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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #George Sidney
Les trois Mousquetaires (The three Musketeers - George Sidney, 1948)

Ils sont de retour. Tous les quatre !

Et pas de doute : ça douglasfairbankse !

Il faut dire qu'avoir choisi un danseur comme Gene Kelly pour être d'Artagnan, c'est une idée sensationnelle : il brette, il bouge, il saute, il bondit... Il est dans la lignée du grand Douglas, avec un je ne sais quoi de plus : la souplesse, peut-être. Quoi que...

 

En adaptant une nouvelle fois le roman d'Alexandre Dumas, George Sidney suit un peu plus l'intrigue que ne l'avait fait Niblo en 1921 : l'histoire ne s'arrête pas à l'épisode des ferrets de la reine : on va jusqu'à la fin du livre, avec les morts annoncées (Constance, Milady & Buckingham)...

Mais si le roman est à peu près suivi, il ne faut pas trop entrer dans les détails. Une satisfaction (?) tout de même, Rochefort (Ian Keith) n'est pas tué. Mais son rôle est minimisé alors passons.

Non, le principal attrait du film, c'est le ballet qu'exécute Gene Kelly lors des scènes de combat à l'épée. Le film n'est pas commencé depuis cinq minutes, que les duels sont programmés et en passe d'être résolus. Arrivent alors les gardes du  cardinal et le festival commence. Alors que les trois autres - Athos (Van Heflin), Porthos (Gig Young) et Aramis (Robert Coote) - se battent avec panache, ils n'atteignent certainement pas le niveau spectaculaire de Gene Kelly/d'Artagnan. C'est un festival de passes et de bonds, avec - toujours - une pointe d'humour. Chaque élément du décor est mis à contribution (pour être jeté, ou pour protéger...). Bref, pas le temps de s'ennuyer.

 

En face, du côté des méchants, deux figures du cinéma : Lana Turner est Milady, et Vincent Price est Richelieu.

Milady est mauvaise, sournoise et fourbe à souhait : bref, une vraie milady. C'est un personnage sans morale mais d'une beauté époustouflante. Personne ne lui résiste (au moins au début). Seul Athos reste inflexible, mais certainement pas de marbre...

Mais si Milady est une réussite, on ne peut pas en dire autant de Richelieu. Alors que Nigel de Brulier (qui interpréta trois fois Richelieu) avait une apparence similaire à celle du grand Cardinal, il est difficile de retrouver Armand du Plessis dans Vincent Price. Richelieu était un homme malade et de faible constitution alors que Price est un cardinal un peu trop robuste pour le rôle. Et c'est bien dommage parce que Vincent Price est un méchant incontournable  du cinéma. Mais il n'est pas très crédible dans ce rôle, essentiellement du fait de son apparence. De plus, il n'a pas la rouerie qu'on imagine plus volontiers à un tel personnage. Il est beaucoup trop direct dans ses intentions, ce qui enlève de l'aura du personnage. Et le fait aussi que le personnage soit plus chargé que nécessaire est un tantinet agaçant : même si Richelieu n'était pas extrêmement populaire, il ne faut pas oublier qu'il fut un grand homme d'Etat. Même Alexandre Dumas - qui l'avait bien chargé dans la première partie - l'a reconnu et lui rendit hommage dans Vingt Ans après...

Le fait d'avoir choisi Frank Morgan pour interpréter Louis XIII est une autre erreur : Frank Morgan a près de 58 ans quand il tourne pour Sidney, alors qu'en 1625, Louis XIII n'a même pas vingt-cinq ans...

 

Mais Gene Kelly nous fait oublier tout ça et nous tient en haleine (même si on connaît l'intrigue par cœur) de bout en bout, interprétant l'un des meilleurs d'Artagnan du cinéma.

D'ailleurs, la séquence où il s'échappe de chez Milady sera reprise dans Chantons sous la Pluie quatre ans plus tard.

 

C'est un signe, non ?

Non ?

Ah.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Allan Dwan, #Douglas Fairbanks
Le Masque de fer (The iron Mask - Allan Dwan, 1929)

Les trois Mousquetaires : le retour !

Douglas Fairbanks est toujours là (d'Artagnan), tout comme Marguerite de la Motte (Constance Bonacieux), Charles Stevens (Planchet) et l'incontournable Nigel de Brulier (Richelieu) ainsi que son éminence grise Lon Poff (Père Joseph). Allan Dwan a remplacé Fred Niblo, mais le ton reste le même, avec toutefois un fait important : tous ces gens ont vieilli. Et certains vont même mourir...

 

Tout commence en 1638, à Saint-Germain (en Laye) où on attend une naissance : celle de monsieur XIV, qui ne naîtra pas au château comme le dit le film, mais au pavillon Henri IV, à un jet de pierre.

