), du temps où les empires occidentaux régnaient sans partage sur l’Afrique.

Arrive le séduisant John Culbertson (House Peters), aventurier britannique, qui ne réagit pas à la présence de la jeune femme. De toute façon, il est happé par un membre de l’ambassade anglaise pour mener à bien des négociations auprès d’une peuplade reculée. Mais ces négociations ne font pas le jeu de tout le monde, et Madame est envoyée à son tour par son ambassadeur dans cette même région pour saboter ces mêmes négociations : ralentir Culbertson, voire le tuer si nécessaire.

Bien entendu, ils vont tomber amoureux l’un de l’autre.

 

Le titre est alléchant, le lieu de l’intrigue prometteur, et les péripéties qui s’annoncent sont de bon augure. Mais, on reste sur sa faim.

Pourquoi avoir appelé cette femme ainsi ? Est-ce la présence de peaux de l’animal sur son lit ou le motif de sa robe qui la font surnommer ainsi ? Je cherche encore la réponse.

Si nous ne sommes pas spécialement en Egypte à mesure que l’intrigue se déroule, la savane africaine ne referme que très peu de mystère voire de danger : à part un rhinocéros en colère, pas de quoi frémir. Et même cet épisode est réglé en trois coups de cuiller à pot : Culbertson prend tranquillement son fusil et abat l’animal du premier coup, alors que l’homme de main de Madame, Chaké (Noble Johnson, acteur malheureusement oublié malgré sa filmographie exceptionnelle) a fait feu plusieurs fois de suite sans jamais le toucher…

Quant aux péripéties, elles ne sont pas légion : on s’ennuie fermement pendant la traversée du territoire supposé hostile. Il faut dire que l’intrigue amoureuse prend le dessus sur le reste et du coup, tout le reste devient accessoire.

 

On notera tout de même que nous n’avons pas droit ici aux « black faces » habituelles : les rôles des « autochtones » sont tenus par de véritables acteurs noirs, et en particulier Noble Johnson, acteur oublié malgré sa filmographie impressionnante. Mais ne nous y trompons pas, les Noirs ne sont pas dépeints de façon très positive : ils ne sont bons qu’à transporter le maté »riel et s’enfuient dès le moindre danger. Même le traitement qu’ils endurent avec Madame (elle les fait avancer à coups de fouet) fait peu réagir Culbertson, même si on sent qu’il n’est pas vraiment d’accord avec de telles pratiques.

Bref on ne sort pas de la vision blanche commune du cinéma de l’époque (et qui va perdurer encore quelques temps).

 

Comme on s’ennuie un peu en voyant ce film, on se concentre sur autre chose : les intertitres. Dès l’ouverture, on note qu’ils s’y sont mis à trois pour les concevoir : Leo H. Braun, Carl Schneider & F.J. van Halle. Trois, c’est peut-être un peu beaucoup pour une telle entreprise, non ? Et bien pas tant que ça : les intertitres sont travaillés et on a même droit à un poing armé d’un couteau en surimpression. Bref, des cartons très soignés. Enfin ceux qu’on peut bien voir parce que la qualité de la copie laisse à désirer et certains sont devenus surexposés avec le temps, et donc illisibles.

Au final, si le film de Ruggles « surfe » sur la tendance exotique de l’époque qui voyait une profusion de films se passer loin dans des endroits mystérieux, on a du mal à se passionner pour cette intrigue somme toute bien plate, et ce malgré des éléments propices à l’évasion : exotisme, espionnage...

Dommage.

 

  1. Si ce n’était pas précisé, outre un plan qui nous laisse entrevoir le site de Gizeh, peu d’éléments nous indiquent que nous sommes là-bas…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Aventures, #James Cruze
Terror Island (James Cruze, 1920)

Harry Houdini était certainement l’un des plus grands illusionnistes américain, considéré comme Le Roi de l’Evasion. On le connaît beaucoup moins comme acteur de cinéma, même si j’en ai déjà parlé ici (1). Et fort honnêtement, ce n’est pas spécialement pour ses prouesses cinématographiques qu’on doit se souvenir de lui. Il me paraît évident que sa présence est plus une opération de promotion – pour le studio comme pour lui – qu’autre chose. Mais fort heureusement pour nous, c’est James Cruze qui est à la manœuvre.

 

La belle Beverly West (Lila Lee) est désespérée : son père (F.A. Turner) est captif de « sauvages » qui ne le libèreront que s’il rend une perle sacrée qu’il avait pillée (2). Elle se tourne alors vers Harry Harper (Harry Houdini) qui vient d’inventer un submersible bien pratique pour retrouver les trésors qui gisent au fond des mers. C’est d’ailleurs avec la promesse de retrouver la cargaison diamantaire d’un navire qu’il accepte (3). De plus, la famille de Beverly n’est pas spécialement fréquentable : entre son oncle Job Mordaunt (Wilton Taylor) et son fils Guy (Eugene Pallette), elle a beaucoup de souci à se faire.

