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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Ridley Scott, #Alien
Prometheus (Ridley Scott, 2012)

Un coin de nature. Des chutes d'eau.

Un vaisseau s'approche puis s'en va.

Une silhouette s'approche de l'eau, enveloppée dans un manteau.

C'est un humanoïde. Très grand, mais très pâle.

Il absorbe un liquide noir et... mute.

Il se décompose et tombe dans l'eau...

 

2089 : Les docteurs Shaw (Noomi Rapace) et Holloway (Logan Marshall-Green) ont découvert un nouvel artefact qui, associé à d'autres révèle l'origine humaine... A l'autre bout de l'univers.

2093 : le vaisseau Prometheus arrive à destination.

 

Presque trente-cinq ans après le premier opus, Ridley Scott reprend possession de sa créature. Mais il ne s'agit pas encore de l'alien que nous connaissons. Seulement un lointain parent, si j'ose m'exprimer ainsi...

Qu'importe. On se dit qu'on va enfin avoir une indication sur l'origine de cette créature si maléfique. Mais non. On ne sait pas grand chose de plus, sinon qu'elle est déjà très performante e-t surtout meurtrière.

Un coup pour rien, alors ?

Certainement pas. Ridley Scott (75 ans à la sortie du film) est en pleine fore. Il retourne à ses premières amours avec la virtuosité qu'on lui connaît. Et en plus, l'évolution des techniques nous donne un rendu formidable.

[Certes, si on revoit Alien après, on se demande pourquoi l'ordinateur de bord est si archaïque, mais là n'est pas notre propos.]

Comme pour le premier épisode, nous avons droit au réveil d'hibernation et de la mise en route d'une cohabitation entre différents éléments sélectionnés par Weyland (Guy Pearce), le fondateur de la Compagnie du même nom qui s'illustrera dans les histoires ultérieures. Mais déjà, il y a un décalage entre cette compagnie et l'équipage. Là où certains espèrent des réponses quant à l'origine de l'humanité, d'autres espèrent des retombées autrement plus intéressantes. Premier décalage qui s'accentuera avec le temps.

Comme dans le premier épisode, Scott prend son temps. Il faut attendre plus de la moitié du film pour que la menace devienne réelle. Avant, ce sont des micro-événements qui s'enchaînent, clins d'œil pour le spectateur qui lui, sait : le monstre va frapper , mais quand ?

Avec en prime un androïde ambigu (déjà maléfique ?) campé magnifiquement par Michael Fassbender qui reprendra ce rôle dans le nouvel opus (Alien : Covenant).

 

Prometheus est avant tout un début. Une quête de l'origine. Mais surtout un galop d'essai : si ça marche, on aura la suite, d'où un statut d'électron libre : le film peut se suffire à lui même mais laisse tout de même une possibilité de suite.

Elle arrivera. Et d'autres aussi.

Ridley Scott aura 80 ans cette année.

Aura-t-il le temps de les tourner ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Alien, #Ridley Scott
Alien : Covenant (Ridley Scott, 2017)

David (Michael Fassbinder) vient d'être créé. C'est un androïde parfait. Il connaît la musique, le design, la peinture... Bref, tout ce qui est artistique ne lui est pas étranger. Mais c'est un androïde...

 

2104.

15 ans après les événements de Prometheus, un vaisseau (le Covenant) transportant des colons s'en va vers un nouvel eldorado vert capable d'abriter la vie terrestre. A son bord, un équipage et deux mille colons, plus des embryons. Bref, de quoi recréer une nouvelle terre.

Mais un incident éveille l'équipage (en hibernation).

Et puis il y a le message reçu. Un autre eldorado est possible. Une exo planète presque parfaite. De l'air respirable, de l'eau potable, de la végétation luxuriante...

Et des œufs.

Qui attendent.

D'éclore...

 

Ca y est. Alien est reparti. Et Ridley Scott est à nouveau aux commandes, pour notre plus grand plaisir.

On retrouve l'atmosphère du premier opus sur beaucoup de points. Tout d'abord l'ordinateur de bord, c'est déjà Mother. Et puis on se réveille d'une hibernation. Et puis...

Malgré le premier coup de bourre dû à une éruption stellaire, Scott prend ses marques doucement. Mais comme il n'était pas question de faire un copier-coller du premier épisode, il utilise une nouvelle espèce d'œufs. Le résultat est le même. Les membres de l'équipage vont disparaître un à un, dans d'atroces souffrances déjà expérimentées dans les épisodes précédents.