Dans une première partie, on rattrape le temps perdu : souvenez-vous, nous avions laissé d'Artagnan et ses amis après avoir sauvé la reine. Ici, en quelques minutes, on termine le premier volume (les trois Mousquetaires), on fait l'impasse sur le second (Vingt ans après) et on conserve l'intrigue du troisième opus (Le Vicomte de Bragelonne) concernant le masque de fer.

D'ailleurs, il vaut mieux mettre de côté ce que nous connaissons de l'épopée d'Alexandre Dumas et considérer le film comme une adaptation « inspirée de »...
Alors une fois Milady, Constance et Richelieu trépassés, on entre dans l'intrigue à proprement parler, avec un félon inattendu : Rochefort. Il possède la cicatrice faciale caractéristique, mais n'a plus rien à voir avec celui du film précédent : cette fois-ci, c'est un magnifique traître mâtiné d'un comploteur sans scrupule. Une réussite ! Le seul problème, c'est que d'Artagnan l'avait tué dans le film précédent. [Rappel : chez Dumas, jamais d'Artagnan ne tue Rochefort !]

On garde l'option jumeau du roi et on obtient un film de cape et d'épée de bonne facture - le combat dans le Château est haletant - où Douglas Fairbanks - c'est son dernier muet - peut s'en donner à cœur joie : il bondit, il brette, il a son sourire éclatant. Bref, Douglas Fairbanks est toujours là. Même si l'action se situe plus de trente-cinq ans après le premier film. Les héros sont fatigués, mais pas tant que ça : seules leurs chevelures trahit le passage des années. Pour le reste, rien n'a changé.
Pourtant, une grande nostalgie envahit l'écran - et l'esprit des spectateurs - quand d'Artagnan repense aux temps d'avant : heureux ou non.

 

Mais le temps a fait son œuvre et ces quatre compagnons n'ont plus leur place dans ce monde : alors que Richelieu était un adversaire à leur mesure, force est de constater que ce temps est révolu et qu'ils n'ont plus rien à faire dans ce monde. Alors ils s'en vont. Un par un. Ils tombent l'un après l'autre, « au champ d'honneur », comme ils disent.

Mais cette disparition n'est que leurre pour leurs ennemis, et comme le dit l'esprit de Porthos : d'autres aventures les attendent.

Et Ce final est - à mon avis - le plus bel hommage qu'on puisse faire à ces quatre légendes de la littérature et du cinéma : morts ils sont, certes, mais immortels ils demeureront.


Alors on les laisse partir, vers d'autres aventures...

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Howard Hughes
Les Anges de l'enfer (Hell's Angels - Howard Hughes, 1930)

Deux frères : Roy et Monte Rutledge (James Hall & Ben Lyon).

Une femme : Helen (Jean Harlow).

Et la guerre...

 

Il n'y a pas à dire : les Américains savent faire des films de guerre. Est-ce dû au fait que les conflits armés ne se sont pas déroulés sur leur sol (Première et Deuxième Guerres mondiales, Vietnam...) ? Peut-être. Il n'empêche, ils sont très forts !

Trois ans après Wings de William Wellman, c'est Howard Hughes qui se lance dans une fresque spectaculaire sur l'aviation pendant la première guerre mondiale. Mais nous sommes au début de l'ère parlante, alors les effets habituels du cinéma muet sont encore présents (et certaines scènes furent post-synchronisées) : intertitres, scènes partiellement sonorisées (quelqu'un parle, mais ses gestes restent inaudibles), et petit clin d'œil aux personnages d'aristocrates militaires chers à Stroheim : le baron Von Krantz (Lucien Prival) n'est autre qu'une (pâle ?) copie du maître...

Et alors que Wellman raconte en partie sa propre vie dans l'escadrille Lafayette, Hughes, pilote chevronné et émérite mais qui n'a pas connu la guerre (il avait onze ans quand les Etats-Unis sont entrés dans la guerre), va encore plus loin dans le sensationnel. Il nous propose un ballet aérien d'une vingtaine de minutes, tourné dans les airs (et qui fera quatre victimes, hélas, sans compter les blessés dont Hughes lui-même), avec un atout supplémentaire sur Wellman : le son. Ce sont d'incessants vrombissements d'avions qui soutiennent un combat aérien épique. Avec en vedette, Von Richthofen : le Baron rouge soi-même !

Et les « anges de l'enfer » dont parle le titre (pour une fois bien traduit, comme quoi, tout arrive !), ce sont ces pilotes qui apportent avec leurs engins une mort terrible et inévitable.

