Saviez-vous que la mère de James Bond (Daniel Craig) s’appelait Monique Delacroix ?
C’est en tout cas l’une des informations de cet énième épisode (1) de l’agent secret le plus célèbre au monde, puisque Skyfall désigne l’endroit où James a grandi et où ses parents ont été enterrés. C’est d’ailleurs là que se situe l’affrontement final avec le super méchant de service : Raoul Silva (Javier Bardem). Parce que nous avons affaire à un méchant patenté, l’un de ces personnages qui font – comme disait Hitchcock – le succès du film.
Mais reprenons.
James Bond est mort. Encore.
James Bond était à Istanbul pour tenter de récupérer une liste d’agents sur le point d’être démasqués. Malheureusement, il a été abattu par sa coéquipière, une jeune femme très belle (comme d’habitude) qui répond au doux prénom d’Eve (Naomie Harris). Suite à ce faux pas et avec l’annonce de la disparition du super agent, M (Judi Dench) se retrouve sur la sellette.
Mais bien sûr, Bond n’est pas mort et quand il apprend que le siège du MI6 (Vauxhall) a été attaqué, il se fait connaître et reprend du service.
Sa mission : protéger M et surtout mettre hors d’état de nuire Silva avant qu’il s’en prenne à sa cheffe.
Après l’intermède Quantum of Solace, les scénaristes ont décidé de reprendre la base de Casino Royale : une remise à zéro des aventures de l’espion. Alors que ce 21éme épisode nous montrait comment Bond a acquis sa licence 00, ce nouvel opus installe de nouveaux éléments qui vont peupler l’environnement de ce personnage hautement singulier. C’est tout d’abord l’apparition du Quatermaster, appelé plus simplement Q (Ben Whishaw), et qui est – pour une fois – très jeune, mais comme ses illustres prédécesseurs ne craint qu’une chose : que Bond ne ramène pas le matériel entier. Et comme ses prédécesseurs, sa semonce restera lettre morte puisque Bond ne ramènera que l’émetteur radio…
Autre personnage qui fait son apparition : Eve. Il faut attendre la fin du film pour savoir quel est le nom de famille de cette personne, et si vous ne le savez pas encore, je vous conseille de passer au paragraphe suivant. Elle ne s’appelle plus Jane comme l’avait conçu Ian Fleming, mais bien Eve et n’est autre que Moneypenny. Certains ont été choqués par cette révélation (2) parce qu’ils ne l’imaginaient pas sur le terrain. Pourtant, l’intrigue (très) bien ficelée de Neal Purvis, Robert Wade et John Logan nous éclaire sur son passé et surtout le contexte dans lequel elle entre au service de M. Mais pas le M qu’on connaît parce que « Ma’am » meurt (hélas) dans cette nouvelle aventure : le monde a changé et surtout elle a vieilli, n’ayant peut-être plus les mêmes réflexes. Par contre, elle demeure une grande admiratrice de son agent exécré préféré, comme le suggère leur relation tellement british. Le nouveau M est une vieille connaissance des spectateurs puisqu’il s’agit du grand Ralph « Voldemort » Fiennes, mais on ne l’apprendra, là aussi, qu’à la fin.
[Je retrouve donc ceux qui ne voulaient pas savoir l’intrigue.]
Sam Mendes réalise ici l’une des plus belles aventures de James Bond, dosant avec le juste équilibre les différents éléments qui ont fait le succès de la série : action, spectacle, humour et jolies femmes, ainsi qu’une part personnelle plus grande dans le personnage de Bond. Son passé est non seulement mentionné et mais aussi revisité lors de la dernière séquence d’action.
Cette séquence porte d’ailleurs la marque du chef opérateur Roger Deakins qui retrouve pour la troisième fois Mendes. C’est une séquence où l’action est bien sûre omniprésente, mais les différentes bombes incendiaires et autres explosions donnent un éclairage de toute beauté à ce grand moment d’explication. C’est un jeu d’ombres et de lumière magnifique. Encore une fois.
Bref, un nouvel opus à placer dans les tout meilleurs de la série, avec, comme conclusion de cette remise à zéro des aventures deux éléments pour l’asseoir définitivement : la réapparition de l’Aston Martin DB5 et la séquence finale au bureau, avec l’indispensable perroquet (3).
Avec la destruction du véhicule et la mort de M/Judi Dench, c’est l’ancien Bond qui disparaît : il n’y a plus de lien avec les autres épisodes, si ce n’est Bond lui-même. Et le final au bureau de Moneypenny, c’est le véritable signe du renouveau des aventures de Bond.
Alors, prêt (à nouveau) à sauver le monde ?
- le 23ème des productions EON, les seules « habilitées » à traiter des aventures du héros.
- Et d’autres encore plus parce qu’elle était noire. Comme si Moneypenny devait avoir une couleur de peau attitrée !
- Celui où James/Sean Connery lançait son chapeau.