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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

john wayne

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Millard Webb, #John Wayne
The drop Kick (Millard Webb, 1927)

Quelques semaines après Buster Keaton (1), c’est Richard Barthelmess qui est à l’université, mais dans un registre fort différent : le mélodrame.

Jack Hamill (Barthelmess, donc) est l’une des stars de l’équipe de Shoreham, son botteur qui fit plus d’une fois la différence. Et cette année ne déroge pas : la grande finale contre Central aura lieu très bientôt, et Hamill doit donc se ménager.

Mais c’est très difficile, parce que dans le même temps, il tombe amoureux de Cecily (Barbara Kent), une amie d’enfance et Brad (Eugene Strong), son meilleur ami, se suicide suite à un détournement de fonds dû à l’attitude dépensière de son épouse : la belle est redoutable (et sournoise, cela va sans dire) Eunice (Dorothy Revier).

Mais rassurez-vous, l’équipe de Shoreham va gagner ! (2)

 

Si le titre fait référence à la partie sportive du film, ce n’est pas cette dernière qui est la plus importante. En effet, suite à une duperie de la belle Eunice, la mort de Brad amène Jack à renoncer à celle qu’il aime pour épouser la récente veuve, pour sa plus grande satisfaction (à elle).

Bref, une histoire plutôt sordide mais tout de même bien servie : Barthelmess est toujours ce même jeune premier fougueux et un tantinet séducteur et à ses côtés Hedda Hopper dans le rôle de sa mère, alors qu’elle n’a que 5 ans de plus sur ce « fils », l’adjuvant indispensable à la bonne résolution de l’intrigue : la passion amoureuse ayant tendance à aveugler ses victimes.

Et du côté obscur, Dorothy Revier est une belle garce, de ces femmes « fatales » croqueuses de diamants comme on en trouve beaucoup dans la production cinématographique de l’époque.

Quant au match en lui-même, il se situe à L.A. donc, et on peut reconnaître le Los Angeles Memorial Coliseum qui fut mis en service quatre ans plus tôt et servira de site pour les JO de 1932 et 1984. Cet espace immense permet d’avoir une foule incroyable venue assister au fameux match de l’année, celui dont on nous parle depuis le début du film.

 

Pour le reste, le film est plutôt mineur dans cette année 1927 si faste. Certes, on note quelques effets de caméras intéressants (travelling arrière, surimpression), mais pas de quoi se relever la nuit. La durée (68 minutes) amenant une intrigue resserrée à l’essentielle : le scandale étouffé du détournement de fonds et ses conséquences, sans oublier l’inévitable match.

On peut décemment lui préférer l’autre film cité ci-dessus, même si c’est toujours un plaisir de revoir Richard Barthelmess.


PS : pour les plus observateurs, on peut distinguer un jeune acteur encore inconnu : Marion Morrison. Il changera son nom quelques années plus tard et aura une carrière des plus prestigieuses : John Wayne…

 

PPS : Barbara Kent fut la dernière actrice vivante ayant tourné pendant la période muette. Elle est morte en 2011, à quelques semaines de son 104ème anniversaire.

 

  1. La présentation de College a lieu le 6 août alors que pour the Drop Kick c’est le 25 septembre. 
  2. Ce n’est pas révéler un grand secret que de le dire : la victoire est comprise dans le paquet-cadeau de la résolution de l’intrigue principale.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Stuart Millar, #John Wayne
Une Bible et un fusil (Rooster Cogburn - Stuart Millar, 1975)

« Une bible et un fusil » font bien sûr référence à l’histoire des Etats-Unis, ces deux attributs ayant permis de conquérir le territoire et surtout de civiliser ses autochtones : la conversion ou la mort étant parfois les seules alternatives laissées aux Indiens.

Mais dans le cas de ce film, Rooster Cogburn – qui est le titre en VO en référence à son marshal borgne (John Wayne) – hérite d’une bible et d’un fusil en la personne de Eula Goodnight (Katharine Hepburn), fille du révérend Goodnight (John Lomer) abattu par les hommes qu’il poursuit, et en particulier leur chef Hawk (Richard Jordan), méchant estampillé.

 

Si on peut parler de crépusculaire, ce n’est pas pour qualifier ce western – qui reste à mon humble avis très traditionnel – c’est surtout en ce qui concerne John Wayne qui interprète ici son avant-dernier rôle, retrouvant son personnage de True Grit (Henry Hathaway, 1969).

Mais tout l’intérêt du film, cette fois-ci, c’est l’opposition entre Rooster et Eula, deux fortes personnalités d’un âge avancé (1), aux mœurs bien entendu antithétiques, mais qui vont se découvrir et s’apprivoiser.

Si John Wayne retrouve un personnage familier, il en va de même de Katharine Hepburn car Eula Goodnight n’est pas sans rappeler Rose Sayer dans The African Queen presque 25 ans plus tôt.

La similitude de leur activité – la Mission – aidant à ce rapprochement, et l’homme avec qui elle se trouvent confrontées – Charlie Allnut (Humphrey Bogart) et Cogburn Rooster – sont tous les deux revenus des femmes. Ici s’arrête la parallèle, l’enjeu étant très différent.

 

Autre élément qui rappelle l’âge de Wayne, c’est ce que lui reproche le juge Parker (John McIntire), c’est que l’Ouest a changé, mais pas lui. Mais ce reproche s’adresse bel et bien à Rooster et non plus aux autres personnages que Wayne a pu interpréter.