Mais avec cette nouvelle histoire, c''est aussi certaines interrogations qui trouvent une réponse. Bien qu'on n'ait pas encore toutes les réponses ! Mais ça viendra.

Encore une fois, un rôle féminin fort : Daniels (Katherine Waterston). Et pourtant, c'était mal parti. Mais elle tient bon dans ce rôle en décalage avec le commandant (comme Ripley face à Dallas et aux autres). Mais il n'y a pas encore la compagnie Weyland (même s'il y est fait allusion) et ses vues stratégiques. (Elle viendra bien assez tôt !)

Et là encore, le rôle central, celui qui fait basculer la situation est tenu par l'androïde. Michael Fassbender est impeccable et inquiétant à souhait. Son rôle duel David (celui de Prometheus) et Walter (la version améliorée) est formidable. Avec des scènes « miroir »s deux personnages se rencontrent, comme les deux faces d'un même personnage, dont l'un est le négatif de l'autre (dans tous les sens du terme).

David a rejoint le côté obscur.

Mais est-ce si étonnant ?

 

Vivement la suite !

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Erle C. Kenton, #Charles Laughton
L'Ile du docteur Moreau (Island of the lost Souls - Erle C. Kenton, 1932)

Une petite île perdue au milieu de l'océan : 15 S - 170 W.

Ne cherchez pas, elle n'apparaît pas sur les cartes. C'est là que se retrouve, contre son gré Edward Parker (Richard Arlen).

Mais cette île, qui jouit d'une réputation sulfureuse sur toutes les mers des océans abrite surtout la propriété du docteur Moreau (Charles Laughton), scientifique britannique qui dût s'exiler précipitamment avec son partenaire, le « docteur » Montgomery (Arthur Hohl).

Ne vous y trompez pas : sous des dehors de gentleman très civilisé, il s'agit de ce qu'on appelle communément un « savant fou ».

Sa marotte ? La génétique. Son terrain d'expérimentation ? L'humanité. Non pas comme sujet d'étude mais comme but à atteindre. Régulièrement, on lui fournit des animaux venant des quatre coins du monde, et il les transforme en humains. Ou du moins en ce qui s'y apparente le plus...Et parmi ces créatures, son aboutissement, Lota (Kathleen Burke), la femme panthère.

Parker succombera-t-il à ses charmes ?

 

1932. En pleine effervescence de l'horreur au cinéma, la Paramount sort cette adaptation (certainement la meilleure) du roman éponyme de H. G. Wells. Wells, c'est du pain béni pour le cinéma : rappelez-vous L'Homme invisible sortira l'année suivante.

Mais depuis février et la sortie de Freaks, difficile d'aller plus loin. Et pourtant. Ici, Erle C. Kenton nous propose une galerie de monstres assez intéressante. Des personnages hirsutes, au visage extrêmement marqué, et doués de parole. Tous sont les créatures du docteur, menés par un personnage très velu, garant des règles de l'île (Bela Lugosi, méconnaissable, évidemment !).

Mais bien entendu, c'est le docteur Moreau le plus intéressant. Il est subtile et raffiné, mais il ne faut pas s'y tromper : c'est un méchant de la pire espèce. Sous des dehors scientifiques, il n'est rien d'autre qu'un criminel, allant encore plus loin que Frankenstein dans l'abomination. Parce que ses créatures se rendent bien compte qu'elles n'appartiennent qu'à peine à l'espèce animale. Ce ne sont des hybrides difficiles à classer. Des choses. Les choses du docteur Moreau. Ce sont les « âmes perdues » du titre original. En 1932, l'eugénisme est encore une théorie scientifique qui a pignon sur rue. Et que fait le docteur Moreau, sinon une forme d'eugénisme, dans sa quête de l'humain ?

Il ne s'en cache pas, ayant recours à la vivisection sur des organisme vivants et conscient dans ce qu'il appelle « la Maison de la douleur », son laboratoire.

Mais ce qui n'était qu'un film - un divertissement - devient réalité qu'on prend conscience de la véritable nature des expériences de Moreau : quand les nazis expérimenteront leur conception eugéniste de l'homme sur de véritables êtres humains, dans des camps bien à l'abri des regards des hommes.


