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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Cecil B. DeMille, #Western
La Fille du Far-West (The Girl of the golden West - Cecil B. DeMille, 1915)

Cloudy Mountain est un petit bled minier de Californie, une sorte de ville-champignon où les prospecteurs viennent dépenser leur or – et aussi le mettre à l’abri, au Nugget Saloon, que tient la fille de l’ancien propriétaire : La Fille (Mabel Van Buren) (1).

Au saloon, on croise aussi le shérif (Theodore Roberts), qui est aussi un sacré joueur, et toute la faune habituelle des saloons.

Une fois ce décor planté, vient le méchant : Ramerrez (House Peters), un bandit de grand chemin qui a l’intention de faire main basse sur l’or conservé au saloon.

 

Bien sûr, il ne le fera pas, étant tombé préalablement amoureux de La Fille. Et au final, il partira avec la fille (2), vers des cieux plus cléments et toute cette sorte de choses qu’on trouve dans un western.

Enfin pas tellement en fait, puisque le western est encore balbutiant, même si Cecil B. DeMille en est déjà à son quatrième. Le film est loin des canons du western romantique comme on le connaît le mieux : mis à part Ramerrez, c’est une belle collection de moustaches fournies qui nous est proposée.

 

L’histoire est tirée de la pièce de Belasco (3) – un des rois de Broadway – et adaptée par CB soi-même.

Et c’est peut-être pour ça que le film est un tantinet bancal. En effet, dans l’année de sortie du film (1915), une actrice va bouleverser sa façon de faire ses films : Jeanie MacPherson (4).
En attendant, il faudra se contenter de ce qu’on a.

 

Il s’agit du douzième film de celui qui n’est pas encore le Maître que l’on sait, et la première chose qui saute aux yeux, c’est le côté statique des acteurs qui ne font que très peu de mouvement devant la caméra dans les scènes d’intérieur.

Autre reproche qu’on peut faire au film : malgré la photographie d’Alvin Wyckoff et les décors de Wilfred Buckland, on ne peut ignorer quelques détails un peu gênants.

En effet, les scènes dans le saloon son éclairées à la lumière du soleil – comme c’était la coutume – ce qui donne des ombres supplémentaires absolument pas en rapport avec ce que l’on voit.

Encore un détail : la neige. Ce n’est pas son aspect artificiel qui gêne le plus, c’est surtout son arrivée inopinée ainsi que sa disparition, inopinée elle aussi. Au bout du compte, elle n’a d’utilité que pour La Fille qui peut garder son amoureux chez elle.

Dernier détail enfin, et qui fait un peu écho au premier film de CB, Le Mari de l’Indienne : deux Indiens apparaissent dans le film, un homme et une femme.

Si leur apparence les identifie de suite, leurs rôles ne sont pas des plus éblouissants.

En effet, l’Indienne, au service de La Fille, lèche les emballages de nourriture quand elle ne la subtilise pas carrément. Quant à lui, on lui demande de surveiller un cheval et il s’endort, permettant à Ramerrez de fuir ; un peu plus tard, il se permet de boire le verre du shérif qui s’est endormi.

 

Pour le reste, on est toujours dans la même verve que dans le film cité plus haut, avec une intrigue tout de même très sommaire. Reste la prestation de Theodore Roberts qui ne laisse pas indifférent : sa conception de la justice peut prêter à caution, mais c’est tout de même un homme de parole.

Autre aspect de la justice, les habitués du saloon ne connaissent qu’une seule façon de juger Ramerrez une fois capturé, celle du juge Lynch : la pendaison.

 

Et quand le film s’achève sur le baiser final, on se dit qu’il est temps que DeMille trouve quelqu’un pour lui écrire de belles (et bonnes) histoire.

Mais heureusement, ça arrivera dix films plus tard quand sortira le magnifique The Cheat.

 

 

 

  1. On ne lui connaît aucun autre nom.
  2. Ou « La Fille », c’est au choix…
  3. David Belasco (1853-1931) a écrit de nombreux spectacles qui furent adaptés au cinéma. C’est même lui qui aurait suggéré à Gladys Louise Smith de changer son nom en Mary Pickford…
  4. Elle tient ici le rôle de Nina : une Mexicaine qui trahit Ramerrez par jalousie.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Robert Wise, #Guerre, #Richard Attenborough
La Cannonière du Yang-Tsé (The sand Pebbles - Robert Wise, 1966)

La canonnière du titre, c’est le San Pablo. Mais on l’appelle aussi Sand Pebbles (1).

C’est un vieux bâtiment de la Navy (américaine, bien sûr) qui fait le lien entre Changsha et China Light, sur le fleuve Yang-Tsé.

Ce navire accueille à son bord un nouveau mécanicien : Jake Holman (Steve McQueen). Avec l’arrivée de ce dernier, c’est le fonctionnement du bateau qui va changer, mais surtout la situation politique.

Alors que la Chine est dominée par des puissances « occidentales » - France, Allemagne, Royaume-Uni, Etats-Unis – le Kuomintang de Tchang-Kaï-Chek mène un soulèvement qui mènera à l’autonomie du pays, sans le parti communiste de Mao qu’il va pourchasser, avant de lui céder la place en 1949.

Nous assistons donc ici au début de l’insurrection – nous sommes en 1926 – et quand le film se termine, Nankin a été déclarée capitale et la guerre civile va commencer entre les nationalistes (de CKS) et les communistes (de Mao).

Au milieu de tous ces troubles, le San Pablo essaie de protéger ses ressortissants.

 

C’est un long film que nous propose Robert Wise, encore une fois, mais cette longueur se justifie par la complexité de l’intrigue et surtout des enjeux politiques inhérents.

