Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

policier

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Policier, #Kenneth Branagh
Mystère à Venise (A Haunting in Venice - Kenneth Branagh, 2023)

Une maison hantée.

Une jeune fille qui tombe d’un balcon.

Une séance de spiritisme.

Un détective semble-t-il abusé.

Nous sommes bien chez Agatha Christie.

Et ce détective, c’est le célèbre Hercule Poirot (Kenneth Branagh) qui nous revient sur les écrans.

Après une croisière sur le Nil un tantinet décalée de l’œuvre christienne, Branagh se reprend et nous rend notre Poirot perdu !

Les moustaches sont là, les cellules grises, si elles ne sont pas mentionnées, fonctionnent à plein régime, et ce malgré les coups pendables de la personne coupable de meurtres.

Mais reprenons.

 

Une maison vénitienne (un palazzo) a été le cadre d’abominations faites sur des enfants et depuis, leurs fantômes se vengent des infirmières et docteurs qui y séjournent. Mais un an auparavant, une jeune femme est tombée du balcon, harcelée par ces mêmes fantômes. Mais était-ce un suicide ?

Une séance de spiritisme est organisée à la fin de laquelle, la victime annonce avoir été tuée. Peu de temps après la séance, la medium (Michelle Yeoh) est retrouvée morte. Chose curieuse, c’est une ancienne infirmière…

A son tour, Poirot est victime d’une tentative d’assassinat.

Et quels sont ces bruits qui ressemblent à des voix d’enfants que lui seul peut entendre ?

Heureusement, Poirot est un rationnel, alors le mystère n’en sera bientôt plus un…

 

Comme je l’ai dit en préambule, Poirot (le vrai) est de retour ! Certes, Branagh s’inspire – par l’intermédiaire de son scénariste Michael Green – du roman La Fête du potiron mais très librement, conservant le temps du roman (Halloween) ainsi que le jeu de la pomme dans l’eau. Mais qu’importe, comme dans les deux premiers films, nous retrouvons le huis clos cher à notre héros, dans une Venise sous la pluie. Certes, transposer l’intrigue à Venise n’apporte pas grand-chose mais elle justifie la volonté de retraite du détective qui cultive ses cucurbitacées – comme dans Le Meurtre de Roger Ackroyd. Cela n’empêche pas de nombreuses personnes à le relancer pour profiter de son éclairage…

 

Mais bien sûr, Poirot reste Poirot et quand le mystère surgit, il est là !

Et question mystère, Branagh s’est surpassé. Ajoutant à cette intrigue criminelle une dose d’ésotérisme – souvent présente chez Christie, ne l’oublions pas – il réalise un film qui flirte avec l’épouvante, faisant apparaître – ou non ? – des revenants là où le petit détective ne les attend pas (ni le spectateur d’ailleurs…).

Cela donne à l’arrivée une dimension gothique à cette enquête, accentuée par le déchaînement des éléments jusqu’à l’explication finale  tant attendue, qui va faire la lumière sur l’enquête et dans le même temps chasser les tempêtes : celle qui se déroule dans les canaux et voit les gondoles livrées à elles-mêmes heurter les parois du palazzo, et celle intérieure où chacun est soupçonné par le petit Belge, donnant au lieu une tension qui va amener un autre chaos.

 

Rassurez-vous, à la fin, le beau temps revient et Poirot a encore réussi !

Il peut donc retourner planter ses légumes. Mais pas longtemps, parce que les solliciteurs sont toujours là, et les affaires reprennent…

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #Drame, #Tod Browning
La treizième Chaise (The thirteenth Chair - Tod Browning, 1929)

Depuis environ deux mille ans, nous savons qu’être assis avec douze autres personnes n’est pas une initiative très recommandée. C’est pourtant ce que veut faire Edward Wales (John Davidson), depuis que ami Spencer Lee a été tué d’un coup de couteau dans le dos.

Il profite d’une soirée chez Sir Crosby (Holmes Herbert) pour faire venir la voyante Rosalie La Grange (Margaret Wicherly) afin qu’elle invoque l’esprit de son ami et révèle ainsi le nom de la personne qui l’a tué.

Mais alors que la séance s’engage on pousse un cri : quand on rallume, Wales a été – lui aussi – assassiné.

Qui a fait le coup ?

 

Nous sommes donc dans un whodunit (1), avec bien entendu la présence d’un policier, l’inspecteur Delzante. Et c’est avant tout pour ce policier qu’on se rappelle ce film plutôt mineur dans la carrière de Tod Browning, parce que c’est un certain Béla Ferenc Dezsõ Blaskó plus connu sous le nom de scène Lugosi qui l’interprète. Et c’est peut-être aussi à cause de cela que le film est mineur…

De cela et surtout de l’aspect empesé des différents personnages. Alors oui, c’est d’abord une pièce de théâtre, et le moins qu’on puisse dire, c’est que nous sommes réellement sur une scène, les (rares) changements de décor n’ayant aucune véritable pertinence.

 

A la décharge Browning, il s’agit de son premier film parlant et on le sent bien dans les différentes interventions des personnages. Il y a peu de naturel chez ces gens rassemblés afin d’élucider un crime. Enfin, pas exactement : si Conrad Nagel (Richard Crosby) s’en sort à peu près, c’est surtout la présence de Leila « Venus » Hyams qu’il faut signaler. En plus d’être très belle (non, je ne suis pas objectif !), elle campe avec conviction Helen « Nelly » O’Neill, promise à Richard Crosby.

