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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Steven Spielberg, #George Lucas, #Indiana Jones, #Aventures

Déjà quatre-vingts ans !

En 1936, le gouvernement américain fit appel à une pointure de l’archéologie nationale, le docteur Henry Jones (junior). Il faut dire que Jones n’est pas n’importe qui (sauf pour le spectateur qui ne l’a jamais vu). Déjà, c’est Harrison Ford. Alors comme tout le monde (ou presque) a vu Star Wars, ça simplifie les choses.

Toujours est-il que le Dr Jones n’est pas de ces archéologues qui dégagent une trouvaille à coups délicats de pinceau. Non, lui, son rayon, c’est l’action. Non seulement il se rend sur place, mais en plus, s’il y a du danger, il est aux premières loges. Mais…

Mais il y a Louis Belloq (Paul Freeman). Un autre archéologue. Un Français. Un Français qui a la fâcheuse habitude de récupérer les trouvailles de ce bon docteur Jones.

 

A cette époque – 1936 – sévit en Europe la lie de l’humanité menée par Hitler, sous le regard bienveillant des autres pays européens.

Et si le gouvernement américain a décidé de s’adresser à Indiana (c’est son nom de scène) Jones, c’est que la situation est grave : les Allemands ont découvert le site abritant l’Arche d’Alliance.

Comme nous sommes en 1936, il est normal que Jones et son collaborateur et ami Marcus Brody (Denholm Elliot) rafraîchissent les souvenirs des agents du FBI : pour notre part nous avons vu David et Bethsabée de Henry King, alors nous savons ce qu’est cette arche, celle qui abrita les fameux dix Commandements.

 

Quoi qu’il en soit, voici Indiana Jones à la poursuite de ce fabuleux trésor archéologique : celui qui un jour fit de tous ces chercheurs ce qu’ils sont.

Mais c’était il y a quatre-vingts ans…

Pour nous, c’était il y a seulement trente-cinq ans. Quand Lucas (George) et Spielberg (Steven) se sont unis pour le meilleur (et seulement ça) et nous ont proposé un nouveau regard sur l’archéologie.

 

Pour ma part, je suis allé voir ce film, un mercredi, jour de congé.

Après avoir bien grugé les gens patients (c’était le jour de la sortie !), avec deux autres copains, nous nous retrouvâmes en tête de file et dûmes accepter trois places disséminées dans la plus grande salle du cinéma Gaumont de Nantes (et de cette même ville).

Mais avec Indiana Jones, c’est le retour de la grande aventure. Nous sommes en présence d’un personnage intelligent (docteur) et plein de ressources (toujours armé dans ses déplacements). En plus, il a affaire à la lie de l’humanité. Tout est là pour nous faire adhérer.

 

Et ça marche. C’est une heure cinquante-cinq de plaisir que les deux géants (Lucas & Spielberg) nous offrent. Et on en redemande. Ca tombe bien, il y aura des suites !

Quoi qu’il en soit, Lucas et Spielberg réussissent à relancer le film d’aventure historique. Harrison Ford est parfait en professeur d’université-sex symbol-aventurier. Avec en plus une dose d’humour second degré qui ne gâte rien (voir le « duel » avec l’homme au sabre dans les rues du Caire). Pas étonnant que trente ans plus tard, Spielberg ait adapté Tintin au cinéma. Ils sont, sinon de la même famille (bien qu’un cousinage éloigné soit évident), de la même trempe.

 

La différence entre Indiana Jones et Tintin ?

Les femmes, bien entendu. Mais il faut dire que Tintin n’a pas beaucoup de choix…

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Alan Crosland, #Muet, #Comédie

Une flapper, c’est une jeune fille délurée, une espèce de garçonne. Ici, c’est Olive Thomas qui lance la mode. Nous suivons donc avec délectation les aventures de Genevieve « Ginger » King, jeune fille de seize ans qui rêve de grandir un peu plus vite afin de profiter de la vraie vie, personnifiée par un dandy qui passe devant son pensionnat tous les jours : Richard Channing (William P. Carleton).

