Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

espionnage

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Action, #Espionnage, #Simon Kinberg
355 (The 355 - Simon Kinberg, 2022)

Elles sont (presque toutes) jeunes, elles sont belles, elles savent manier les armes… non ce ne sont pas les Drôles de Dames de Charlie, ce sont des agentes secrètes venues de pays différents et qui ont un seul objectif : récupérer une arme technologique capable de contrôler tout le réseau informatique. Oui, oui, tout !

Bien sûr, elles y parviennent, ce dont on ne doute pas un seul instant.

Qui sont élles : Mason Brown (Jessica Chastain) de la CIA, Khadijah Adiyeme (Lupita Nyong’o) du MI6, l’Allemande Marie Schmidt (Diane Kruger), la psychologue colombienne Graciela Rivera et la Chinoise Lin Mi Sheng (Fan Bingbing).

 

Encore un film basé sur une bonne intention !

Et comme je le dis toujours, une bonne intention ne suffit pas, même avec de bonnes interprètes. Parce que les différentes jeunes femmes sont à la hauteur de l’enjeu, mais cet enjeu n’est pas très élevé, ce qui est bien dommage.

La bonne intention ? Avoir une équipe de type Mission impossible mais exclusivement féminin. Par contre, et là, le bât blesse aussi, dès qu’on grimpe dans la hiérarchie, nous retrouvons les hommes ! Paradoxal, non ?

Par contre, toutes ces femmes nous démontrent – si le besoin s’en faisait sentir – qu’elles y arrivent aussi bien (mieux ?) que Ethan (1) ou James (2). Par contre, sans parvenir – heureusement d’ailleurs ! – au niveau d’Austin.

 

Bref, c’est un film d’action avec une belle idée mais qui manque cruellement d’originalité. Alors, ça se laisse voir, mais sans plus. Quant à le revoir…

Et vous savez (peut-être) ce que je pense des films qui ne méritent pas d’être revus… (4)

 

  1. Hunt
  2. Bond
  3. Powers
  4. On dit qu’ils ne méritent pas d’être vus au préalable…

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Espionnage, #Austin Powers, #Jay Roach, #Steven Spielberg
Austin Powers dans Goldmember (Austin Powers in Goldmember - Jay Roach, 2002)

Jamais deux sans trois !

Voici le retour du plus célèbre agent (pas très) secret britannique : Austin Powers (Mike Myers). Celui à côté duquel James Bond n’est qui amuseur de foire et surtout un représentant de la technique du MI 6.

A nouveau, Austin Powers est aux prises avec le terrible Dr. Evil (Mike Myers) et sa clique de méchants : Mini-Moi (Vern Troyer), Frau Farbissina (Mindy Sterling), Numéro 2 (Robert Wagner & Rob Lowe), Fat Bastard (Mike Myers) et un nouveau qui donne son nom au titre du film, Goldmember (Mike Myers). Notons au passage que la traduction littérale de son nom n’est pas du tout usurpée.

Cette fois-ci, le Dr. Evil a l’intention de submerger la Terre en faisant fondre la calotte glaciaire du Pôle Nord.

Evidemment, Austin Powers, aidé de Foxxy Cleopatra (Beyoncé) va l’en empêcher.

 

Il semble que ce soit la fin des aventures du super espion, ce qui n’est pas plus mal, vu le déclin (amorcé dans l’opus précédent) des films. On s’amuse toujours autant mais on sent que cela s’émousse. On y retrouve bien sûr les gags pas toujours élégants mais drôles, et on peut quand même regretter la réduction de la dimension sexuelle du personnage principal qui n’est véritablement évoquée qu’au début. Avouons aussi une première séquence qui réserve une belle surprise (1) avec quelques invités prestigieux. Même Spielberg est de la fête !

Mais malgré tout, on peut se lasser. C’est absolument foutraque et cela se ressent dans le scénario qui part un peu (trop) dans tous les sens.

 

Mais comme nous marchons dans la parodie (et pas seulement du pied gauche),l’exagération devient donc une arme dont Mike Myers – et donc Jay Roach qui a rempilé lui aussi – use et parfois abuse.

Encore une fois, le jeu de Myers est phénoménal, et à ses côtés, Beyoncé n’est pas mal non plus. En plus des clins d’œil, à James Bond, on a droit à un rappel de l’épisode précédent qui est carrément évoqué par les acteurs eux-mêmes (on n’est jamais mieux servi que par soi-même).