Par contre, Lugosi n’échappe pas à l’empesage, accentué par son accent particulier qui fait de lui un policier peu crédible, tendant avec plus ou moins de ‘réussite des pièges à ses suspects, qui s’ils n’atteignent pas leur but desservent une intrigue déjà on ne peut plus convenue –pour nous spectateurs actuels.

 

Mais malgré tout, nous retrouvons ici l’un des thèmes de prédilections de Browning : le spectacle, et plus particulièrement celui qu’on pouvait trouver dans les foires. Madame La Grange, voyante un tantinet charlatanesque, est la collègue de plusieurs personnages déjà rencontrés chez Browning : le professeur Echo (Le Club des trois), Alonzo (L’Inconnu) ou encore Phroso le magicien (A l’Ouest de Zanzibar)… Sans parler des personnages de Freaks, mais ce sera trois ans plus tard.

Et Browning, afin de donner plus de corps à cette femme singulière va jusqu’à lui faire révéler ses tours à ses spectateurs afin de s’assurer de leur attention et surtout de lutter contre leur scepticisme.

Bien entendu, les manœuvres policières de Delzante vont démonter son manège, mais elle aura tout de même le dernier mot et aidera à démasquer la véritable personne coupable du double meurtre. On eut d’ailleurs s’amuser de cette résolution combinée entre le pragmatisme du policier et l’espèce d’ésotérisme de la voyante.

 

Pour le reste, c’est un tantinet plat, avec des moments de silence pas toujours pertinents hérités de la période précédente, et Lugosi – encore lui – en plus de son accent incongru, nous gratifie de postures faciales totalement inadéquates dans un film parlant.

Heureusement pour nous, Browning et lui se rattraperont deux ans plus tard lors de leur second film ensemble : Dracula.

 

  1. En entier : « who (has) done it ? », soit « qui l’a fait [le coup] ? », avec prononcé populaire en prime…

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #Drame, #Gangsters, #Biopic, #Jean-François Richet
L'Ennemi public n° 1 (Jean-François Richet, 2008)

« Alors, Mesrine d’un côté, Boulin de l’autre, un partout, la balle au centre ! » (Coluche)

Il faut dire que le matin du 2 novembre 1979, le suicide du second faisait la une en France. Mais pas pour longtemps... comme le prédit Broussard (Olivier « Coquelin » Gourmet).

Nous retrouvons donc Jacques Mesrine (Vincent Cassel, toujours) en 1973, à nouveau en prison et en attente de procès. Ce procès sera sa troisième occasion d’évasion, avant d’être repris par le commissaire Broussard dans une séquence – véridique – haute en couleur.

Et puis la fuite en avant se termine donc le 2 novembre, là où avait commencé la première partie.

 

C’est une suite du même calibre que le film précédent : Vincent Cassel va au-delà de l’interprétation, il est Mesrine. Il a même pris vingt kilogrammes pour avoir le même gabarit que son modèle au moment de sa fin. A ses côtés, quelques personnages plus ou moins pittoresques mais qui amènent tout de même la véritable réalité de Mesrine : il est seul et même dans la mort, Sylvia (Ludivine Sagnier) ne le suit pas.

C’est donc cette cavale sanglante que nous allons vivre dans cette seconde partie. Si le ton est le même, l’histoire a évolué. Mesrine s’est empâté, et surtout, il passe la plus claire partie de son temps en prison. Et comme nous ne sommes plus dans l’USC de Saint-Vincent-de-Paul, peu de choses à montrer. Sauf, bien sûr, la dernière évasion. Plus spectaculaire qu’au Québec, et toujours en pleine lumière !

 

Jean-François Richet termine, à nouveau de main de maître, l’histoire qu’il a commencée à nous proposer un mois plus tôt, restant au plus près de son personnage principal sans toutefois en faire un héros. Même son procès, dans lequel Mesrine veut se mettre le public dans la poche en plaisantant, n’a pas la force que pourra avoir celui de Goldman dans le film homonyme quinze ans plus tard. Pour deux raisons : tout d’abord l’aspect politique de Goldman, alors que Mesrine a tendance à mépriser les politiques, et aussi l’aspect occasionnel de Goldman en tant que truand, alors que « Monsieur Jacques » est un gangster qui s’assume.

Et Richet passe vite dessus, se concentrant plutôt sur ce qu’il va se passer après : la dernière évasion.

 

Attention, Richet nous prévient une deuxième fois en ouverture du film : ce n’est pas la vérité. Seulement une réalité (plausible) concernant son personnage. Parce que s’il a bénéficié de complicités – indispensables – pour pouvoir récupérer des armes dans la prison (c’est quand même la Santé !), il y a peu de chances que ce soit son avocate (Laure Marsac) qui les lui aient apportées…

Qu’importe donc, le spectacle doit continuer (1) et nous assistons donc à une nouvelle séquence d’anthologie (pour Mesrine).