 

Encore une fois, Houdini apparaît dans une histoire fort improbable. Nous sommes à une période où les intrigues exotiques avaient le vent en poupe, accumulant stéréotypes et préjugés, et rebondissements divers. Ici, nous avons tout cela, mais avec une restriction toutefois : il manque deux bobines (environ une vingtaine de minutes) résumées par deux intertitres. Et quand on les lit, on se rend compte qu’il manque de la matière : enlèvement, séquestration, évasion… Un festival.

Et tout ça mené tambour battant par un Houdini en pleine forme, athlétique au possible comme il nous le montre à plusieurs reprises (4). Il faut dire que c’est du sur mesure et un intertitre d’ouverture nous prévient que le magicien n’a pas été doublé pour les scènes d’action : et à ce que l’on voit, on comprend pourquoi il fût considéré comme le Roi de l’Evasion.

 

Mais à force d’accumuler les exploits, on en vient tout de même à décrocher : certes c’est spectaculaire, mais trop c’est tout de même trop. Et la maîtrise technique de Cruze ne suffit pas : outre le numéro de Houdini, on relève quelques éléments qui fleurent bon les années 1910-20, essentiellement dans le traitement des non-blancs. Entre les domestiques et les « sauvages » iliens, on retrouve les mêmes visions un tantinet racistes qui avaient cours à l’époque (5) : le serviteur d’origine asiatique est tué par l’ignoble Guy Mordaunt – il n’avait que blessé Murphy (Taylor N. Duncan) l’ami de Harper ; les Iliens sont superstitieux au possible et Harper apparaît comme l’homme blanc sauveur… Bref, du tout venant de cette époque.

 

Quant à la vraisemblance l’intrigue, on peut se demander comment un savant philanthrope tellement absorbé par son travail peut être un athlète aussi accompli, tendance lutteur de foire…

Mais c’est aussi cela le cinéma : rendre tout possible !

 

  1. L’Homme du passé (Burton L. King, 1922)
  2. C’était très courant chez les archéologues à cette période…
  3. Dans un but philanthropique : Harper est un cœur pur.
  4. Il apparaît longuement le torse nu.
  5. Qu’on ne se méprenne pas : il y a encore des gens qui pensent ainsi.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Aventures, #Paul Sloane
Made for Love (Paul Sloane, 1926)

Egypte, 192…

Nicholas Ainsworth (Edmund Burns), assisté de Lady Diana Trent (Ethel Wales) procède à des fouilles dans la Vallée des Rois. Sa fiancée Joan Whipple (Leatrice Joy) l’a accompagné mais est reléguée au second plan du fait des différentes reliques exhumées. Pour se consoler, elle a trois prétendants qui s’entêtent à la rendre heureuse.

Alors que Nicholas est sur le point de découvrir la tombe d’Aziru (Edmund Burns) et Herath (Leatrice Joy), entre en scène le prince Mahmoud Bey (Bertram Grassby), pilleur de tombe patenté, que la belle Joan ne laisse pas insensible.

Si la tombe fut ensorcelée par le pharaon (Brandon Hurst) lors de sa fermeture, le prince a l’intention de donner un coup de pouce à Isis quand Ainsworth y pénétrera.

Avec de la dynamite…

 

L’idée qui vient à l’esprit en voyant ce film, c’est « recyclage ». En effet, on a une impression de déjà vu dans ce film présenté par ni plus ni moins que Cecil B. DeMille. Et c’est certainement de là que vient cette idée. En effet, l’insertion d’un épisode égyptien antique dans l’intrigue n’est pas sans rappeler Les 10 Commandements sortis trois ans plus tôt, avec la même Leatrice Joy. Mais là s’arrête la comparaison, Sloane n’étant pas le grand Cecil B.

On y trouve aussi une autre influence à travers le personnage de Mahmoud Bey, Le Cheik (1921). Mais si Ahmed ben Assad (Rudolph Valentino) était surtout un jeune homme un tantinet mal dégrossi, Mahmoud est, au contraire, le méchant identifié.

Et surtout, Bertram Grassby ne possède pas le charme du beau Rudolph.

 

Encore une fois, le problème du film vient du fait que le réalisateur n’arrive à se positionner entre le drame et la comédie. D’un côté, nous avons cette intrigue égyptienne prétexte à une reconstitution en costumes, avec un méchant et son homme de main (1), et une occasion de faire monter la tension quand le couple se retrouve enfermé dans la tombe ; de l’autre, Sloane utilise deux types de personnages pour relâcher la tension (pas si forte que ça) : le trio de prétendant qui fonctionne avec bonheur en synchronicité ; lady Diana Trent dont la réplique d’introduction à chacune de ses interventions est un très bon exemple de comique de répétition.

 

Mais malgré la maîtrise technique due en grande partie à la caméra d’Arthur C. Miller, Sloane n’arrive pas au niveau de son maître : il manque un souffle plus ou moins épique ainsi que le savoir faire de DeMille pour les drames (hauts) bourgeois dont Joan est une représentante caractéristique, tout comme cet aspect comique que Cecil B. sait utiliser à bon escient.