Rooster est très différent des autres parce qu’il n’a plus le même raisonnement par rapport aux Indiens qu’il a pu beaucoup tuer autrefois avec ou sans John Ford : Rooster est rentré dans le rang après la défaite du Sud (1865) et travaille maintenant pour le gouvernement yankee. Rooster est au final devenu un peu humaniste, même si ses pratiques elles, sont toujours les mêmes : la première séquence le voit abattre 3 hommes. C’est essentiellement ça que lui reproche Parker : nous sommes en 1880, et l’Ouest sauvage n’est plus (2), et la justice sommaire  basée sur la vengeance ou le Talion a fait long feu.

 

Quoi qu’il en soit, nous assistons ici à une rencontre de deux géants du cinéma : Hepburn et Wayne (3), dans des rôles forts et complémentaires.

Bien sûr, Eula est la plus forte : non seulement elle a réponse à tout – pas toujours en évoquant quelque référence biblique – et en plus, elle sait tirer, et surtout juste!

 

Ce qui commence par un affrontement abrupt avec deux caractères bien trempés ainsi qu’un mode de vie fort différent, sans parler de leurs origines (elle est du Nord, lui du Sud). Mais comme je le disais plus haut, le temps et la vie commune vont les rapprocher, ce qui est logique parce qu’ils ne sont pas si différents l’un et l’autre : elle compte sur sa bible et un petit peu sur son fusil pour se sortir des situations dangereuses ; lui, c’est le contraire, son fusil d’abord, et à la grâce de Dieu ensuite.

 

Ce rapprochement programmé va donner lieu à de très belles envolées quand leur destin se scelle et qu’ils savent que ce qui les attend peut être très dangereux voire mortel. On assiste alors à deux répliques qui ont tout de la déclaration d’amour. Bien sûr, leur orgueil – et leur âge ? – les empêche de s’embrasser, mais on sent tout de même qu’il passe entre eux quelque chose qui va tout de même au-delà de la sympathie voire de l’amitié.

 

Mais il en va de Cogburn Rooster comme de n’importe quel autre cowboy solitaire : à la fin, ils se retrouvent seuls. Mais cette fois-ci, c’est elle, qui part vers l’horizon.

 

  1. Quand le film sort, Wayne a 68 ans et Hepburn « seulement » 66…
  2. Nous sommes après L’Homme qui tua Liberty Valance.
  3. C’est d’ailleurs la seule fois qu’ils ont partagé la vedette.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Henry Hathaway, #John Wayne
Les quatre Fils de Katie Elder (The Sons of Katie Elder - Henry Hathaway, 1965)

Katie Elder est morte.

Le village de Clearwater lui fait de belles obsèques car elle était aussi connue qu’appréciée. elle qui eut quatre fils qui ne l’ont pas considérée comme on aurait pu le croire : John (John Wayne) est un pistolero ; Tom (Dean Martin) est un joueur invétéré ; Matt (Earl Holliman), on ne sait pas trop ce qu’il fait ; et Bud (Michael Anderson Jr.  est parti étudier.

A part John, tous ses fils sont là pour l’enterrement. Mais une fois les formalités accomplies, restent deux questions : pourquoi ne vivait-elle pas dans la maison familiale ? Qui a tué le père Elder d’un coup dans le dos ?

 

Henry Hathaway garde le cap pendant que le Western évolue : il nous propose ici un film du genre on ne peut plus classique avec en prime John Wayne et Dean Martin – qui avaient participé à l’immense Rio Bravo – ainsi qu’un autre habitué des films de John Ford, John Qualen (Charlie Biller). Ce dernier était déjà là lors du célèbre Grand Sam (1960), avec le même Duke.

C’est un western dans la lignée de ceux des années 1950, totalement différent de la nouvelle vague Leonienne (1964-1966 et après).

 

Il s’agit ici d’une histoire de vengeance – encore une fois, mais y a-t-il mieux comme prétexte dans ce domaine ? – avec ce qu’il faut de famille : les fils de Katie Elder sont ce qu’ils sont, mais on ne peut les taxer de malhonnêteté.

Par contre, on a en face d’eux un méchant – Morgan Hastings (James Gregory) – qui mérite d’entrer dans les annales : menteur, tricheur, lâche et manipulateur, peut-on trouver mieux ?

On trouve aussi un personnage important autant que funeste : Curley (George Kennedy), qui a été engagé par l’infâme Hastings pour se débarrasser de cette fratrie encombrante.

 

Encore une fois, Hathaway nous montre son talent avec un scénario de W.H. Wright, A. Weiss & H. Essex et sur une musique du grand Elmer Bernstein qui vous suit même une fois le film terminé.

Il est clair que la présence de John Wayne était un gage de réussite, mais Dean Martin et le reste de la distribution assure le spectacle et on ne regrette en rien d’avoir passé un aussi bon moment.

 

Comme de bien entendu, le méchant (Morgan Hastings) possède ses lettres de noblesse, allant jusqu’à tuer ceux qui se trouveraient sur son chemin, et même son fils Dave (Dennis Hopper, encore une fois du mauvais côté).

Bref, on na un western comme on les aime, et c’est tant mieux.

Bien sûr, il y a la femme : c’est Miss Gordon (Martha Hyer) qui était une amie de Katie, mais a du mal à considérer ses fils comme des gens bien, et surtout John.