Alors qu’elle sre persuade qu’elle peut le séduire, lui voit très clair dans son jeu ety aurait tendance à s’en amuser. Mais le destin veille, et ce qui était à l’origine une plaisanterie commence à tourner au drame.

Au pensionnat, il y a une autre jeune fille de caractère : Hortense (Katherine Johnston), qui sort avec Thomas « the Eel » (l’anguille) Morran (Arthur Housman). Cette dernière ne joue pas dans la même cour. Quand Ginger s’affuble d’une tenue un tantinet provocante pour séduire Channing, Hortense vide le coffre fort du pensionnat et s’enfuit avec son amant, à New York pour y mener grand train et accomplir d’autres méfaits (Morran est bien connu des forces de police). Invitée par ces derniers, Ginger se retrouve mêlée à leurs turpitudes…

L’intrigue mise à part, c’est le personnage de Ginger qui nous intéresse. Olive Thomas y campe une jeune fille délurée, certes, mais incroyablement naïve. Et c’est de cette opposition que naît le comique de situation. Le moment phare étant son retour à Orange Springs, petite bourgade ultra-calme des Etats-Unis, où son apparition en femme fatale, annonçant les canons des années 1920, est extrêmement drôle. On s’amuse des regards horrifiés des gens de cette société extrêmement prude. Et Ginger aussi !

Olive Thomas est formidable dans ce rôle mi-ingénue, mi-délurée. Elle trace la voie d(‘actrices qui vont exploser dans les années suivantes : Louise Brooks et surtout avant elle, Colleen Moore, la flapper par excellence.

Il est fort dommage que mademoiselle Thomas soit morte dans les mois qui suivirent la sortie du film. Une carrière de flapper s’ouvrait à elle… Elle avait vingt-cinq ans.

[A noter que les intertitres (quasiment tous d’époque) contribuent au comique du film, parfois surimpressionnés d’images en mouvement]

Petit jeu pour mon ami le prof. célèbre, monsieur Allen John: où est Norma Shearer ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #James Cameron, #Alien, #Science-Fiction
Aliens, le Retour (Aliens - James Cameron, 1986)

Rappelez-vous, Ripley (Sigourney Weaver) s’en était sortie (avec Jonesy le chat). Mais ça c’était avant. Cette fois-ci, c’est James Cameron qui est aux commandes, fort du succès de son Terminator. Il a emmené avec lui Michael Biehn (Hicks), Lance Henriksen (Bishop), Bill Paxton (Hudson) et Gale Ann Hurd (productrice et accessoirement sa femme… à ce moment-là). [Schwarzy était trop décalé dans un tel film… (quoi que… !)]

Mais surtout, il a réussi à trouver une suite plausible au premier opus.

 

Il a repris les mêmes ingrédients : vaisseau spatial (qui se déplace en faisant du bruit) ; « accouchement » d’un alien ; un androïde en morceaux ; un personnage corrompu ; la destruction totale ; et bien entendu Ripley !

Mais cette fois, il ajoute un commando de Marines. Ce sont des soldats surentraînés, emmenés par un sergent gueulard fumeur de cigares dans la lignée des sergents instructeurs qu’on trouvera dans Le Maître de guerre quelques mois plus tard.

Cela nous permet quelques blagues de casernes ainsi qu’un engagement sans faille dans le combat, les armes étant la seule chose que ces gens connaissent et apprécient, Drake (Mark Rolston) étant un magnifique archétype.

 

Malgré ces troufions à la réflexion limitée, nous assistons à un spectacle formidable. Cameron maîtrise son œuvre où rien n’est gratuit. Chaque action entreprise entraîne une réaction plus tard. Ripley, après son retour sur terre est employée au stockage de cargaisons lourdes. Elle a donc appris à ce servir d’un engin qui la sauvera dans cet épisode. Hicks lui apprend à se servir d’une des ses armes, elle retiendra la leçon et utilisera cette compétence à bon escient.