Mais au-delà de cette fresque guerrière transparaît l'honneur. C'est par sens de l'honneur et du devoir qu'agissent ces hommes : il faut voir le sacrifice des Allemands dans le zeppelin pour bien se rendre compte de cette idée. C'est sans hésitation qu'ils se sacrifient (inutilement, c'est toujours comme ça à la guerre) pour sauver leur appareil qui malgré tout sera abattu...

La destruction du zeppelin amenant en outre une scène extrêmement impressionnante : alors que l'image est teintée (en bleu, c'est la nuit), on voit le dirigeable prendre feu et s'écraser dans un tonnerre de flammes. Cette scène prémonitoire renvoie à la fin tragique du Hindenburg, trois ans plus tard.

Il est clair, en voyant cette scène, que Hughes n'a pas lésiné sur les moyens. Et Scorsese, dans Aviator, a bien compris l'importance de ce film dans la vie du réalisateur-playboy-millionnaire. Hughes devait absolument faire ce film, comme si sa vie en dépendait.
C'est le film le plus coûteux jamais tourné - en 1930 ! - mais qui amènera un bon retour sur investissement à Hughes, les recettes doublant le montant des dépenses.

Et puis il y a Jean Harlow. Elle n'est qu'un enjeu secondaire de ce film : Roy et Monte tombant tous deux amoureux d'elle. Mais - rôle de garce oblige - c'est un troisième qu'elle aime... Elle apparaît peu, finalement, mais ses apparitions sont mémorables. Et en plus - grâce à une copie retrouvée chez John Wayne - elle apparaît dans la seule séquence en couleur  (Technicolor) encore disponible du film : le bal du Committee. Un régal.

C'est le film qui va la lancer, jusqu'au - malheureusement - 7 juin 1937, date de sa mort : elle n'avait que vingt-six ans.

Quoi qu'il en soit, le film de Hughes restera longtemps comme l'une des références incontournables des films d'aviation de guerre, avec Wings de Wellman. Les images aériennes y sont encore plus époustouflantes. Il n'est pas étonnant que certaines cascades aient été refusées par les pilotes, rompus à ce genre d'exercice.

 

Impressionnant.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Yakov Protazanov
Aelita (Аэлита - Yakov Protazanov, 1924)

« Anta Odeli Uta »

Les différents postes de télécommunication du monde viennent de recevoir ce message sibyllin. Au poste de Moscou, tout le monde est intrigué. « Et si ça venait de Mars ? » propose l'un d'eux. Tout le monde en rit. Sauf que.

Sauf que, au même moment, sur Mars, la reine Aelita (Ioulia Solntseva) observe la terre...

 

Le 25 septembre 1924, sort à Moscou ce film étonnant de Yakov Protazanov. Etonnant sur de nombreux points : le sujet qui emprunte à la science fiction et l'esthétisme choisi pour illustrer cette histoire.

Alors qu'Eisenstein glorifie la Révolution (La Grève, la même année), Protazanov, lui aussi fait un film de propagande. Mais ici, la Russie décrite n'a rien de glorieux : c'est la fin de la guerre civile, et le pays est en train de se reconstruire. L'Etat pourvoie encore de la nourriture et des produits de première nécessité, mais, hélas, il existe encore des profiteurs : Ehrlich (Pavel Pol), dans le cas présent, ainsi que sa femme (N. Tretiakova).

La première partie du film présente plusieurs intrigues plus ou moins en rapport les unes avec les autres :

- L'ingénieur Los (Nikolaï Tsereteli) et son épouse Natacha (Valentina Kuindji), qui accueillent Ehrlich dans leur maison (réquisition oblige) ;

- Ehrlich et son épouse ;

- l'ingénieur Spiridonov (Tsereteli encore), collègue et voisin de Los ;

- Gussev (Nikolaï Batalov), soldat démobilisé suite à une blessure et Macha (Vera Orlova), son infirmière ;

- Les Martiens : Aelita, leur reine, Gor (Youri Zavadski) l'ingénieur, Tuskub (Konstantin Eggert) le chef des Anciens ;

- Kravsov (Igor Ilinski), apprenti-détective.

 

Je vous laisse découvrir l'intrigue, mais il y est question d'amour, de jalousie et de crime, ainsi que - bien entendu - de voyage interplanétaire.

