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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Western, #Allan Dwan, #Douglas Fairbanks, #Victor Fleming
Paria de la Vie (The good Bad-Man - Allan Dwan, 1916)

Passin’ Through (Douglas Fairbanks) est un bandit singulier.

Un jour il attaque un train d’or et repart avec la poinçonneuse du contrôleur ; un autre, il vole des victuailles dans une épicerie qu’il va ensuite offrir à un jeune garçon orphelin ; etc.

On pourrait continuer à raconter longtemps les exploits de Passin’ Through (1), s’il n’était pas recherché par le marshall Bob Evans (Pomeroy Canon) : voler des victuailles, même pour une raison noble reste un délit.

Un jour, il fait la connaissance de la jeune et jolie Sarah May (Bessie Love), qui vit près du repaire de l’infâme Bud «  The Wolf » Frazer. Ce dernier a l’intention d’épouser la jeune fille, et ne voit pas d’un bon œil le rapprochement entre ce bandit de passage et celle qu’il s’est promise.

 

Avec ce film, c’est un tandem qui se reforme et se retrouvera dans quelques autres films : Douglas Fairbanks et Allan Dwan. Fairbanks en est encore à ses débuts de star de cinéma, alors que Dwan n’est pas à son premier film, ayant commencé à réaliser cinq ans plus tôt, dont beaucoup de courts-métrages, ce qui fait une somme vu qu’à cet époque, les tournages étaient plutôt rapides.

Ce film est aussi la première incursion de Fairbanks dans l’écriture puisque l’intertitre de présentation nous apprend qu’il a conçu cette histoire.

On peut alors comprendre pourquoi le scénario est un tantinet bancale, passant d’une situation absurde – le bandit qui vole les commissions ou une poinçonneuse (et d’autres choses) – à une sombre histoire de vengeance.

On retrouve dans cette première partie ce qui fera le sel de son premier film en tant que réalisateur, l’inoubliable Mystery of the leaping Fish (qui sort à peine deux mois plus tard) dans lequel on retrouve la belle Bessie qui n’a encore que 17 ans (2).

 

J’aurais tendance à dire que ce film est un premier jet si on le compare avec la collaboration future entre Fairbanks et Dwan. Le scénario pêche, comme je l’ai dit, mais sa première partie est tout à fait dans le ton des futures comédies dans lequel Douglas F. va exceller. De plus, on y voit une volonté de chevauchée avec l’indispensable bond pour se mettre en selle comme on le verra souvent par la suite.

En outre, derrière la caméra se trouve un jeune homme qui va lui aussi aller loin (mais malheureusement pas assez longtemps) : Victor Fleming, qui a alors 25 ans. (3)

A ces prises de vue audacieuses (de jolis plans rapprochés voire gros), ajoutez un montage dynamique qui amène une tension indispensable au film et son intrigue, et vous avez un film qui n’est au final pas si mineur que ça.

 

Une de ces curiosités comme on en trouvait beaucoup dans ce cinéma américain des années 1910s où l’expérimentation était aussi importante que le reste, où chacun essayait de maîtriser ce qui allait véritablement devenir un art et qui va toujours se perfectionner jusqu’à l’arrivée du parlant, une dizaine d’années plus tard.

Mal(?)heureusement, il ne s’agit pas de la copie originale de 1916, amis d’une restauration d’après la version qui fut reprise, avec de nouveaux intertitres, dont une copie subsiste à la Cinémathèque française.

 

A voir, donc.

 

PS : on n’échappe malheureusement pas au « mauvais Indien » qui tente d’abuser de la jeune fille. Heureusement, elle est sauvée par notre héros.

Ce stéréotype raciste aura la vie dure, hélas ! Et ce malgré The Half-Breed qui sortira le 30 juillet de cette même année. 