Bien sûr, notre sympathie va tout de suite à Holman – Steve McQueen oblige – et à son ami Frenchy (Richard Attenborough).

Quand Holman arrive sur le San Pablo, il entre rapidement en conflit avec les autres : ses frères d’armes comme les « cadres » des coolies, Chien (Tommy Lee) et Lop-Eye Shing (Henry Wang).
Ce n’est pas un débutant dans le pays, et tout comme ses camarades, il a des préjugés tenaces envers les populations autochtones. Pourtant, son attitude va changer, et sa vision des Chinois évoluer, surtout avec l’un d’eux qu’il va former : Po-Han (Mako).

 

Malgré tout, Holman est mal vu par la plupart des marins, vexés par son attitude non-conformiste qui explique aussi pourquoi il a des états de service peu orthodoxes : c’est un bon mécanicien, certes, mais il semble ne pas s’adapter au cadre qui lui est donné.

De plus, son arrivée coïncidant avec le soulèvement chinois le désigne tout naturellement comme le responsable des dysfonctionnements du bateau et de la situation politique. Il faut dire que le conflit qui se met en place est totalement différent de ceux qu’ont pu vivre les marins et surtout leur capitaine (Richard Crenna – le futur supérieur de Rambo !) : les Communistes (au nord) tentent de saper l’autorité américaine, balançant ce qu’on appelle aujourd’hui des fake news, et qui n’est rien d’autre que de la propagande.

 

Le périple – dangereux – du San Pablo est aussi le théâtre de deux histoires amoureuses : celle de Frenchy, et celle de Holman (of course !).

Frenchy est subjugué par une jeune femme – Mayli (Emmanuelle Arsan, qui a obtenu un grand succès avec ses livres dont l’héroïne porte le même prénom qu’elle…) dans un bordel de Changsha : cette jeune femme est dans une situation très délicate, et encore plus du fait des événements. Elle est une orpheline chinoise élevée par des missionnaires américains. Apatride malgré elle, elle sera tirée de sa misérable situation par Frenchy et Holman, mais surtout grâce à un match de boxe assez gratiné qui voit s’affronter le frêle Po-Han contre l’impressionnant Stawski (Simon Oakland). La relation entre Frenchy et Maily est étonnante dans un tel cadre : en 1926, il n’est pas question de mariage mixte aux Etats-Unis !). Mais c’est cette union qui fait que ces hommes – Frenchy et Holman – sont encore des hommes et non des brutes remplies de préjugés (comme Stawski, par exemple).

 

L’autre histoire d’amour – impossible, cela va de soi – concerne Holman et Shirley  Eckert (Candice Bergen), une enseignante qui est elle aussi d’une certaine façon une missionnaire : à l’inverse de Jameson (Larry Gates), avec qui elle travaille, elle éduque les jeunes Chinois sans bible.

Il n’y a aucun avenir pour eux, même si elle veut y croire. Holman est plus lucide qu’elle, même si au dernier moment il se dit que ce serait possible.

 

C’est un film en deux parties que nous avons ici. La première pose le décor et détermine les rôles des différents personnages. Quand il s’interrompt (« Intermission »), les différents destins sont scellés, la tragédie se met en place : tout le monde ne s’en sortira pas.

La seconde partie nous amène inévitablement à un affrontement qui couvait depuis le début de la deuxième heure.

 

La dernière heure du film va donc nous proposer une bataille épique qui se livrera dans un premier temps sur l’eau, une lutte navale entre la poignée d’Américains et une armée de Chinois qui ne cesse de croître : à chaque homme qui tombe, plusieurs autres apparaissent pour le remplacer…

Quand le San Pablo force le barrage, Holman est le dernier à rejoindre le bord. Holman voit tous ces morts dans les bateaux ou qui flottent au fil de l’eau. On sent alors qu’il a pris conscience que ce qui se passe n’est pas anodin et surtout que la situation est dérisoire, voire désespérée. Le Kuomintang se battra jusqu’au bout pour obtenir l’indépendance du pays et chassera par la même les puissances coloniales.

 

Le final alors, dans son déroulement, ne peut pas nous étonner. La lutte que se livrent les différentes armées ne concerne plus les Occidentaux.

Ils doivent partir. Ou mourir.

 

 

(1) Titre original, créé par homophonie avec San Pablo : « galets, cailloux (de sable)… »

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #Cecil B. DeMille
La Rançon d'un trône (Adam's Rib - Cecil B. DeMille, 1923)

Pour Marian Ramsay (Anna Q. Nilsson), c’est la crise de la quarantaine : son époux Michael (Milton Sills) la délaisse et sa fille a d’autres préoccupations. Elle se retrouve seule pour célébrer les dix-neuf ans de son mariage, son mari ayant complètement oublié.
Alors quand Jaromir (Theodore Kosloff), ex-roi de Morania (1), lui déclare sa flamme, c’est elle qui s’embrase, créant un tremblement de terre dans sa maison : son mari (jaloux) ne sait comment se débarrasser de ce fâcheux ; sa fille Tillie (Pauline Garon) n’accepte pas qu’elle brise le ménage.

S’ensuit une intrigue remplie de rebondissements où la morale restera sauve – bien sûr – et les différents protagonistes recevront leur juste récompense.

 

Ce film sort deux mois avant le suivant (The 10 Commendments), et reste très fidèle aux autres films de salon que DeMille a déjà tournés. Comme le dit Patrick Brion, le film suivant ressemblera plus à la manière qu’aura DeMille de tourner des parlants.