Alors que Alien se situait exclusivement dans le vaisseau, ici, nombre de lieux sont exploités. Il n’en demeure pas moins un sentiment d’oppression et d’enfermement. Même si l’extérieur nous permet de souffler (légèrement), on retourne inexorablement à l’intérieur et l’enfermement. On bloque les portes pour contenir la menace, mais aussi pour s’en protéger. Mais même enfermés, il y a toujours possibilité d’être attaqué.

Et même si la fin a un goût de « déjà vu », on ne peut s’empêcher de trembler derrière Ripley.

 

Un mot sur le titre français, maintenant : Aliens, le Retour. Pourquoi cet ajout, sinon pour appâter le chaland ? J’aurai bien une idée… Les Aliens sont de retour sur les écrans ? Non. Ripley étant déjà venue sur l’astéroïde « contaminé », on peut parler de retour. Et surtout, c’est surtout le retour là où tout a commencé. Et aussi – quand même – ça fait vendre !

Mais ne gâchons pas notre plaisir. Savourons le retour de Ripley et des créatures maléfiques (de l’homme et de l’Alien, laquelle l’est le plus ?).

 

Et s’il doit rester une image de ce film ? Ripley, armes en bandoulière, exterminant les créatures… C'est Schwarzenegger, mais en largement plus séduisant !

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Peter Jackson, #Heroic Fantasy

La deuxième moitié des années 1990 a vu naître une révolution numérique au cinéma digne de la sortie du King Kong de Cooper & Schoedsack. C’était un déluge d’effets spéciaux, tous plus époustouflants les uns que les autres. Mais.

Mais l’histoire avait tendance à être creuse voire inexistante.

Et puis Peter Jackson est arrivé. Et là, on a pu voir ce que donnait une utilisation réfléchie et au service d’une intrigue d’effets numériques bluffant.

Il s’agit de la deuxième adaptation du roman de Tolkien. Mais cette fois-ci, c’est en décors réels, avec des acteurs en chair et en os. [Avec, peut-être, une préférence pour les yeux bleus…]

Et ce n’était pas gagné, parce que le livre est extrêmement connu et beaucoup d’amateurs d’heroic fantasy attendaient Jackson au tournant.

Pour ma part, difficile d’être déçu : l’histoire est respectée et les effets sont – je l’ai déjà écrit – époustouflants !

On suit avec délectation la formation de cette communauté qui veut sauver le monde. Et on est incrédule devant ces hobbits si petits mais si naturels : on ne s’est pas contenté de réduire les personnages, seule leurs tailles sont réduites, leurs têtes gardant des proportions normales. Et quand on voit Gimli (John Rhys-Davies), on se demande où est passé Salah, l’ami d’Indiana Jones !

Quant au reste, tout n’est que merveilles : les habitations hobbites, la dernière maison simple et la résidence de Galadriel sont des décors inoubliables.

La distribution est aussi très pertinente, Ian McKellen (Gandalf) en tête. Il arrive à passer d’un Gandalf pensif, très sérieux, à un autre Gandalf insouciant en un tournemain (« Toujours suivre son flair »). Christopher Lee (Saroumane) est un méchant toujours remarquable et Viggo Mortensen (Aragorn) un héros en devenir très séduisant au visage très doux. Et les femmes ? Deux retiennent notre attention : Arwen (Liv Tyler) et Galadriel (Cate Blanchett). Mais elles ne restent que des esquisses. Arwen ne prendra de l’épaisseur que dans le troisième épisode, quant à Galadriel, elle reste évanescente, personnage très secondaire du livre mais inoubliable grâce à l’interprétation de Cate Blanchett.

Enfin, il y a Elijah Wood (Frodo) et Sean Astin (Sam), ils ne prendront leur essor que dans le deuxième épisode.