 

  1. Littéralement : « qui passe à travers », un nom pertinent pour un bandit qui ne se fait jamais attraper.
  2. Elle aura 18 ans le 10 septembre.
  3. C’est Douglas Fairbanks l’aîné de tous ces jeunes gens, il va sur 33 ans et Dwan en a 31. A noter la présence du « vétéran » Sam de Grasse (40 ans) qui tournera lui aussi plusieurs fois avec Fairbanks et/ou Dwan.

 

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #John Ford
Sur la Piste des Mohawks (Drums along the Mohawk - John Ford, 1939)

Alors que la Guerre d’Indépendance vient de commencer, Gilbert « Gil » Martin (Henry Fonda) part s’installer avec sa jeune épouse Lana (Claudette Colbert) dans la vallée de la rivière Mohawk (1).

Passé le choc culturel lors de leur arrivée en territoire sauvage, Lana – citadine habituée à vivre richement – s’accommode de cette nouvelle vie sur la Frontière (voir plus bas), et rapidement une naissance s’annonce. Malheureusement, c’est la période choisie par les Anglais et leurs alliés Cherokees pour attaquer ces colons américains qui rêvent d’indépendance : leurs maison et récoltes sont détruites par le feu et Lana perd l’enfant.

Et la guerre continue.

 

Nous sommes à peine six mois après la sortie de Young Mister Lincoln où Henry Fonda tournait pour la première fois avec John Ford, et moins d’un an après celle de Stagecoach qui est sa première collaboration avec John Wayne. Autant dire que cette année 1939 est faste pour Ford qui signe alors trois films inoubliables qui apportent chacun leur contribution à la recréation de l’Ouest américain, celui qu’on appelle lointain (« far » West).

On ne peut parler de western original tant ce genre a été exploité – et l’est encore de nos jours – mais plutôt de western originel : en effet, Ford dispose son intrigue sur cet endroit qu’on appelle La Frontière.

 

La Frontière, c’est la limite occidentale qu’ont atteint les colons venus de Nouvelle Angleterre, à la recherche d’une terre accueillante et suffisamment riche pour s’y installer et prospérer. Autant dire que cette Frontière est la limite de la civilisation – dans le sens chrétien du terme : les Indiens, malgré leur occupation antérieure de ce grand pays, y sont considérés comme des païens, et le seul qui trouve grâce aux yeux de ces colons, c’est Blue Back (Chief Big Tree, habitué des productions fordienne) parce qu’il est chrétien (2).

Mais surtout cette frontière est l’occasion pour John  Ford d’installer son microcosme aux personnages pittoresques, élément indispensable de son cinéma.

 

Outre nos deux jeunes mariés, on y trouve des femmes fortes qui ne se laissent pas abattre, ainsi que quelques protagonistes hauts en couleur, dont le propre frère de John, Francis Ford (Joe Boleo), dans un rôle qui ressemble à un trappeur – parmi les plus grands artisans de la progression de la Frontière – ne parle pas beaucoup mais boit sans spécialement avoir soif. Il n’est d’ailleurs pas le seul, et cela malgré les regards un tantinet réprobateurs du pasteur local, le révérend Rosenkrantz (Arthur Shields, autre habitué du maître). Ce pasteur lui-même n’est pas sans caractère, mélangeant allègrement les Ecritures et la vie quotidienne de la communauté.

 

C’est d’ailleurs cette communauté qui est la véritable héroïne de ce film tant nous assistons à une communion et une solidarité fortes entre ces hommes et ces femmes qui se battent contre les éléments (la tempête, le froid…) autant que contre les ennemis de ce qui va devenir leur pays : quand le film se termine et que la guerre est finie, on hisse au plus haut le drapeau de ce nouveau pays pour lequel ils ont combattu et pour lequel certains d’entre eux sont morts.

Et comme toujours chez Ford, nous avons droit à une séquence de danse, dont le prétexte ici est un mariage, mais que nous n’apprenons qu’une fois les festivités commencées : encore une fois, le mariage n’est pas le centre de l’histoire, ni ne signifie la fin du film.

