L’Ange, c’est Penelope « Penny » Worth (Gail Russell), issue d’une famille de quakers de Pennsylvanie : une fille de paysans qui vivent du côté de Monument Valley.
Le mauvais garçon, c’est Quirt Evans (John Wayne), bandit de grand chemin notoire, pistolero inégalé et cible du shérif McClintock (Harry Carey) qui n’attend qu’un faux pas pour le pendre. Il est aussi la cible de la bande de Laredo Stevens (Bruce « Driscoll » Cabot) qui aimerait bien se débarrasser de ce concurrent.
Mais le Destin veille et amène Quirt, blessé chez les Worth. Ils le soignent et lui procure une autre façon de penser la vie, basée sur la religion. Et en plus, comme Penelope est très belle, il tombe amoureux d’elle…
C’est un western somme toute sympathique qui nous est proposé là, avec bien entendu l’immense star Wayne qui s’offre une escapade ailleurs que chez Ford, même si Monument Valley est proche. Autre acteur fordien, Harry Carey apparaît ici dans l’un de ses dernier rôles : il mourra quelques mois plus tard.
Et comme nous sommes dans un western, James Edward Grant nous régale : grands espaces, bagarre dans un saloon et duel final sont au programme, même si la fin – prévisible – peut être décevante.
Mais surtout, ce qui manque ici, c’est de l’action !
Si au début Quirt est blessé et doit garder la chambre, la suite ne nous montre pas vraiment toutes ses capacités. Certes, l’histoire d’amour est centrale, mais on aurait pu avoir un petit peu plus d’animation. Nous en avons tout de même avec la fameuse bagarre ainsi que la poursuite et l’attaque des troupeau. Mais sur près de 100 minutes que dure le film, ça ne fait pas beaucoup.
Et il manque un point essentiel du personnage : sa rapidité au revolver.
Dès les premières séquences, nous apprenons que Quirt est le plus rapide du territoire, mais à aucun moment du film – je dis bien à aucun moment – il ne fait feu. Il a très souvent l’arme à la main (pour dormir, entre autre) mais ne tire jamais ! Encore une fois, au début, il ne peut pas : son revolver est vide, mais ensuite, ce n’est plus le cas !
Mais cette absence de coups de feu de sa part nous permet d’assister à une résolution du duel final plutôt inattendu. Certes, les méchants (Laredo et ses acolytes) sont punis, mais pas comme on aurait pu l’imaginer…
Quoi qu’il en soit, on suit avec intérêt cet énième western où Wayne se retrouve à nouveau dans la peau d’un bandit repenti, comme dix ans plus tôt dans le légendaire Stagecoach. On tremble, on s’amuse… Bref, on est au cinéma. Et si Grant n’a pas l’envergure d’un Ford ou d’un Hawks, son film n’en demeure pas moins une curiosité qui vaut le détour, où, près de quarante ans avant Peter Weir, un homme se retrouve plongé dans un univers qui lui est absolument étranger : pensez donc, il n’y a pas d’arme !
Mais alors que John Book (Witness) retourne à sa vie, Quirt, lui, choisit la jeune femme et va donc devenir fermier.
John Wayne, un fermier ?
Ben oui, au cinéma, tout est possible !
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