Qu’on se rassure, John ne finit pas avec elle, et d’ailleurs comment le pourrait-il : son père (Bass Elder) est mort à l’âge de 64 ans (ce que dit la pierre tombale), environ 6 mois avant la mort de Katie, alors que John Wayne a 58 ans quand le film sort…

 

Quoi qu’il en soit, il s’agit d’un western on ne peut plus appréciable avec un intrigue assez complexe pour permettre au spectateur de s’insurger contre le sort qui est réservé aux « fils de Katie Elder » (le titre original).

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Henry Hathaway, #John Wayne
Le grand Sam (North to Alaska - Henry Hathaway, 1960)

 

Nome, Alaska (au nord, donc), 1900.

Sam McCord (John Wayne) et son partenaire George Pratt (Stewart Granger) ont découvert un filon : les voilà riches à millions.

Il ne reste plus alors à Sam qu’à aller chercher Jenny (Lilyan Chauvin), la fiancée de George qu’il a quittée voilà maintenant trois ans.

Sauf que depuis, Jenny s’est mariée.

Pour le consoler, Sam ramène Michelle « Angel » Bonnet (Capucine), une fille qu’il a rencontrée dans un saloon…

Bien sûr, avec la femme vont arriver les ennuis…

Que ce soit bien clair : ce n’est pas la belle Angel qui amène les ennuis. C’est plutôt une vieille connaissance de cette dernière – Frankie Canon (Ernie Kovacs) – qui est fraîchement arrivé à Nome, et qui se trouve être un galant escroc (comme on dit).

 

Alors que le western vit ses dernières heures de gloire (1) – avant de renaître (refrain connu) – Henry Hathaway nous en propose ici un bien singulier.

Tout d’abord, nous ne sommes pas dans l’Ouest sauvage traditionnel mais au pied des massifs d’Alaska, chez les prospecteurs de la ruée de 1898 (2). Et surtout, on est dans une intrigue qui ne se règle pas à coup de pistolets, avec une bonne dose d’humour.

Et de l’humour avec le Duke, ça se savoure !

 

Certes nous sommes dans une intrigue on ne peut plus classique avec méchant à fines moustaches, mais tout de même, nous rions de bon cœur.

Il faut dire que John Wayne incarne encore une fois un cow-boy misogyne, mais cette misogynie n’a d’égale que sa bonne éducation. Ses rapports avec Angel sont d’une drôlerie rare dans un film avec John Wayne : même son duo avec Angie Dickinson (Rio Bravo) n’atteint pas ce niveau de comique. La présence de Stewart Granger y est aussi pour beaucoup, cette association donnant d’autres éléments comiques dont des inévitables bagarres – trois – avec ou sans destruction.

 

La première séquence qui voit McCord et Pratt arroser leur (bonne) fortune donne le ton : c’est un festival de torgnoles avec destruction indispensable, avec en prime un limonaire qui réagit – lui aussi – aux coups.

La dernière est un festival qui n’est pas sans rappeler l’ère muette : ça s’étale dans la boue, ça voltige, ça atterrit la tête la première dans un tonneau… C’est absolument délirant, avec en prime un dormeur qui n’arrive pas à dormir et qui prie tous ces gens de faire moins de bruit, le tout sans une seule parole !

Mais surtout, le comique se mélange très bien avec une intrigue pas si drôle que ça : Angel est une fille de saloon, avec ce que cela implique de scabreux, surtout quand on sait qu’elle fut un temps acoquinée avec l’infâme Canon. Le traitement que lui réserve McCord est d’autant plus chevaleresque quand on connaît son passé.

 

Bref, nous sommes dans un western atypique, bien loin de celui qui est sorti deux mois plus tôt (1).

A (re)découvrir de toute urgence !

 

  1. La même année sort Les 7 Mercenaires
  2. Cela nous ramène à la trouée du Klondike après laquelle un prospecteur solitaire a trouvé l’or et l’amour : La Ruée vers l’or.

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Andrew V. McLaglen, #John Wayne
Les Géants de l'Ouest (The Undefeated - Andrew V. McLaglen, 1969)

 

12 avril 1865.

La Guerre Civile est terminée depuis trois jours mais certains bataillons n’ont pas déposé les armes. C’est le cas d’une formation sudiste qui se bat contre la cavalerie du colonel John Henry Thomas (John Wayne), bien qu’elle connaisse le sort du conflit.

D’une manière générale, c’est tout le Sud qui pleure la défaite. Le colonel James Langdon (Rod Hudson) en fait partie : il a décidé de rejoindre le Mexique pour continuer le conflit là-bas, et éviter les carpetbaggers qui profitent de la situation.

De son côté, John Henry part capturer des chevaux en Arizona pour les vendre à l’armée qui en a besoin.

Bien que leurs camps et leurs desseins soient très différents, ces deux grandes figures de la guerre vont se rejoindre quelques mois plus tard… Au Mexique.

 

Alors que le western italien – et surtout celui de Sergio Leone – a changé (presque) complètement la donne, Andrew McLaglen (le fils de Victor) réalise ici un western on ne peut plus classique si ce n’était une mise à jour concernant l’aspect « racial » (1) : en effet, alors qu’un Indien était autrefois considéré bon quand il était mort, ici une sous-intrigue développe une histoire d’amour improbable entre Blue Boy (Roman Gabriel) et la belle Charlotte Langdon (Melissa Newman, qui n’est pas la fille de Paul, malgré son nom).