Ici donc, nous retrouvons le schéma habituel d’un mélodrame où une femme veut retrouver sa jeunesse, et être à nouveau désirée.

Dès l’ouverture du film, la référence biblique – « Adam’s Rib » (2) – est renforcée par le « S » qui entoure un poignet est un serpent, le même qui proposa le Fruit de la Connaissance à Eve.

Nous sommes donc prévenus : c’est de la femme que viendra le mal.

Mais est-ce vraiment le cas ?

 

Que la fille de la maison soit occupée ailleurs est tout à fait normal. Mais ce qui l’est moins, c’est l’attitude du mari qui fait passer ses affaires – il travaille à la Bourse – avant le reste, sa femme devenant la première victime de sa négligence.

Mais si le mari a ses torts, il ne faut pas négliger ceux du troisième tiers : l’amant, ou ce qui y ressemble.

Parce que de ce côté-là, Jaromir n’est certainement pas exempt de tout reproche. Piètre roi – il préfère les femmes à l’exercice du pouvoir – il est avant tout un coureur de jupon qui ne s’arrête devant rien pour arriver à ses fins et surtout la femme.

Il est un des représentants de cette noblesse européenne qui disparut après la première Guerre Mondiale, chassée par les révolutions où l’usure du pouvoir. On pense bien sûr à la famille impériale russe qui subit violemment le changement de gouvernement, la menace bolchévik étant toujours présente au moment du tournage (et après, d’ailleurs). Sans oublier que DeMille est un farouche défenseur de l’Amérique : il voit dans ce roi d’opérette (3) cette menace.

Mais surtout, Jaromir est un homme insistant – trop, certainement – à qui on a rarement refusé quoi que ce soit.

Au bout du compte, la situation n’est pas éloignée de celle de La Princesse de Clèves : le jeune roi, tel De Nemours, poursuit l’objet de son amour malgré les convenances, ne vivant que pour elle (etc.)… Mais là où Madame de Clèves résiste, Marian cède, sans aucune véritable hésitation à la passion que lui inspire cet homme « prestigieux ».

 

Heureusement, il y a Tillie.

C’est elle la véritable personne décisive dans le film. C’est une jeune fille un tantinet idéaliste et superficielle quand on la rencontre, mais elle va rapidement grandir – comme le souligne un intertitre – du fait de cette nouvelle donne.

Parce que la situation ne cesse d’évoluer tout au long du film, les histoires se compliquant avec le temps jusqu’à arriver à un summum : le bal donné pour son altesse Jaromir.

A ce sujet, le scénario de Jeanie MacPherson est subtilement compliqué, amenant toujours un prolongement à chaque nouvel élément d’intrigue.

Mais à partir du bal, les différentes situations vont trouver leur résolution. Sauf qu’à chaque résolution va correspondre une extension un peu plus dramatique de la situation.

Mais au bout du compte, tout problème trouvera sa solution, et tout se terminera bien.

 

Et comme nous sommes chez DeMille, nous avons droit à un parallèle historique (comme dans Manslaughter, et The 10 Commendments, le film suivant). Il s’agit plutôt d’un parallèle préhistoirique, l’intrigue moderne étant transposée à l’âge des cavernes. On y retrouve les différents protagonistes de notre intrigue dans une histoire de peau de bête et de mélodie enchanteresse et qui débauche les familles. Le tout avec des intertitres qui ressemblent à des gravures sur pierre. En prime, la présence de Julia Faye qui amène le malheur dans cette drôle d’histoire

Bref, on est bien chez DeMille, et on sourit de la naïveté de cette reconstitution.

 

Quoi qu’il en soit, on ne s’ennuie pas dans cette histoire d’infidélité – non consommée – où DeMille montre encore une fois toute l’étendue de son talent de metteur en scène : des plans de coupe focalisés sur les mains ou encore un reflet dans un poudrier…

DeMille, quoi.

 

 

  1. Jeu de mots sur les noms de territoires balkaniques : Moravia & Romania (Roumanie).
  2. la côte d’Adam : celle qui permit à Dieu de créer Eve, avec tout ce que cela comporte de calamité.
  3. Jaromir est-il autre chose ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Frank Borzage, #Mélodrame
The Circle (Frank Borzage, 1925)

Katherine (Lucille Le Sueur) (1), s’ennuie auprès de son mari, Lord Clive Cheney (Derek Glynne). Elle trouve réconfort dans les bras de son meilleur ami, et témoin du mariage, Lord Hugh Porteus (Frank Braitwood).
Un jour, ils franchissent le pas et s’enfuient, laissant le jeune lord seul avec leur fils Arnold (Buddy Smith).

Trente ans plus tard, Lady Elizabeth Cheney (Eleanor Boardman, bientôt madame Vidor à la ville) s’ennuie de son mari, Lord Arnold Cheney (Creighton Hale). Elle trouve réconfort dans les bras de son meilleur ami, et témoin du mariage, Lord Edward Luton (Malcolm McGregor).

Profitant de l’absence de son beau-père (Alec B. Francis), elle invite sa belle-mère (Eugenie Besserer) – qu’elle n’a jamais vue – et son compagnon (George Fawcett) à la résidence Cheney, pour voir ce qu’ils sont devenus après ces trente années écoulées.

Arnold est inquiet, mais moins quand il s’aperçoit que son père est rentré et que les invités ne vont pas tarder.

L’histoire va-t-elle se répéter ?

 

On connaît Frank Borzage pour ses comédies dramatiques magnifiques, usant des éclairages avec beaucoup d’habileté, et proposant de véritables joyaux en noir et blanc. On le connaît moins dans un registre très différent : la comédie.