 

Alors une dernière fois, laissez vous faire et entraîner aux côtés de cet agent très spécial qui, à l’instar d’Indiana Jones a amené son père (Michael Caine) dans cette aventure : lui aussi était dans la même branche, et avait le même succès auprès des femmes.

Le Mojo, c’est héréditaire !

 

  1. Je ne vous dirai rien, sinon, ce n’en serait plus une !

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Espionnage, #Austin Powers, #Jay Roach
Austin Powers : L'Espion qui m'a tirée (Austin Powers: The Spy who shagged me - Jay Roach, 1999)

Deux ans après son dernier affrontement avec le Dr. Evil (Mike Myers), voici que notre agent secret préféré est de retour : Austin Powers (Mike Myers) !

Cette fois-ci, retour dans les années 1960, quand il était congelé (voir épisode 1). L’infâme Fat Bastard (Mike Myers) en profite pour lui dérober son Mojo, soin essence vitale (et virile !).

Austin doit donc retourner dans le passé retrouver ce qui lui a été pris. Sur place, il est aidé par la pulpeuse Felicity Shagwell (Heather Graham).
Bien sûr, les ennemis traditionnels sont là : Dr. Evil, évidemment, mais aussi Frau Farbissima (Mindy Sterling) et le mystérieux Numéro 2 (Robert Wagner) dans une version plus jeune (Rob Lowe, qui faisait déjà une apparition dans la première partie).

 

Que dire ? Comme montré dans l’épisode précédent, nous sommes de plain pied dans une parodie de James Bond, et qui s’assume pleinement. Cet agent secret particulier est irrésistible, même sans son mojo ! Et pourtant, il a récupéré ses dents légendaires !

Tout comme Vanessa (Elizabeth Hurley), Felicity ne résiste pas au charme de l’homme, et on se demande bien pourquoi…

Déplus, les références bondiennes sont encore plus visibles, avec deux films en particulier : Moonraker (la phase lunaire rappelle le voyage spatial) et bien sûr Dr. No avec le maillot de bain de Honey Ryder (Ursula Andress).

Mais s’il n’y avait que ça : le générique nous renvoie à Starwars, sans compter d’autres incursions de ce même acabit à d’autres endroits.

Sans oublier le mojo qui nous renvoie à Muddy Waters et bien sûr Jim Morrison (1) avec la même intention que celle de l’ancien chanteur des Doors.

Bref, encore une fois, nous sommes en très bonne compagnie.

 

Bien sûr, l’intrigue n’est qu’un prétexte à exacerber la libido de ce singulier personnage qu’est Austin Powers. Mais c’est aussi prétexte à retrouver ce Swinging London qui est devenu mythique, surtout grâce à ce personnage. On y retrouve les couleurs plus ou moins criardes qui le caractérisent ainsi que certains costumes qu’on ne retrouve maintenant que sur Vinted

Avec, encore une fois, la musique de l’époque dont un emprunt à My Generation (The Who) ou encore American Woman (Guess Who avant Lenny Kravitz).

Alors oui, on s’amuse encore une fois, même si ça n’atteint pas obligatoirement le niveau de l’épisode précédent. Les éléments comiques sont de toute sorte, avec certains éléments pas toujours très distingués, surtout avec Fat Bastard ou la séquence dans la tente.

 

Mais qu’importe : Austin Powers est de retour et toujours en pleine forme, avec en prime un jeu sur le paradoxe temporel qui vient contredire ce que nous avions appris auparavant, sans pour autant le remettre en question. Finalement, ce n’est pas si paradoxal. En tout cas, ce l’est moins que le succès que peut générer un tel agent secret qui ne ‘est pas spécialement (secret).

Donc, n’hésitez pas, préparez-vous à un nouvel opus de libération sexuelle et de shagspearien (2)…

 

  1. « Mr. Mojo risin » (LA Woman) est l’anagramme de Jim Morrison…
  2. Mot-valise inventé par Powers : le terme « Shag » se réfère directement au titre du film…

 

 

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Espionnage, #Matthew Vaughn
The King's Man : première Mission (The King's Man - Matthew Vaughn, 2021)

Tout commence donc en 1902, en Afrique du Sud, où le Duc d’Oxford (Ralph « Voldemort » Fiennes) est envoyé en tant que membre de la Croix-Rouge, avec sa femme (Alexandra Maria Lara) et son fils (Alexander Shaw). Las, elle est tuée par un tireur embusqué.

