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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Raymond Bernard, #Drame

Il s'agit là de la cinquième adaptation au cinéma. C'est aussi la première version parlante.

Et quelle version : un metteur en scène inspiré et une distribution solide pour près de cinq heures d'histoire.

Et quelle histoire : l'ascension de Jean Valjean - forçat en rupture de ban - de la sortie du bagne à sa mort bienheureuse.

 

Je ne reviendrai pas sur l'intrigue, Victor Hugo l'a fait mieux que moi.

Je ne pense pas beaucoup me tromper en parlant de l'une des - voire LA - meilleures adaptations.

Harry Baur est un Jean Valjean tout en subtilité, malgré sa carrure de portefaix. Il incarne à merveille ce repris de justice condamné à faire le bien. Et sa mort - soudaine mais prévisible - m'émeut.

 

Les deux autres vedettes de cette « superproduction » sont bien entendu les méchants : les deux Thénardiers. Et il faut dire que Charles Dullin, en père escroc est magnifique. Quant à Marguerite Moréno, elle est telle que Hugo l'a décrite dans son livre. Une vraie réussite.

C'est peut-être Javert (Charles Vanel) qui serait le moins réussi. Et encore. Et c'est dommage que le dilemme qui s'offre à lui n'ait pas été un petit peu plus développé. Sa disparition est moins évidente, et surtout, Raymond Bernard a ajouté un dialogue expliquant le plan de l'eau qui se trouble.

Autre personnage mineur truculent, M. Gillenormand (Max Dearly), le grand-père de Marius : fêtard, libertin et (surtout) royaliste.

Un bémol toutefois, la troisième partie est la moins fidèle au livre, mais que nous importe : ne boudons pas notre plaisir.

 

Alors nous fuyons avec Valjean, nous aimons Cosette (Josseline Gaël) et avec Marius (Jean Servais), nous aimerions bien régler son compte à Thénardier et nous vibrons sur les barricades avec Enjolras (Robert VIdalin), Grantair (Paul Azaïs) et Gavroche (Emile Genevois).

Un pur bonheur.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #John Boorman, #Heroic Fantasy
Excalibur (John Boorman, 1981)

La légende arthurienne a toujours fait rêver. Et cette adaptation essaie de la rendre vivante. Je dis essaie parce que malgré tout, elle reste une légende. Et s'il existe des gens qui croient encore que le roi Arthur n'est pas mort, et que Merlin coule des jours heureux avec Viviane, alors la légende n'a pas besoin d'être vivante.

 

Mais revenons au film de Boorman. En le revoyant, et je ne vais pas faire des heureux, je n'ai pas réussi à y croire. Peut-être que je ne crois plus à cette légende. Mais surtout, je trouve que ce film est daté. Il est tout à fait dans son époque, le début des années 80. J'ai vraiment retrouvé l'esprit des films de cette époque : la façon de filmer, les plans, l'image. Même la musique me ramène à cette époque et l'utilisation des Carmina Burana, à chaque charge chevaleresque, ne se justifie pas vraiment.

 

Vraiment, nous sommes dans un film d'aventures du début des années 80. La révolution du numérique n'a pas encore eu lieu, et il est clair que ce film montre ses limites. Ce n'est pas le premier film sur Les Chevaliers de la Table ronde. Et je vais faire un parallèle avec celui de Thorpe (1953). En 53, la violence des combats est adoucie par le manque de sang lors des assauts. Mais malgré tout, je trouve qu'on est plus concerné par le sort de Lancelot/Robert Taylor que par n'importe quel personnage dans Excalibur. Et c'est peut-être là qu'est la faiblesse du film : il n'y a pas de véritable héros central. Seulement des personnages marquants : Arthur (Nigel Terry), Lancelot (Nicholas Clay), Perceval...). Même Merlin (Nicol Williamson), qui était le véritable centre de cette histoire, disparaît.

 

Mais il reste les images : les armures étincelantes qui vont de paire avec la bravoure de chaque chevalier. Et quand l'espoir se perd, les armures ternissent, le paysage est sombre et farouche. Les gens sont malheureux. Alors quand l'espoir revient, la Nature l'accompagne dans une féérie de couleurs.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Francis Ford Coppola, #Drame

D'un côté, les Greasers, pauvres, blousons noirs, lames, cigarettes. De l'autres, les Socs (prononcer soch) riches, Ford Mustang, alcool et jolies filles.

Evidemment, ces deux bandes sont rivales, et même ennemies.

Déjà vu ? Oui. Et non.