En effet, on a du mal à croire que le colonel Langdon, officier sudiste et grand propriétaire terrien (2) un tantinet esclavagiste, accepte si facilement que sa fille unique tombe amoureuse d’un Indien, aussi prestigieux soit-il. Mais nous sommes en 1969, et la vision raciste des gens du Sud ne pouvait pas perdurer au cinéma. Ce qui n’est d’ailleurs pas pour me déplaire.

Donc passons.

 

 

McLaglen a bien retenu les leçons de ses aînés et surtout de John Ford pour lequel il travailla sur L’Homme tranquille. On retrouve ici les ingrédients habituels des westerns de la grande époque (3) : fusillades, bagarre épique et vieux ronchon (Dub Taylor en cuisinier épouvantable), sans oublier les Indiens donc ainsi, qu’un trio fordien, John Wayne, Ben Johnson (Short Grub) et Harry Carey Jr.

 

Mais à ces ingrédients, McLaglen ajoute une problématique tout de même intéressante : comment s’est passée la vie dans le Sud après la reddition de Lee ?

On connaissait déjà le point de vue sudiste de Griffith, qui n’est pas vraiment à son honneur, et ce nouvel aspect insiste sur eux qui ne reconnaissaient pas la défaite et voulaient continuer à lutter contre « l’envahisseur » yankee.

 

Mais le Nord a gagné et les westerns « traditionnels » l’ont très souvent souligné, tout comme celui-ci.

Ce que McLaglen montre en plus, c’est la force de cette Union. C’est que cette « Union » ne fait pas que désigner le camp nordiste : les rapports entre Thomas et ses hommes d’un côté et Langdon et les siens de l’autre, c’est qu’ils font tous partie de ce grand pays que sont les Etats-Unis.

La guerre est bien finie pour Thomas et sans pour autant critiquer l’obstination de ces Sudistes, il va œuvrer à son niveau pour la réconciliation. De son côté, Langdon voit d’un œil favorable cet ancien ennemi, donc on se dirige doucement vers une fin convenue où chacun s’en retournera dans son pays, et cette fois-ci, ce sera le même.

Et pour accompagner la dernière chevauchée, une musique consensuelle et rassembleuse : The Yankee doodle Boy ! (3).

 

Ce western, à contre-courant de la tendance de cette fin des années 1960, a tout de même le mérite de montrer que le genre n’est pas mort comme on pouvait le croire, et même qu’on pouvait en faire un sans qu’il ait besoin d’être « crépusculaire ».

Le seul à être crépusculaire ici, c’est John Wayne qui a tout de même 62 ans quand le film sort : il n’embrasse donc pas la jeune première…

 

 

PS : quant à la traduction française du titre (les Invaincus devient ça)… Parlons d’autre chose. Une autre fois.

  1. Il s’agit d’un terme fort malheureux et réducteur, puisque n’en déplaise aux fâcheux de tous poils et de tous bords, il n’existe qu’une seule race humaine, les autres ayant disparu au fur et à mesure que grandissant le monde. D’ici à ce que cette race s’éteigne, il semble que nous sommes sur la bonne voie…
  2. 1.500 acres, soit environ 607 hectares
  3. Avant Sergio Leone, donc.
  4. Voir ci-dessous :

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Darryl Zanuck, #John Wayne, #Guerre
Le Jour le plus long (The longest Day - Darryl F. Zanuck & Co, 1962)

Grandiose.

C’est film absolument gigantesque, une épopée comme seul le cinéma sait nous proposer.

Un film qui aurait coûté plus cher que le Débarquement lui-même (1), avec une pléiade de stars américaines, françaises et allemandes.

La possibilité que nous donne la vidéo permet maintenant de voir les différentes parties dans la langue, évitant les accents pas toujours heureux des doublages d’antan…

 

Bien sûr, ce film est long (près de trois heures) mais il faut dire que le sujet en valait la peine : le dernier tournant de la deuxième Guerre mondiale, ouverture du second front tant attendu par Staline qui refoulait alors les Allemands de chez lui.

De plus, les conseillers militaires – qui apparaissent à travers des acteurs, ils n’étaient plus tout jeunes – sont pour beaucoup de véritables vétéran de cette opération, donnant à ce film une connotation réaliste ou plutôt authentique.

 

Parce que question réalisme, les scènes en incrustation ont fait long feu. En effet, la restauration puis la ressortie en Blu-ray ont donné un grand coup de vieux au film. La définition étant tellement belle qu’on ne peut pas ignorer ces imperfections : Robert Mitchum (Général Cota) sur une barge qui encourage ses hommes ; mais surtout Rommel (Werner Hinz) inspectant les plages est terrible. A un moment, on se demande s’ils n’ont pas oublié de le remettre sur l’image : il parle et nous voyons des vagues puis tout à coup il réapparaît…

 

Pour le reste, c’est du solide. Mis à part la toute première séquence qui voit un homme courir puis se faire abattre par un Allemand. On comprend qu’il s’agit d’un résistant et qu’il transporte des papiers concernant le Débarquement imminent. D’ailleurs, le soldat allemand qui l’abat est avant tout un Nazi, comme on peut le voir sur son col. N’oublions pas que nous étions en 1962 et que les Allemands n’étaient plus des ennemis. Si le conflit armé ne peut pas montrer autre chose que les Alliés combattant les Allemands, autant laisser la responsabilité de l’exécution aux salauds nazis.

 

Si ce film est depuis une référence, on ne peut lui objecter de donner une image positive de la guerre.

En effet, le noir et blanc de rigueur permet d’y intégrer plus facilement des images d’archives sans avoir à les coloriser (pouah !) comme il fut un temps le cas.