Douze ans plus tard, la guerre est déclarée entre l’Allemagne et (presque) le reste de l’Europe, dont le Royaume-Uni, mené par le roi George V (Tom Hollander). En Russie, Nicolas II (Tom Hollander) pense à arrêter la guerre, suivant les suggestions de Raspoutine (Rhys Ifans).

Oxford et son fils (Harris Dickinson) sont envoyés à Moscou pour déjouer les sombres plans du moine.

 

Et de trois !

Matthew Vaughn nous revient avec un troisième opus de cette agence secrète britannique située à Savile Row, le célèbre quartier de la confection. Et nous retrouvons avec plaisir Kingsman, l’une de ces échoppes prestigieuses, qui n’est pas encore la couverture de cette institution secrète : c’est avant tout le tailleur des rois et des gens de l’aristocratie.

Mais malgré le fait qu’il s’agit d’un troisième volet, nous nous retrouvons, comme c’est souvent le cas lorsqu’une série fonctionne, aux origines du succès : comment en est-on arrivé là. Et à cela s’ajoute une question fondamentale : pourquoi ?

Et Vaughn va nous répondre, construisant progressivement son intrigue (1) jusqu’au basculement indispensable qui va donner tout son sens à cet organisme. Ce basculement va se faire en deux temps : la mort du jeune Oxford et la révolte de la femme de confiance du Duc, Polly (Gemma Arterton).

Ensuite, Vaughn déroule jusqu’à une fin, prévisible certes mais tout de même bien réjouissante.

 

Bien entendu, l’Histoire est écornée, ce qui n’est pas un vrai problème, au cinéma tout étant permis. Mais encore faut-il que cette liberté soit bien menée, ce qui est le cas, une nouvelle fois, du film de Vaughn. Sans pour autant trop s’éloigner des faits historiques – la mort brutale mais interminable de Raspoutine ; la Première Guerre Mondiale – Vaughn et ses acolytes réécrivent le déroulement des événements, avec en point d’orgue l’importance de cette officine secrète : si la guerre s’est terminée – victorieusement – c’est grâce au premier King’s Man, et son équipe : Polly, mais aussi et surtout le fidèle et indispensable Shola (Djimon Hounsou).

 

Et que les dessous de cette guerre mettent à jour une conspiration internationale amène un petit plus bienvenu à cette intrigue déjà très agréable : une organisation secrète – une autre – aux buts inavouables (sinon elle ne serait pas secrète) qui n’est pas sans rappeler celle que combattra James Bond, ou encore l’inévitable Austin Powers.

Cette organisation, outre Raspoutine, comprend quelques membres des plus illustres, loin des numéros habituellement utilisés, dont la ressemblance pas toujours frappante est compensée par certaines attitudes et regards qui font très bien illusion.

 

Bref, on s’amuse, d’autant plus que les différents interprètes ont l’air d’y prendre beaucoup de plaisir.

Pour ma part, j’en redemande…

 

  1. Il a collaboré au scénario avec Jane Goldman et Karl Gajdusek.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Espionnage, #James Bond, #Cary Joji Fukunaga
Mourir peut attendre (No Time to die - Cary Joji Fukunaga, 2021)

Dernier avatar de Daniel Craig en James Bond, il l’est dans l’intrigue et dans les faits (1) : on n’a plus de nouvelle depuis…

Si l’arrivée de Daniel Craig a redonné un nouvel élan à la série, on remarquera aussi que ce dernier opus ne laisse aucun doute quant à ses adieux définitifs. On y retrouve tous les personnages emblématiques : Moneypenny (Naomie Harris) M (Ralph Fiennes), Q (Ben Wishaw), Felix Leiter (Jeffrey Wright) et bien sûr l’infâme Blofeld (Christoph Waltz), archétype du méchant de la série.

 

Cette (dernière) fois-ci, Bond doit sauver le monde d’une arme implacable et terrifiante : un virus artificiel qui ne tue que le possesseur d’une ADN particulière… Mais si Blofeld est bien là, ce n’est pas lui qui le fait : il est interné. Par contre, il se retrouve lui-même cible de cette curieuse arme de destruction (très) massive. Le super méchant, ici, c’est Lyutsifer Safin (Rami « Freddie » Malek), dont les consonances de son prénom ne sont pas inopinées : c’est un personnage franchement diabolique.