C'est cet aspect le plus intéressant du film : on découvre la planète Mars à l'opposé de ce que nous savons : pas d'étendue rocailleuse comme nous l'a montré Viking en 1975. Au contraire, c'est une planète habitée d'humanoïdes vivant sur une planète déserte, certes, mais constituée d'au moins une cité : celle d'Aelita.
Dès le début, nous sommes dans cette cité : c'est un lieu géométrique et aseptisé, plutôt froid. Aelita a beau régner, ce sont les Anciens qui dirigent. Pour le reste, une armée aux ordres des Anciens et une foule d'esclaves. Il n'existe pas vraiment de Martiens normaux. Soit ils sont dans la classe dirigeante, soit ils sont esclaves.
Il était donc trop tentant pour Protazanov d'exporter la Révolution sur cette planète : Los, accompagné de Gussev et Kravsov va s'en charger et rencontrer la belle Aelita.

Alors qu'Eisenstein ou Kosintsev & Trauberg (Le Manteau, 1926) restent dans un réalisme soviétique, Protazanov s'évade et crée un monde très étrange : sa planète Mars. Les décors et les costumes y sont très particuliers : plastique et métal se joignent au textile pour donner des habits futuristes, qui rappellent un peu ceux que peuvent parfois proposer les « grands » couturiers du XXème siècle. Mais en plus joli. Aelita est magnifique, la têt couverte de coiffes géométriques ou remplies de baguettes. Quant à sa servante, elle porte une culotte à baguette plutôt étonnante.

 

Il ne faut jamais oublier la dimension propagandiste du film : mais à la différence d'Eisenstein, la situation décrite présente (1921-1922) n'a rien de paradisiaque : les restrictions sont encore en vigueur.

Mais la véritable différence, c'est cette recherche esthétique dans les décors et les costumes qui donnent un rendu étonnant, voire époustouflant. Aelita et sa servante sont magnifiques, quant aux Anciens, ils sont un compromis entre les costume d'opérettes et les habits des extraterrestres qui arriveront un peu plus tard.

 

Une curiosité à (re)découvrir.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Ivan Mosjoukine, #Victor Tourjansky
Michel Strogoff (Victor Tourjansky, 1926)

A Renée Lichtig* (1921-2007)

 

Cinquante ans après sa sortie en librairie, une deuxième adaptation cinématographique est proposée. Et comme cela raconte une histoire russe, la compagnie Ciné France a voulu jouer la carte de l'authentique.

Depuis la Révolution de 1917, un groupe de Russes blancs vit à Paris. C'est à eux que la production s'adresse pour réaliser cette fresque picaresque : Tourjansky réalise, Mosjoukine joue... Et pour plus de réalisme, on envoie tourner les extérieurs en Lettonie (l'URSS n'étant pas très disposée à accueillir cette histoire tsariste...), sauf les paysages enneigés qui seront tournés en Norvège).

Dans l'ensemble, le roman de Jules Verne (qui fait une courte apparition dans le film, interprété par Vladimir Gaïdarov, qui joue aussi le rôle du tsar Alexandre II) est respecté, on y retrouve les grands épisodes : envoi en mission, combat contre l'ours, passage du fleuve, bataille contre les Tartares, poste du télégraphe, capture et supplice de Strogoff, incendie dur l'Angara, combat à mort entre Strogoff et Ogareff... Bref, du grand spectacle.

 

Oui, c'est un très grand spectacle qui nous est proposé. Ivan Mosjoukine est un Michel Strogoff formidable : qu'il soit moustachu, glabre ou barbu, il est sur tous les fronts, et d'un courage exemplaire. En face de lui, Ogareff (Acho Chakatouny) est un adversaire terrible : violent, passionné, il ne recule devant rien pour arriver à ses fins. Tuer fait partie de son mode de vie. Mais ce qui est rare pour un tel méchant de cinéma, c'est son amour passionnel pour Sangarre (Tina Meller) : ce n'est pas un amour sado-maso comme on voit souvent quand il s'agit d'un tel personnage (cf. Lon Chaney dans Satan). C'est un amour fort et exclusif : il ira encore une fois jusqu'à tuer pour elle, si quelqu'un s'approche un peu trop d'elle.

Mais il n'y a pas de Michel sans sa Nadia (Nathalie Kovanko). Mais jouer avec Mosjoukine est difficile tant cet acteur prend de place sur l'écran. Alors Nadia reste la compagne de route, et il faudra attendre la toute dernière séquence pour qu'ils s'embrassent ! Malgré tout, on retient une magnifique scène entre les deux « amoureux » : dans l'isba, seuls, alors que Michel va commencer à recouvrer la vue. Alors qu'ils sont désespérés, il se jette à ses genoux. Elle le relève : à la limite entre l'épouse et la mère, afin de le soutenir dans cette épreuve.


Et en plus, c'est en couleur !