En attendant, redécouvrons ce superbe film avec un Charles Laughton extraordinaire, dans la lignée de ses rôles de personnages antipathiques.

Antipathiques, certes, mais tellement subtiles !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Histoire, #David Lean
Docteur Jivago (Doctor Zhivago - David Lean, 1965)

La petite histoire dans la grande histoire

Celle de Youri Andreievitch Jivago (Omar Sharif) pendant une durée approximative de vingt ans. De 1913 au début des années 1930.

C'est un jeune homme qui finit ses études de médecine et qui est promis à un bel avenir. Il épouse celle avec qui il a grandi : Tonya (Géraldine Chaplin). Et puis la guerre éclate. Il part sur le front. C'est là qu'il rencontre celle qui va bouleverser sa vie : Larissa « Lara » Antipova (Julie Christie).

 

Jivago est l'homme des occasions manquées : il n'est jamais là où il faut, ni quand il le faut. Il est pour la Révolution mais n'est pas au parti ; alors qu'il rentre chez lui, il est emmené par les partisans pour deux ans... C'est un homme libre dans un pays qui ne l'est plus. Pis que cela, un poète.

Parce que Jivago est avant tout un humaniste. Il a des principes avec lesquels il ne transige pas, surtout quand il s'agit de l'ignoble Komarovsky (Rod Steiger).

Et puis il y a Lara. Elle est blonde aux yeux bleus, douce, et passionnée. Elle est tout simplement magnifique.

 

Nous assistons à une monumentale fresque dirigée de main de maître par un spécialiste du genre : David Lean. C'est aussi le troisième film de suite qu'il tourne avec Alec Guiness, ici narrateur et demi-frère de Jivago.

Et du roman, qu'ne reste-t-il ? La guerre civile qui suivit la Révolution de février puis le coup d'état d'octobre entrecoupe le récit des aventures picaresques de Jivago. A chaque déplacement intervient ce conflit, dans toute sa terrible réalité : une bataille interminable entre gens d'un même pays pour l'avènement d'une utopie qui éliminera ses premiers héros. Le passage du train à Minsk ravagée est un moment fort : ces victimes collatérales chassées de leur chez eux détruit est bouleversant.

Et puis il y a cet amour hors du commun entre ces deux êtres qui n'ont pas eu la chance de se rencontrer avant. On sait rapidement que cet amour, une fois qu'il sera assumé sera tragique. Il n'y a pas d'autre alternative. Jivago le sait tout de suite. Lara mettra plus de temps.

Enfin, il y a cette Russie éternelle : ces grandes étendues enneigées avec ses maisons aux dômes caractéristiques, alors que s'entend le son mélodieux des balalaïkas...

Russie éternelle recréée en Espagne !

Tout bonnement bluffant !


Alors on se laisse emporter par cette superbe histoire d'amour, dans des paysages quasiment surréels en fredonnant le thème de Lara...

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Claude Autant-Lara
La Traversée de Paris (Claude Autant-Lara, 1956)

«Salauds de pauvres ! »

Une des répliques les plus emblématiques du cinéma français.

Il faut dire que ceux à qui ça s'adresse l'ont bien mérité !

En dehors des dialogues (Aurenche et Bost), c'est le propos du film le plus intéressant.

 

Dix ans après la guerre, Claude Autant-Lara nous propose un film en demi-teinte. Les grandes fresques héroïques (Le Jour le plus long, Paris brûle-t-il ?) ne sont pas encore en chantier. Même De Gaulle n'a pas encore réalisé son coup d'état. Mais la glorieuse entente de la victoire se fissure. Les héros d'hier laissent la place aux vrais Français. Ceux qui ont subi la guerre. Cette espèce de majorité silencieuse qui a survécu à ces années de chiens (comme disent les Allemands). Parce qu'il a fallu du courage et de l'abnégation pour survivre à cette période.

Mais ça n'empêche pas que Martin (Bourvil), Grandgil (Jean Gabin) et Jambier (Louis de Funès) ne sont rien d'autres que des trafiquants. ils se livrent à un marché noir éhonté alors que d'autres crèvent de faim.

Tout ça pour dire que, pour une fois, ce ne sont pas les héros glorieux auréolés de leurs faits d'armes, qui sont à l'honneur.