Chez les Greasers, il y a Pony Boy Curtis (C. Thomas Howell). Chez les Socs, il y a Sherri « Cherry » Valance (DianeLane). Ils ne sont pas insensibles l'un pour l'autre.

Déjà vu. Oui, et non.

Chez les Greasers, Johnny (Ralph Macchio) a tué un Soc. Il est en cavale avec Pony Boy. Ils sont seuls dans l'église.

Déjà vu ? De moins en moins.

Alors Pony Boy lit Autant en emporte le Vent. Et Johnny l'écoute.

Et puis il y a Dallas (Matt Dillon). Un autre Greaser. Le méchant. Le vrai voyou. Celui qui sort de prison. Celui qui ne ratera sous aucun prétexte la bagarre. Parce qu'il y en aura une.

 

Cette bagarre, c'est la rencontre entre Kubrick et Robert Wise. C'est là que West Side Story rencontre Orange Mécanique.

Quelle bagarre. Personne n'est tué, mais ça castagne en rythme. Ce n'est plus la Pie voleuse de Rossini, mais des guitares agressives, comme ceux qui participent.

Et à la différence de West Side Story, il y a une bande qui l'emporte. Mais là encore, à quoi bon ?

 

Le troisième film auquel on pense, c'est Rebel without a Cause de Nicholas Ray. Mais ils sont deux, seuls mais unis. Et ce sont Scarlett O'Hara et Rhett Butler qui leur tiennent compagnie.

Jusqu'à leur retour à la dure réalité. Mais il restera l'aube dorée.

 

Et après ? Après c'est un film de Coppola qui traite à sa manière de l'adolescence, des rapports humains et de l'amour : amour pour une fille (Cherry), amitié entre deux garçons (Pony Boy & Johnny), et amour familial (les trois frères Curtis).

Parce que pour Coppola, la famille a un sens. Et malgré tout ce qui se passe, la famille reste le ciment des protagonistes.

 

Un dernier mot enfin sur la musique : présente, pertinente, entraînante. Même si Gloria (Van Morrison, 1964) est un peu en avance sur son temps. [L'Arnaqueur - que Pony Boy va voir au cinéma - est sorti en 1961...]

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Biopic, #David Cronenberg
A dangerous Method (David Cronenberg, 2011)

A dangerous Method aurait pu aussi s'appeler La Rupture.

D'un côté, Carl Jung (Michael Fassbender), jeune analyste, disciple du grand Freud (Viggo Mortensen).

De l'autre, son père spirituel, le Maître.

Entre eux, « celle par qui le scandale arrive » : Sabina Spielrein (Keira Knighley).

C'est avec elle que tout commence : elle arrive à l'institut où officie le jeune docteur Jung.

C'est une hystérique.

Alors Jung va l'analyser. Et la guérir. Mais c'est là que les ennuis vont commencer.

 

Quand un homme tombe amoureux d'une femme, ça fait souvent une belle histoire. Mais quand cet homme est son médecin-analyste, et qu'en plus il est marié, père de famille et appartenant à la haute société... S'ajoute à cela l'époque (avant 1914). Tout est réuni pour un magnifique scandale !

Mais ce n'est pas le scandale le plus important, dans ce film. Non. Ce sont les relations humaines. Nous voyons l'évolution de Jung à travers sa relation avec deux des personnes qui ont le plus compté pour lui : son maître et sa patiente.

 

Au début, Jung ne connaît pas Freud. Et leur rencontre l'amène à admirer ce maître, celui qui a révolutionné l'approche mentale. Mais cette admiration sans borne - cet amour - va s'étioler à mesure que la jeune femme va entrer de plus en plus dans la vie de Jung. Jusqu'à la rupture.

Rupture idéologique, mais aussi - et tout simplement - logique : Freud est un homme établi, bon père d'une nombreuse famille. La vie dissolue de Jung est en totale opposition avec celle de son mentor.

 

Cette femme, qui deviendra une grande psychanalyste (avant d'être assassinée par les nazis), est avant tout le révélateur des deux hommes, leur « catalyseur ». Elle conforte Freud dans sa méthode, mais aussi amène Jung à élaborer la sienne.

Quand on pense à Cronenberg, on ne peut s'empêcher d'imaginer la violence physique. Où est-elle ici, dans cette histoire de salon ?

 

Elle est là, rassurez-vous. Et comme d'habitude, elle est inéluctable.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Francis Ford Coppola, #Fantastique

Castle Haloran.

Son château ancestral, ses héritiers, son étang.