Dès la première séquence, le bal du Tsar, la couleur est là. Elle intervient dans plusieurs scènes : prise d'Omsk, fête de Féofar (Boris Defas)... Et quand ce ne sont pas des couleurs directes, c'est la pellicule qui est teintée : Ogareff et l'incendie du fleuve dans Irkoutsk flamboient d'un magnifique rouge.
Mais ce n'est pas une de ces colorisations qui dénaturent les œuvres : ce sont des petites mains qui ont colorié au pochoir la pellicule, image par image. C'est un véritable travail de titans : quand on sait que 1 minute de film, c'est environ 22 mètres...

Ce film est donc un véritable festival pour les yeux : le jeu de Mosjoukine plus la couleur en font un monument du cinéma. Tourjansky réussit là une référence pour l'adaptation du classique de Verne (avant d'aller aider Gance sur son Napoléon...). D'autres versions viendront mais n'atteindront jamais la puissance et l'émotion de ce film.

 

Je ne terminerai pas sans remercier mon grand ami le professeur célèbre Allen John qui m'aida à me procurer une copie du film : que son nom soit béni et glorifié, et que ses descendants soient aussi nombreux que les brins d'herbe dans la prairie.

 

 

 

* J'ai eu la chance de rencontrer madame Lichtig lors d'une visite des studios de restauration de la Cinémathèque française, en septembre 1990 (du temps où elle était encore au Palais de Chaillot). Elle m'a expliqué ce qu'elle faisait et j'ai pu admirer la pellicule qu'elle était en train de monter : c'était la fête de Féofar Khan, avant le supplice de Michel. Et en plus, c'est une des séquences en couleur...

Un souvenir inoubliable.

 

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Lewis Milestone
Pluie (Rain - Lewis Milestone, 1932)

Quatre ans après, revoilà Sadie Thomson.

Mais cette fois-ci, c'est Joan Crawford qui reprend le rôle, et en face d'elle, Walter Huston remplace Lionel Barrymore. Le tout dirigé par Lewis Milestone.

Alors oui, c'est la même histoire, mais avec quelques petits changements.

 

La pluie, déjà présente chez Walsh, est ici le déclencheur du film. C'est quand elle arrive que tout commence : arrivée du paquebot déposant les Davidson (Walter Huston & Beulah Bondi), les McPhail (Matt Moore & Kendall Lee) et Sadie, pour la plus grande joie des militaires de Pago-Pago, et surtout  de Tim O'Hara (William Gargan).

Mais alors que Gloria Swanson avait de la classe, Joan Crawford ne peut cacher ses origines : elle vient des bas quartiers de Frisco. Même si c'est à Honolulu qu'elle a essayé de chanter...

Dès son apparition, le ton est donné : d'abord, ce sont ses poignets garnis de bracelets, puis ce sont ses pieds, gainés de bas résille, dans des chaussures à talons hauts. Puis, c'est son visage : la cigarette aux lèvres, la moue dédaigneuse. C'est Sadie-Joan. Magnifique. [Elle apparaîtra à nouveau de la même façon dans la séquence finale]

Mais elle n'a pas le maintien de Swanson : c'est de toute évidence une fille de mauvaise vie : en plus de fumer, elle boit de l'alcool (la fin de la Prohibition n'interviendra pas avant avril 1933), et en plus directement à la bouteille ; et enfin, elle cherche la compagnie des hommes (surtout les militaires), même si elle n'a pas besoin de chercher bien loin...

Milestone reprend le même schéma que Walsh (sans toutefois apparaître), mais Huston, malgré son talent, n'est pas Barrymore. Il reste au niveau de son personnage et n'arrive pas à le transcender comme le faisait le grand Lionel. Oui Davidson est toujours un bigot desséché, mais il lui manque le petit plus qui faisait du précédent Davidson un être franchement abject et hypocrite. Même pendant sa descente aux enfers, il lui manque ce charisme barrymorien.

Mais le véritable intérêt de ce film, c'est la prestation de Joan Crawford. Elle campe une Sadie Thomson plus marquée : alors que Gloria Swanson, de par son allure et sa prestance laissait planer le doute quant à ses origines, ici, pas d'hésitation. Sadie est une ancienne prostituée. Elle en a l'allure, la tournure d'esprit, et surtout - grand changement par rapport à la version précédente - la voix. Le parlant s'est installé depuis et cela fait une grande différence. Mais cette différence ne sert pas toujours le film. En effet, disparue la folie naissante de Sadie qui la fait se raccrocher à Davidson comme à une bouée. C'est Davidson, qui, par sa répétition du Notre Père, la fait « entrer en religion ».

Et alors que Swanson n'avait fait que changer ses vêtements (une robe austère de type monacal), Crawford change aussi de coiffure : elle redevient la merveilleuse Joan qu'on a pu admirer dans Grand Hotel, ou l'Inconnu.