 

Parce que la France occupée, ce n'était pas que les nobles résistants qui luttaient (dans l'ombre) contre l'Occupant. C'était aussi des gens normaux qui tentaient de survivre, fut-ce à travers des activités illégales. Mais ce film, c'est avant tout la rencontre de trois monstres sacrés du cinéma (qui à l'époque, sauf pour Gabin, ne l'étaient pas). La scène chez Jambier est un grand moment : la gueulante de Gabin, les récriminations de Funès et les essais de temporisation de Bourvil donne un tableau assez réaliste de ce que pouvait être cette période. Oui, Grandgil n'en a rien à faire. Mais c'est un calculateur. Il observe tout, afin de pouvoir s'en resservir le moment voulu. Mais surtout Martin nous montre l'étendue de son pouvoir, c'est à dire pas grand chose. Il fait celui qui maîtrise Grandgil, mais il n'en est rien. Tout comme après, il fera comme si la situation avec sa femme (qui a décidé de le quitter) était une affaire réglée. Martin est un lâche qui se donne des airs. Evidemment, ça ne prend pas avec un type comme Grandgil. Dans la vie, il y a les seigneurs et les valets. Grandgil et Martin ne sont pas dans la même catégorie.

 

Mais qu'importe. On a plaisir à suivre les pérégrinations de ces deux personnages - ô combien différents - à travers les rues de Paris, de réverbères en réverbères - les seuls points allumés dans cette capitale occupée. Chaque lumière devient un havre de paix, ou tout du moins un moment de répit avant la prochaine halte  (comme disent les Allemands).

Alors oui , pas d'héroïsme. De la basse besogne. Mais comme on disait en ce temps-là : « si je ne le fais pas, quelqu'un le fera à ma place. »

Mais il n'y a pas de jugement quant à l'attitude des personnages. Les seuls qui pourraient leur reprocher quelque chose se font rabrouer (voire citation initiale). Même la femme qui les aide à se cacher est « intéressée » par leur cargaison.

 

Le tout avec une fin ambiguë où Gabin - qui combattit contre les Allemands - n'a pas un rôle si évident que ça. Il n'y aura pas de transfiguration. Les différences persisteront. Et il suffit de voir Martin dans la séquence finale pour s'en convaincre.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Thriller, #Alfred Hitchcock
L'Inconnu du Nord-Express (Strangers on a Train - Alfred Hitchcock, 1951)

Un homme devant le Mémorial Franklin Roosevelt.

Il n'attend pas. il se tient là. Il veut être vu.

Ce même homme, à un match de tennis. Tout le monde tourne la tête pour regarder la balle passer d'un camp à l'autre. Pas lui. Il regarde un autre joueur qui attend son tour d'entrer sur le court.

Cet homme, c'est Bruno Anthony (Robert Walker). Il est impossible de ne pas le remarquer : chaussures  bicolores, cravate aux motifs de homards, et surtout une épingle à son nom.

Un cadeau de sa maman...

Un jour, Bruno rencontre Guy Haines (Farley Granger) dans le train. Haines est un joueur de tennis célèbre. Célèbre mais malheureux. Alors Bruno lui propose un marché incroyable : comme ils sont malheureux tous les deux et que seul une action illégale peut les sauver, ils doivent échanger leur meurtre. Bruno tuera la femme de Guy pendant que Guy tuera le père (tyrannique ?) de Bruno.

 

Bruno fait partie de ces tueurs détraqués chers à Hitchcock. Comme the Avenger dans Les Cheveux d'or ou l'Oncle Jo dans L'Ombre d'un doute. Mais ici, Bruno annonce un autre fêlé célèbre : Norman Bates. Comme lui, il vit avec sa mère. Mais ce n'est pas d'elle que vient le problème - elle est gentiment allumée elle aussi -, c'est du père. Ce père qui voit très bien qui est son fils : un déséquilibré qu'il faut faire enfermer.

 

Comme toujours, chez Hitchcock, c'est à partir d'un petit détail que se bâtit une histoire incroyable : ici, deux pieds qui se heurtent dans un train. Et deux personnes que la vie n'auraient jamais dû faire se rencontrer en viennent à se parler. Ces deux étrangers (du titre original) le sont autant moralement que physiquement. Alors que Haines cherche un minimum d'anonymat du fait de sa notoriété et de sa relation compliquée avec sa « fiancée » Anne Morton (Ruth Roman), Bruno, lui, s'affiche. Son habillement est voyant. Impossible de le confondre. Même de loin, on ne peut que le reconnaître.