 

Et puis tout se termine là où cela a commencé, avec la séquence d’ouverture plus fournie et surtout avec un seul point de vue à chaque fois : une seule caméra si vous préférez. Et s’il réutilise certains plans, il en ajoute d’autres, en rapport avec la véritable situation de la rue Belliard (où était planqué le truand) : les différentes planques de la police qui le suit pas à pas lors de son dernier jour.

Puis, vient l’exécution attendue. Sans pour autant excuser Mesrine pour « l’ensemble de son œuvre », Richet a tout de même tendance à privilégier l’aspect peine de mort étatique. En effet, alors que la fois précédente, nous en étions restés à la bâche qui se soulève et les mitrailleurs qui apparaissent, cette fois-ci, nous avons droit à la mise à mort brute voire brutale. Et ce qui fait pencher la balance du côté de la peine capitale (sans jugement), c’est le coup de grâce accompli par un policier qui ouvre la portière de Mesrine et lui tire dans la tête.

Là encore, nous sommes au cinéma. Par contre, nous avons tout de même droit à la version Broussard qui annonce qu’on a procédé à une sommation avant de l’abattre. Soit j’ai mal entendu, soit il n’y en a pas…

 

Un dernier mot enfin sur un regret exprimé plus tôt sur ce site (janvier 2022).

Quarante ans avant le film de Richet sortait un autre film de gangsters, sur un autre « ennemi public n° 1 » : La Bande à Bonnot de Philippe Fourastié. Au contraire de son aîné, Richet brosse avec beaucoup de justesse, de profondeur et surtout de pertinence cette époque et ce(s) personnage(s).

 

Magnifique.

 

PS : Un regret toutefois. On ne répond pas à ma question à propos du film précédent. La séquence qui voit Guido-Depardieu & Paul-Lellouche se faire tuer est superflue. C’est juste une sortie de scène, qui n’a plus rien à voir avec le personnage central. Un petit mot de Mesrine aurait peut-être été le bienvenu…

 

  1. "The show must go on", que voulez-vous (comme disent les British) !
2 novembre 1979, Porte de Clignancourt.

2 novembre 1979, Porte de Clignancourt.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #Drame, #Gangsters, #Biopic, #Jean-François Richet, #Gilles Lellouche
L'Instinct de mort (Jean-François Richet, 2008)

2 novembre 1979.

Un homme et sa femme préparent leurs affaires et s’en vont en voiture. Malheureusement, il y a de la circulation et ils sont bloqués derrière un camion. La bâche du camion est levée : ce sont des policiers armés de mitraillettes.

Cet homme, c’est Jacques Mesrine (Vincent Cassel), et sa compagne, c’est Sylvia Jeanjacquot (Ludivine Sagnier).

C’est ce jour-là qu’il est abattu par la police.

Mais ce n’est pas le sujet de ce film : nous remontons vingt ans auparavant, en Algérie, quand le même Mesrine a devancé l’appel : torture, & exécution sont les maîtres mots de cette période. Libéré, il revient à Paris et commence une activité de truand avec son ami Paul (Gilles Lellouche) sous les ordre de Guido (Gérard Depardieu).

Cette activité criminelle l’emmènera en plus de la prison, au Canada où, là encore le travail honnête ne sera pas privilégié…

 

Jean-François Richet nous replonge dans la période Mesrine avec beaucoup de savoir faire. Mais il évite le piège – facile – de faire passer ce dernier pour un héros. Un homme libre, oui, mais pas un héros. Nous allons le suivre pendant (environ) treize années, d’un côté et de l’autre de l’Atlantique. Mais même si on se déplace beaucoup, ce n’est en rien un road-movie. C’est un film de gangsters plutôt réaliste, où les différentes péripéties ne peuvent pas vraiment être considérées comme des exploits. A part, bien sûr, l’évasion –spectaculaire – de l’USC (Unité Spéciale de Correction) de Saint-Vincent-de-Paul, près de Laval (au Québec !).

D’ailleurs, cette évasion permettra à la société canadienne de se rendre compte du (très) mauvais traitement infligé aux détenus, entraînant sa fermeture. Comme quoi, Mesrine aura tout de même été utile à la société…

 

Mais c’est son parcours – pas spécialement atypique – qui nous intéresse, inspiré de l’autobiographie qu’il avait fait paraître deux ans avant sa mort. C’est brutal, comme le fut la vie de cet homme qu’on peut qualifier d’ambigu. Ambigu pour l’admiration qu’ont encore beaucoup de gens pour lui, et la condamnation de son « exécution » (1) par l’Etat français. Parce que ne nous leurrons pas : Mesrine était un gangster extrêmement dangereux qui n’hésitait pas à tuer s’il le fallait.

Il n’empêche : Richet mène son film avec beaucoup de maîtrise et surtout Vincent Cassel interprète un Mesrine plus vrai que nature, n’épargnant pas les aspects plus sombres de sa personnalité, ceux qu’on a tendance à oublier quand on vante ce personnage.

Et encore une fois, Cécile de France nous montre toute l’étendue de son talent en interprétant Jeanne, complice d’alors du grand truand.