Mais ce noir et blanc donne une distance et un recul qui ne rendent pas vraiment la véritable dimension de la guerre. : il s’agit avant tout d’un massacre généralisé qui se justifie dans des considérations pas toujours claires mais qui se rapportent la plupart du temps à des histoires géopolitiques et/ou financières.

J’ai du mal à entendre l’expression « guerre juste » tant ces deux termes sont antithétiques.

 

Toujours est-il qu’il faudra attendre plus de trente-cinq ans (36 pour être plus précis) avant d’avoir une reconstitution authentique mais surtout réaliste de ce que fut ce Débarquement, et comment Omaha Beach fut loin d’être une promenade de santé : Il faut sauver le Soldat Ryan. Encore une fois : merci monsieur Spielberg.

Mais surtout, cette deuxième version évite le principal souci des superproductions internationales avec flopée de stars : on n’est pas en train de se dire : « tiens, c’est Untel ! Tiens, il est là lui aussi… »

 

Mais il faut tout de même reconnaître le côté didactique du film, mettant en scène jusqu’au moindre détail les différents événements de cette journée particulière et ses préparatifs : l’attente interminable, la peur de la mort chez certains soldats, mais aussi le sédatif d’Hitler qui fait dire à Jodl qu’il ne peut pas être dérangé…

 

Et au milieu de tout cela, on trouve quelques scènes assez étonnantes voire surréalistes : les bonnes sœurs menées par la mère supérieure (Madeleine Renaud) qui viennent secourir les blessés de Kieffer (Christian Marquand) ou encore le soldat allemand qui enfile précipitamment ses bottes et les met à l’envers. Sans oublier la patrouille allemande que rencontrent les égarés de la 101ème parachutée, distraits par un avion de passage qui les empêche de réaliser qu’ils viennent de croiser des ennemis…

 

Alors on regarde, comme on va à un rendez-vous avec une vieille connaissance, mais ce qui a pu nous émerveillé quand nous étions petits a tout de même bien perdu de son éclat. On le revoit comme on revoit tous ces films un peu anciens et qui nous rappellent des souvenirs passés.

 

Et on est toujours étonné de voir des généraux en première ligne…

 

          1. Il faut dire que le vrai général Eisenhower (Henry Grace dans le film) ne touchait pas le même cachet que John Wayne !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #John Ford, #John Wayne, #Western
Rio Grande (John Ford, 1950)

Dernier volet sur la cavalerie et les guerres indiennes, Rio Grande, de par son titre, traite d’un lieu des plus stratégiques : le fleuve éponyme qui constitue une frontière naturelle entre les Etats-Unis et le Mexique (1).

Ce fleuve est régulièrement traversé par les Indiens – ici les Apaches – afin de se protéger des « Tuniques Bleues » après un méfait. Mais du fait que le fleuve est une  frontière, les soldats ne peuvent le franchir sans provoquer un incident diplomatique avec tout ce que cela concerne.

 

Les soldats, ici, sont en garnison à Fort Starke, qui est le dernier fort avant la frontière et commandé par le général Sheridan (J. Carrol Naish), aidé du colonel Kirby York (John Wayne).

Parmi les nouvelles recrues, on trouve un trio de jeunes cavaliers courageux et téméraires : Tyree (Ben Johnson), Boone (Harry Carey Jr.) et York (Claude Jarman Jr.) qui n’est autre que le fils du colonel, renvoyé de West Point et qui s’est engagé pour laver son honneur, d’une certaine façon.

Le même jour arrive Kathleen York (Maureen O'Hara), bien décidée à récupérer son fils des griffes de l’armée.

 

Pour terminer sa trilogie, Ford reprend quelques-uns des interprètes (John Wayne, Victor McLaglen…) et conclut sur un coup d’éclat des soldats, secourant les enfants du fort des Apaches qui les ont enlevés.

Non seulement les acteurs « rempilent », mais certains possèdent le même nom que lors d’un des deux films précédents : John Wayne/York ; Ben Johnson/Tyree ; McLaglen/Quincannon…

Et tout comme le premier opus, le film est en noir et blanc (2), renforçant le côté noir de l’intrigue.

 

Mais surtout, l’aspect privilégié dans le film est la famille. Outre que certains enfants qui apparaissent sont ceux des acteurs (etc.), le film s’ouvre et se ferme sur les femmes qui attendent inquiètes le retour des soldats après une mission : leurs hommes seront-ils parmi les blessés, ou pire les morts ?

De plus, l’intrigue faisant se côtoyer le père et le fils sous les mêmes couleurs amènent certaines difficultés dont joueront Morris et Goscinny dans Le XXème de Cavalerie (1965), avec en prime le jeune McStraggle qui ressemble fort à Claude Jarman Jr.

 

Si l’intrigue est plus noire que les autres, elle n’empêche pas de nous proposer une belle bagarre qui oppose le fils du colonel, cible privilégiée entre les hommes du régiment, et Heinze (Fred Kennedy) qui se gaussait de la parenté du jeune homme. Cette bagarre fait partie des éléments incontournables des westerns de Ford, tout comme l’ivrognerie de Quincannon/McLaglen.

On retrouve un autre élément qui sera repris par Morris et Goscinny : les chœurs de soldats chantant des ballades irlandaises, émouvant les auditeurs.

Bref, avec Rio Grande, Ford tourne – encore – une page de l’Ouest américain, en donnant cette fois le beau rôle à ces cavaliers. Il tournera une nouvelle fois une histoire avec ces cavaliers neuf ans plus tard, mais cette fois le contexte sera la guerre de Sécession, donc un autre pan de l’histoire de ce pays.