Le film est ainsi annoncé par un intertitre de présentation : « Chaque homme peut se choisir une femme, mais doit faire attention à qui elle est. » Le ton est donné.

Ce n’est pas du burlesque, mais une très agréable comédie de mœurs. En effet, Borzage réussit à nous amuser avec une histoire qui s’annonce à première vue crapuleuse. Il faut dire qu’il a deux vétérans qui s’en donnent à cœur joie : George Fawcett et Alec B. Francis. Chacun dans son domaine est très bon, l’un goguenard voire ironique (Francis), l’autre bougon et un tantinet vulgaire (Fawcett).

Et si Elizabeth conduit cette rencontre au début, rapidement, la situation va lui échapper, jusqu’au coup de théâtre final (assez prévisible tout de même).

La plupart du temps, c’est son point de vue qu’on observe : ses attentes, puis ses craintes et ses espoirs.

 

En effet, le couple qui débarque dans sa vie est assez pittoresque. D’un côté Katherine qui a bien profité de la vie et qui ressemble très peu à son portrait de jeunesse ; de l’autre un Porteus qui s’est empâté, fume le cigare et a des rhumatismes.

A première vue, Elizabeth est bien déçue de voir ces deux énergumènes qui allient vulgarité et mésentente, amenant une scène inévitable avec crise de larmes qui découle d’une partie de bridge où ils se disputent, ce qui semble tout à fait habituel : « elle va encore pleurer », dira Porteus.

 

On a connu Borzage plus inspiré, certes, mais c’est surtout dans des histoires beaucoup moins légères. En ce qui concerne les aspects techniques du film, on n’a rien à dire, les plans sont très bien travaillés et variés, donnant un bon rythme à cette comédie.

L’attente des deux amants qui reviennent trente ans après est très bien menée. D’un côté, une tension qui monte au château, pendant que nous suivons la voiture et ses deux occupants que nous voyons de dos.

Quel contraste quand on voit enfin leurs visages. Et surtout, quelle duo que celui qui prend ses aises dans la résidence : elle qui ne cesse d’embrasser son fils, digne lord britannique à la « lèvre supérieure rigide », le mettant rapidement mal à l’aise.

Bref ces deux nouveaux arrivants ne sont pas ce qu’Elizabeth attendait.

Mais… Et c’est là qu’est la complication de l’intrigue : il ne faut pas oublier la place de l’amour.

 

Alors, restera-t-elle ou  partira-t-elle avec le séduisant Teddie ?

Vous irez voir par vous-mêmes…

 

 

(1) Lucille Lesueur a réussi sous un autre nom : Joan Crawford.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Clarence Brown, #Greta Garbo, #Drame
La Chair et le diable (Flesh and the Devil - Clarence Brown, 1926)

Clarence Brown à la mise en scène, William H. Daniels à la photographie, John Gilbert et Lars Hanson , et enfin Greta Garbo !

C’est un film mythique à plus d’un titre : une nouvelle légende se crée.

 

Près de vingt ans avant Bacall et Bogart – dans Le Port de l’angoisse – nous assistons donc à un couple de cinéma qui se crée : Greta Garbo et John Gilbert.

Si Gilbert fait figure de vétéran du cinéma, sa partenaire, découverte deux ans plus tôt dans le merveilleux film de Mauritz Stiller – La Légende de Gösta Berling – fait ici sa troisième apparition américaine (1), mais surtout la première d’une série de films avec Clarence Brown, le réalisateur des femmes. C’est aussi le premier avec Daniels qui saura toujours photographier la Divine avec beaucoup de soin et surtout de talent.

La légende qui naît va durer quelques années, avec des hauts et des bas, et surtout Louis B. Mayer qui gâchera tout, poussant par la suite Gilbert vers la sortie avant son décès en 1936, à même pas 39 ans.

Mais ceci est une autre histoire.

 

Ici, l’histoire est celle d’une amitié entre deux hommes qui ont grandi ensemble : Ulrich (Lars Hanson) et Leo (John Gilbert). Après avoir grandi ensemble, ils sont à nouveau réuni pour leur service militaire où ils vont même jusqu’à partager les corvées.

Inséparables.

Jusqu’au jour où lors d’une permission, Leo remarque une très belle femme : Felicitas Raden (Greta Garbo). Il la retrouve au bal et l’invite : c’est tout de suite l’amour fou entre eux deux. Mais la belle est mariée, et quand les amants sont surpris, Leo est provoqué en duel par le mari (Marc McDermott).

Le comte Raden tué (2), Leo doit s’exiler, laissant la belle Felicitas aux bons soins de son ami Ulrich.

Trois ans après, quand il revient, c’est pour voir que Felicitas a épousé Ulrich.

Mais ils s’aiment encore…

C’est donc un film sulfureux qui nous est exposé : un amour fou qui en arrive à toutes les extrémités, et donc une histoire qui se termine mal.

 

Ca commence comme une comédie, avec une série de gags qui plante le décor et nous fait connaître les personnages, dont l’un d’eux va devenir important dans cette histoire dont il n’est pas un protagoniste : le pasteur Voss (George Fawcett), qui sera toujours au mauvais endroit et au mauvais moment.  Du point de vue des deux amants s’entend.

Ce qui frappe le plus quand on (re) voit ce film, c’est la photographie de Daniels, et dans une majeure partie la caméra mobile. Brown réalise ici son film le plus inspiré (en attendant les autres qui viendront dès l’année suivante), utilisant absolument toutes les ressources de la caméra.

 

Ce sont des travellings, des gros plans qui retiennent l’attention sur des détails (3), et même une caméra subjective quand Ulrich tient en joue son ami.