Mais heureusement, Bond va une dernière fois sauver le monde, avant de disparaître. Oui, Bond disparaît à la fin, mais pour une raison très honorable, ou « comment quitter la scène avec élégance ».

 

Et Cary Joji Fukunaga réussit cette sortie de scène de l’agent secret le plus célèbre du monde avec beaucoup de brio. Il faut dire qu’il a coécrit le scénario ce qui aide beaucoup dans la réalisation d’un film. Bien sûr, on a droit aux éléments du cahier des charges (humour british, poursuites en voiture, jolies femmes et armes à feu) mais avec parfois quelques variantes comme la réplique attendue « My name is Bond, James Bond » : comme dans la première interprétation de Daniel Craig (Casino Royal), c’est cette réplique qui conclut le film, histoire de bien faire comprendre qu’il en a terminé avec le MI6. Et en plus, ce n’est pas lui qui la dit : normal, il est mort (1).

 

Mais ce dernier film est aussi la fin d’une série et Fukunaga s’en amuse, truffant ses images et autres répliques d’emprunts aux autres films. Bien sûr, son rapport avec Madeleine (Léa Seydoux) n’est pas sans rappeler celui qu’il entretint avec Tracy (Diana Rigg dans Her Majesty’s secret Service) : outre la chanson finale (par Louis Armstrong), la réplique « We have all the time in the world » est mentionnée deux fois.

Autre clin d’œil à la série :, Bond est dans un tunnel de forme arrondie quand il se tourne vers nous et abat un homme… Comme dans le générique d’introduction !

 

Bref, ce dernier opus (en attendant le suivant) est un véritable régal pour les amateurs de la série (dont je suis), et Daniel Craig, même s’il est lui aussi rattrapé par son âge comme ses aînés avant lui, réussit sa sortie du rôle, mentionnant lui-même qu’il n’est plus un jeune premier.

Et même si Bond meurt, 007 survit : c’est Lashana Lynch qui l’interprète et son personnage – Nomi – a récupéré son matricule. Comme le lui dit James : « c’est juste un numéro. »

 

PS : J’oubliais, on a droit à des représentations peintes des M qui ont marqué la série avant Mallory… Bref, il ne manque que Desmond Llewellyn (Q) et Lois Maxwell (Miss Moneypenny historique) ! 

 

  1. Curieusement, La toute dernière annonce du film nous indique que James Bond va revenir !

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Aventures, #Espionnage, #Wesley Ruggles
The leopard Woman (Wesley Ruggles, 1920)

La « femme léopard » du titre, c’est Madame (Louise Glaum). Une mondaine de type femme fatale qui opère sur Le Caire européen. Parce que cela se passe en Egypte (1), du temps où les empires occidentaux régnaient sans partage sur l’Afrique.

Arrive le séduisant John Culbertson (House Peters), aventurier britannique, qui ne réagit pas à la présence de la jeune femme. De toute façon, il est happé par un membre de l’ambassade anglaise pour mener à bien des négociations auprès d’une peuplade reculée. Mais ces négociations ne font pas le jeu de tout le monde, et Madame est envoyée à son tour par son ambassadeur dans cette même région pour saboter ces mêmes négociations : ralentir Culbertson, voire le tuer si nécessaire.

Bien entendu, ils vont tomber amoureux l’un de l’autre.

 

Le titre est alléchant, le lieu de l’intrigue prometteur, et les péripéties qui s’annoncent sont de bon augure. Mais, on reste sur sa faim.

Pourquoi avoir appelé cette femme ainsi ? Est-ce la présence de peaux de l’animal sur son lit ou le motif de sa robe qui la font surnommer ainsi ? Je cherche encore la réponse.

Si nous ne sommes pas spécialement en Egypte à mesure que l’intrigue se déroule, la savane africaine ne referme que très peu de mystère voire de danger : à part un rhinocéros en colère, pas de quoi frémir. Et même cet épisode est réglé en trois coups de cuiller à pot : Culbertson prend tranquillement son fusil et abat l’animal du premier coup, alors que l’homme de main de Madame, Chaké (Noble Johnson, acteur malheureusement oublié malgré sa filmographie exceptionnelle) a fait feu plusieurs fois de suite sans jamais le toucher…

Quant aux péripéties, elles ne sont pas légion : on s’ennuie fermement pendant la traversée du territoire supposé hostile. Il faut dire que l’intrigue amoureuse prend le dessus sur le reste et du coup, tout le reste devient accessoire.