D’ailleurs, le premier mariage qui ouvre le film est vite expédié, les amoureux s’en allant directement de la cérémonie à leur nouvelle habitation, plus loin dans l’Ouest.

 

Bien sûr, la place des femmes est toujours primordiale, comme on pourra le vérifier dans les autres films de Ford : si Lana, fraîchement arrivée de la ville est découragée et fortement déçue par cette nouvelle vie, cela ne dure pas et c’est quand Gil sera à son tour découragé et désespéré qu’elle se révèlera une femme fordienne à part entière : une femme forte et résolue, qui ne s’en laisse pas compter par les hommes, aussi forts et résolus qu’ils soient.

Evidemment, la femme la plus forte dans le film est la veuve Mc Klennar (Edna May Oliver) qui annonce certains rôles que tiendra Mildred Natwick dans les films à venir de Ford. Edna May Oliver n’était pas à son coup d’essai dans ce genre de rôle : on se souvient de sa prestation dans le rôle de la Tante March dans Les quatre Filles du Dr. March six ans plus tôt. Il paraît évident qu’un jour Lana sera de la même trempe que son aînée qui en fera, bien évidemment son héritière, l’ayant toujours considérée comme la fille qu’elle n’a pas eue.

Et d’une manière générale, ce sont tous ces « petits » rôles (petits dans leur dimension parlée, mais indispensables au film) qui font tout le sel de cette communauté. Il n’est alors pas étonnant d’y trouver beaucoup d’acteurs fidèles au maître : Russell Simpson, Mae Marsh et l’indispensable Jack Pennick.

 

Bref, un film jalon dans la carrière de John Ford, et qui a tendance à être oublié et rabaissé par rapport aux deux autres qui sont sortis cette même année, mais qui marque le début de ce pays qui n’a pas seulement accueilli les personnages qu’il a pu faire évoluer dans ses films, mais lui aussi, fils d’émigrants irlandais installés sur la côte Est.

Ce film, d’une certaine façon donne une origine à ce que nous connaissons sous le nom de Western : nous y trouvons les éternels grands espaces peu hospitaliers, peuplé des ces Indiens qui ne seront pas toujours des ennemis, et qui verront se développer nombre de ces communautés de migrants venus chercher un monde meilleur, cette nouvelle « Terre Promise ».

C’est le film qui annonce le reste de l’œuvre de Ford dans l’Ouest jusqu’à L’Homme qui tua Liberty Valance (1962), film jalon final, marquant le triomphe de la civilisation sur l’Ouest sauvage et donc la fin de cette Frontière.

 

  1. Encore une fois, nous avons un bel exemple de traduction (très) approximative : alors que le titre original parle de « tambours le long de la rivière Mohawk », nos amis traducteurs ont pluralisé le nom. Est-ce dû à une ignorance en rapport avec cette rivière ? Très certainement, si vous voulez mon avis. Quand ce film est enfin sorti sur les écrans français, la guerre n’était pas encore terminée et la traduction d’un titre n’était pas à proprement parler une priorité.
  2. Cet Indien est tout de même un drôle de paroissien comme en atteste ses différentes interventions dans ce qui sert d’église.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guerre, #King Vidor, #Audrey Hepburn
Guerre et Paix (War and Peace - King Vidor, 1956)

1805-1812 : les Guerres napoléoniennes vues de la Russie éternelle, à travers les yeux de trois « jeunes » gens : Pierre Bezoukhov (Henry Fonda), Andrei Bolkonski (Mel Ferrer) et surtout la belle Natasha Rostov (Audrey Hepburn).

 

Il s’agit ici « seulement » de la deuxième adaptation cinématographique du roman de Tolstoï, la première étant un muet russe de 1915, et à ce jour la seule qui fut tournée à Hollywood (1).

Il faut dire que le roman de Tolstoï est assez conséquent, à en juger par le script original qui comportait cinq cents pages environ.