 

Et ce qui frappe le plus, c’est la très belle reconstitution de cette période : bien sûr, on revoit certaines voitures inévitables, mais c’est tout le reste qui est intéressant, les cigarettes fumées à longueur de journée – même à l’hôpital – ou encore la bière en bouteille de 25 cl qui émaille le film… Surtout, il y a certains plans où  Vincent Cassel ressemble fortement à son modèle original. Certes, le maquillage est là, mais il y a quelque chose en plus : des attitudes, des regards qui nous replongent dans cette période troublée où on imaginait croiser « l’ennemi public n° 1 » (2), n’importe où, même au bout de sa propre rue…

 

Et si l’histoire n’est pas finie quand le film l’est, une question reste en suspend pour le spectateur : pourquoi avoir fait exécuter Guido & Paul (une séquence insérée dans l’année 1969, sans aucune influence sur ce qu’on voit après) ?

Réponse dans la suite ?

 

NB : Normalement, on ne prononce pas le S dans Mesrine…

 

  1. C’est ainsi qu’on en parle encore dans certains milieux…
  2. C’est d’ailleurs le titre de la deuxième partie…

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #Georges Lautner, #Michel Audiard
Le Professionnel (Georges Lautner, 1981)

[A nouveau, de véritables morceaux de résolution d’intrigue se sont glissés dans ce qui suit…]

 

Après l’épisode comique du Guignolo, Lautner tourne une troisième fois de suite avec Belmondo. Et cette fois-ci, le sujet est un tantinet plus sérieux.

Jocelyn « Joss » Beaumont (Belmondo, donc) est un agent secret d’élite français abandonné par ses supérieurs alors qu’il devait assassiner le président N’Djala (Pierre Saintons). Condamné au travail forcé, il s’évade et revient en France.

Il revient en France au moment où ce même N’Djala y est en visite officielle. Il entend bien terminer sa mission.

Evidemment, les services secrets sont sur la brèche : comment retrouver un agent rompu à tous les exercices ?

On ne peut pas, c’est un véritable professionnel. D’où le titre.

 

L’affiche est claire : Belmondo tient un revolver et met en joue quelqu’un. On ne rigole plus. Ca va flinguer ! Et d’ailleurs, ça flingue. Dans le village africain tout d’abord. A la fin, bien sûr, quand on règle les comptes. Et entre les deux ? Une chasse à l’homme. Celle de N’Djala pour Beaumont, celle de Beaumont pour les autres. Avec bien sûr issue fatale pour l’un ou pour l’autre, voire les deux. Et là encore l’affiche est claire : un cadavre sous le titre. Celui d’un homme blanc. Beaumont ? Peut-être.

Et si Belmondo tient grandement le haut de l’affiche, Georges Lautner et Michel Audiard sont tous les deux sur le même plan : les dialogues sont donc aussi importants que la mise en scène. Pourrait-il en être autrement avec ces deux-là ?

 

Et question dialogues, nous sommes servis, avec même une double citation (dans la même séquence) des Tontons flingueurs : Beaumont frappe à une porte qui est ouverte par un certain Volfoni (Pierre Vernier)… Je,’y peux rien, ça me fait toujours rire.

La rencontre avec Doris Frederiksen (Marie-Christine Descouard) est tout aussi savoureuse, encore une fois grâce à l’écriture (ciselée) d’Audiard.

Autre élément marquant de ce film : la musique d’Ennio Morricone. Chi Mai est le tube du film : pas une journée sans qu’on l’entende plusieurs fois à la radio (à l’époque), prenant même la première place du Hit-Parade de Jean-Loup Lafont (sur Europe). Et puisqu’on parle de Morricone, on peut parler de Leone : la rencontre ultime entre Beaumont et Rosen (Robert Hossein) n’est pas sans rappeler les westerns du maître…

Bref, un film qui s’écoute aussi (1).

 

Et puis il y a Belmondo.

Pas de cascade cette fois-ci, mais un jeu sérieux avec quelques pointes d’humour (merci Audiard, donc) et un gros flingue. Il est Le Professionnel dans tous les sens du terme, attirant tout l’intérêt du spectateur du début à la fin, quand il s’en va prendre l’hélicoptère.

D’ailleurs, à part pour effet final, je ne comprends pas bien la pertinence de l’envol de cet engin : personne ne monte dedans !

Quoi qu’il en soit, cette fin – tragique – donne toute sa signification au titre : il sait que son sort se décide et qu’il est funeste. Sa recommandation à la même Doris l’atteste. Et si certains spectateurs – j’en ai connus à l’époque – ont été frustrés de voir leur idole succomber (2) au tir de Farges (Bernard-Pierre Donnadieu), cette fin est tout de même logique : que lui restait-il après tout ça ?

 

PS : Pourquoi avoir ajouté un cigarillo dans la bouche de Belmondo sur certaines affiches étrangères ?

 

  1. On m’avait offert le 33 tours !
  2. Ce n’était pas arrivé depuis Borsalino (1970)… Belmondo meurt moins souvent que Delon !

 

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #Braquage, #Western, #Walter Hill
Extreme Prejudice (Walter Hill, 1987)

Vous prenez l’Agence-Tout-Risque (The A-Team, pour les puristes), vous y ajoutez une dose de Horde sauvage (The wild Bunch, pour les mêmes) et vous obtenez un film d’action spectaculaire… Mais pas que.