Bref, sans être pour autant un navet, ce film n’atteint pas le niveau attendu dans cette intrigue exotique dont les ingrédients prometteurs auraient pu contribuer à faire un grand film.

Juste un petit divertissement, perdu dans la masse des grands films de la période (2).

 

  1. Edward Snitz interprète Selim, âme damnée de Mahmoud : malheureusement, il n’est pas employé à sa juste valeur. Edwards était avant tout un acteur comique comme on a pu le constater dans sa filmographie prestigieuse, même dans ses films catalogués de « sérieux ».
  2. Je l’ai déjà écrit ici : quand le film sort, le cinéma (muet) est à son apogée et les chefs-d’œuvre s’enchaînent.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Aventures, #William A. Wellman
L'Appel de la forêt (The Call of the wild - William Wellman, 1935)Wi

Deuxième adaptation du roman de Jack London, il ne faut pas s’attendre à une grande exactitude. En effet, outre le chien et Jack Thornton, on ne retrouve pas grand-chose de ce roman devenu mythique.
Mais cela est tout à fait normal : nous sommes au cinéma. Et aussi, parce que le Code Hays qui sévit depuis presque un an à Hollywood (et sur toute la production hollywoodienne) n’aurait pas permis une plus grande fidélité à l’œuvre originale : il faut dire que la fin est plutôt tragique et violente, deux raisons d’en faire autre chose.

Mais si l’adaptation est loin d’être fidèle, le reste est fort appréciable, mais reprenons.

 

Jack Thornton (Clark « Rhett » Gable) retrouve son ami Shorty (Jack « Napaloni » Oakie) et decide de partir en expedition avec lui pour retrouver la mine d’or d’un certain John Blake (Frank Conroy) parti avec son épouse Claire (Loretta Young et ses beaux yeux tristes).

En chemin, ils rencontrent cette dernière que son mari a laissée pour chercher du secours. Les deux aventuriers emmènent Claire vers cette mine, à travers l’Alaska sauvage. Parmi les chiens qu’ils ont achetés pour ce périple se trouve Buck, un bâtard à moitié sauvage que ses racines ne cessent d’appeler.

Mais la mine de Blake fait beaucoup d’envieux, et pas toujours très recommandables…

 

Oui, nous sommes loin du roman, mais la présence de Clark Gable et Loretta Young vaut toutes les digressions, avec en prime un Jack Oakie formidable en faire valoir de Gable. Et comme en plus c’est Wellman qui dirige, il n’y a pas de quoi bouder son plaisir.

Et comme c’est Wellman, on peut être sûr qu’il va tout faire pour donner une vision réaliste de ce que nous allons voir. Et c’est le cas. Ce Nord terrible est un vrai piège pour les humains et tout ne va pas se passer comme prévu. Surtout entre Jack et Claire, dont nous nous doutons rapidement qu’ils vont tomber amoureux l’un de l’autre. Mais ce n’est pas le coup de foudre habituel et cet amour va progressivement grandir avant le premier baiser attendu (1). Ce sont des regards, et des petits gestes qui motivent – ou sont motivés par – ces mêmes regards qui vont amener à cet amour naissant. Mais même cet amour ne sera pas si facile : Blake va revenir !

 

Bien sûr, il y a cet « appel du monde sauvage » (2) pour Buck, et ce dernier est un chien magnifique au passé trouble (3), mais il n’est lui aussi qu’un faire-valoir de Thornton, une sorte d’alibi pour le film.

Quoi qu’l en soit, on se délecte de ces grandes étendues et de cette intrigue presque aussi sauvage que le titre, où même la fin fut retournée afin d’éviter la mort de Shorty, pourtant annoncée par ses dés. Par contre, la mort frappe tout de même, une sorte d’instant karma pour le méchant du film (il y en a toujours un, rappelez-vous le précepte hitchcockien), l’infâme Smlith (Reginald Owen) et ses deux complices franchement patibulaires (4).

 

Quant à la fin, sans pour autant tout dévoiler, sachez qu’elle respecte le Code déjà cité, Clark Gable interprétant, comme d’habitude, un homme d’honneur et de grande dignité, même s’il nous montre qu’il tient bien l’alcool (le Volstead Act a été abrogé, ne l’oublions pas !).

 

  1. Bien sûr qu’il y en a un. Il n’était pas possible d’imaginer y couper !
  2. Plus proche du titre original que celui de la forêt.
  3. Que vous ne connaîtrez que si vous lisez le roman.
  4. Mais presque ?