N’ayant pas (encore) lu ce « pavé », je ne me prononcerai pas sur la fidélité de cette adaptation, et de toute façon, au cinéma, tout est permis…

Même de prendre Henry Fonda pour interpréter Pierre, malgré son âge avancé par rapport à son personnage : Pierre n’a qu’une vingtaine d’années alors que Fonda en a déjà cinquante et un quand le film sort. Il en va de même pour Audrey Hepburn et Mel Ferrer, même si la différence est moins importante.

 

Le film s’inscrit dans une vague de superproductions plus ou moins internationales, de ces grandes fresques au souffle épique, et en cette même année, les spectateurs pourront aussi voir entre autres Les dix Commandements de Cecil B. DeMille (octobre), ou encore Notre-Dame de Paris de Jean Delannoy (décembre). Et au vu de la distribution, on comprend facilement pourquoi ce film fut classé dans la rubrique films étrangers : la distribution et l’équipe technique comprennent essentiellement des acteurs et techniciens italiens.

 

Autant le dire tout de suite, le film partage avec le roman son ampleur : trois heures vingt qu’on sent passer et qui peuvent rebuter, ou du moins qui n’encouragent pas à le visionner souvent (et si on considère que 3 h 20 représentent 200 minutes...) !
Et je ne parle pas des vingt-cinq minutes supplémentaires qui furent présentées aux spectateurs de l’époque, ces 25 minutes ayant été supprimées pour une exploitation ultérieure à la télévision et en DVD.

Il est clair que le film de Vidor est un véritable pavé lui aussi, et qu’on n’y trouve pas vraiment le souffle épique qu’on aurait espéré y trouver.

Certes, Audrey Hepburn est à chaque apparition un enchantement (la première amène immanquablement le sourire à nos lèvres), mais la surenchère l’emporte sur tout le reste et on frise tout de même l’indigestion, tant cette adaptation est dense et empesée.

 

Même les scènes de batailles n’ont pas l’intensité attendue, l’action s’enlisant aussi profondément que les bottes des soldats pendant la débâcle (2).

On a connu King Vidor beaucoup plus inspiré, et même si le trio de stars en tête d’affiche ne déçoit pas, on se surprend tout de même à bailler.

Et Henry Fonda n’est vraiment plus un jeune premier (3).

 

  1. Enfin presque puisque le film de Woody Allen Love and Death est d’une certaine façon une comédie fortement influencée par l’intrigue de ce roman. De plus, ce film fut considéré comme étranger et concourut dans cette catégorie aux Oscars de 1957.
  2. Qu’elle soit militaire ou résultant de la fonte des neiges.
  3. Il a d’ailleurs reconnu qu’il était un tantinet trop âgé, mais que voulez-vous, il faut bien vivre…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Busby Berkeley, #Policier
Je suis un Criminel (They made me a Criminal - Busby Berkeley, 1939)

Johnnie Bradfield (John Garfield) est un jeune boxeur à l’avenir très prometteur, surtout après son dernier match remporté qui le sacre champion du monde.

Malheureusement, dans la nuit qui suit sa victoire, un journaliste est tué par son manager qui profite de l’inconscience de Johnnie – il avait trop bu – pour s’enfuir avec sa fiancée (Ann Sheridan).

Et comme si cela ne suffisait pas, ces deux traîtres trouvent la mort dans un accident de voiture, mettant Johnnie dans l’impossibilité de se disculper : pire, il est considéré comme mort dans cet accident.

Johnnie va alors traverser une grande partie des Etats-Unis et s’installer dans l’Arizona, chez Grand-Ma Rafferty (May Robson) et sa petite fille Peggy (Gloria Dickson) : elles s’occupent de jeunes garçons ex-délinquants qui travaillent pour se racheter.