Les points de vue sont absolument merveilleux, dont la main de Raden qui enserre les amants découverts, ou encore les surimpressions du visage de Felicitas pendant que Leo rentre d’Afrique, ce visage apparaissant en alternance avec le prénom dont l’écriture se greffe même à la perspective des roues du train…

C’est absolument éblouissant.

Sans oublier le souci constant de Brown de jouer avec l’ombre et la lumière. La (deuxième) rencontre entre les deux amants se fait au bal, où Leo invite la belle à danser, la caméra suivant leur évolution sur la piste jusqu’au moment où ils sortent sur la terrasse, dans l’ombre. Vient alors la scène (4) de la cigarette. L’allumette grattée par Leo éclaire seulement leurs visages jusqu’à ce qu’elle souffle dessus, plongeant les deux visages dans une pénombre relative. Relative parce que l’éclairage est fait à contre-jour et nous apercevons alors leurs deux visages s’embrasser…

Magnifique !

 

Et puis il y a Garbo. Le soin qui est mis à la photographier est d’une grande précision, mettant en valeur sers yeux bleus (5), et son visage d’une grande finesse, dont on a l’impression qu’il vieillit ou rajeunit en fonction des circonstances. Et à propos d’âge, on peut s’amuser de la voir considérer Leo comme un jeune homme, alors que John Gilbert avait tout de même huit ans de plus que Garbo. Pas étonnant que Gilbert soit tombé fou amoureux d’elle : comment résister ?

Garbo est absolument fabuleuse, d’une très grande sensualité, alliée à une légère teinte de scandale : lors de la communion, elle tourne le calice que lui tend le pasteur – calice sur lequel Leo a tout juste posé ses lèvres – pour pouvoir y boire exactement au même endroit.

Pas étonnant alors que la fin soit malheureuse…

 

 

  1. Et en plus, dans la même année !
  2. Encore une fois, Marc McDermott meurt avant la fin, et encore une fois avec Clarence Brown…
  3. Comme toujours chez Brown.
  4. D’anthologie, cela va sans dire…
  5. Ses yeux clairs, le film est en noir et blanc…

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Jack Conway, #Lon Chaney, #Gangsters
While the City sleeps (Jack Conway, 1928)

« Pendant que la ville dort » est une traduction littérale du film de Jack Conway. Il sort alors que le parlant s’installe et a en tête d’affiche l’immense Lon Chaney. Et pour une fois, le grand acteur transformiste joue le rôle d’un homme normal. Enfin pas complètement, sinon, il n’y aurait pas de film.

Jack Conway, à travers le scénario d’Arthur P. Younger, rend hommage à la police de l’ombre (1) : mes hommes en civil.

La copie disponible est malheureusement incomplète, il manque un élément qui voyait Dan investir un repère de Mile-Away. On passe directement à la suite sans toutefois perdre la compréhension générale du film.

 

Dan Coghlan (Lon Chaney, donc), est un vétéran de la police de Los Angeles (LAPD) qui travaille comme inspecteur et fait donc partie de ces policiers qu’on ne distingue pas toujours des autres citoyens.

Sa cible Eddie Skeeter Carlson se fait appeler Mile-Away, parce qu’à chaque mauvais coup, il a un alibi en béton : il se trouvait à chaque fois à un mile du lieu du forfait.

A plusieurs reprises, il file entre les doigts des policiers.

Mais ce qui inquiète le plus Dan, c’est qu’il a l’intention de mettre le grappin sur la jeune – et belle – Myrtle Sullivan, que Dan connaît depuis l’enfance (2).

Dans le même temps, Myrtle aime Marty (Carroll Nye) – qui le lui rend bien – ce qui amène l’infâme Mile-Away à envisager de se débarrasser de ce dernier, dernier obstacle avant d’avoir la belle.

C’est bien sûr sans compter sur Dan qui lui aussi se découvre des vues sur Myrtle…

 

Jack Conway, avec cette histoire, nous montre aussi comment fonctionnent les services de police pour une enquête. Le film s’ouvre sur une identification avec mur blanc, numéros et types à la mine patibulaire – c’est ainsi qu’on fait la connaissance de Mile-Away et Marty : Coghlan répond de Marty mais bien sûr pas de la fripouille.

A un autre moment, c’est un exercice du bertillonnage qui est utilisé : on compare les empreintes digitales…

Bref, c’est tout ce travail qui se fait à l’ombre des foules et qui fait avancer les enquêtes.

 

A cela s’ajoute la note mélodramatique – indispensable semble-t-il – qui voit Coghlan se ressentir une attirance inexplicable pour la belle Myrtle.

Encore une fois, Lon Chaney interprète un amoureux frustré – le bénéfice de l’âge ne va joue pas en sa faveur. Mais alors qu’il joue habituellement des amoureux transis, ici, cet amour va s’imposer doucement à lui : la jeune femme se comporte avec lui comme toujours et se blottit naturellement dans ses bras ou se serre contre lui, sans penser à mal.

La première réaction de Coghlan est de prendre ses distances devant cet amour. Mais son enquête le ramène toujours auprès de Myrtle, la rendant toujours plus désirable (3).

 

Lon Chaney est donc dans un rôle somme toute reposant, même s’il utilise avec le même brio ses expressions faciales. Quand il se rend compte que finalement il n’a aucune chance avec Myrtle (ce que nous spectateurs savions depuis le début), on voit son visage se métamorphose graduellement de l’euphorie – il va la retrouver et ils vont se marier – à la pitié – c’est l’autre qu’elle aime.