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Aventures, #Jake Kasdan, #Danny DeVito
Jumanji: The next Level (Jake Kasdan, 2019)

Et de trois.
Enfin plutôt deux. Si le film de Johnston (1995) fut le premier, on ne peut le relier à ce film que par le jeu commun. Il s’agit ici essentiellement de la suite de Jumanji : Welcome to the Jungle, sorti il y a deux ans. On y retrouve les mêmes personnages – quatre ados envoyés dans un monde parallèle qui fonctionne comme un jeu vidéo (1) – mais avec quelques variantes : un nouveau niveau de jeu, quoi.

Nouveau niveau, nouveaux personnages : outre Spencer (Alex Wolff), Fridge (Ser’Darius Blain), Martha (Morgan Turner) et Bethany (Madison Iseman), on fait la connaissance d’un duo singulier : Milo (Danny Glover) et Eddie (Danny DeVito). Ces deux derniers ne sont plus des ados depuis longtemps puisque Eddie est le grand-père de Spencer. Milo, pour sa part, était son associé et son ami.

Tout ce beau monde est donc en route pour une nouvelle aventure et sauver Jumanji du chaos apporté par Jurgen the Brutal (Rory « Hound » McCann).

Et bien sûr, ils y parviennent en faisant la promesse que c’était la dernière fois qu’ils jouaient.

 

Encore une fois, il faut se méfier des séries, surtout d’un deuxième épisode. Malgré tout, Jake Kasdan (le fils de Lawrence), s’en sort avec les honneurs, réussissant une suite certes convenue – c’est un jeu vidéo et à la fin les protagonistes principaux doivent gagner – mais rafraîchie par la présence de deux nouveaux personnages et surtout des interversions dans les avatars : Dr. Bravestone (Dwayne Johnson), le héros absolu au regard de tombeur, est repris par Eddie, Finbar (Kevin Hart), le zoologiste est celui de Milo et le cartographe Oberon (Jack Black) est l’avatar de Fridge, bien déçu d’être ce patapouf barbu non endurant. Quant à Martha, elle est à nouveau l’irrésistible Ruby (Karen Gillan), aussi létale de sexy.

Bien sûr, les deux nouveaux joueurs amènent, de par leur décalage un élément comique nouveau pendant les deux tiers du film avant que ne sonne la fin de la récréation : chacun retrouvera son avatar de prédilection et nous pourrons alors assister à la dernière partie qui verra le triomphe inévitable de nos héros.

 

Alors en attendant l’issue inéluctable, on s’amuse de ses péripéties pour de rire, dans de somptueux décors dont un désert de dunes à perte de vue qui permet à Henry Jackman, le compositeur de la BO, de rendre hommage à David Lean (2).

On s’amuse, mais on se pose légitimement la question d’une suite, aussi drôle soit-elle. Surtout quand les choses se remettent en ordre (voir plus haut) afin de préparer à la fin : la rupture est un tantinet brutale et on peut regretter l’aspect un brin sérieux que prend l’intrigue.

Quant à la promesse finale de ne plus toucher au jeu Jumanji, il faut croire qu’elle n’engage que ceux qui y croient (3) : les producteurs ne semblent pas faire partie de ces derniers puisque on annonce une troisième aventure.

Hélas ?

 

  1. Normal, c’en est un.
  2. Vous devinerez facilement la musique originale…
  3. Comme disait Charles Pasqua.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Aventures, #Fritz Lang
Les Contrebandiers de Moonfleet (Moonfleet - Fritz Lang, 1955)

Moonflleet est un village sur la côte anglaise occidentale. Si on y trouve des contrebandiers comme le suggère le titre français, on y rencontre aussi Jeremy Fox (Stewart Granger), un jeune homme distingué et très charismatique.  C’est un homme entouré de femmes du fait de son charme naturel et peut-être aussi grâce à sa richesse fabuleuse.

Il faut dire que depuis son arrivée dans Mohune Manor, il dirige les contrebandiers déjà cités.

C’est lui que le très jeune John Mohune (Jon Whiteley) est venu voir suite à la mort de sa maman Olivia : elle fut un temps la maîtresse de Fox qui dut s’enfuir parce que ses beaux-parents en puissance ne voulaient pas de lui, n’ayant pas hésité à lâcher les chiens sur lui…

 

Certes le tournage fut terrible et Lang quitta la production dès le dernier tour de manivelle effectué. Il n’empêche qu’on a tout de même affaire à un film du maître, même si on peut le considérer comme mineur comparé à d’autres. On retrouve brièvement certains éléments qui ont fait son succès et sa réputation comme l’éclairage de la statue de l’ange ou encore la main qui surgit de nulle part.

Mais malgré cela, on reste dans un film d’aventures somme toute très traditionnel, un de ces films qui fleurirent pendant l’âge d’or d’Hollywood. Et à l’instar de L’Ile au Trésor, c’est avant tout du pont de vue de John Mohune que se situe la narration.

Et Jon Whiteley est un interprète formidable de ce jeune garçon (qui a 15 ans dans le roman, à peine dix ici), naïf mais très attachant.