 

On connaît surtout Busby Berkeley pour ses chorégraphies, dont plusieurs avec la sirène Esther Williams, mais c’est négliger le fait qu’il savait tout simplement faire des films. Et cette intrigue qui mêle la boxe, le crime et la justice, dans un décor de Dépression de l’entre-deux guerre, comme le rappellent les titres des journaux, ainsi que l’errance qui mène Johnnie à la maison Rafferty où il est pris pour un énième vagabond.

Bien sûr la boxe prend une place centrale dans ce film, mais c’est surtout ce grand mensonge qui ronge Johnnie qui nous est montré ici : il doit mentir pour survivre, car s’il est découvert, il risque de finir sa vie en prison à moins que ce ne soit sur la chaise électrique.

 

On retrouve dans ce film le ton qu’avait employé Mervyn LeRoy quand il avait tourné Je suis un évadé (1932), et où Paul Muni était accusé à tort d’un crime qu’il n’avait pas commis. Mais la grande différence ici, c’est que Johnnie ne fait pas de prison puisqu’il est officiellement mort. Mais même si cette mort lui permet de se refaire une autre vie, on ne peut rester insensible à cette injustice qui le frappe. Sans compter sur le vétéran de la police de New York, le détective Monty Phelan (Claude Rains, toujours aussi formidable), qui ne croit pas beaucoup à la mort de Johnnie et va donc le traquer jusque dans les environs de la maison Rafferty. Surtout qu’en plus a lieu des matches de boxe dans lesquels des amateurs viennent se mesurer – contre récompense – contre un champion.

 

Même si Claude Rains a tourné en traînant les pieds, sa performance est toujours impeccable, surtout avec le personnage de Johnnie qu’il est en train de tarabuster afin de le faire sortir de sa retraite. En effet, même si Johnnie change sa posture de combat, Phelan le reconnaît et sait qu’il va se trahir à un moment.

Et encore une fois, même s’il est de la police, il s’installe dans le camp adverse de notre héros, ajoutant à sa liste de rôles un nouveau personnage désagréable…

Encore que…

 

Pourtant, le véritable thème du film, c’est la notion de criminalité. En effet, Johnnie n’est pas un criminel et nous spectateurs le savons. Pourtant il va agir comme tel puisqu’il sait que ses poings peuvent le dénoncer, et surtout qu’ils sont une arme redoutable. Cette épée de Damoclès au-dessus de sa tête donne raison au titre original plutôt qu’à la traduction réductrice française : Ils ont fait de moi un criminel plutôt que je suis un criminel.

Il est clair que ce sont les circonstances qui l’accusent et comme les seuls qui pourraient le disculper – mais le feraient-ils s’ils étaient encore en vie ? – sont morts, une longue errance solitaire s’annonce, illustrée par un chemin qui évolue sur une carte avec en toile de fond différentes péripéties qui sont, malheureusement, très courantes dans cette Amérique des années 1930s : le voyage sur le toit d’un wagon avant d’y être chassé par un type armé d’une batte de base-ball est un exemple de la situation de nombreuses gens à cette période, et la batte ne servait pas seulement à intimider.

 

Mais étant devenu malgré lui un criminel, il va alors se comporter comme tel : anonymat et prudence sont ses seules armes. Et quand il arrive enfin chez les Rafferty, le destin consent enfin à lui donner un coup de pouce : lentement, progressivement, il va gagner la confiance des deux femmes, son charme ne laissant pas insensible la belle Peggy (1).

Et puis il y a les jeunes garçons qui vont recevoir de Johnnie et dans le même temps beaucoup lui donner. La vie facile du monde des champions n’est plus qu’un souvenir, et Johnnie, grâce à ces garçons va gagner sa rédemption (2), sortant alors transfiguré de toutes ces épreuves, enterrant définitivement sa vie d’avant.

 

  1. Personnellement, je préfère Ann Sheridan, mais Gloria Dickson s’en sort malgré tout très bien.
  2. C’est toujours pareil avec ces Américains…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Planète des Singes, #Ted Post
Le Secret de la Planète des Singes (Beneath the Planet of the Apes - Ted Post, 1970)

Alors que nous avions laissé Taylor désemparé à la fin du film de Schaffner, Brent (James Franciscus), un nouvel astronaute, se crashe sur la même planète, découvrant alors la domination des singes sur les hommes.