Ayons aussi une petite pensée pour Sean Bean (Boromir), qui joue déjà un personnage qui meurt dans la première partie…

Il s’agit essentiellement de poser les bases du roman. Nous sommes dans un monde décalé où quatre races d’humanoïdes cohabitent… Mais de loin. Jackson, comme Tolkien avant lui, réussit à nous présenter ce monde comme plausible et s’appuie, pour ce faire sur des décors naturels extraordinaires. De plus, nous avons un grand méchant qui se résume à un œil – une armure habité au début) – mais certainement quelqu’un sans visage, dont l’âme (très) noire suffit et rend inutile une figure. Cette noirceur se retrouve dans l’anneau qui est l’autre être vivant du film : il ne cesse de vouloir être découvert. Autre signe de sa malfaisance terrible : quand Bilbo l’abandonne et le laisse tomber sur le sol, il ne rebondit pas. Il tombe lourd, dans un bruit mat, chargé de toute la méchanceté et toute la rouerie de Sauron.

Et puis il y a les combats. S’ils sont violents, ils n’en deviennent pas pour autant gore, ce qui donne un peu plus de tenue au propos : l’utilisation hyperréaliste de l’hémoglobine n’étant pas toujours un atout.

En attendant avec un plaisir anticipé et une impatience inchangée depuis quinze ans, la deuxième partie, une question reste en suspend tout de même : comment un type comme Steven Tyler (Aerosmith) peut-il avoir une fille aussi belle ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Danny Boyle, #Science-Fiction, #Catastrophe

En 2002, c’était au tour de Danny Boyle de nous proposer sa vision post-apocalyptique du monde.

Du monde ? Non, seulement de l’Angleterre, et de Londres en particulier. Et là, ça déménage.

Londres est vide. Pas un chat. Des souvenirs gisent sur le pont de Westminster : des petits Big Ben à la pelle. Et puis des rues vides. Désespérément vides. Et au milieu de ce désert urbain : Jim (Cillian Murphy). Imaginez un jeune homme qui se réveille après environ un mois de coma… Seul ! Nu, intubé, hirsute, mais seul, complètement seul.

Enfin pas vraiment. Il y a aussi les autres, les infectés.

Tout a commencé vingt-huit jours plus tôt. Ce jour-là, un commando contre l’expérimentation animale investit un centre de chimpanzés. Après avoir pris les photos témoignant des tortures infligées, ils décident de libérer les animaux.

Un seul suffira. On lui avait inoculé une forme de rage. Dès lors, le virus va se propager.

Danny Boyle exploite ici la grande peur des insulaires britanniques : l’épidémie.

Quelle ironie : alors que pour introduire un animal sur l’Ile, il faut passer par tout un protocole de quarantaine, ici, libérer un chimpanzé infecté d’un virus létal suffit à rendre obsolète tout le système.

Parce qu’en plus, Danny Boyle colle à l’actualité en utilisant un commando pro-animaux. Ce qui, à l’origine, part d’une intention louable – libérer des animaux maltraités – devient la cause d’une véritable élimination humaine. Parce qu’il existe des groupes qui agissent ainsi. [D’ailleurs, Terry Gilliam les avait utilisés dans la sous intrigue de L’Armée des 12 singes]

Boyle se déchaîne en nous présentant les conséquences tant redoutées de cet acte (cf. campagne « Keep rabies out of Britain »).

Cinq ans plus tard, Francis Lawrence nous proposera Je suis une Légende, sur un canevas similaire d’élimination virale. « Déjà vu » pourra-t-on penser en le voyant, tant la situation décrite est similaire : solitude, attaque de personnes infectées.

Mais la force de Boyle est de toujours montrer des humains, qu’ils soient sains ou non. On est proche de La Nuit des Morts vivants dans la séquence du siège, mais là où les zombies avançaient gauchement et un peu malgré eux, ici, les enragés sont très alertes et loin d’être idiots. Le personnage le plus humain étant Frank (Brendan Gleeson, toujours impeccable) qui, infecté, repousse sa fille afin de la protéger pendant ses derniers instants de lucidité.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Adam McKay, #Comédie dramatique

Glaçant.