 

On notera tout de même que nous n’avons pas droit ici aux « black faces » habituelles : les rôles des « autochtones » sont tenus par de véritables acteurs noirs, et en particulier Noble Johnson, acteur oublié malgré sa filmographie impressionnante. Mais ne nous y trompons pas, les Noirs ne sont pas dépeints de façon très positive : ils ne sont bons qu’à transporter le maté »riel et s’enfuient dès le moindre danger. Même le traitement qu’ils endurent avec Madame (elle les fait avancer à coups de fouet) fait peu réagir Culbertson, même si on sent qu’il n’est pas vraiment d’accord avec de telles pratiques.

Bref on ne sort pas de la vision blanche commune du cinéma de l’époque (et qui va perdurer encore quelques temps).

 

Comme on s’ennuie un peu en voyant ce film, on se concentre sur autre chose : les intertitres. Dès l’ouverture, on note qu’ils s’y sont mis à trois pour les concevoir : Leo H. Braun, Carl Schneider & F.J. van Halle. Trois, c’est peut-être un peu beaucoup pour une telle entreprise, non ? Et bien pas tant que ça : les intertitres sont travaillés et on a même droit à un poing armé d’un couteau en surimpression. Bref, des cartons très soignés. Enfin ceux qu’on peut bien voir parce que la qualité de la copie laisse à désirer et certains sont devenus surexposés avec le temps, et donc illisibles.

Au final, si le film de Ruggles « surfe » sur la tendance exotique de l’époque qui voyait une profusion de films se passer loin dans des endroits mystérieux, on a du mal à se passionner pour cette intrigue somme toute bien plate, et ce malgré des éléments propices à l’évasion : exotisme, espionnage...

Dommage.

 

  1. Si ce n’était pas précisé, outre un plan qui nous laisse entrevoir le site de Gizeh, peu d’éléments nous indiquent que nous sommes là-bas…

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Espionnage, #William C. de Mille
The secret Game (William C. de Mille, 1917)

La grande différence entre William C. de Mille et son frère Cecil B., outre le prénom et l’orthographe du patronyme, c’est avant tout le milieu dans lequel évoluent les personnages de leurs films. D’un côté Cecil B. se complaît dans les milieux grands bourgeois voire aristocratiques, pendant que William C. reste à un niveau plus accessible pour les spectateurs, des gens tout à fait normaux dans des vies tout à fait ordinaires.

Encore que…

Si leurs vies étaient si ordinaires, on n’en ferait pas des films !

 

C’est le cas de Kitty Little (Florence Vidor, la femme de) qui travaille sous les ordres du major Northfield (Jack Holt), dans une agence de renseignements (1). Mais ne vous y trompez pas, c’est une espionne allemande dont le frère se bat sur le front. Elle est sous les ordres du bon docteur Smith (Charles Ogle) dont le vrai nom est Schmidt. Mais un personnage étranger veille sur cette agence : Nara-Nara (Sessue Hayakawa), en mission pour l’Empire du Soleil Levant qui doit aider les Etats-Unis en transportant les unités vers l’Ouest (l’Est pour nous Européens).

Mais devant la tournure prise par les événements, la motivation de Kitty s’étiole, tandis que le docteur redouble de ferveur, menaçant la jeune femme qu’il sent flancher.

 

Bien sûr, c’est un film de propagande, mais beaucoup plus subtil que celui dont j’ai parlé récemment (Mères françaises), et surtout avec des interprètes de haute volée. ON retrouve bien sûr quelques habitués de Cecil B. - Raymond Hatton (Mr./Mrs. Harris), Jack Holt donc ou encore Mayme Kelso (Mrs. Loring) – mais c’est avant tout la présence de l’immense Sessue Hayakawa qui donne toute la dimension au film. Encore une fois, il est phénoménal dans un rôle sur mesure de Japonais honorable, sabre de samouraï inclus. Bien sûr, on pense à The Cheat (2) quand on le voit apparaître, mais son personnage ici n’a pas la dimension maléfique ni sadique de Hishuru Tori. C’est même Nara-Nara le véritable personnage principal de cette histoire, beaucoup plus consistant que Northfield qui n’aura la fille que pour une seule raison : il est américain.