 

Et bien sûr, on retrouve le microcosme habituel, dont Kathleen York est la femme forte qui sait mener son monde : têtue et opiniâtre comme son mari, elle ne se laisse pas faire quand il tente un rapprochement, surtout du fait de la destruction de sa demeure familiale pendant la guerre civile.

Elle prendra d’une certaine façon sa revanche de l’armée quand la fanfare jouera Dixie pendant la mise à l’honneur de son fils et ses camarades.

 

Avec ce film, Ford en termine avec les guerres indiennes du point de vue des Blancs. Vont suivre dorénavant des westerns aux intrigues où la place des Amérindiens sera plus grande et surtout plus juste (3) : je rappelle que les vrais Américains ne sont pas ceux qui ont colonisé le pays pendant les différentes vagues d’immigration qu’ont connues les Etats-Unis, mais bel et bien ceux qui étaient là bien avant eux.

 

 

PS : Jack Pennick est encore et toujours là. Le trouverez-vous ?

 

  1. Pas de mur possible à cet endroit, semble-t-il…
  2. La Charge héroïque est en couleur du fait du ruban jaune dont fait mention le titre original (She wore a yellow Ribbon).
  3. The Searchers, Cheyenne Autumn, Two rode together.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #John Ford, #Western, #John Wayne
La Charge héroïque (She wore a yellow Ribbon - John Ford, 1949)

1876.

Custer vient de tomber à Little Big Horn. C’est un coup dur pour l’armée des Etats-Unis, et en particulier pour les hommes du 7ème de cavalerie commandés par le capitaine Brittles (John Wayne) à qui il reste moins d’une semaine avant la retraite (fort méritée bien sûr).

Mais les troublés générés par la défaite a mis les Indiens en effervescence, et le commandant Allshard (George O’Brien) envoie Brittles accompagner à la diligence les femmes du fort : sa femme Abby (Mildred Natwick) et sa nièce Olivia Daindridge (Joanne Dru).

Cette dernière, pendant tout le trajet porte un ruban jaune (1) dans ses cheveux, signe qu’elle est amoureuse d’un des hommes : le premier lieutenant Cohill (John Agar), ou le second lieutenant Pennell (Harry Carey Jr.) ?

 

Il s’agit ici du second volet de la trilogie que John Ford accorde à la cavalerie américaine (US Cavalry), situé entre Fort Apache et Rio Grande.

Après la déroute militaire du précédent film, Ford redore un peu le blason de ce corps d’armée, s’appuyant sur John Wayne et quelques habitués du cinéma de Ford : outre les acteurs déjà cités, on retrouve Arthur Shields (le docteur), Francis Ford (le barman) et Victor McLaglen (Quincannon), sans oublier le fidèle Jack Pennick qui n’apparaît que dans la scène finale. Il ne manque que Ward Bond !

 

Pour le reste, on retrouve les éléments chers au réalisateur : l’Amérique qui se construit, un microcosme peuplé de personnages de caractère, la famille et bien sûr une bonne bagarre. Le tout au milieu de Monument Valley. Bref, du grandiose !

Et fait de charge héroïque, on pouvait s’attendre à du plus spectaculaire. En effet, la seule charge à laquelle nous assistons – à la fin, apothéose d’une certaine façon de la carrière de Brittles – ne comporte aucun mort ni le moindre blessé, ce qui semble tout de même étonnant quand on se souvient du sort de Custer. On aurait pu imaginer une expédition punitive, histoire de venger les morts de Little Big Horn.

Mais si cette charge est héroïque, c’est surtout parce qu’à aucun moment, on ne voit un Indien tué. La dernière charge de Brittles est avant tout une magnifique manœuvre pacifiste : il est parfois des gestes plus héroïques que de mourir à la guerre.

De plus, l’échange qui se tient peu avant cette charge voit Brittles parlementer avec Poney That Walks (Chief John Big Tree, autre familier des films de Ford et autres westerns) : ce sont deux amis qui s’aiment et qui déplorent la guerre à venir. D’une certaine façon, Brittles reste fidèle à son mai, évitant un bain de sang inutile (2).

 

Si la cavalerie est avant tout un milieu d’hommes, encore une fois Ford y greffe des femmes au caractère bien trempé : la jeune Olivia n’est pas une frêle jeune fille, comme on pouvait s’en douter (on est chez Ford, je rappelle), la plus forte reste tout de même Abby, la femme du commandant du camp. Et Mildred Natwick, qu’on avait aperçue dans Three Godfathers, revient avec panache, menant le sergent Quincannon vers la prison militaire sans une protestation, lui qui vient d’en découdre avec sept soldats qui n’ont pas pu l’arrêter. C’est d’ailleurs une (autre) belle bagarre que nous propose là Ford : Victor McLaglen s’en donnant à cœur joie avec Francis Ford, buvant et frappant sans retenue. Bref, on est en plein territoire (avec deux R) connu et on s’y sent bien.

 

Et puis il y a John Wayne, un peu différent des autres rôles qu’on lui connaît. C’est tout d’abord un homme seul et triste : sa femme l’a quitté près de 10 ans plus tôt, et il ne peut s’empêcher d’aller lui parler régulièrement, au cimetière du fort.

C’est aussi un homme qui a vieilli, comme le soulignent se cheveux blancs (3), et sa gêne quand il sort ses lunettes pour lire.