A son tour il sera capturé et aidé par Zira (Kim Hunter) et Cornelius (David Watson). Puis il ira dans la Zone Interdite qui livrera son secret (1).

 

Le film reprend exactement à la fin du premier, quand Taylor (Charlton Heston) découvre la vérité sur son voyage spatial. On y retrouve alors presque tous les acteurs importants du premier film : seul Roddy McDowall manque à l’appel, indisponible.

Et l’absence de ce dernier, avec le recul, joue en sa faveur tant cette suite découlant du roman de Pierre Boulle est décevante.

Encore une fois, une suite ne s’imposait pas (du tout).

 

Certes, les maquillages et décors sont toujours aussi bien, mais cela ne suffit pas. Mais surtout, le décalage entre les humains et les hommes n’a plus la fraîcheur du premier film. En effet, les singes ont rapidement pris le relais des hommes dans une histoire guerrière (explorer la Zone Interdite pour la coloniser).

De plus, les maquillages qui furent l’un des atouts du premier film sont ici moins réussis, malgré la présence des deux tiers de l’équipe du film précédent (2) : certains visages simiesques n’étant pas aussi réaliste que ceux des rôles principaux.

 

Et puis il y a les habitants de la Zone Interdite.

Ces habitants sont le secret  annoncé en titre. A ce propos, le titre original mentionne un déplacement souterrain (3) : Brent s’y réfugie avec la belle (et muette) Nova (Linda Harrison) et découvre à son tour la même vérité que Taylor sur son voyage intersidéral.

Qu’importe, il va avancer dans ce monde dévasté, dont certains éléments amène le sourire au spectateur, montrant des éléments qui lui sont connus.

Par contre, les habitants de la Zone, et malgré leurs pouvoirs, ne sont pas spécialement une heureuse création. Certes ils ont un pouvoir terrible, mais leur culte tourne au ridicule, les chants fleurant bon la fin des années 1960s, avec ses spectacles musicaux (Jesus Christ Superstar, Hair…) qui seront bientôt adaptés à l’écran.

 

On retrouve aussi dans ce film une allusion à la situation intérieure américaine. En effet, alors que les gorilles, menés par Ursus (James Gregory) secondé par le docteur Zaïus (Maurice Evans), marchent vers la guerre, ils sont arrêtés par des jeunes chimpanzés qui leur crient des slogans antimilitaristes avant d’être arrêtés avec en prime la brutalité coutumière de ce genre de manifestation à la même époque dans la vie réelle : on pense alors aux manifestations contre la Guerre du Vietnam où les Américains sont en train de s’embourber.

 

Je terminerai en vous disant que Charlton Heston tient son rôle – de moindre importance que dans l’opus précédent – mais avec la condition sine qua non que Taylor ne survive pas : il n’était déjà pas très chaud pour ce film-ci.

Alors oui, Taylor meurt avant la fin, mais il n’est pas le seul, et on se dit – aujourd’hui – que les scénaristes du troisième film – qui sortira l’année suivante – ont dû effectuer une drôle de pirouette pour trouver une suite à ce film.

 

Mais bien sûr, ceci est une autre histoire.

 

  1. D’où le titre francophone.
  2. John Chambers et Daniel Striepeke.
  3. « Beneath » lit-on sur le titre original, ce qui signifie « en-dessous »

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Thriller, #Russell Mulcahy
Ricochet (Russell Mulcahy, 1991)

Ricochet (n. m.) : (balistique) rebondissement sur le sol ou sur un obstacle quelconque d’un projectile de canon ou d’arme à feu. (Figuré) Conséquence, effet indirect, enchaînement.

 

1984.