 

En effet, les positions sociales sont bien claires en 1917 : il n’est pas question de mélanger les ethnies. Et Hayakawa aura beau avoir la prestance, la distinction et le prestige (la classe, quoi), il n’aura jamais la fille. Et il suffit pour s’en convaincre de voir sa réaction (à elle) quand Smith/Schmidt lui demande d’être gentille avec cet honorable étranger pour s’en convaincre : là encore, c’est par devoir qu’elle va s’y prêter.

Et William C. grâce à Marion Fairfax (au scénario) va contourner cette impossibilité en le tournant à l’avantage de ce personnage fascinant (pour moi en tout cas : j’en suis fasciné) par une résolution de l’intrigue un tantinet convenue mais qui laisse la morale (de l’époque) sauve et joue aussi un (petit) peu sur la sempiternelle rédemption.

Cette rédemption sera soulignée par quelques surimpressions pertinentes possibles aussi grâce au savoir faire d’un caméraman d’exception : le talentueux Charles Rosher (excusez du peu).

 

Bref, une intrigue presque ordinaire, avec des gens presque ordinaires et surtout un Sessue Hayakawa extraordinaire.

 

  1. Les Etats-Unis sont entrés en guerre comme le souligne la première séquence qui voit des enfants défiler.
  2. De Cecil B. Tiens, tiens… On notera aussi la réminiscence de ce film dans la séquence qui voit Nara-Nara prêter serment.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Espionnage, #J. Gordon Edwards
Sa Patrie (The silent Command - J. Gordon Edwards, 1923)

Le capitaine Decatur (Edmund Lowe) a été chargé par le haut commandement de la sûreté du Canal de Panama, seule possibilité pour la Navy de se rejoindre rapidement. Mais une puissance étrangère veille et veut à tout prix empêcher ce rapprochement facile. Deux faux propriétaires de plantations de cannes à sucre – mais véritables espions – vont tenter de détourner ce brillant militaire de son devoir : Benedict Hisston (Béla Lugosi) et Menchen (Carl Harbaugh).

Comment ? En lui présentant la belle et trouble (et bien sûr irrésistible) Peg Williams (Martha Mansfield) pour semer le désordre dans sa vie bien réglée (normal, c’est un militaire).

 

Encore une fois, on peut se demander ce qui est arrivé au traducteur du titre : comment « l’ordre silencieux (1) » peut-il se transformer en « sa patrie » ? Certes, il y est question d’honneur patriotique (je l’ai déjà dit, c’est un militaire) mais ce qui fait le sel de cette intrigue, c’est tout de même cet ordre qu’on n’entend pas, ou plutôt dot on n’apprend l’existence une fois la résolution de l’intrigue commencée. Et cet ordre si discret n’est pas sans annoncer celui que l’on donnera au commandant Lex (Gary Cooper) près de trente ans plus tard (Springfield Rifle, 1952).

 

Reconnaissons-le, il s’agit d’un film mineur mais qui a la particularité de compter la présence de Béla Lugosi que ses différents rôles fantastiques ont amené à une place privilégiée dans la culture populaire. C’était un acteur au regard pénétrant et inquiétant, ce que les deux chefs opérateurs ont compris puisqu’on a droit plusieurs fois à des plans resserrés sur ses yeux qui même en noir et blanc ne peuvent qu’être bleus.

Et d’une manière générale, le duo de cameramen (George W. Lane & Bennie Miggins) proposent des cadrages très intéressants, mettant en valeur des détails pertinents, soit en serrant le plan, soit en utilisant des caches (droits et obliques) pour soutenir l’intrigue.

 

Malheureusement, ce travail visuel est parfois gâché par le monteur dont les raccords ne sont pas toujours bien pertinents. En effet, il arrive plusieurs fois qu’un plan rapproché suive un plan d’ensemble et ce dernier reprend la dernière seconde du premier, empêchant une fluidité bienvenue et surtout hachant un tantinet la continuité du film.

Pour le reste, J Gordon Edwards recycle avec habileté des images d’archives, montrant au passage la forte armada de son pays (un peu de propagande bon marché ne nuit pas…).

 

Bref, un petit film d’aventures (militaires) qui se laisse regarder sans déplaisir, mais dont on peut tout aussi bien se passer, et préférer cette même année, au hasard (2), Safety Last!