 

Si le film est un hommage à la police, on n’en trouve pas moins des gangsters franchement dangereux, de nombreuses morts violentes surviennent aux différentes descentes policières, et si les gangsters n’hésitent pas à ouvrir le feu sur les représentants de l’ordre, ces derniers vont jusqu’à utiliser une mitrailleuse pour se débarrasser de ces personnages fort déplaisants. Il est clair que depuis Underworld, les affrontements entre gangsters et policiers ne sont plus les mêmes.

Parmi les gangsters d’ailleurs, on peut reconnaître l’un d’eux, beaucoup plus petit : il s’agit Angelo Rossitto, dans une de ses toutes premières apparitions (la troisième semble-t-il) au cinéma. On le retrouvera bien sûr dans le fabuleux Freaks.

Mais soyez attentifs, il n’est pas facile à trouver.

 

Dernière chose, le final ressemble beaucoup à celui que Conway utilisera deux ans plus tard dans le dernier film avec Lon Chaney, Le Club des Trois.

 

  1. Aucune manigance ni complot dans ce corps de police, ce sont les inspecteurs qui ne portent pas d’uniforme pendant leur service (« plain-clothes men »).
  2. Même si ce n’est pas dit, on se doute que le père de Myrtle, avec un nom pareil (irlandais), devait être policier.
  3. En tout bien tout honneur, cela va de soi !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Albert Austin, #Comédie dramatique
My Boy (Albert Austin - Victor Heerman, 1921)

L’année 1921 s’ouvre avec un immense classique : The Kid.

Mais on oublie souvent (quand ce n’est pas toujours) de signaler qu’elle se termine avec ce même Jackie Coogan, dans le film d’Albert Austin et Victor Heerman: My Boy. (1)

Nous connaissons tous Albert Austin, partenaire de longue date de Chaplin, et qui l’accompagnera jusqu’au Cirque. Mais il a aussi tourné quelques films dans l’ombre du maître, dont celui-ci avec le petit prodige.

Il a un nom, il s’appelle Jackie Blair.

A la mort de son père, sa mère et lui ont traversé l’Atlantique mais cette dernière est morte sur le bateau au bout de deux jours, usée par la maladie.

Arrivé à Ellis Island (2), il réussit malgré lui à en sortir avec l’aide très involontaire du capitaine Bill (Claude Gillingwater), qu’il va suivre jusque chez lui et finalement s’y installer.

Pendant ce temps, la grand-mère de Jackie (Mathilde Brundage) le fait rechercher puisqu’il s’est enfui du centre.

 

Le scénario est cousu de fil blanc, bien sûr, et on sait avant la fin du film qu’il retrouvera sa grand-mère. Mais ce n’est pas trop grave, le plus important, c’est Jackie Coogan et la relation entre l’enfant et le vieil homme.

On y retrouve – on s’y attendait – des réminiscences de The Kid, mais n’est pas Chaplin qui peut et il manque certainement une grande partie de l’émotion du premier film.

D’ailleurs, le film est beaucoup moins amusant que le Kid même si on y retrouve une poursuite avec un policier ou avec un joueur d’orgue de barbarie dans la même verve.

Il y a aussi quelques moments d’émotion comme quand le vieil homme couche l’enfant dans son lit, ému par sa petite main qui se pose instinctivement sur la joue du vieux loup de mer.

Mais Jackie Blair n’est pas le Kid. Il est beaucoup plus policé et son histoire est autrement plus tragique : à la fin de The Kid il retrouve sa mère, pas ici.

 

Toujours est-il qu’on retrouve chez Jackie Coogan la même façon naturelle d’interpréter cet enfant au passé malheureux mais au cœur énorme. Et Albert Austin réussit tout de même à nous surprendre sur l’origine de la poursuite du policier : un sac à main – rempli d’argent, cela va de soi – a été emporté et les enfants sont tout de suite suspectés : on est dans un quartier misérable de New York, et les philanthropes ne sont pas non plus des gens naïfs.

Cette séquence permet aussi d’illustrer une réalité dans l’Amérique du début du XX siècle : la pauvreté. La grand-mère de Jackie, Mrs J. Montague Blair, fait partie de ces femmes riches qui s’occupaient d’u secteur pauvre d’une grande ville, distribuant différentes aides, qu’elles soient financières ou matérielles, comme le goûter qui est organisé ici. (3)

 

Au final, un moyen métrage réjouissant, dû essentiellement à la présence et l’aisance de Jackie Coogan, et aussi pour ce vieux capitaine au premier abord rétif à accueillir ce petit garçon, mais qui, lui aussi, tombe sous le charme.

Mais comment peut-il en être autrement ?

 

 

  1. Entre les deux sort Peck’s bad Boy de Sam Wood : c’est une année faste pour Jackie !
  2. Point de passage obligé des immigrants, où ils étaient autorisés où non à entrer aux Etats-Unis.
  3. Pour plus de détails, je vous renvoie à, l’indispensable Behind the Mask of innocence du maître Kevin Brownlow. (London: Jonathan Cape, 1990 – Chap. IX : Poverty).

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Marvel, #Sam Raimi
Spider-Man 3 (Sam Raimi, 2007)

On ferme.

Troisième partie de la trilogie de Sam Raimi, ce film referme toutes les portes ouvertes lors des deux premiers épisodes.

La séquence de générique égrène les images des deux premiers films, résumant les deux intrigues, rafraîchissant ainsi la mémoire des spectateurs qui auraient pu oublier certains détails, au bout de trois ans d’absences : Peter (Tobey Maguire) est toujours étudiant en physique, Harry (James Franco) est toujours remonté contre Spider-Man, et la belle Mary Jane (Kirsten Dunst) est à l’affiche dans une comédie musicale.