Nous sommes bien d’accord pour dire que les personnages de Walter Hill ne font pas dans la dentelle, mais on peut reconnaître une dimension – largement exploitée par Hollywood & les autres à propos de l’amitié entre un flic et un truand, mais à cela s’ajoute un trafic de drogue,  une situation frontalière et le commando d’ombres qui tiennent leurs promesses.

Mais reprenons.

 

Six hommes, emmenés par le commandant Hackett (Michael « Revok » Ironside), débarquent dans la petite ville (frontalière, donc) du shérif Hank Pearson (Rip « Z » Torn). Leur objectif : faire tomber le caïd de la drogue local, Cash Bailey (Powers Boothe). Un autre homme aimerait mettre un terme à ce trafic qui corrompt la petite ville : le Texas Ranger Jack Benteen (Nick Nolte), qui en plus considère le shérif comme son second père.

Le problème, pour Benteen), c’est que Cash Bailey est son ami de toujours, avec qui il a grandi et vécu ses premières expériences…

Avec en prime, une femme : Sarita (María Conchita Bustill). En plus d’être belle, elle fut la compagne de Cash avant d’être celle de Jack…

 

Walter Hill retrouve Nick Nolte, encore une fois policier, mais bien éloigné de celui de 48 heures : Jack est soigné, porte un chapeau qui semble vissé à sa tête, et a des remords quand il tue quelqu’un qui a mal tourné. Bref, nous sommes bien loin de l’autre Jack, Cates. Il rappelle un peu Guinn « Big Boy » Williams, autre acteur d’allure similaire.

Mais ce qui ressort de ce film, c’est un mélange heureux de plusieurs genres.

Le film policier bien évidemment, puisque l’intrigue tourne avant tout autour du trafic de Bailey et de son opposition avec la police.

A cela s’ajoute un aspect braquage de banque – avec la technologie un tantinet dépassée, bien entendu, de la fin des années 80 – orchestré par cette équipe de d’agents très spéciaux composée de gens décédés lors de conflits antérieurs (Vietnam, Honduras…). Leur présentation ouvre d’ailleurs le film, remettant en cause l’affiche du film : où est Nick Nolte ?

Et ces soldats de fortune, comme on pourrait les appeler n’ont pas les mêmes attributs que leurs cousins de l’Agence citée plus haut, ni, bien entendu, l’humour.

 

Troisième genre, et certainement pas le moindre à mon avis, le western.

L’allure de Benteen est, du fait de son statut, celle d’un cow-boy traditionnel pour qui la voiture a remplacé le cheval, mais l’arme – un pistolet avec plus que six balles dans le chargeur, il faut vivre avec son temps – à portée de main, sur le côté. EDE plus, nous retrouvons des paysages semi désertiques (Mexique & Texas) séparés par le mythique Rio Grande qui sont aussi le décor de fusillades nourries et très meurtrières.

Et bien sûr, le duel final entre les deux « frères ennemis » dont l’issue – inévitable – n’est pas si prévisible que ça : disons qu’on n’est plus chez Ford ou Hawks (etc.). De plus, le fait que ce règlement de comptes se situe au Mexique accentue la référence au film de Peckinpah (voir ci-dessus).

 

Alors avec tout ça, en plus d’une distribution fort honorable – il y a en plus Clancy « Kurgan » Brown (sergent McRose), mon préféré dans le commando – Hill réalise un film très honnête qui mérite franchement de s’y arrêter.

Et, bien sûr, d’y revenir !

 

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #Olivier Marchal
Les Lyonnais (Olivier Marchal, 2011)

 

Les Lyonnais, c’est avant tout un gang qui a eu ses « heures de gloire » dans les années 1970 : Edmond Momon Vidal (Gérard Lanvin), Serge Suttel (Tchéky Karyo), Dany (Lionnel Astier), Christo (Daniel Duval) et Nick Karastidis, dit « Le Grec ». Ils ont écumé la région lyonnaise (d’où le nom de leur gang), avant de se séparer après quelques années de prison inévitables.

Quarante ans après, Serge réapparaît et relance – malgré eux – ses anciens complices. Arrêté, ils le font évader. Mais il n’y a pas que la police qui est à ses trousses.

 

Quatorze ans dans la police, ça laisse des traces. Alors pas étonnant qu’Olivier Marchal en parle dans ses films. Mais ici, c’est l’autre côté qui l’intéresse, les malfrats. Et ces Lyonnais sont des malfrats à l’ancienne, avec amitié virile et code de l’honneur. Cela ne l’empêche pas de nous donner un certain aperçu des pratiques policières de l’époque qui rappelaient très clairement la Question telle qu’elle était pratiquée par leurs aînés de l’Ancien Régime, au Châtelet, par exemple…

Mais attention, ce n’est absolument pas ici d’une dénonciation des pratiques policières : Marchal se concentre sur la vie d’Edmond Vidal (1), à travers cinq semaines de sa vie. De la même façon, la participation de Momon aux affaires du SAC (Service d’Action Civique)

 

Ces cinq semaines sont aussi l’occasion pour lui de se souvenir des liens qui l’attachent à Suttel, depuis une cinquantaine d’années. Et Marchal choisit de montrer ces souvenirs de manière chronologique, comme pour quelqu’un dont on essaie de retracer la vie. Avec toutefois une rupture dès l’ouverture. Vidal est en Espagne (Marbella) puis se retrouve en voiture dans les environs de Lyon, ouvre la porte d’une grange et le noir qui suit nous fait entendre la détonation d’une arme à feu, certainement celle que Momon a pris dans sa boîte à gant.