Encore une fois, malgré le changement dans son esprit, Sadie Thomson est encore plus belle, encore plus désirable. Et ce n'est pas Davidson qui me contredirait.


Au final, on parlerait plus d'un remake que d'une nouvelle adaptation, le son en plus. Mais si Joan Crawford confirme qu'elle est une grande actrice, la version de Milestone, malgré ses prises de vues recherchées, reste tout de même inférieure à celle de Walsh.

 

Et puis Gloria Swanson sera toujours Gloria Swanson !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Raoul Walsh, #Gloria Swanson, #Lionel Barrymore
Faiblesse humaine (Sadie Thompson - Raoul Walsh, 1928)

Elle est belle.

Elle est libre.

Elle arrive de San Francisco par paquebot et s'en va vers Apia.
Elle s'appelle Sadie Thomson (Gloria Swanson).

Mais sur ce même paquebot, deux couples : les McPhail (Charles Lane & Florence Midgley), des touristes américains venus visiter Pago-Pago (Samoa), et les Davidson (Lionel Barrymore & Blanche Friderici), deux réformateurs venus civiliser les sauvages de l'île. Bref, de tristes bigots.


Attention scandale (en 1928) !

Sadie Thomson est une femme de son temps. Et même un peu plus. Elle est seule, elle fume, et les hommes ne sont pas insensibles à son charme. Surtout les soldats (marines) de Pago-Pago, où les femmes « blanches » ne sont pas légion. Alors quand Sadie arrive, c'est un ouragan dans l'île. Tous veulent être présentés, l'aider à récupérer ses affaires, l'accompagner... Bref, elle devient la star de l'endroit. Mais c'est sans compter sans Davidson qui, comme annoncé est un bigot desséché flanqué d'une femme puritaine.
Mais Sadie Thomson, c'est avant tout l'affrontement de deux stars du cinéma : Gloria Swanson et Lionel Barrymore.

Chacun dans sa spécialité est phénoménal : Swanson en femme (pas si) facile et Barry more en père-la-vertu abject.

Parce qu'il s'agit avant tout de deux conceptions du monde qui s'affrontent : le Bien (le religieux Davidson) et le Mal (Sadie la dévergondée).

L'apparence, autant que le jeu de ces deux acteurs est primordiale : Sadie élégante, est insouciante et rit de bon cœur avec « son armée », alors que Davidson, austère ne sourit jamais, comme le déplore Joe Horn (James A. Marcus).

Mais alors que Davidson prend l'ascendant sur Sadie, son esprit s'égare et se perd : en « sauvant » Sadie, c'est lui-même qu'il va perdre.

Malheureusement, ce film, longtemps considéré comme perdu, est amputé de ses dernières minutes. C'est quand la tension dramatique atteint son apogée que les images manquent. Reste le découpage et les intertitres recréés, illustrés de quelques photos. Il faut dire qu'un réformateur de la trempe de Davidson qui cède à une fille comme Sadie, ce n'était pas vraiment politiquement correct... Et Hays et sa clique s'en souviendront quand il s'agira de rédiger un Code...

Pourtant, quelle belle histoire nous avons là. Ce bigot forcené, fanatique même, est très bien réussi et Barrymore donne toute la mesure de son talent pour l'interpréter. On se prend rapidement à le détester ! Alors que Gloria Swanson est une Sadie parfaite. Elle possède cette insouciance des femmes américaines des années 1920, découvrant petit à petit la liberté et le monde du travail. Mais quel travail ? On ne le saura jamais, même si elle fait référence à un engagement précédent où elle chantait... Si on n'écoutait pas trop attentivement !

Et la scène où Sadie approche de la folie alors que la pluie* tombe drue ressemble à une autre scène d'un film de la même année : Lillian Gish devenant touchant aussi la folie dans Le Vent.

Raoul Walsh nous offre ici un très beau film sur la tolérance avec une Gloria Swanson merveilleuse : il la filme avec beaucoup d'attention, la rendant encore plus belle qu'elle n'était. Elle illumine l'écran, dans ses habits d'élégante comme dans sa robe d'allure monacale.

 

Magnifique.

 

[Ne parlons pas de l'adaptation du titre original. Non. N'en parlons pas, on pourrait se fâcher...]

 

* D'après Rain de John Colton & Clemence Randolph, adaptée de la nouvelle éponyme de Somerset Maugham

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Sidney A. Franklin
Mon Cœur et mes millions (Her Night of romance - Sidney A. Franklin, 1924)

Samuel C. Adams (Albert Gran), un magnat américain débarque à Southampton, accompagné de sa fille Dorothy (Constance Talmadge). Officiellement, ils sont là car elle doit soigner ses nerfs. Officieusement, il est temps qu'elle trouve un mari.