 

L’autre personnage que nous avons plaisir à suivre est bien sûr Jeremy Fox. Stewart Granger est impeccable et ce malgré quelques tensions avec le réalisateur ! Certes il n’a pas l’épée aussi prompte que dans Scaramouche, mais il a encore de beaux restes comme le montre le duel qu’il fait avec un de ses associés armé d’une hallebarde ! (1)

Evidemment, Fox n’est pas un enfant de chœur, mais il ne faut pas sous-estimer la part rédemptrice du cinéma américain : Fox va se racheter auprès du jeune garçon, même si ce dernier ne se rend compte à aucun moment de la part maléfique de son « ami ». Et ce malgré un échantillon très caractéristique avec un autre de ses associés : alors que ce dernier a tenté de lui envoyer un poignard à travers le corps, Fox le tue froidement d’un coup de pistolet, montrant, s’il était besoin, qu’il est le vrai chef de cette bandes de brigands de la côte.

 

Aux côtés de Granger/Fox, on trouve un couple bien singulier, interprété par deux habitués prestigieux des seconds rôles : George Sanders et Joan Greenwood qui interprètent Lord et Lady Ashwood, d’autres associés de Fox. Entre le flegme de Sanders et la voix caractéristique de Miss Greenwood, nous avons un couple mal assorti à première vue mais qui fonctionne très bien dans leur branche.

N’oublions pas non plus les contrebandiers eux-mêmes aux têtes plus ou moins patibulaires parmi lesquels on reconnaîtra Melville Cooper (Ratsey) qui fut Shérif de Nottingham face à Errol Flynn, et Jack Elam (Damen) et son œil reconnaissable, souvenir d’une bagarre quand il était enfant.

 

Au final, si Lang n’a jamais voulu reconnaître ce film, on passe tout de même un bon moment avec ce gentleman-contrebandier, ni complètement bon ni complètement méchant, véritable idole du jeune Mohune qui ne cesse de l’admirer.

Et même si cette admiration occulte aux yeux de l’enfant les travers de Fox, quand le film se termine, et même si Fox est sauvé (voir plus haut), la morale reste sauve : il n’y a plus de contrebandiers.

 

PS : si Jon Whiteley nous a quittés en mai dernier, il reste encore Donna Corcoran en vie. Elle interprète ici Grace, la jeune fille qui emmène Jon chez Fox.

 

  1. Normal, c’est le nom du pub dans lequel cela se passe.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Aventures, #Steven Spielberg, #Peter Jackson
Les aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne (The Adventures of Tintin - Steven Spielberg, 2011)

J’ai parlé ici la dernière fois de la difficulté d’adapter les bandes dessinées francophones, ce qui fut déjà le cas pour Tintin au cinéma voilà une cinquantaine d’années. Mais je parlais de film « en chair et en os », ce qui n’est pas le cas de cette (très) belle adaptation des aventures de Tintin (1).

En effet, Spielberg nous propose ici un film entièrement numérique reprenant le jeune reporter du Petit Vingtième, dans une intrigue – complexe puisqu’il y a trois albums concernés – qui permet aussi de présenter Tintin et son univers pour les spectateurs qui ne le connaissaient pas lors de la sortie du film (2) : une sorte de mise à jour.

 

Tintin (voix de Jamie «  Billy Elliot » Bell), après s’être fait tirer le portrait par un dessinateur de rue qui ressemble comme deux gouttes d’eau à Hergé, découvre au marché aux puces une maquette de la Licorne, un vaisseau du 17ème siècle. Une fois le bateau acheté, Tintin est sollicité pour le revendre, ce qu’il refuse.

Mais le bateau est volé chez lui et Tintin va faire la rencontre de Sakharine (vois de Daniel « James Bond » Craig), un homme trouble et fortement antipathique.

En achetant ce bateau, Tintin a mis le pied dans une affaire qui l’amènera en Afrique et surtout sur la piste d’un trésor fabuleux : le trésor de Rackham le Rouge.

Et surtout, il va rencontrer un marin alcoolique au verbe fort : le capitaine Haddock (voix de Andy « Gollum » Serkis), qui deviendra son meilleur ami.

 

Si l’adaptation de l’univers tintinesque est très réussie, il ne faut pas trop en demander au scénario. En effet, alors que l’intrigue principale concerne l’album Le Secret de la Licorne, on y trouve des références et des personnages qui viennent du Crabe aux Pinces d’or – Allan (voix de Daniel Mays) & Omar Ben Salaad (voix de Gad Elmaleh) – et un final qui rappelle celui du Trésor de Rackham le Rouge. L’utilisation (détournée) du Crabe permet surtout la rencontre entre Tintin et Haddock sur le Karaboudjan, le mythique bateau du capitaine. Parce qu’à la différence d’Alexandre Coffre et ses Aventures de Spirou (voir précédemment), Spielberg et ses scénaristes ne dénaturent pas le personnage de Tintin et le montrent tel qu’il fut imaginé par Hergé, voilà maintenant plus de 90 ans !

Et le résultat est à la hauteur de nos espérances !