 

Et Marchal retrace la vie de ces truands en parallèle des situations présentes (pour les protagonistes), nous permettant de mieux appréhender les enjeux de l’évasion (meurtrière) de Suttel. Et si on peut voir quelques séquences heureuses, c’est avant tout l’expérience traumatisante de la prison qui est centrale, même si on n’a que très peu de plans en cellule. C’est la prison qui a fait de Momon et Suttel ce qu’ils sont devenus. Et tout ça pour un cageot de cerises ! La prison (un tantinet abusive) a permis à Vidal de se faire des relations et par là même apprendre un nouveau métier : braqueur.

Mais le temps passe et Momon se range, pendant que Serge continue. Alors quand ce dernier revient, et que sa vie est en danger, il n’hésite pas longtemps : l’honneur et l’amitié avant tout. Avant tout et (mais ?) jusqu’au bout.

Et c’est cette relation qui est développée jusqu’au bout, portée par le duo Lanvin-Karyo qui incarnent avec conviction ces deux amis « à la vie à la mort », avec en toile de fond les différents épisodes du gang, remaniés bien sûr, puisque nous sommes au cinéma. Des seize accusés à l’origine, seuls quatre d’entre eux nous intéressent, et outre le duo vedette, Lionel Astier et Daniel Duval donnent eux aussi du corps à leur personnage respectif. Ce sont eux aussi des amis sûrs, capables de tout pour les autres.

 

Et les femmes ?

Outre l’épouse de Momon, Janou (Valeria Cavalli), et Lilou, la fille de Serge, elles ne sont pas beaucoup mises en avant, le film restant avant tout une histoire d’hommes. Certes Janou a un rôle important, mais elle reste tout de même au second plan, par rapport à Momon. Quant à Lilou…

Bref, on peut se dire que la place des femmes est en relation avec celles qu’on leur donnait (encore) à la période du Gang des Lyonnais…

 

Quoi qu’il en soit, Olivier Marchal maîtrise son film et nous propose une histoire  solide soutenue par une distribution à la hauteur de l’enjeu. Avec, de temps en temps, quelques clins d’œil à l’un des films de gangsters les plus réussis : Le Parrain, qui nous ramène, lui aussi (lors de sa sortie), à la période décrite.

 

PS : Edmond Vidal est mort dans la nuit du 8 au 9 septembre dernier (il y a quatre jours quand j’écris tout ceci).

 

  1. Véritable gangster qui a écrit le livre dont s’inspire le film.

 

 

Gérard Lanvin & Edmond Vidal

Gérard Lanvin & Edmond Vidal

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #Gangsters, #Yves Boisset
Un Condé (Yves Boisset, 1970)

« Vous savez qui je suis ?

- Un condé.

- Oui.

- Vous vous ressemblez tous. »

Ce condé, c’est Michel Bouquet, l’inspecteur Favenin. La tenue sombre, gants noirs et nouvelle coupe de cheveux. Mais il n’est pas le seul. Il y a aussi son ami l’inspecteur Barnero (Bernard Fresson). Et ce dernier vient d’être abattu par Villetti (Michel Constantin), qui venait juste de supprimer le truand Tavernier (Francis Cosne), dit « le Mandarin ».

Alors Favenin n’a qu’une idée : venger la mort de son collègue et ami. Et pour cela, il ira jusqu’au bout. Et même au-delà.

 

Décidément, Michel Bouquet est toujours un policier singulier, voire inoubliable. On se souvient bien sûr de l’inspecteur principal Goitreau qui harcelait Gino Strabliggi chez Giovanni (Deux Hommes dans la ville, 1973) ou encore Javert (l’une des meilleures interprétations de l’inspecteur) chez Robert Hossein (Les Misérables, 1982).

Ici, Favenin est un policier ordinaire qui ne fait pas de politique – même si la mort de Tavernier, qui allait se lancer en campagne électorale, n’est pas pour lui déplaire – et surtout qui ne fait pas de différence entre les hommes qu’il doit appréhender : c’est lui qui insiste pour rattraper les meurtriers de Tavernier et qui va, au bout du compte, signer l’arrêt de mort de son ami.

 

Yves Boisset, qui vient de sortir Cran d’Arrêt le 14 janvier précédent remet le couvert en cette même année 1970 : le 5 octobre, après beaucoup de retard, le film sort en salle et fait – étonnamment – un tabac. Il faut dire qu’un personnage haut placé a contribué pleinement et involontairement à faire la promotion du film : Raymond Marcellin. Vous savez, celui qui a créé les voltigeurs, ces policiers à moto qui frappent les manifestants et les passants… Raymond « La Matraque » est scandalisé par le propos du film et fait tout pour le mutiler, voire l’interdire. Bien sûr, certains dialogues ont été supprimés (1) et l’interrogatoire de Rover (Gianni Garko) retourné, mais le propos du film demeure inchangé.