Un nouveau film sur la finance, me direz-vous. Oui. Et non. Ca se veut un docu-fiction : d’après une histoire vraie. Que trop vraie. C’est caméra sur l’épaule que se font la plupart des plans, pour coller à la – triste – réalité.

Le casse du siècle claironne le titre français (les traducteurs français sont toujours en recherche de titres alléchants). Et cette fois-ci, le titre n’est pas complètement usurpé.

Voici le décorticage des causes de la dernière crise économique mondiale, celle de 2008.

Nous suivons petit à petit la genèse d’une bulle financière qui explose. Imaginez une bulle qui remonte à la surface d’un étang. Elle approche, grossit, grossit jusqu’au point de rupture puis, elle éclate, et il ne reste rien.

Voici ce qui va arriver. Et notre hôte pour cette expérience n’est autre que Ryan Gosling.

Alors c’est ardu (voire aride), au début, pour s’y retrouver dans tous les sigles et systèmes. Mais une fois qu’on a mis le doigt dans l’engrenage, on devient comme ces traders. On ne peut plus le retirer et on doit aller jusqu’au bout. C’est un grand moment de cynisme.

Alors on suit. A l’origine, c’est une petite anomalie relevée par Michael Burry (Christian Bale), un genre d’inspiration. Une idée qui peut valoir beaucoup. VRAIMENT beaucoup. Relayée par un banquier (Ryan Gosling) et proposée Mark Baum (Steve Carell) et ses traders, cela devient une chose ENORME ! Un coup qui surpasse tous les autres. Et en plus, légal.

On pensait avoir touché le fond en 1929 et pendant la décennie qui allait suivre, amis non. Et en plus, tous ces gens n’ont rien compris. Ils recommencent toujours les mêmes erreurs. Parce qu’avant qu’elles soient éventées, beaucoup d’eau et d’argent auront coulé à flot.

Alors nous suivons une grande arnaque : entre la course hippique truquée, et le casse d’une banque nationale. Trois niveaux d’intervenants : le gros porteur – Michael Burry – , les moyens – Mark Baum et son équipe –, puis les petits joueurs – Charlie (John Magaro), Jamie (Fin Wittrock) & Ben (Brad Pitt).

Nous regardons la préparation d’un véritable casse. Les futurs gagnants mettent en place une stratégie et font des repérages. Il y a toujours une mise de fond pour arranger un coup. Mais quand on rafle la mise, c’est oublié. Tout se met en place jusqu’au moment de l’attente. Tout est prêt pour détruire le système. Mais rien ne se passe. C’est le jour de la course. Les chevaux sont au départ, et tout peut encore arriver. Et même quand la course a commencé, rien n’est sûr à 100%. En face des joueurs, un système corrompu qui doit s’écrouler mais qui ne veut pas le reconnaître.

Et plus dure sera la chute. Parce qu’elle est très dure. Mais pas pour les vrais responsables. Pour les clampins. Ceux qui se font toujours avoir. Résultat : des millions de chômeurs, de gens sans abri. Ben l’avait prédit, c’est arrivé.

Mais cette fois-ci, il n’y a pas de guerre mondiale pour en sortir.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Frank Borzage, #Muet, #Drame

Nous assistons ici à la création d’un couple de cinéma formidable : Janet Gaynor et Charles Farrell. Ils tourneront quelques chefs-d’œuvre ensemble, avec Borzage (Lucky Star, Steet Angel).

Pourtant, voici un film de paradoxe.

Chico (Charles Farrell) est égoutier. Son rêve, monter à la surface et être nettoyeur de rue.

Diane (Janet Gaynor) habite à l’étage avec sa sœur. Cette dernière – Nana, ça ne s’invente pas – la maltraite (fouet, strangulation). Alors, évidemment, son vœu, c’est de descendre pour échapper à cet enfer.