 

Mais rapidement, les choses se gâtent. En effet, Harry a retrouvé la panoplie de son père et va affronter Spider-Man pour en finir une bonne fois pour toutes. Mais comme pour son père, ça ne se passe pas exactement comme prévu. De plus, la police a retrouvé le véritable meurtrier de l’oncle Ben (Cliff Robertson) : un prisonnier évadé nommé Flint Marko (Thomas Haden Church).

A cela s’ajoute un reporter peu scrupuleux et une créature venue de l’espace pendant la nuit des étoiles filantes…

Sans oublier une expérience scientifique qui transforme le même Marko en Homme-sable (1).

Bref, Spider-Man a du pain sur la planche !

 

C’est peut-être cette accumulation qui fait que ce film n’atteint pas le niveau des deux précédents. En effet, on sent que Sam Raimi n’est pas au maximum de ses possibilités.

Il faut dire que les fans du personnage et la production ont forcé Raimi à cet épisode, laissant de côté la dimension humaine et dubitative de Peter Parker/Spider-Man.

Alors oui, c’est toujours spectaculaire, mais on y croit moins. On ressort du film avec un sentiment mitigé, la résolution des différentes situations arrivant trop abruptement voire artificiellement. On n’a même pas le petit clin d’œil de Raimi à ses premières amours : aucun élément de peur « subite ».

 

On trouve quelques belles séquences dont la découverte de son nouvel état par Marko, et surtout on voit la transformation de Peter due à l’influence de la matière extraterrestre, le rendant égoïste, arrogant, – en  un mot imbuvable –, mais surtout très con. Heureusement ce n’est que passager, et on retrouve notre héros à son plus haut niveau pour un fin al spectaculaire mais un tantinet réchauffé : encore une fois c’est M.J. qui fait les frais de sa relation avec Peter.

 

Alors oui, c’est bien fait, mais cette fin est un tantinet convenue, les différentes sous-intrigues se résolvant un peu trop facilement, et surtout bien proprement : le cas de la mort de Ben en étant le point culminant.

Les ficelles sont trop grosses.

Dommage.

 

PS : Stan Lee est toujours là, et chose rarement vue par la suite, il s’adresse directement au personnage qu’il a créé avec Steve Ditko.

 

 

(1) La traduction passe à côté du double sens de Sandman : « homme-sable », certes, mais aussi « Marchand de sable », celui qui endort les petits enfants (et les autres). Pas étonnant alors qu’il aille voir sa fille pendant qu’elle dort…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie dramatique, #Clarence Brown
La Femme de quarante ans (Smouldering Fires - Clarence Brown, 1925)

Clarence Brown est très certainement le cinéaste qui a le mieux filmé les femmes. Et cette année 1925 nous offre deux grands films à propos des femmes dont les thèmes ne sont pas si éloignés : Smouldering Fires et The goose Woman.

Dans chacun des deux films, la principale femme décrite n’est plus jeune.

Mais si Louise Dresser interprète une femme qui assume son âge avancé (a-t-elle le choix ?), Pauline Frederick est une femme qu’on peut qualifier de mûre, ce qui est plus délicat que le titre français (1).

 

Donc Jane Vale (Pauline Frederick) est une femme mûre, qui a repris la boîte de son père mort 18 ans plus tôt.

Et qu’a-t-elle fait pendant ces dix-huit années ? Elle a fait prospérer l’affaire, transformant la boutique de tailleur en une grande usine de confection employant plusieurs dizaines de « petites mains ».

Mais toutes ces années, elle n’a vécu que pour cela, entourée d’une équipe à ses ordres si ce n’est à sa botte.

Alors quand un jour Robert « Bobby » Elliott (Malcolm McGregor) lui tient tête, au lieu de le virer, elle l’augmente et rapidement va lui faire grimper les échelons, jusqu’au jour où ils vont se marier.

Et un jour la sœur cadette de Jane, Dorothy (Laura La Plante) rentre à l’improviste et découvre un mari bien jeune pour sa sœur aînée…

 

Dès l’ouverture du film, Brown donne le ton : des pieds qui trépignent, un poing qui martèle une table, la personne que nous allons voir est un homme à poigne.

Sauf que c’est une femme, au regard sévère, une véritable patronne exigeante et qui ne souffre que très peu d’opposition.

Autour d’elle, on trouve une équipe de béni-oui-oui dont une vieille connaissance des amateurs du muet : Tully Marshall. Il est Scotty, le plus ancien employé de l’usine, et une espèce de bras droit qui semble prendre un malin plaisir à rédiger des billets de renvoi aux employé(e)s peu dociles. Mais à mesure que le film avance, son aspect un tantinet méprisable se dissipe, et on en arrive (presque) à l’apprécier…

 

Mais la véritable star du film, c’est bien Pauline Frederick. Elle a 41 ans quand le film sort et assume totalement cet âge, jusqu’à m’arrivée de Bobby. De plus, son allure de patronne lui donne un côté masculin qui ne l’arrange pas.

Ce jeune homme qui s’installe dans sa vie, c’est un retour de jeunesse formidable qui lui est offert.

Si Malcolm McGregor est un jeune homme crédible dans cette histoire, Laura La Plante en sœur cadette est au même niveau. Elle aussi a l’âge de son personnage (20 ans depuis novembre 1924), et se comporte naturellement comme une jeune femme des années 1920s (les fameuses « roaring Twenties »).