Une transaction qui tourne mal : Earl T. Blake (John Lithgow) élimine tout le monde, mais est arrêté par Nick Styles (Denzel Washington), jeune policier, en attendant d’être diplômé en droit.

Quelques années plus tard, alors que la vie de Styles n’a fait qu’embellir, Abbott s’évade, et se faisant passer pour mort, il va pourrir – le mot est on ne peut plus pertinent – la vie de Styles, responsable de sa déchéance.

 

Encore une fois, Russell Mulcahy ne fait pas les choses à moitié. En effet, on retrouve dans ce film policier le même sens du spectaculaire, surtout dans les scènes de combat, qui avait fait le succès de Highlander. On trouve même certains éléments (cadrage, éclairage) qui en rappellent d’autre du précédent film.

Et bien sûr, on y trouve un super méchant, dans le style du Kurgan (Clancy Brown) mais où la force (surhumaine) physique est remplacée par un esprit des plus subtils, comme toujours chez les grands criminels.


Parce que ce monsieur Blake est un personnage des plus fascinants. Et nous assistons alors à un nouveau duel de champions où l’intelligence prime sur la force : l’opération de dénigrement échafaudée par Blake est d’un machiavélisme tordu rarement atteint par les grands criminels cinématographiques. Et de ce côté-là, c’est une véritable réussite : John Lithgow est formidable dans ce rôle de super criminel au regard froid qui ne cille (presque) jamais. Il faut dire qu’il porte une lentille à gauche puisque son personnage n’a qu’un œil valide (ça doit aider à le laisser ouvert).

 

Mais en face de lui, si nous trouvons Denzel Washington, il n’a pas encore la stature qu’on lui connaît aujourd’hui, malgré une très belle carrure, qu’il nous dévoile à plusieurs occasions dont une fois face à Super Jamie (Lindsay Wagner qui joue ici la procureure Priscilla Brimley). Mais on sent tout de même son potentiel à devenir un acteur aussi cool que pouvaient l’être Paul Newman ou encore Steve McQueen.

 

Pour le reste, les références et surtout la manière de tourner qui renvoient à Highlander font tout de même long feu : le spectacle est là certes, mais tout comme dans ce film antérieur, on reste un tantinet sur sa faim à la fin (1) : alors que le prix remporté par McLeod (C. Lambert) était impalpable et donc peu spectaculaire, ici c’est la fin qui est un tantinet bâclée, notre héros s’en tirant par une pirouette (presque réelle) et se retrouve blanchi (2) un peu trop facilement au vu de la tonne d’éléments contre lui dont une menace armée en public alors qu’il est (encore) en sous-vêtements et peignoir.

 

Bref, un film qu’on peut facilement oublier sauf tout de même la superbe prestation de John Lithgow.

 

PS : Ici, je parlerai de « vases communicants » plutôt que de « ricochet » : pendant que l’un monte professionnellement (et publiquement), l’autre se retrouve en prison et s’enfonce dans le désespoir et surtout la colère.

 

  1. Belle homophonie, non ? Non ? Bon, tant pis.
  2. Ce n’est peut-être pas le terme adéquat : disons lavé de tout soupçon.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Thriller, #Gary Fleder
Pas un Mot (Don't say a Word - Gary Fleder, 2001)

New York, 1991.

Patrick Koster (Sean « Ned » Bean) attaque une banque avec son équipe et ressort avec un tout petit sachet seulement. Mais dans ce sachet, un rubis estimé à 10.000.000 $ (1).

Même endroit, dix (2) ans plus tard.

Le psychiatre Conrad (Michael Douglas) examine en urgence Elizabeth Burrows (Brittany Murphy), une jeune fille psychotique qui a tué sauvagement un homme.

Deux anecdotes distinctes ? Non.

Le lendemain de la rencontre avec la jeune femme, la fille de Conrad est enlevée. Elle sera rendue contre un numéro que connaît cette même jeune fille.