Tous les riches (et moins riches) célibataires d'Angleterre sont prévenus.

Mais c'est Paul Menford (Ronald Colman) qu'elle rencontre. Un aristocrate plutôt désargenté. C'est « l'amour au premier coup d'œil », comme disent les anglo-saxons.
Et cet amour va se développer...

Malgré eux !

 

Alors que le cinéma muet atteint son apogée*, la comédie est en train d'évoluer. Alors que le burlesque (slapstick) est en plein déclin et que Chaplin, Keaton (etc.) développent un humour de plus en plus subtile, apparaît ce qui va exploser et s'imposer dans les années 1930 : la screwball comedy (screwball = cinglé). Et ce film de Sidney Franklin est pleinement dans cette lignée. Mais comme nous sommes dans un film muet, les répliques sont remplacées par un comique de situation de plus en plus loufoque.

Dès le début, tout est réuni pour une belle histoire d'amour : une rencontre fortuite, une occasion, et... Et Paul devient docteur à la place de son oncle. Et il doit soigner Dorothy ! Alors la relation se précise... Mais Paul a besoin d'argent, alors il vend sa maison, et décide de rompre avec Dorothy.

Maison que papa Adams achète. Un soir que Paul rentre chez lui ivre, il se trompe et entre dans son ex-maison. Où dort Dorothy...

Bref, tout est là pour une magnifique comédie basée sur le quiproquo : dès qu'une ébauche de relation commence à naître, un rebondissement intervient et détruit tout. Jusqu'à la réalisation finale. Plus Dorothy et Paul essaient de se tirer d'une situation qui devient de plus en plus embarrassante, plus ils s'y enfoncent. Avec en point d'orgue, le lendemain de cette fameuse nuit de romance dont parle le titre original. [A ce propos, d'ailleurs, du point de vue de la traduction du titre, on atteint des sommets dans le n'importe quoi...]

Heureusement, le destin veille et leur envoie un agent immobilier de l'espèce requin sans scrupule : Joe Diamond (Jean  Hersholt).
Nouveau rebondissement, nouveau moment dramatique... Mais c'est une comédie, alors tout se terminera bien.

Mais c'est comment arrive cette fin heureuse qui nous intéresse. Et on n'est pas déçu. Il faut dire que le casting est magnifique. Même si tous ne sont pas des stars du cinéma, il y a un jeu très juste de chacun, Constance Talmadge et Albert Gran en tête, vrais ressorts de cette comédie. Même Ronald Colman, en amoureux mal à l'aise est très drôle. Quant à Jean Hersholt, même s'il reste un méchant habituel, il est tout de même à sa place ici.

Alors on rit de bon cœur de cette situation qui ne fait qu'empirer, pour notre plus grand bonheur. Constance est magnifique : sa première apparition est inoubliable, surtout son sourire « enchanteur ». Quant à Albert Gran, sous des allures de Henry Bergman, il est un père irrésistible.

Un régal !

 

 

* En 1924, sortent - excusez du peu - le Dernier des hommes, la Croisière du Navigator, le Cheval de fer, le Voleur de Bagdad, les Rapaces... Je continue ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Fred Niblo, #Douglas Fairbanks
Les trois Mousquetaires (The three Musketeers - Fred Niblo, 1921)

Une intrigue amoureuse entre la Reine Anne d'Autriche (Mary MacLaren) et Buckingham (Thomas Holding).

Un jeune cadet fougueux qui monte à Paris.

Trois mousquetaires qui passent leur temps à défaire les gardes du Cardinal.

Un cardinal Richelieu (Nigel de Brulier) qui intrigue à son tour.

Douze ferrets offerts.

Un bal.

Et au final, tout se termine bien.

 

Vous l'avez compris, Fred Niblo et Douglas Fairbanks s'attaquent au roman de Dumas.

Déjà que Dumas avait un tantinet écorné la vérité, que dire de cette version ?

C'est Méliès qui avait commencé à adapter cette histoire (1903). Et en 1921, Henri Diamant-Berger propose lui aussi sa version en douze épisodes.

Quoi qu'il en soit, il s'agit de la première adaptation américaine, et Douglas Fairbanks trouve un rôle à sa mesure : d'Artagnan.

Il n'a pas beaucoup à se forcer pour entrer dans le personnage : là encore, il brette, il bondit... Bref, il douglasfairbankse ! (peut-être pas autant qu'ailleurs, tout de même...)