Mais Bruno est avant tout un malade. Il n'a aucune circonstance atténuante, mais il n'est absolument pas normal. Comment autrement imaginer un tel scénario d'échange de meurtre ?

 

Et puis il y a le McGuffin. Peut-être le plus important chez Hitchcock. Ce n'est pas un appareil pour chasser les lions dans les montagnes d'Ecosse. Juste un briquet en argent. Un briquet offert par A(nne) à G(uy).

Le détail qui peut changer le cours de l'Histoire, ou au moins de celle-ci.

 

C'est avec ce film que je suis tombé dans l'univers de Hitchcock.

Je n'ai jamais eu envie d'en sortir.

 

PS : suivez la contrebasse !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #James Cameron, #Avatar
Avatar (James Cameron, 2009)

Féérique.

Merveilleux.

Magnifique.

Et c'est un euphémisme.

 

Jake Sully (Sam Worthington) est un Marine. Un vrai. Une machine à tuer. Mais... Il est maintenant dans une chaise roulante. Son frère jumeau a été tué, alors il prend sa place dans un programme scientifique incroyable : infiltrer le peuple autochtone - les Omaticayas - de la planète Pandora. Pour cela, et sous la conduite du docteur Grace Augustine (Sigourney Weaver) son esprit intègre un être hybride, mi-homme mi-Omaticayas. Mais ce qui devait être infiltration en vue d'expulser les indigènes se retourne contre ses instigateurs : la Compagnie - à ce niveau, on ne dit plus une multinationale, alors une « multiplanétaire » ? - qui rêve d'exploiter un minerai très prometteur (financièrement, bien sûr).

 

Oui, Avatar est un plaidoyer pour l'écologie, pour la tolérance, pour la paix. Mais c'est fait d'une façon tellement extraordinaire que les mots deviennent rapidement faibles. James Cameron a patienté le temps que la technologie se mette à portée de son rêve. Douze ans se sont écoulés depuis la sortie de Titanic, son dernier long métrage de fiction. Quinze ans depuis qu'il a trouvé l'idée (et l'histoire). Et l'attente fut payante. Dans tous les sens du terme !

Rarement on a pris fait et cause contre les humains, les véritables méchants du film. Et près de dix ans après sa sortie, ce film n'a rien perdu de sa pertinence.
Jamais la Terre n'a été plus attaquée que maintenant. Et depuis l'ascension d'un certain président américain que je refuse de citer ici, la situation ne fait que s'aggraver, les timides avancées étant tout simplement balayées à coup de signature.

Mais en plus de cet aspect écologique, il y a le facteur « humain ».  Difficile de parler d'humains à propos des Omaticayas. Humanoïdes semble plus approprié. Toujours est-il que ce peuple qui a toujours vécu en osmose sur cette planète se retrouve confronté à la « civilisation ». Cette sacro-sainte civilisation dite de « l'homme blanc ». Ici, pas de bible, mais des fusils. Et même mieux que ça (du point de vue technologique s'entend). Les Omaticayas, ce sont les Indiens. Ceux d'Amérique du Nord ou du Sud, qu'on a chassés afin de s'approprier leurs terres et leurs richesses. Au nom de cette sempiternelle « civilisation ».

Et ce peuple qui doit fuir devant la menace humaine nous rappelle aussi d'autres images qui nous sont malheureusement familières : ces cohortes de réfugiés chassés de chez eux, de Syrie, d'Erythrée ou encore d'Afghanistan...

Et pour arriver à un tel résultat, Cameron n'a pas lésiné : des effets spéciaux à couper le souffle, des images d'une beauté extraordinaire. Il est difficile de décrire avec précision le feu d'artifice de lumière que renferme ce film.

Et puis il y a l'intertextualité de l'image :

La Compagnie ? La même qui voulait exploiter les Aliens dans la saga éponyme.

Les montagnes flottantes ? Magritte, Le Château des Pyrénées.

Les Omaticayas contre les machines de guerre ? Les Ewoks contre l'Empire, dans Le Retour du jedi...

Je continue ?