 

En effet, si on dévie inévitablement de l’intrigue originale du Secret, Spielberg réussit tout de même à capturer l’esprit de la bande dessinée de Georges Rémi. On y retrouve les rebondissements habituels, des méchants qui le sont beaucoup, un capitaine très imbibé et la paire de détectives Dupond et Dupont, appelés ici (en VO) Thompson (voix de Simon Pegg) & Thomson (voix de Nick Frost) et aussi maladroits et ahuris que leurs modèles de papier. On notera en prime un détail savoureux : les deux acteurs qui doublent ces policiers forment un duo célèbre en Angleterre (et ailleurs) et ont tourné dans une série de trois films dont j’ai déjà parlé ici.

On pourra s’étonner de la présence incongrue à première vue de Bianca Castafiore (voix de  Kim Stengel) mais son rôle est indispensable dans l’intrigue.

 

Et avec Tintin, Spielberg renoue avec la grande aventure celle d’Indiana Jones qui est un héritier assumé de Tintin : Spielberg a toujours été un grand fan du petit Belge et ne s’en est jamais caché.

Tout comme l’archéologue, Tintin est très courageux et il sait se servir d’une arme à feu, n’hésitant d’ailleurs pas à s’en servir quand il le faut. Mais les péripéties qui s’offrent à nous ici ne sont pas sans rappeler celles du professeur Jones : pilotage d’avion en panne d’essence et course-poursuite en side-car en sont les principales ressemblances.

Autre référence à l’univers de Spielberg : un détail qui n’est pas sans rappeler Jaws, dans la sous-intrigue du Crabe.

 

Bref, c’est du grand Spielberg (encre une fois) et on prend beaucoup de plaisir à suivre ces aventures – ô combien improbables – du jeune reporter en culottes de golf, et tant pis si les albums ne sont pas respectés à la lettre : nous sommes au cinéma !

Tel Alfonso Cuarón pour Harry Potter & the Prisoner of Azkaban, Spielberg saisit l’esprit dans lequel évolue son personnage principal et en fait un film de grande qualité sans dénaturer en rien l’histoire originale.

C’est spectaculaire, amusant et bien rythmé (sans tomber dans l’excès) : que demander de plus ?

 

  1. Trois d’un coup, mais à des degrés différents.
  2. Il en existe beaucoup, surtout aux Etats-Unis, pays du comix, à des années-lumière de la ligne claire belge.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Aventures, #Alexandre Coffre
Les Aventures de Spirou et Fantasio (Alexandre Coffre, 2018)

L’immense (et infâme) Zorglub (Ramzy Bedia) veut conquérir le monde et diriger les hommes en en faisant une espèce de zombies obéissant aveuglément à ses ordres. Mais pour ce faire, il a besoin des lumières de Pacôme Hégésippe Adélard Ladislas comte de Champignac (Christian Clavier). Ce dernier n’étant absolument pas enclin à aider ce fou furieux, Zorglub va donc utiliser la manière forte.

Heureusement, Spirou (Thomas Solivérès), Fantasio (Alex Lutz) et Seccotine (Géraldine Nakache) veillent…

 

Si la bande dessinée et le cinéma sont de proches parents – utilisation du cadrage, story-board – l’adaptation de l’une par l’autre n’a pas toujours donné les résultats escomptés, et surtout dans l’univers francophone (1). Rappelez-vous les deux Tintin avec Jean-Pierre Talbot ou encore les différentes adaptations d’Astérix. Ce dernier nous amenant à ‘exception qui confirme la règle : le magnifique Astérix et Obélix Mission Cléopâtre (2).

Alors avec ces Aventures de Spirou et Fantasio, on pouvait craindre le pire.

Et on n’aurait pas vraiment eu tort.

En effet, Alexandre Coffre et son équipe ont tenté une adaptation des aventures du groom de chez Spirou (le magazine) en gommant toutes les traces qui le reliaient à l’hebdomadaire.

Sans oublier un fourvoiement impardonnable : Spirou est un voleur qui écume un palace et se retrouve engagé dans une histoire qui va le sortir de son activité criminelle.

Mais bon, le mal est fait.

 

Si Spirou et Fantasio n’étaient pas une création de Franquin, Champignac et Zorglub le furent et leur présence dans ce film n’est pas vraiment en adéquation avec ce qu’avait imaginé le grand André (3) : certes Zorglub a des idées un tantinet mégalomaniaques, mais il reste malgré tout un doux dingue, loin de l’image de l’apprenti-dictateur sadique que nous offre le film. S’il existe un personnage maléfique chez le Spirou de Franquin, c’est Zantafio, le cousin de Fantasio qui n’est ici que mentionné, pas vraiment celui que nous connaissons.

Dernière faute de goût – et d’adaptation – la relation amoureuse entre Fantasio et Seccotine.

Certes, on retrouve – un peu – la concurrence que se livrent ces deux journalistes dans la chasse au scoop (4), mais il n’est en aucun cas question d’une quelconque aventure amoureuse entre eux deux.