Ca commence par Louise et John. Ensuite, il y a Billy, Richard et sa fiancée et Maman. Il y avait Kathleen, mais elle n'est plus là. Tous les ans, on célèbre sa noyade. Cette année, John n'y assistera pas. Il a rejoint sa petite sœur. Louise et d'autres vont le rejoindre sous l'œil perspicace du médecin de famille.

A 24 ans, alors qu'il travaille pour Roger Corman, Coppola nous gratifie d'un petit "film d'horreur" qui se laisse regarder agréablement. Il utilise les mêmes décors, la même équipe technique que pour The young Racers, ainsi que quelques acteurs. Et le résultat est convaincant : on tremble avec Louise, on est perplexe avec le docteur.

Mais le personnage central, c'est l'étang. Tout le film tourne autour. C'est là que tout commence et que tout finit. Tout le monde y meurt, dans des circonstances différentes.

Une mention spéciale pour Patrick Magee - l'écrivain dans Orange mécanique - qui campe un docteur perspicace avec juste ce qu'il faut de mystère dans son attitude. C'est lui qui débrouillera l'affaire. Mais c'est normal, c'est le médecin de famille : il a soigné tous les membres de la famille, il ne lui restait plus qu'à soigner l'étang et faire ressurgir ses secrets.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Fred Niblo, #Muet, #Peplum

Ce film est à mon avis la référence.

Tout d’abord pour la qualité de ses images et aussi pour le jeu des acteurs. Novarro est très bien en jeune premier, mais surtout Francis X. Bushman en Messalah possède la dimension de son personnage.

Version de référence aussi parce que Wyler n’a pas pu s’empêcher de reprendre telles quelles les scènes de la course de char, les faisant coloriser. Et puis les scènes de triomphe, si elles n’ont pas le faste de celles de 1959, sont plus proches de ce qu’elles auraient pu être voilà 2000 ans.

Voilà pourquoi on peut voir ces jeune filles à moitié nues en tête de cortège, le code Hays n’étant pas encore en application au moment du tournage. Ceci expliquant aussi la scène de galère où on voit cet esclave nu qui a été fouetté.

Oui, le Ben Hur de Wyler est intéressant pour la relation entre Messalah et Ben Hur, mais cette version est à mon avis la meilleure et de loin. On n’y tombe pas dans le peplum religieux comme dans l’autre ou encore Quo Vadis et les 10 Commandements. Et la course de char atteint une intensité rare pour l’époque. Les prises de vues, et surtout le montage et bien entendu le regard clair de Bushman en font une des scènes de poursuite les plus magnifiques du cinéma. On ne retrouve pas cette intensité dans la version suivante. Donc, Ben Hur de Fred Niblo : Chef d’œuvre absolu, et puis c’est tout.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Georges Lautner, #Justice

"Qu'est-ce qu'on peut faire le dimanche ?"

Voilà le problème de Grégoire Duval, pharmacien de première classe de la ville de Pontarlier (25).

Le problème, parce qu'il profite de ce dimanche-là pour assassiner une jolie jeune femme qui prenait le soleil, la poitrine nue.

Mais son vrai problème, c'est qu'on a retrouvé l'assassin : l'amant de la jeune femme.

Et en plus, monsieur le pharmacien de première classe en la ville de Pontarlier, malgré son astuce, est choisi pour figurer dans le jury d'assises de cet assassin arrangeant.

Alors, quand on est juré dans le meurtre de sa victime, on se sent obligé d'aider cet accusé improbable.

 

Mis à part cette histoire extra-ordinaire, c'est un film d'acteurs. Il y en a trois, surtout : Bernard Blier, Maurice Biraud, et la regrettée Danièle Delorme.

 

Bernard Blier, tout d'abord, qui tient le film à bout de bras, dirigé de main de maître par Lautner, qui nous montre deux ans avant les Tontons Flingueurs qu'il savait aussi faire du cinéma dramatique.

Bernard Blier, c'est le narrateur froid de ce film. Celui qui n'exprime aucun remord, aucun regret (immédiat), qui semble sans conscience. Celui qui continue de vivre comme avant. Et ce long soliloque post-mortem est servi par une image et des cadrages de Maurice Fellous (disparu aussi cette année) d'une très belle facture.

 

Maurice Biraud, ensuite, le vétérinaire. Le désaxé aurait-on dit, si Huston avait sorti son film un an plus tôt. Le vétérinaire, cet anarchiste alcoolique ("juste assez pour vous supporter") qui ne cesse de provoquer cette société bourgeoise qu'il honnit mais fréquente et dont il est un des membres.