C’est d’ailleurs elle qui, inconsciemment, fait se creuser un fossé d’âge qui va en s’agrandissant. De sa première remarque sur l’âge de son beau-frère (2) à la party donnée avec ses amis venus s’amuser, c’est différentes piques qui atteignent la pauvre Jane qui pensait avoir trouvé le bonheur.

 

Mais Jane ne peut lutter contre l’amour et on assiste alors à une magnifique scène de révélation entre les deux sœurs :

Dorothy pleure et Jane vient la consoler, subodorant une peine de cœur. Elle va alors essayer de savoir quel est celui qui la fait pleurer, la cadette secouant la tête alors que Jane prononce les noms de ses amis. C’est en appelant Bobby par la fenêtre afin de lui dire qu’elle l’attend que Dorothy vend la mèche.

Je vous laisse découvrir cette magnifique scène pleine de subtilité.

 

D’une  manière générale, Clarence Brown filme en toute subtilité le film, insistant à chaque fois sur de légers détails, émaillant en plans de coupe l’intrigue. Une deuxième fois les pieds sont révélateurs des personnalités, à un moment où on ne s’y attendrait pas : le mariage. On y voit le pied impatient de l’homme qui s’agite puis une main qui ramasse l’alliance qui vient de tomber au moment de l’échange. Superbe.

 

Je le redis : Clarence Brown avait un don pour filmer les femmes et les rendre magnifiques même dans des moments dramatiques où leur pouvoir de séduction décline. Elles sont belles, tout simplement.

Et encore nous ne sommes qu’en 1925 quand le film sort. L’année suivante va arriver sur les écrans l’une des plus belles femmes du cinéma. Elle tournera plus d’une fois avec Brown, dans des films qui sont devenus mythiques avec le temps. Il faut dire que cette actrice elle-même est mythique et va apporter un grand bouleversement dans l’image de la femme au cinéma. Cette jeune actrice de 20 ans s’appelait Greta Gustafsson.

Mais on la connaît surtout sous son nom de scène, préféré à Gustaffson un peu trop scandinave : Garbo.

 

 

  1. Ces traducteurs…
  2. Elle l’imaginait plus âgé, voire pensait que c’était Scotty.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Marvel, #Sam Raimi
Spider-Man 2 (Sam Raimi, 2004)

Deux ans après, il revient.

En deux ans, beaucoup de choses se sont passées : M.J. (Kirsten Dunst) perce dans le théâtre, Harry (James Franco) a repris la compagnie de son père, et Peter (Tobey Maguire) est à l’université.

Sauf que si pour M.J. et Harry, la vie semble sourire, il n’en va pas de même pour Peter, qui doit travailler pour étudier, ses efforts se ressentant sur ses résultats universitaires. Il faut dire qu’en plus de tout ça, il doit assurer son boulot de justicier.

Alors évidemment, à un moment ça casse.

 

Deuxième volet de la trilogie de Sam Raimi, ce film aborde un thème peu abordé dans les différents cycles proposés par les studios Marvel récemment : la double personnalité.

En effet, les paroles de l’oncle Ben (Cliff Robertson) résonne toujours dans la tête de Peter : « Avec de grands pouvoirs viennent de grandes responsabilités ».

Et ces paroles l’empêchent de vivre, mais surtout enrayent son super pouvoir. On assiste alors à des scènes terribles dans lesquelles Peter voit ses facultés disparaître, et sa vie redevenir normale.

Mais c’est surtout le rôle de Spider-Man, justicier masqué, qui est totalement remis en question : Peter ne peut pas avoir une vie normale avec cette activité.

On assiste alors à des scènes qui nous paraissent normales au vu du premier opus : Spider-Man se balade de building en building, mais tout à coup le fluide à toile s’épuise, amenant de terribles chutes à notre super-héros.
S’ajoute à cela une romance entre M.J. – lasse d’attendre – et le fils du directeur du journal où travaille sporadiquement Peter. Sans oublier ce même directeur (J.K. Simmons) qui veut la peau de l’Araignée, ni le professeur Octavius (Alfred Molina) qui, à l’instar de Norman Osborn (Willem Dafoe), se transforme en créature maléfique.

Et pour couronner le tout, Harry en veut toujours à « l’insecte » (en VO « the bug ») d’&avoir tué son père.

Bref, Peter n’est pas à la fête.

 

Pour le reste, Sam Raimi nous offre une deuxième partie magnifique, donnant donc à son personnage l’épaisseur qui manque à la nouvelle série (avec Tom Holland). C’est bien sûr une débauche d’effets numériques impressionnants et de cadrages toujours aussi décalés : il suit en cela la faculté naturelle d’une araignée à pouvoir se déplacer sur n’importe quel plan.

Si Octavius a une allure plutôt grand-guignolesque, ses affrontements avec Spider-Man sont tout de même spectaculaires. Surtout quand Tante May (Rosemary Harris) est capturée et ne se laisse pas faire.

Et encore une fois, il nous gratifie d’un clin d’œil aux films d’épouvante lors d’une apparition du même Octavius : on a beau s’y attendre, l’effet est garanti.

 

Mais surtout, dans ce film, Peter prend réellement conscience de son rôle (et ainsi des paroles de son oncle) et de la place de ses proches par rapport à ce rôle.

Il assume entièrement cette double personnalité et d’une certaine manière entre dans l’âge adulte : cet épisode est avant tout celui de la révélation. Mais bien sûr, cette révélation amène de nouveaux périls qui feront le troisième et dernier volet, trois ans plus tard.

 

A très bien tôt donc !

 

PS : Stan Lee est encore là, et si vous êtes bien attentifs, vous le verrez deux fois…

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