 

  1. Voire secret…
  2. Non, pas au hasard.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Espionnage, #Doug Liman
Mr. & Mrs. Smith (Doug Liman, 2005)

Ca commence comme When Harry met Sally : un couple nous parle de sa relation. Mais alors que dans le film de Rob Reiner, il s’agissait d’histoires d’amour heureuses, on se rend vite compte qu’il s’agit ici d’un mariage qui s’enlise et que les deux membres s’éloignent progressivement.

Il faut dire qu’il y a de quoi : alors qu’officiellement, elle s’occupe d’informatique et intervient nationalement pour des interventions délicates de dépannage, elle est en réalité tueuse à gage pour une agence qui l’envoie par monts et par vaux liquider une cible encombrante ; de son côté, il n’est pas vraiment l’ingénieur annoncé et s’il déclare qu’il doit intervenir sur les dysfonctionnements d’un barrage, c’est surtout parce qu’on lui a assigné à lui aussi, une nouvelle cible dont il doit disposer dans un temps donné.

Et puis arrive LA cible : Benjamin Danz (Adam Brody), dit « Le Tank ». Elle (Angelina Jolie) doit l’éliminer, alors que lui (Brad Pitt) doit le protéger.

 

Un couple de tueurs à gage ? Déjà vu : Prizzi’s Honor (John Huston, 1985). Avec là encore l’un qui doit tuer l’autre. Un couple qui lutte physiquement l’un contre l’autre ? Déjà vu : The War of the Roses (Danny DeVito, 1989). Alors évidemment, ayant vu les deux premiers films, je ne pouvais qu’avoir un a priori devant ce film de Doug Liman. Surtout que malgré le thème (des époux qui veulent s’entretuer), ces deux films étaient des comédies. Et on sent que Liman a envie de faire basculer son propre film dans ce genre. Mais voilà : Liman est surtout réputé pour ses films d’action (1) plutôt efficaces (The Bourne Identity, Edge of tomorrow, etc.), et on comprend assez vite que la comédie n’est pas vraiment son rayon. Et c’est là que le bât blesse.

 

S’il arrive à manier sporadiquement l’ironie, on se rend compte que c’est là où l’action éclate (par son rythme et surtout ses explosions !) qu’il est le plus à l’aise, multipliant les prouesses de ses personnages, surtout qu’il a à sa disposition un couple qui va défrayer la chronique. Mais ceci est une autre histoire qui déborde de mon cadre. Toujours est-il que Brad Pitt et Angelina Jolie s’entendent à la perfection, interprétant deux êtres parfaitement semblables et donc inévitablement compatibles.

 

Mais on en revient aux deux films évoqué dans le paragraphe précédent : le film de Liman manque cruellement d'humour. Pire, son accumulation d’explosions, rafales de mitraillettes et autres coups de feu lasse (enfin surtout moi).

Difficile alors de croire à cette intrigue plus qu’improbable (2), où j’ai même décelé quelque(s) incohérence(s) (3). Et la séquence d’explication finale (à coups de flingues, cela va sans dire), forcément spectaculaire, aurait dû être le point culminant d’une parodie autour de cette situation qui s’y prêtait à merveille.

 

Mais ce n’est pas une parodie : à force d’osciller entre le comique et le sérieux, c’est ce dernier qui l’a emporté.

Dommage.

 

  1. Je sais, professeur Allen John, il n’existe que des films « d’action » : tout est animé, même chez  Godard…
  2. Je sais, nous sommes au cinéma et tout est possible. Mais malgré tout, il faut un minimum de crédibilité. Autrement, cela s’appelle un rêve.
  3. Je vous laisse seul(e)s juges de cet avis.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #James Bond, #Espionnage, #Sam Mendes
Skyfall (Sam Mendes, 2012)

Saviez-vous que la mère de James Bond (Daniel Craig) s’appelait Monique Delacroix ?

C’est en tout cas l’une des informations de cet énième épisode (1) de l’agent secret le plus célèbre au monde, puisque Skyfall désigne l’endroit où James a grandi et où ses parents ont été enterrés. C’est d’ailleurs là que se situe l’affrontement final avec le super méchant de service : Raoul Silva (Javier Bardem). Parce que nous avons affaire à un méchant patenté, l’un de ces personnages qui font – comme disait Hitchcock – le succès du film.

Mais reprenons.

 

James Bond est mort. Encore.