Il termine son service – 40 ans annonce-t-il – et a beaucoup de mal à l’accepter. Lors de ses adieux officiels, on sent une émotion dans l’attitude et la voix du Duke.

 

Un grand western qui démontre encore une fois l’admiration qu’avait John Ford pour ce corps d’armée, glorifiant aussi ces soldats qui furent ennemis à un moment de leur carrière (Guerre de Sécession), mais qui ont surmonté leurs antagonismes pour faire de ce pays un grand et beau pays : l’un d’eux est enterré avec le drapeau de la Confédération ; Tyree (Ben Johnson) mentionne Lee sur le plan que Sheridan, Sherman et Grant…

Mais tous ont cette même fierté d’appartenir à ce glorieux 7ème.

 

Une dernière chose encore : la musique de Richard Hageman, sur la base de la chanson traditionnelle du XVIIème siècle, égrène aussi quelques classiques du folklore américain comme the Battle Hymn of the Republic et bien sûr l’incontournable Garryowen, hymne du  7ème de Cavalerie.

 

 

  1. D’où le titre original : « elle portait un ruban jaune. »
  2. En existe-t-il des utiles ?
  3. John Wayne a alors 42 ans quand le film sort.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Howard Hawks, #John Wayne
El Dorado (Howard Hawks, 1967)

El Dorado n’a rien à voir avec un lieu mythique où les bâtiments sont en or. Non. C’est une petite ville de l’Ouest américain comme il en existe beaucoup. Et comme dan d’antres villes, un propriétaire plus riche a une certaine tendance à se croire au-dessus des lois.

Ici, il s’appelle Bart Jason (Edward Asner). Ce gros propriétaire a un ennemi : Kevin McDonald (R.J. Armstrong).

Bien qu’il ait engagé Cole Thornton (John Wayne) – une fine gâchette – ce dernier a refusé son offre, étant un vieil ami du shérif du coin, J.P. Harrah (Robert Mitchum).

A la suite d’un « malentendu, Thornton tue un fils de McDonald. SI le père comprend les circonstances, il  n’en va pas de même pour sa fille Joey (Michele Carey) qui tire sur Thornton, le rendant partiellement invalide.

Le temps passe, et quand Thornton revient à El Dorado, Harrah est devenu une éponge, suite à une histoire d’amour malheureuse (comme d’habitude).

Mais Jason, lui, n’a pas changé. Au contraire, il a engagé une nouvelle gâchette : Nelse McLeod (Christopher George).

 

On retrouve ici une intrigue qui rappelle – à juste titre – celle de Rio Bravo. Mais premier détail d’un changement : le shérif n’est pas interprété par John Wayne. C’est Robert Mitchum le patron de cette ville. Et il semble, au vu de leur première rencontre, que ses deux cow-boys ne sont pas obligatoirement des amis intimes. Et si en plus, la beauté du coin – Maudie (Charlene Holt) – a distribué ses faveurs à Thornton avant Harrah, on pourrait croire que nous sommes dans une impasse.
Deuxième changement par rapport à Rio Bravo, celui qui est en prison est le grand chef.

Quoi qu’il en soit, il est toujours question de récupérer l’homme incarcéré, et l’issue violente est inéluctable : il y aura des morts – mais pas John Wayne, rassurez-vous.

 

Une des différences avec Rio Bravo tient surtout aux deux acteurs principaux : John Wayne et Robert Mitchum ne sont plus de la première jeunesse. Si Mitchum peut (presque) faire illusion – il n’a que 49 ans quand le film sort – John Wayne vient de changer de décennie (60 ans à la sortie américaine en juin 1967).  Cet aspect biologique n’est pas anodin quand on voit les effets que peut faire la blessure de Joey sur Thornton.

Quant à Walter Brennan, il a été remplacé par Arthur Hunnicut, mais n’est pas aussi vindicatif ni ronchon que son prédécesseur.

Autre remplaçant, James Caan, (Mississipi), qui n’a de commun avec Colorado (Ricky Nelson) que son surnom venant d’un des états de l’Union.

 

On retrouve tout de même les mêmes éléments pertinents de l’intrigue, ainsi que la résolution violente, mais avec du temps qui a passé. Même la belle Maudie ne peut rivaliser avec Feathers (Angie Dickinson) : sa vie avant l’intrigue ne joue pas en sa faveur (1).

Mais la grande différence vient avant tout de l‘intrigue. En effet, si on doit comparer les deux, El Dorado se situe en amont part rapport à Rio Bravo.

Alors que Rio Bravo s’ouvrait sur le meurtre décisif – il en traine l’incarcération du meurtrier qui amène ce western ô combien étouffant – ici il faut attendre un bon moment avant que Jason soit enfermé. De plus, Hawks prend le temps de nous décrire la situation initiale et surtout le contexte (ce qu’il n’avait pas fait avant).

Quoi qu’il en soit, le résultat est le même, et si John Wayne ne sort pas avec la jeune première, il n’est pas non plus mis sur la touche : Maudie ne lui résiste pas, et Harrah sort de sa mauvaise passe alcoolique.

 

 

(1) Angie est née en 1931, et Charlene en 1928, peut-on vraiment considérer la seconde comme une aînée de la première ? Non, mais comme le film est tourné plus tard…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #John Ford, #Western, #John Wayne
Le Fils du désert (Three Godfathers - John Ford, 1948)

Encore un western ?

Pas vraiment.