 

Alors Boisset déroule : entre un homme d’affaires véreux qui compte se présenter sous les couleurs de la majorité (gaullienne voire pompidolienne) et qui est un véritable truand et un policier peu consciencieux qui décide de sa « Saint-Barthélemy du mitan » et ne s’embarrasse d’aucun principe allant jusqu’à tuer si nécessaire, le scénario de Claude Veillot, Sandro Continenza et Boisset ne fait pas spécialement dans la dentelle. 1968 est passé par là et l’image de la police est sérieusement écornée. D’autant plus que le rôle du supérieur de Favenin est confié au formidable Adolfo Celi, spécialiste des rôles de méchants et autres faux derches notoires (3). Et question hypocrisie, nous sommes servis : sa première intervention est on ne peut plus significative. Sans oublier sa propension à couvrir indéfectiblement les hommes sous ses ordres : vous avez donc un magnifique serviteur du dénommé Raymond ci-dessus évoqué.

 

Pour le reste de l’interprétation Boisset fait appel à quelques seconds rôles habituels qui remplissent efficacement leur tâche : de Rufus (Raymond Aulnay) à Henri Garcin (Georgy « Beau Sourire ») en passant par Théo Saropo (Lupo) qui malheureusement décédera avant la sortie du film (accident de voiture), ce sont des personnages solides pour cette intrigue musclée.

Et les femmes ? On en dénombre trois. La femme de Barnero (Noëlle Leiris), celle de Favenin (Anne Carrère) et Hélène Gassa (François Fabian). Bien sûr, c’est belle Françoise qui tient le haut de l’affiche de ce rôle de femme prise entre deux feux : la mort de son frère (Pierre Massimi) et l’amour de Dan Rover, qui veut le venger. Elle fait preuve d’un indéniable courage et réussit presque à sauver la partie. Mais le film est noir et ira jusqu’au bout de la noirceur, laissant un condé seul.

Désespérément seul.

 

Bref, Boisset dénonce une certaine police, c’est dans l’ère du temps. Mais ce n’est que la première fois ! Il reviendra très vite avec des sujets plutôt sensibles… Comme quoi, les années 1970 ne sont pas seulement celles de la R 16 (qu’on voit ici en gros plan) ou l’époque où les médecins circulaient en Diane

 

PS : Francis Cosne, « Le Mandarin », est celui qui a cosigné le scénario du film précédent de Boisset…

 

  1. Pas encore de bip comme dans Le Juge Fayard dit « Le Shérif » !
  2. Petit clin d’œil à Michel Audiard, parce que ça me fait plaisir…
  3. L’Homme de Rio, L’Express du colonel von Ryan, Opération Tonnerre… Je continue ?

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Série, #Policier, #Donald P. Bellisario, #Glen A. Larson
Magnum P.I. : Pas de Neige à Hawaï (Donald P. Bellisario & Glen A.Larson, 1980)

Thomas Magnum (Tom Selleck) est un détective privé (P.I. en anglais). Il loge chez Robin Masters, un écrivain à (grand) succès en contrepartie d’assurer la sécurité sur sa (très grande) villa (avec piscine, terrain de tennis, etc.). Il lui arrive même de conduire sa Ferrari, au grand dam d’Higgins. Jonathan Quayle Higgins III (John Hillerman) est une sorte de majordome dans la propriété de Robin Masters : c’est lui qui se charge des invités et de leur confort, et qui doit sans cesse se battre avec Magnum pour que ce dernier se plie à sa discipline. Pour cela, il a deux alliés de poids : Zeus et Apollon, ses dobermans.

Son compagnon d’armes (1) le lieutenant Dan Cook (Allen Williams) a été tué à son arrivée à Hawaï. L’autopsie a démontré qu’il avait des sachets de cocaïnes (2) déchirés dans l’estomac.

Magnum refuse de croire qu’il était une mule pour un trafiquant local.

Il va donc mener l’enquête, avec deux autres anciens compagnons d’armes : Orville « Rick » Wright (Larry Manetti) et Theodore « T.C. » Calvin (Roger E. Mosley).

 

C’est un début très prometteur que nous proposent Donald P. Bellisario et Glen A. Larson, posant les bases d’une série qui va durer 8 ans et surtout mettre Tom Selleck et John Hillerman au devant de la scène : ce duo mal assorti va réjouir les spectateurs pendant un peu plus de 150 épisodes, aidés par les deux complices et compères de Magnum. Pour cet épisode pilote, nous avons droit à deux parties qui donnent un contexte au personnage principal : ancien du Vietnam, il a démissionné de la Navy pour devenir détective. On apprend donc la relation qui le lie à TC et Rick, qui remonte donc à la guerre, mais on n’apprend que très peu de choses sur Higgins, à part le fait qu’il fut sergent-major dans l’armée des Indes et qu’il boit son whisky sans glace, en portant tout d’abord un toast à son régiment. Le reste viendra au fur et à mesure que la relation entre ces deux-là se construira, houleuse, bien entendu, mais aussi respectueuse : quand Higgins se fera tirer dessus et sera entre la vie et la mort, Magnum sera très affecté.

 

Toujours est-il qu’ici, on s’amuse beaucoup malgré un sujet assez grave – la guerre et un meurtre – et surtout la joute entre les deux personnages principaux. On comprend à quelques personnages secondaires que Magnum est avant tout un beau parleur, mais ce n’est pas bien grave, cela contribue aux effets comiques de la série.