James Bond était à Istanbul pour tenter de récupérer une liste d’agents sur le point d’être démasqués. Malheureusement, il a été abattu par sa coéquipière, une jeune femme très belle (comme d’habitude) qui répond au doux prénom d’Eve (Naomie Harris). Suite à ce faux pas et avec l’annonce de la disparition du super agent, M (Judi Dench) se retrouve sur la sellette.

Mais bien sûr, Bond n’est pas mort et quand il apprend que le siège du MI6 (Vauxhall) a été attaqué, il se fait connaître et reprend du service.

Sa mission : protéger M et surtout mettre hors d’état de nuire Silva avant qu’il s’en prenne à sa cheffe.

 

Après l’intermède Quantum of Solace, les scénaristes ont décidé de reprendre la base de Casino Royale : une remise à zéro des aventures de l’espion. Alors que ce 21éme épisode nous montrait comment Bond a acquis sa licence 00, ce nouvel opus installe de nouveaux éléments qui vont peupler l’environnement de ce personnage hautement singulier. C’est tout d’abord l’apparition du Quatermaster, appelé plus simplement Q (Ben Whishaw), et qui est – pour une fois – très jeune, mais comme ses illustres prédécesseurs ne craint qu’une chose : que Bond ne ramène pas le matériel entier. Et comme ses prédécesseurs, sa semonce restera lettre morte puisque Bond ne ramènera que l’émetteur radio…

 

Autre personnage qui fait son apparition : Eve. Il faut attendre la fin du film pour savoir quel est le nom de famille de cette personne, et si vous ne le savez pas encore, je vous conseille de passer au paragraphe suivant. Elle ne s’appelle plus Jane comme l’avait conçu Ian Fleming, mais bien Eve et n’est autre que Moneypenny. Certains ont été choqués par cette révélation (2) parce qu’ils ne l’imaginaient pas sur le terrain. Pourtant, l’intrigue (très) bien ficelée de Neal Purvis, Robert Wade et John Logan nous éclaire sur son passé et surtout le contexte dans lequel elle entre au service de M. Mais pas le M qu’on connaît parce que « Ma’am » meurt (hélas) dans cette nouvelle aventure : le monde a changé et surtout elle a vieilli, n’ayant peut-être plus les mêmes réflexes. Par contre, elle demeure une grande admiratrice de son agent exécré préféré, comme le suggère leur relation tellement british. Le nouveau M est une vieille connaissance des spectateurs puisqu’il s’agit du grand Ralph « Voldemort » Fiennes, mais on ne l’apprendra, là aussi, qu’à la fin.

 

[Je retrouve donc ceux qui ne voulaient pas savoir l’intrigue.]

Sam Mendes réalise ici l’une des plus belles aventures de James Bond, dosant avec le juste équilibre les différents éléments qui ont fait le succès de la série : action, spectacle, humour et jolies femmes, ainsi qu’une part personnelle plus grande dans le personnage de Bond. Son passé est non seulement mentionné et mais aussi revisité lors de la dernière séquence d’action.

Cette séquence porte d’ailleurs la marque du chef opérateur Roger Deakins qui retrouve pour la troisième fois Mendes. C’est une séquence où l’action est bien sûre omniprésente, mais les différentes bombes incendiaires et autres explosions donnent un éclairage de toute beauté à ce grand moment d’explication. C’est un jeu d’ombres et de lumière magnifique. Encore une fois.

 

Bref, un nouvel opus à placer dans les tout meilleurs de la série, avec, comme conclusion de cette remise à zéro des aventures deux éléments pour l’asseoir définitivement : la réapparition de l’Aston Martin DB5 et la séquence finale au bureau, avec l’indispensable perroquet (3).

Avec la destruction du véhicule et la mort de M/Judi Dench, c’est l’ancien Bond qui disparaît : il n’y a plus de lien avec les autres épisodes, si ce n’est Bond lui-même. Et le final au bureau de Moneypenny, c’est le véritable signe du renouveau des aventures de Bond.

 

Alors, prêt (à nouveau) à sauver le monde ?

 

  1. le 23ème des productions EON, les seules « habilitées » à traiter des aventures du héros.
  2. Et d’autres encore plus parce qu’elle était noire. Comme si Moneypenny devait avoir une couleur de peau attitrée !
  3. Celui où James/Sean Connery lançait son chapeau.

Voir les commentaires

1 2 3 4 5 6 > >>

Articles récents

Hébergé par Overblog