Mais même en bas, Nana poursuit sa sœur et la violente. Mais Chico s’interpose et va la sauver. Malgré tout, la police s’intéresse à elle, et pour la préserver, Chico – qui agit plus vite qu’il ne réfléchit – déclare au policier qui veut l’emmener qu’elle est sa femme. Mais les policiers ne sont pas dupes, il y aura enquête. Diane va donc aller vivre chez Chico, le temps que l’enquête soit terminée.

Chico, alors qu’il travaille sous terre habite le dernier étage d’un immeuble (le sixième), et vit, par conséquent, près des étoiles. Si ce n’est pas le paradis, ça s’en rapproche… C’est d’ailleurs cet appartement qui va donner le titre original : le Paradis du septième. Alors, pourquoi septième, alors qu’il habite au sixième ? Tout simplement parce que les Américains comptent les différents niveaux d’une bâtisse. Le rez-de-chaussée étant le premier, Chico habite bel et bien au septième.

Mais une fois le détective passé et l’enquête classée, Chico veut bien que Diane reste chez lui… Mais il ne sait pas dire les mots qui conviennent. Parler d’amour ? C’est trop bête. Il aime Diane, mais ne sait le dire.

Il faudra alors un deuxième paradoxe : la guerre. C’est la guerre, l’opposée de l’amour qui lui fera dire qu’il l’aime. La déclaration de guerre sera le grand moment de leur amour : Chico trouve les mots pour le dire et le carillon marque l’heure paradisiaque (suprême, dit le titre français). Et comme nous sommes toujours dans le paradoxe, c’est alors qu’ils se sont trouvé »s qu’ils doivent se séparer.

Puis, c’est la guerre. Pas de tranchée. Une guerre de mouvement : l’épisode des taxis de la Marne. C’est le défilé des taxis. On comprend que les Allemands aient été repoussés !

Puis, la guerre s’installe. Diane travaille à l’effort de guerre pendant que Chico se bat.

Mais Diane et Chico se retrouvent en pensée, chaque jour à l’heure du bonheur (onze heures).

Et puis le drame éclate. Et c’est le jour de l’Armistice (nouveau paradoxe) qu’elle apprend que Chico est mort. Ce jour de fête devient un jour de malheur.

Mais nous sommes dans une comédie. Et Chico revient, aveugle. Et c’est précisément quand il revient, qu’il est aveugle qu’il voit clair : lui qui se croyait abandonné de Dieu (« monsieur Bon Dieu », en français dans les titres) n’est pas seul. Diane est là et sera toujours là.

De cette histoire d’amour scandaleuse (une femme et un homme vivent sous le même toit alors qu’ils ne sont pas mariés !), Borzage peint une magnifique romance (et puis nous sommes en France, un pays dépravé, tout le monde sait cela). Janet Gaynor et Charles Farrell sont vraiment sur la même longueur d’onde et montrent une complémentarité qui ne se démentira pas dans les films suivants. Elle – faible, fragile et aimante - lui – fort, fruste mais malgré tout amoureux – forment un duo magnifique.

Enfin, il est clair que Michel Hazanavicius a bien apprécié ce film puisqu’il emprunte une scène pour the Artist : Diane enfile la veste de Chico et se laisse enlacer par les deux manches, substitut de ceux de Chico absent.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Georges Méliès, #Muet, #Comédie

Ca commence par une assemblée de savants. On les reconnaît à leur grande barbe (blanche). Ils sont habillés à la dernière mode copernicienne (fin XVIème-début XVIIème siècle). L’un d’eux prend la parole pour exposer sa théorie : on peut aller SUR la lune. Il suffit d’un gigantesque canon et d’une capsule en forme d’obus (fabriquée par des ouvriers à la mode fin XIXème-début XXème). Malgré les récriminations de l’un d’entre eux (il y a toujours quelqu’un pour refuser le progrès quand il est là), il est décidé de faire le voyage.

 

Vingt-cinq ans avant Fritz Lang (soixante quinze ans avant Lucas !), Méliès invente le voyage interplanétaire !