Et puis il y a Robin Masters. Enfin, on aimerait bien, mais tout comme Charlie Townsend, c’est l’Arlésienne de la série. On ne le voit jamais et seul Higgins est habilité à lui parler.

Quoi qu’il en soit, c’est une occasion inespérée pour un type comme Magnum de vivre dans un tel cadre, et il en profite. Et nous aussi.

 

On appréciera la référence à Casablanca de ce premier épisode : Rick possède un café américain qui a exactement la même devanture que celle d’Humphrey Bogart. Et si on n’y joue pas (officiellement), on y danse, emmenés par Albert (Mel Carter) le D.J., que bien sûr Magnum appelle « Sam ». Etla musique qu’il dispense n’a, là encore, aucun rapport avec le film de Curtiz : c’est de la disco pure et dure…

 

Alors, à part (peut-être) la musique, on en redemande !

 

  1. Au Vietnam : nous sommes en 1980, soit quelques années après la fin du conflit
  2. D’où la présence de « neige » dans le titre de cet épisode pilote.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #Cédric Jimenez, #Gilles Lellouche
BAC Nord (Cédric Jimenez, 2020)

Greg Cerva (Gilles Lellouche) est incarcéré. Jusque là, rien de bien spectaculaire. Ca le devient quand on sait que ce même Cerva est policier. Brigadier, même. IL travaille en équipe avec Yass (Karim Leklou) et Antoine (François « D’Artagnan » Civil) à la BAC Nord (d’où le titre). Ce sont de bons flics, sauf que la hiérarchie en a marre de la casse : à chaque intervention dans une cité, ils sont insultés et surtout agressés, leur(s) voiture(s) portant les marques de la violence générée. Et ça coûte cher.

Mais finalement, le préfet décide d’une opération de prestige et c’est Cerva qui va s’en occuper, sous couvert de sa hiérarchie.

Enfin jusqu’à un certain point…

 

« Faudra que je vous raconte un jour tout ce que j’ai été obligé d’inventer pour pouvoir faire normalement mon boulot de flic. » C’est Verjeat (Lino Ventura) dans Adieu Poulet (Pierre Granier-Deferre, 1975) qui parle. Et ce qu’on peu dire des méthodes de Cerva, c’est qu’elles ont un petit goût de déjà entendu…

Parce que pour faire son métier, Cerva n’est pas toujours regardant, tout comme ses deux collègues. Mais ils savent s’arrêter à temps, ne franchissant pas la limite de la corruption. Et le film de Cédric Jimenez montre très bien le non franchissement de cette frontière pourtant ténue. Il filme des flics ordinaires, dans des situations quotidiennes qui leurs sont routinières : ils font leur boulot et c’est tout. Et le basculement aura lieu quand le préfet va vouloir faire un coup de com’.

 

Alors oui, ils vont franchir un peu plus la ligne, mais pour quels résultats ? Ces résultats viennent en deux temps : l’opération avec sa mise en place puis les conséquences qui vont déborder largement au-delà des quartiers nord de Marseille.

On notera la très bonne utilisation des archives en rapport à cette affaire de 2012, mais surtout, on appréciera les prestations du trio vedette, avec surtout un Gilles Lellouche formidable (encore une fois), dans le rôle de ce flic désabusé, dont la vie personnelle semble vide une fois qu’il se retrouve seul chez lui. Les deux autres policiers ont quelqu’un qui les attend : pour Yass, c’est Nora (Adèle Exarchopoulos) qui est enceinte et va bientôt accoucher, et pour Antoine, c’est son chien. Pour Greg, on ne sait rien. Ou alors un paquet de cigarettes. On comprend mieux alors son engagement dans la police et surtout sa désillusion.

 

Et bien sûr, quand les choses vont se compliquer, ces trois policiers vont se sentir bien seuls face à l’IGPN (1) et son inspecteur (Jean-Yves Berteloot) : une solitude qui n’est pas sans rappeler celle d’autres fonctionnaires face à leur hiérarchie… D’autant plus qu’on utilise la célèbre expression « pas de vague » qui nous ramène bien sûr à l’actualité de ces derniers.

Et ce qu’on peut dire de ce film, c’est qu’il nous a présenté une vision plutôt réaliste de ce métier, n’évitant hélas pas les récupérations nauséabondes habituelles. Et si on doit rapprocher le film de Jimenez, c’est Polisse (Maïwen, 2011) qui vient en tête tant le réalisme est présent dans cette intrigue. D’ailleurs, nous avons droit très souvent à une caméra au cœur de l’action, sur l’épaule ou non, ce qui accentue beaucoup le travail de ces hommes.

 

Bref, un film solide et bien ficelé, mené tambour battant sans pour autant faire tourner la tête, et surtout un Cédric Jimenez qui ne refait pas ses erreurs du film précédent et reste au plus prêt de son sujet. C’est bien filmé, et toujours près de l’action, ne laissant – cette fois-ci – aucune zone d’ombre dans cette histoire pas si simple que ça.

Comme quoi, la police, ce ne sont pas toujours des hommes qui matraquent des manifestants…

 

  1. Inspection Générale de la Police Nationale.

Voir les commentaires

1 2 3 4 5 6 7 8 9 > >>

Articles récents

Hébergé par Overblog