Si le cadre est celui du genre, le propos va au-delà du western traditionnel.

Certes, tout commence bien pour ces trois hommes qui arrivent à Welcome, Arizona (1) : outre le panneau d’entrée, la première maison qui retient leur attention appartient à un certain B. Sweet (Ward Bond). Littéralement : « soyez doux » (2).

Et ce B. Sweet se prénomme plutôt Buckley ou Buck, voire Pearley, pour sa femme Carrie-Lou (Mae Marsh).

Sauf que cet homme si « doux » n’est autre que le shérif de Welcome.

Et surtout que les trois étrangers qui viennent d’arriver sont de bandits de grand chemin qui ont rendez-vous avec la banque afin d’y clore définitivement tous les comptes.

En fuite, les trois hommes croisent sur leur chemin un chariot dans lequel une femme (Mildred Natwick) meurt après avoir mis au monde un petit garçon.

Comme les trois hommes l’ont aidé pour ses derniers instants, elle les choisit comme parrains pour son enfant, donnant leurs trois prénoms : Robert (John Wayne), William (Harry Carey Jr.), Pedro (Pedro Armendariz).

Va alors commencer une autre traversée du désert, une traversée pour la vie de cette enfant, que ces trois canailles vont protéger sur leur vie.

 

C’est un remake – Marked Men (1928) – mais comme le premier film est perdu, nous devons nous contenter de celui-ci. Mais je ne crois pas qu’on y ait perdu au change.

En effet, John Ford signe ici l’un de ses westerns les plus émouvants, voire humanistes.

En effet, cette responsabilité inattendue qui tombe sur ces trois fripouilles va au-delà de ce qu’on attend d’un western traditionnel. Pensez donc, trois bandits qui donneraient leur vie pour un petit bout d’homme !

En outre, on pense bien sûr au Three bad Men du même Ford, où trois canailles (sublimes disait le titre français) se sacrifient avec panache.

 

Mais cette traversée du désert est on ne peut plus symbolique et le western devient alors parabole et les trois parrains (le titre original) deviennent les trois rois mages, voire le peuple hébreux conduit dans le désert par Robert « Moïse » Hightower.

D’une manière générale, le film fait de nombreuses références à la Bible, que ce soit par les situations ou les paroles : plusieurs citations émanent de la Bible, dont le célèbre psaume 137 (3).

Sans oublier le but du voyage : New Jerusalem. Et si vous en voulez encore, le jour de l’arrivée de Robert (le grand) et Robert (le petit) n’est autre que Noël…

 

Et pourtant, cela reste un western, mais avec tout ce qui fait habituellement le monde de John Ford, ce microcosme plus vivant que la vie avec ses personnages indispensables : le shérif bien sûr, mais aussi le pianiste du saloon (Richard Hageman), le juge débonnaire (Guy Kibbee), le poivrot de service (encore une fois c’est Francis Ford, le frère de), le chef de train (Jack Pennick, fidèle au poste) et bien sûr le vieux grincheux, Curly (Hank Worden) qui, comme son nom ne l’indique pas (« frisé, bouclé ») est chauve.

Bref, nous avons tous les ingrédients pour un magnifique western et c’est encore plus que cela.

Chaplin, en présentant The Kid, avait promis aux spectateurs : « un film avec un sourire, et peut-être une larme ». Cette assertion sert absolument ce film, tant on passe tout naturellement du comique au tragique, progressivement.

 

Comique parce que voir ces trois grands bandits assurer la survie d’un bébé est très drôle, surtout quand ils suivent – à la lettre ou presque – les conseils d’un obscure pédiatre, avec lequel Robert surtout n’est pas beaucoup d’accord. Il est d’ailleurs très amusant de voir John Wayne mal à l’aise avec cet enfant tombé du ciel (4), alors qu’il avait lui-même à l’époque déjà 4 enfants !

 

Et puis il y a le moment de bravoure qui dure plus de la moitié du film : la traversée du désert vers la Terre Promise (voir plus haut).

Il  est évident que le tournage fut épuisant : le Désert de Mojave, La Vallée de la Mort (et Lone Pine).

C’est du désert à perte de vue, avec tempête de sable et soleil de plomb : John fut même hospitalisé. C’est dire.

 

Au final, c’est un western inoubliable où Ford met (presque) de côté les antagonismes habituels, évitant ainsi le côté manichéen du genre, et surtout, comme dans plusieurs films (Stagecoach, entre autres, puisqu’il y a John Wayne), les gentils ne sont pas toujours là où on les attendait, et être hors-la-loi n’empêche pas d’être homme d’honneur et de principes.

 

Un grand film !

 

 

PS : le bébé filmé par John Ford pour le film s’appelle Amelia Yelda. Elle doit avoir à peu près 70 ans aujourd’hui…

 

  1. Un patelin qui s’appelle « Bienvenue », on ne peut rêver mieux comme accueil.
  2. N’est-ce pas professeur Allen John ?
  3. « Super flumina Babylonis illic sedimus et flevimus cum recordaremur Sion » (vous chercherez la traduction, mais je vous donne un indice : un groupe de disco (hum…) en a fait un tube…
  4. Bien sûr, puisque pendant toute cette séquence autour de la naissance, brille dans le ciel une étoile. Cette étoile, c’est aussi le souvenir de Harry Carey, qui mourut avant le film qui lui est dédié : « To the memory of Harry Carey, bright Star of the early western sky. » Et si son fils joue dans ce film, c’est tout de même John Wayne qui reprend son rôle.

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