 

Avec Avatar, Cameron nous éveille à la Nature - et donc à l'Humanité dans sa plus belle acception - de la manière la plus merveilleuse qui soit : nous seulement il nous la montre, mais il nous la fait vivre.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #Pete Travis
Angles d'Attaque (Vantage Point - Pete Travis, 2008)

Rex Brooks, journaliste de télévision (Sigourney Weaver) produit un direct d'un sommet international.

Tom Barnes, garde du corps (Dennis Quaid), est de retour aux affaires.

Enrique, policier espagnol (Eduardo Noriega) a une petite amie - Veronica (Ayelet Zurer) - qui joue un drôle de jeu.

Howard Lewis, touriste américain (Forest Whitaker) est de passage à Salamanque.

Ashton, dit Potus, président américain (William Hurt) est menacé.

Un groupe de terroristes intervient.

Et...

Anna, petite fille (Alicia Jaziz), cherche sa maman.

 

Il est difficile de résumer l'histoire. Essayons. Le président des Etats-Unis, à Salamanque pour un sommet, est abattu en pleine ouverture de ce même sommet.

S'ensuit une course poursuite afin de retrouver le ou les assassins de ce haut personnage.

 

L'intérêt de ce film est avant tout la narration. Les « angles d'attaque » dont parle le titre français, ce sont les six points de vue d'une même histoire (les six éléments énumérés plus haut, la petite fille étant le détail qui fait tout basculer).

En effet, on suit cinq points de vue différents d'une même histoire avec à chaque fois des éléments nouveaux. Puis vient la sixième partie, vue par les terroristes, dans laquelle on assemble tous les morceaux.

C'est efficace, bien ficelé et très bien monté. On est suspendu à cette histoire, essayant de s'y retrouver dans ce maelstrom humain. Car à partir du moment où le président est abattu, c'est une cohue impressionnante : ça court, ça crie, ça tombe, ça piétine... Et au milieu de tout ça, Tom qui essaie de s'y retrouver, Howard qui veut aider, Anna qui veut retrouver sa maman...

C'est sur un rythme endiablé que Pete Travis nous propose cette histoire à six voix. Ca en devient parfois étourdissant. Les seuls moments de répit arrivent quand on reprend l'histoire au début, à chaque changement de point de vue.

Et on a tout : assassinat, fusillades, attentat à l'explosif, poursuite en voiture... Un festival de sensations fortes.

Toujours est-il qu'on prend plaisir à être baladé d'un personnage à l'autre jusqu'à l'explication finale. On a beau s'y attendre (?), on reste scotché !

 

Ce film fut tourné il y a dix ans. Y est fait référence le 11 septembre. Normal, c'était le repère question attentat spectaculaire et meurtrier. Depuis, il y a eu 2015 à Paris, 2016 à Bruxelles... Jusqu'à Manchester il y a quelques jours.

Ces derniers événements rendent très actuel ce film. Surtout quand l'un des terroristes annonce : « ça ne finira jamais ».

 

J'ai bien peur qu'il ait totalement raison.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guerre, #J. Lee Thompson
Les Canons de Navarone (The Guns of Navarone - J. Lee Thompson, 1961)

Visitez la Grèce, berceau de notre civilisation : son passé historique très riche, ses monuments millénaires, la mer Egée et ses innombrables îles...

Un lieu enchanteur qui ravira tout le monde.

Sauf qu'en 1943, la Grèce est occupée par l'armée allemande. Que 2000 soldats anglais sont piégés sur Keros. Et que le seul passage pour les secourir est gardé par les canons de Navarone.

Ils sont deux. Ils sont rutilants. Ils sont implacables.

Ils doivent être détruits.

C'est ce que va tenter de faire un commando de six hommes, dirigés par Mallory (Gregory Peck et Franklin (Anthony Quayle).

 

Encore un film de guerre, me direz-vous. Oui. La deuxième guerre mondiale est une mine de scénarios pour les cinéastes. Encore un film d'homme ajouterez-vous. Oui, aussi. Mais avec une touche féminine très intéressante, surtout Irène Papas (bientôt 91 ans !).

Cette fois, c'est J. Lee Thompson qui s'y colle. C'est une de ses réussites notables, avec son film suivant : Les Nerfs à vif, avec le même Gregory Peck.

 

En plus de ce grand acteur, on trouve un autre grand : David Niven. Son rôle éclipse parfois celui de Gregory Peck.