Mais revenons sur l'intrigue. Alors que Diamant-Berger essaie de coller au mieux au roman, les Américains - déjà - prennent quelques libertés quant à l'histoire : les douze ferrets restent aussi unis que les mousquetaires (pas question d'en subtiliser deux), Bonacieux (Sidney Franklin) est devenu l'oncle de Constance (Marguerite de la Motte), et déjà, d'Artagnan tue Rochefort (Chez Dumas, d'Artagnan ne tue JAMAIS Rochefort !).

Mais qu'importe : Niblo nous offre un spectacle de bonne facture avec les épisodes principaux, même s'il s'arrête à la première moitié du roman. Pourtant, les éléments pour une suite sont là : l'épaule de Milady (Barbara La Marr) révèle déjà la fleur de lys... Mais il n'y aura pas de suite, ou plutôt si, avec le Masque de fer (1929), mais ceci est une autre histoire...

Et puis la distribution est alléchante : on reconnaît Eugene Pallette, encore mince, dans le rôle d'Aramis, George Siegmann dans celui de Portos, et Adolphe Menjou interprète Louis XIII, qui n'a rien d'un roi souffreteux et timide.

Quant à Richelieu, il est roué à souhait, mais manque tout de même d'un peu d'autorité : son côté un brin mielleux ne cadre pas vraiment avec ce personnage - qu'on imaginait plus - froid et calculateur. A ce propos, dans Vingt Ans après (Alexandre Dumas, 1845), d'Artagnan et ses amis rendent hommage au grand Cardinal, qu'ils regrettent, devant alors négocier avec Mazarin.

 

Force est de constater que dans les mêmes décors (ou à peu près), un an plus tard, Max Linder donnera une version toute personnelle de cette même histoire : l'étroit Mousquetaire. Non seulement il conservera quasiment la même structure que le film de Niblo, mais il fera exploser l'intrigue dans une série de gags formidables.

Quoi qu'il en soit, on apprécie cette version avec un d'Artagnan inoubliable, même si Douglas Fairbanks a interprété des rôles plus enlevés : il faut attendre longtemps pour que l'intrigue s'emballe, et surtout, il ne bondit pas autant qu'il peut le faire dans Le Pirate noir ou encore Robin des bois.

 

Mais ne boudons pas notre plaisir !

 

[Un « intruse » s'est glissée dans la photo, saurez-vous la retrouver ?]

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Horreur, #Rex Ingram, #Paul Wegener
The Magician (Rex Ingram, 1926)

Paris.

Elle est belle, elle est sculptrice, elle s'appelle Margaret Dauncey (Alice Terry). Elle partage un logement-atelier avec Susie Boyd (Gladys Hamer), peintre.

Un jour, une sculpture de faune se casse, s'écroulant sur elle. Elle devrait finir paralysée si le docteur Burdon (Iván Petrovitch) n'était pas un vrai magicien de la médecine : il l'opère, la sauve et tombe amoureux d'elle.

Mais un autre magicien a assisté à l'opération (c'était un spectacle très couru). Et celui-ci n'a rien d'un philanthrope. C'est un magicien plutôt noir : Olivier Haddo (Paul Wegener).

 

Rex Ingram, installé en France avec Alice Terry, en profite pour tourner un film qu'on qualifierait d'horreur. Non pas que le sujet soit aussi formidable que Nosferatu, mais tout de même. Il a engagé, pour l'aider dans cette production, celui qui fut le Golem : Paul Wegener.

Wegener était une sous-espèce de Jannings, aussi cabotin, mais tout de même inquiétant. Tout passe par le regard. Et ça tombe bien : Haddo, - l'autre magicien - se sert de l'hypnose pour arriver à ses fins (ignobles).

Alors on ne peut pas oublier le regard de Wegener : c'est le même que celui du golem, la terre en moins. Mais malgré tout, il y a de la menace et ce Haddo est un vrai sorcier, porté sur la magie noire et la création de la vie, même s'il faut pour cela tuer.

Oui, Wegener est impressionnant, mais il lui manque tout de même le charisme de Jannings pour être encore plus effrayant.

On retient tout de même un beau final à Tourette (près de Nice) dans une tour inquiétante qui domine le village. Tour aux fenêtres éclairées pendant la nuit, véritable gardien (maléfique) du village, ajoutant de l'effroi à l'intrigue. Et en plus, il y a de l'orage... Tout est bon pour faire peur aux spectateurs.

Mais Ingram n'est pas Murnau et son film tombe un peu à plat. Dommage, car la séquence finale rattrapait le reste.

Et la scène de sabbat orgiaque, lors de la rencontre Haddo-Margaret, est tout de même bien sage. On aurait aimé la voir tournée par Erich von Stroheim (ami de Rex Ingram) ou même Cecil B. DeMille (avant qu'il rencontre Dieu), on aurait eu une vision infernale certainement plus forte que cette ébauche.

Dommage.

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