Et Alexandre Coffre aurait dû aller chercher chez Fournier l’amour de Fantasio : la belle Ororéa (Tora Torapa, Le Gri-gri du Njiokolo-Koba, L’Ankou).

 

Bref, si vous aimez la bande dessinée Spirou (et Fantasio) cous allez avoir du mal à vous y retrouver et encore plus à aimer.

Si j’avais été déçu par l’adaptation de Gaston, j’ai beaucoup de mal à exprimer mon sentiment face à ce film raté qui dénature totalement l’univers mis en place par Franquin.

Décidément, adapter un album de bande dessinée francophone en chair et en os est vraiment un exercice très risqué.

 

  1. Je parle ici d’adaptation en chair et en os et non de long métrage d’animation.
  2. Il faut dire qu’Alain Chabat est plutôt à l’aise dans l’univers de la BD (cf. Sur la Piste du Marsupilami).
  3. Franquin, donc.
  4. Seule bonne trouvaille du film (à mon avis) : Fantasio qui surnomme Seccotine « Scoopotine ».

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Aventures, #Martin Campbell, #Anthony Hopkins
Le Masque de Zorro (The Mask of Zorro - Martin Campbell, 1998)

Il est (encore) de retour !

Après près de quinze ans d’absence sur les grands écrans, le justicier masqué, rusé comme un renard (1), nous revient, enfin revenait aux spectateurs de l’époque, avec un duo Hopkins/Banderas séduisant.

 

Tout commence en 1821 quand le gouverneur Don Rafael Montero (Stuart Wilson) dirige  d’une main de fer la Californie espagnole. Alors qu’il opprime sans vergogne le peuple mexicain, un justicier masqué s’oppose à lui : Zorro (Anthony Hopkins), de son vrai nom Don Diego de la Vega.

Ayant triomphé de son ennemi, Rafael est contraint de rentrer en Espagne avec Elena (Catherine Zeta-Jones) la fille de don Diego, laissant ce dernier pourrir en prison.

Vingt ans plus tard, Rafael revient en Californie avec « sa » fille, bien déterminé à récupérer la Californie des mains de Santa-Anna.

Dans le même temps reparaît un personnage qu’on imaginait totalement disparu : Zorro. Et il semble que les années l’aient épargné…

 

78 ans après Douglas Fairbanks (2) et une cinquantaine de films plus tard, Zorro nous revient donc sous les traits doubles d’Anthony Hopkins (1821) et d’Antonio Banderas (1841). ON retrouve dans ces deux personnages une très belle opposition de style : d’un côté ce qu’on appelle un gentleman, un aristocrate aux manières irréprochables et au charme ravageur ; de l’autre un jeune chien fou au tempérament bouillonnant. Cette opposition se prolonge dans une relation maître/apprenti tout aussi convenue.

Et bien entendu, ce tandem fonctionne parfaitement, le jeune Murrieta (Banderas) reprenant sans problème le flambeau du justicier vieillissant.

 

Mais ce qu’on attend de Zorro, c’est avant tout de l’action et d’incontournables duels à l’épée. Nous avons les deux ici, les différents assauts étant réglés – comme de bien entendu – comme de véritables chorégraphies, accompagnées du choc clair des lames. Bien sûr, à l’instar du grand Douglas, nos deux Zorro bondissent avec virtuosité pour notre plus grand plaisir.

Bien sûr, nos deux héros n’effacent pas le souvenir de Guy Williams qui fut le Zorro de notre enfance (3), et on ne peut s’empêcher de sourire quand Murrieta (qui se fait alors passer pour grand d’Espagne) appelle son serviteur Bernardo.

 

Quant aux méchants, ils remplissent très bien leur rôle : Don Rafael est un tyran haïssable (4) exempt de tout scrupule, dont la propension à l’injustice et l’exploitation semblent sans limite. A ceci s’ajoute l’usurpation du titre de père pour la belle Elena, crime semble-t-il plus grand au regard de l’intrigue.

A ses côtés, on trouve un personnage assez fascinant au sang-froid impressionnant : le capitaine Harrison Love (Mark Letscher). C’est un autre méchant terrible, un tueur implacable aux manières franchement révoltantes : son entretien privé avec Murrieta en donne toute la mesure.

 

Et puis il y a la femme. Elena est bien sûr très belle – normal, c’est Catherine Zeta-Jones – mais elle n’est pas seulement là pour son joli minois comme la plupart des jeunes femmes dans la série avec Guy Williams par exemple. C’est une jeune fille volontaire qui en plus sait manier l’épée, ce qui est plutôt rare dans les adaptations relatives à notre personnage principal. Son duel avec Zorro-Banderas n’est d’ailleurs pas le moins intéressant.