Alors on prend les méthodes 1900. A cette époque, pour envoyer un objet loin, il n’y avait pas mieux que les canons. Donc le projectile aura une forme d’obus (aérodynamisme oblige), et il suffit d’utiliser un canon ad hoc pour l’envoyer.

Finalement, on n’est pas si loin de Tintin : Hergé utilise la science de son époque et prend pour modèle les V2.

 

Donc, voici nos savants envoyés sur la lune avec un magnifique travelling avant sur la lune qui… Reçoit un astronef dans l’œil droit ! (scène d’anthologie, s’il en est).

Ensuite… Ensuite, c’est du bonus : les savants sont aux prises avec des Sélénites qui explosent quand on les frappe un peu trop fort… Rien que de très naturel chez Méliès.

 

L’intérêt étant la magie de cet effet spécial qui ne laisse aucune trace du personnage disparu, comme on aurait pu l’imaginer d’un film de cette période. Parce que ce film est toujours d’actualité. Les effets spéciaux de Méliès sont précurseurs du cinéma actuel. Certes, ça ressemble à des décors de carton-pâte. Mais il faut, pour pleinement apprécier ce chef-d’œuvre, le voir avec des yeux de néophytes : quand le film est projeté pour la première fois, il ne faut pas oublier que le cinéma existe depuis moins de dix ans. Il ne faut pas non plus oublier que les films proposés sont plutôt documentaires (famille, sortie d’usine, scènes de rue…). Il faudra attendre l’année suivante, pour que les Américains se mettent sérieusement (quoi que… N’était-ce pas sérieux déjà avant ?) à la fiction avec Le Vol du grand rapide. Mais ceci est une autre histoire.

 

Une question reste toutefois : qu’aurait fait Méliès avec les possibilités technologiques actuelles ?

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Francis Ford Coppola, #Cinéma, #Gangsters, #Marlon Brando

D’abord il y avait le roman de Mario Puzo (1969). Maintenant, il y a la fresque cinématographique de Coppola.

Il y a aussi un avant et un après le Parrain. Avant, jamais on n’avait pris un tel point de vue sur des truands. Les trois grands films de gangsters – Little Caesar, The public Enemy & Scarface – qui ont posé les bases du genre n’ont pas cette approche. A chaque fois, il s’agit de caïds sans scrupule dotés d’un esprit déséquilibré (il n’était pas question qu’on puisse s’identifier à eux !).

 

Ici, pas de scrupule non plus, mais pas d’aliénation mentale. Ce sont des gens normaux – leur morale mise à part. Il n’est pas question d’agir sous le coup de la colère. Le seul qui agit ainsi, c’est Sonny (James Caan), le fils ainé. Mais on sait où ça le mène.

Au contraire, Vito – puis Michael – sont des gens froids qui font leur travail. Ce qui se passe, cette violence n’est pas le résultat d’une vengeance ou quelque autre raison personnelle : il s’agit des affaires (« business »). Ce sont les affaires (illégales, évidemment) qui régissent leurs actions : diriger pour faire de l’argent. Vito Corleone (formidable Marlon Brando), puis Michael (Al Pacino) ne sont rien d’autre que des chefs d’entreprise, des hommes d’affaires. Leur empire est structuré comme une armée, ce qui aide beaucoup en cas de guerre des gangs.

 

Mais au-delà du film de gangsters, nous assistons à une tragédie classique. La première séquence – scène d’exposition – jette les bases du film (et même de la saga). Vito marie sa fille (Talia Shire), et pendant que les convives s’amusent et dansent, les affaires continuent. On vient voir Vito – le Parrain – pour lui demander des services (qui sont tout sauf gratuits !). Mais cela est fait avec les formes : respect et honneur sont les maîtres-mots de ce monde.

Le respect est la base des rapports entre ces hommes. On n’élève pas la voix, on mesure ses paroles. La réprimande de Vito envers Sonny qui s’emporte, est d’une sévérité glaçante. Vito est un homme de peu de mots ou d’actes mais à chaque fois, il touche juste : il fait toujours une offre qu’on ne peut pas refuser.