 

Danièle Delorme enfin, l'épouse modèle. Celle qui ne souffrirait le scandale. Celle qui a épousé la cause nuptiale : "eh ouais, tu es ma femme, pour le meilleur et pour le pire." Cette femme qui va étouffer cette affaire définitivement, en sachant aussi qu'elle perdra sa raison d'être : son mari.

 

Un film pas si simple que ça, finalement. Et pas seulement pour l'intrigue. La société dépeinte par ce film est celle d'avant 1968.Le changement arrive. Catherine est "trop jolie, trop libre, trop facile". Et cette société bourgeoise va la tuer. Et c'est le vétérinaire qu'il l'exprime le mieux.

Cette société gaullienne du début de la Vème République. Celle qui sera balayée par le vent de Mai 68. Mais c'est trop tôt dans ce film, et ceux qui aspirent à la liberté sont éliminés. Trop libres.

Et le coupable sera protégé malgré lui et même contre lui. L'honneur est sauf.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Steven Spielberg, #Guerre

Situé entre La Couleur pourpre et Always (Mettons Indiana Jones à part), voici une première vision "sérieuse" de la guerre par le maître Spielberg.

En effet, nous sommes très loin de la pochade 1941 même si l'action débute à peu près à la même période. Non, ici, Spielberg nous montre SA vision de la guerre. C'est tout d'abord une guerre tout en douceur, avec l'entrée en ville des troupes japonaises, sans presque un coup férir. Et pendant longtemps, les seuls morts que nous rencontrerons seront des prisonniers malades. Ceux à qui on aura mis la moustiquaire. Puis, les morts deviennent de vrais morts de guerre : le camp est attaqué.

Le camp, c'est le camp des prisonniers anglais et américains de Shanghaï. Mais c'est surtout le lieu de vie de Jamie, jeune Britannique issu d'une bonne famille de colons.

 

Jamie Graham (Christian « Batman » Bale), au début, n'est qu'un gosse de riche. Un parmi tous ceux de la concession anglaise de Shanghaï. Jamie est un passionné d'aviation et surtout d'avions japonais, les seuls qui valent le coup, selon lui. Nous sommes alors peu après Pearl Harbor, où les avions japonais ont infligé une sévère défaite à l'armée américaine. Et ces « braves » soldats japonais, Jamie va les cotoyer pendant trois ans dans le camp de prisonniers de Soochow, près de Shanghaï. Car, séparé de ses parents et abandonné à lui même, il fait la rencontre de Basie (formidable John Malkovich, comme toujours) qui va finalement le faire atterrir dans ce camp.

 

Ce qui va motiver Jamie pendant ces quatre années, ce sont ses rapports avec Basie. Ne voulant pas être abandonné une nouvelle fois, il s'accroche à Basie, mais finalement, cette dépendance deviendra réciproque. Mais la vie de Jamie dans le camp, c'est tout de même la vie d'un enfant qui doit tout apprendre par lui-même : « l'école de la vie ». Et sa seule évasion virtuelle, elle lui vient d'un autre enfant, un jeune japonais. Cette amitié lointaine - toujours derrière des barbelés - sera rompue lors de la mort d'un des deux protagonistes. Et l'attitude de Jamie à la mort de cet « ami » n'est que la réaction normale d'un enfant devant une injustice : pourquoi ?

 

Car, comme beaucoup de films de Spielberg, il s'agit d'un film sur l'enfance. Il ne s'agit plus de Roy Neary (Richard Dreyfus), ce grand enfant dans un monde d'adultes (Rencontre du troisième Type), ou encore de Miss Celie qui se raccroche à une promesse enfantine de sa sœur (La Couleur pourpre). Non, il s'agit de la vision enfantine d'un véritable enfant. Et il faut voir les feux d'artifice des soudures des mécanos japonais pour voir que cette guerre vue par l'œil de Jamie a ce côté jeu d'enfants qui finalement ne prend pas la guerre si au séreux que ça, et qu'à la fin tout le monde se relèvera.

 

Mais hélas, tout le monde ne se réveillera pas, et même quand Jamie retrouvera les siens, ce ne sera plus le même enfant - sera-ce encore un vrai enfant ? - et la valise jetée à l'eau illustre tout à fait ce changement de personnalité : Jamie rejette sa vie d'avant vers une vie différente. D'un enfant gâté à qui tout était dû, il est devenu un (très) jeune adulte, prêt à se battre pour sa vie.

 

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