 

Bref, Martin Campbell réussit cette nouvelle adaptation des aventures du héros de Johnston McCulley, évitant au passage le trop plein d’effets spéciaux numériques qui étaient alors en vogue dans le cinéma américain de l’époque, et équilibrant son film en variant le rythme des différentes séquences, faisant de ce Zorro une agréable surprise, remettant au goût du jour le genre cape et épée. Mais ce retour sera sans lendemain si on excepte une suite proposée 7 ans plus tard, avec le même trio vedette : Antonio Banderas, Catherine Zeta-Jones et Martin Campbell.

Evidemment, ceci est une autre histoire.

 

  1. Peut-il en être autrement ?
  2. Pour moi le seul, le vrai !
  3. La mienne en tout cas.
  4. Stuart Wilson n’est pas à son coup d’essai dans la peau d’un méchant patenté : il fut l’infâme Jack Travis dans L’Arme fatale 3.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Aventures, #Comédie, #Philippe de Broca
L'Homme de Rio (Philippe de Broca, 1964)

Bien avant de ne plus répondre, Rio était déjà le cadre d’aventures rocambolesques qui n’étaient pas sans rappeler celles de Tintin.

Mais reprenons.

 

Cambriolage au Musée de l’Homme (Paris) : on a volé une statuette maltèque. On a aussi enlevé le professeur Catalan (Jean Servais) qui l’avait découverte, et Agnès Villermosa (Françoise Dorléac, partie beaucoup trop tôt) la fille de son compagnon, autre découvreur des trois statuettes avec le brésilien De Castro (Adolfo Celi). Ces trois statuettes indiqueraient l’emplacement du trésor des Maltèques, peuplade amazonienne aujourd’hui disparue.

Mais en enlevant Agnès, les ravisseurs ont fait une erreur : son fiancé Adrien Fournaquet part à leurs trousses, bien décidé à leur arrachée sa fiancée.

 

Après deux participations à des films à sketches (Les 7 Péchés capitaux et Les Veinards), Philippe de Broca revient au film d’aventures, et pour l’occasion, il retrouve Jean-Paul Belmondo, vedette de son dernier long métrage (Cartouche).

Et encore une fois, le film qu’il nous propose est de très bonne facture, l’intrigue et le jeu des interprètes se conjuguant superbement pour notre plus grand plaisir.

Belmondo est toujours en pleine forme, interprétant cet aventurier malgré lui, un jour à Paris, le lendemain à Rio, au lieu d’être aux bras de sa fiancée pendant sa permission d’une semaine (il est troufion à Besançon).

A ses côtés, Françoise Dorléac est elle aussi magnifique, jouant avec subtilité cette jeune femme un tantinet écervelée mais au charme indéniable : même le vieux Catalan n’y résiste pas.

 

Bien sûr, à aucun moment on ne croit à toutes ces péripéties, mais l’esprit du film et la générosité de ses interprètes en font un grand moment de cinéma, soutenu par la musique inspirée de Georges Delerue.

Et si on retrouve de nombreux éléments de Tintin (1), on y trouve aussi l’inspiration qui amena Indiana Jones, autre avatar tintinesque, et dans une moindre mesure Hubert Bonisseur de la Bath comme suggéré au début de cet article.

Et comme dans tout bon film d’aventure, on y trouve les ingrédients indispensables : mystère, trésor fabuleux, milieu hostile avec en prime un crocodile, sans oublier une bonne bagarre qui se déroule chez Lola (Simone Renant), chanteuse et femme fatale.

 

Bref, on s’amuse et en plus, c’est très bien fait. Philippe de Broca, comme le dit mon ami Jean : « de Broca est un maître de la comédie, de la vitamine C pour les journées de pluie ou de confinement. »

Encore une fois, il le montre avec brio, retrouvant celui qui va être son interprète fétiche pour quelques films : Jean-Paul Belmondo, qui était capable à la même période (les années 1960s) de tourner avec lui et n’importe quel réalisateur de la fameuse « nouvelle vague » (personne n’est parfait, n’est-ce pas professeur Allen John ?) sans pour autant se griller chez l’un ou chez les autres. C’est aussi à ça qu’on reconnaît un grand acteur (2).

 

L’une des dernières images du film, une fois le chantier de la transamazonienne passé, nous montre une famille d’autochtones de l’Amazonie sur le bord de la route. Il y a dans cette image une détresse prémonitoire : les habitants véritables de cette forêt que le Brésil ne cesse de tuer (3) depuis des décennies – et avec encore plus de détermination depuis le nouveau président – éliminant les arbres, mais avec eux la vie animale et humaine.

Terrifiant.

 

  1. Allez voir sur Wikipédia, elle explique ça mieux que moi ici. Mais elle oublie tout de même la momie attachée qui n’est pas sans rappeler notre vieux complice Rascar Capac (Les 7 Boules de cristal)
  2. Certes, certains de ses films furent moins heureux (1970s-1980s), mais on ne peut pas toujours tout réussir… Et malgré tout, Belmondo reste l’un des plus grands du cinéma français.
  3. La forêt et les habitants, donc.

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