 

Si, dans ce système héréditaire, Sonny devait hériter, on sait rapidement qu’il ne peut égaler son père. Seul Michael a les épaules, le charisme et l’attitude paternelles. Lui aussi parle peu. Et quand il agit, il a la parcimonie implacable de son père : il frappe où il faut, quand il faut.

Et puis il y a l’honneur. Un membre de sa famille est abattu : Michael doit laver l’honneur familial dans le sang. Nous sommes proches de Don Diègue demandant à Rodrigue de laver son affront. Michael, comme Rodrigue, tuera les responsables (ou du moins, les fera tuer).

Mais « ça n’a rien de personnel. Seulement les affaires. »

 

Normal, puisque les affaires, et la famille, c’est la même chose.

Avec ce film, Coppola révolutionne le genre. A la violence sans tache des années 1930-50, succède une nouvelle violence héritée du western crépusculaire : le sang devient un élément visuel très fort. Non seulement il laisse une trace (sur le manteau de Vito, par exemple), mais en plus, il coule (presque) à flot (voir la mort de Moe Green, par exemple).

Leone (Il était une Fois en Amérique) et Scorsese (Goodfellas, Casino) sauront exploiter cette technique nouvelle pour notre plus grand bonheur.

Et puis pour être sûr que c’est du Coppola, l’avant-dernière séquence au montage parallèle est plus que pertinente : magistrale !

 

Deux ans plus tard, Coppola nous propose une suite des aventures du parrain : une offre qu’on ne peut décidément pas refuser.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Raymond Bernard, #Comédie

Entre deux épisodes de la trilogie marseillaise, Raimu a tourné avec Raymond Bernard cette histoire improbable qui fleure bon la Provence. A partir d’une nouvelle de Daudet, et grâce au dialogue de Pagnol, nous assistons à une de ces histoires « marseillaises » qui vont essaimer le cinéma français dans les années 1930. Viendront César, la Femme du boulanger, la Fille du Puisatier

Tartarin est un bourgeois de Tarascon, président du cercle de chasse de cette ville. Et c’est justice que cet homme dirige ce cercle, c’est une gâchette phénoménale pour tirer… Des casquettes ! Mais Tartarin, c’est surtout Raimu, fort de ses deux prestations dans Marius et Fanny. Mais cette fois, il est plus humble. Il faut dire que c’est un érudit à qui on prête des vues sahariennes et des projets de chasse au lion. Sachant qu’il n’a jamais quitté sa ville !

Parce que nous sommes dans une comédie « marseillaise » où l’exagération est la principale caractéristique. On songe à l’air de la calomnie du Barbier de Séville : d’une petite phrase à propos d’un éventuel courrier reçu d’Afrique, on arrive à une invitation en bonne et due forme d’un prince saharien pour l’accompagner à chasser le lion de l’Atlas.

Après avoir tergiversé quelques mois, Tartarin cède et se rend en Algérie, à la poursuite d’un éventuel lion saharien.

La traque en elle-même prend peu de temps du film et est secondaire, finalement. Parce que le plaisir réside ailleurs. C’est à Tarascon qu’on a le plus de joie à suivre notre héros. Ses péripéties sont rehaussées par une truculence des personnages secondaires – déjà visible dans Marius et Fanny – parmi lesquels on reconnaît trois autres protagonistes de la trilogie : Charpin, Maupi et Millie-Mathis. Ce petit monde de ragots et forfanterie – qui se retrouvera dans La Femme du boulanger, quatre ans plus tard – accumule les stéréotypes prêtés aux Marseillais : l’exagération frisant le mensonge arrivant en tête.

Alors on se laisse aller, à suivre cet homme a priori humble mais qui est dirigé par son ventre : il faut voir Raimu marcher dans n’importe quel endroit, nombril en avant !

Et finalement, ce qui aurait dû être un fiasco mémorable se transforme en une épopée mythique dans laquelle Tartarin devient héros… Malgré lui !

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