C'est un personnage important du film. Peut-être même le plus essentiel. Parce que le plus humain.. En effet, son personnage de Miller, artificier virtuose, est un personnage intéressant pour ce genre de film. Alors que le Jour le plus long - film glorifiant le Débarquement américain de juin 1944 - se prépare, nous trouvons ici un soldat un peu particulier.

C'est un soldat qui se dit piégé par cette guerre (un peu comme tous les autres). Mais celui-ci ne mâche pas ses mots quant aux responsabilités incombant à chacun dans une telle situation, rappelant régulièrement que leur cadre d'action est avant tout militaire. Et au besoin, rappelant à son supérieur ses propres responsabilités quand vient une situation très délicate : abattre la personne qui les trahit.

 

C'est d'ailleurs une belle scène que cet épisode : le devoir qui commande, la responsabilité de chacun, le cas de conscience qui en découle. On retrouvera ces mêmes enjeux dans L'Armée des ombres, mais avec beaucoup plus de subtilité et de sobriété : quoi qu'on dise ou pense, il n'est pas facile de tuer quelqu'un de sang-froid. Surtout quelqu'un qu'on a connu. Et là encore, la personne mourra, mais pas exactement comme prévu.

 

Quant à la mission, rassurez-vous, elle est remplie. Mais là encore pas exactement comme prévu. Tompson nous gratifie une belle séquence de suspense où s'enchaînent les mêmes plans trois fois de suite. Stressant (juste ce qu'il faut). Et puis l'explosion : excusez du peu. C'est grandiose. Ca vaut largement la destruction de la tour de Sauron !

A (re)voir...

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #René Clair, #Gérard Philipe
Les Belles de nuit (René Clair, 1952)

Une fenêtre allumée.

Une mélodie au piano.

Des amoureux qui passent et s'arrêtent pour écouter.

C'est Claude (Gérard Philipe) qui joue.

Claude est professeur de solfège et de piano.

Mais c'est avant tout un grand rêveur : comme la vie ne lui sourit pas beaucoup, il s'évade dans les rêves. Il remonte le temps, quand « c'était mieux avant ».
C'est là qu'il les rencontrent, les belles de nuit...

 

René Clair et Gérard Philipe se retrouvent deux ans après La Beauté du Diable. Cette fois-ci, c'est une comédie plutôt musicale. Ici, tout n'est qu'illusion (ou presque). Normal, nous sommes dans les rêves de Claude qui s'échappe d'une vie morose dans des rêves toujours plus fous, toujours plus amoureux. Bien entendu, les personnages de ses rêves sont ceux de sa vraie vie quotidienne, reprenant qui un statut, qui une attitude déjà vue. Et toujours ce même leitmotiv : « c'était mieux avant » (refrain connu !), lancé par le même vieux ronchon (Pierre Palau).
Alors nous partons voir avec Claude en quoi c'était tellement mieux, avant. La Belle Epoque, 1830, la Révolution, le règne de Louis XIII, tels sont les périodes visitées, pour en arriver à ce que nous savions tous déjà : chaque époque a ses bons et ses mauvais côtés. Il suffit juste de s'y faire.

Gérard Philipe est - comme toujours - merveilleux. Claude nous rappelle le Faust jeune qu'il interpréta deux ans plus tôt, mais avec une petite nuance de désespoir qui - c'est une comédie - va lentement s'estomper. Et puis les belles de nuit portent bien leur nom : Magali de Vendeuil, Martine Carol et la bombe italienne Gina Lollobrigida sont superbes. Et les formes de cette dernière aussi !

Alors qu'importe les décors en carton-pâte, pourvu qu'on ait le plaisir. Le plaisir d'assister à une histoire heureuse comme savait les faire René Clair. Et le plaisir de retrouver quelques visages connus : ces acteurs qui firent les beaux jours des seconds rôles du cinéma français : Raymond Cordy, Raymond Bussières, Albert Michel...

Alors laissez-vous faire : plongez dans ce Paris 1900, où le directeur de l'Opéra Garnier (Paolo Stoppa) ne s'exprime qu'en chantant ; admirez cette future Algérie française des 1001 nuits où Leïla (Gina) remplace Shéhérazade ; allez construire la République de demain avec le citoyen Claude, révolutionnaire par amour...

 

Un délice...

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