 

Une nouvelle histoire de kidnapping avec échange de « bons procédés ». Oui. Rien de bien nouveau dans ce film, mais il nous tient en haleine et la rencontre entre Michael Douglas et le loser Sean Bean tient ses promesses. Pendant que Conrad travaille contre le temps (une limite horaire lui a été donnée), une jeune femme officier de police recoupe les deux anecdotes : Koster a été arrêté suite à la mort du père d’Elizabeth.

Bref, tout est dans tout, et vice versa.

 

Ce n’est pas un film qui a révolutionné le cinéma, loin de là mais son succès s’explique aisément par une intrigue menée sans un déluge d’effets spéciaux ni un rythme effréné comme on pouvait en voir en 2001 : Gary Fleder installe tranquillement ses personnages dans leurs décors avant de faire basculer la vie de Conrad. Mais malgré le temps qui passe – trop vite pour Conrad, pas assez pour Koster – Fleder n’en bâcle pas pour autant son intrigue, évitant le piège de la facilité.

Et quand vient l’explication finale – avec morts à la clé, ce qui est normal dans ce genre de film – Fleder montre qu’il sait filmer en proposant un montage dynamique intéressant, dont certaines transitions fort regardables.

 

Pour le reste, à partir du moment où nous savons que Sean Bean joue dedans, l’issue est assez facile à deviner : il ne s’en sort pas plus que Boromir ou Ned Stark.

Qu’importe, pendant près de 110 minutes on suit avec intérêt une intrigue bien ficelée avec quand même quelques réserves à propos du retournement – passager – de situation.

Quant à Brittany Murphy, elle campe une jeune fille traumatisée avec beaucoup de conviction, même si, encore une fois, on tombe un peu dans le pathos à la fin du film, mais ce n’est pas de son ressort à elle (4).

 

Donc vous pouvez aller voir, mais rassurez-vous : si vous n’en faites rien, je ne vous en voudrai pas…

 

PS : à noter la présence de Famke « Dark Phoenix » Janssen qui venait d’être (encore) révélée (5) dans X-Men l’année précédente. Son rôle dans le film est un tantinet effacé, puisqu’elle est plâtrée à la jambe droite, ce qui lui permet une liberté d’action fort limitée. Elle n’en demeure pas moins une experte de l’aiguille à tricoter.

 

 

  1. C’est toujours plus impressionnant écrit en chiffres.
  2. En lettres ou en chiffres, cela ne fait pas une grande différence.
  3. Encore un film où non seulement Sean Bean est du côté obscur, mais en plus, il y reçoit le même traitement que d’habitude : il ne gagne pas.
  4. Malheureusement pour nous, et surtout elle, elle mourut en 2009 dans des circonstances troublantes. De même, la jeune Skye McCole Bartusiak, qui interprète la fille de Koster, eut elle aussi un destin tragique puisqu'elle mourut en 2014 d'une overdose.
  5. La première fois, ce fut dans GoldenEye

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Espionnage, #James Bond, #John Glen
Tuer n'est pas jouer (The living Daylights - John Glen, 1987)

Et de 4 !

C’est au tour de Timothy Dalton d’endosser le rôle de l’agent secret le plus connu au monde (1) – après Austin Powers, cela va sans dire – pour une nouvelle aventure imaginée par Ian Fleming (2), se situant pour une grosse partie derrière le rideau de fer (Tchécoslovaquie, Afghanistan) et prend pour cadre la situation géopolitique faisant même référence aux mutations instaurées par Gorbatchev depuis son accession au à la tête du Soviet Suprême.

Pour le reste, on retrouve les personnages habituels – M (Robert Brown), Q (Desmond Llewelyn), le Ministre de l’Intérieur (Geoffrey Keen) et notre vieil ami Gogol (Walter Gotell).

James Bond n’est pas le seul à changer puisque Lois Maxwell, l’indéboulonnable (tiens, finalement, non) Moneypenny a été remplacée par la belle Caroline Bliss qui disparaîtra de la série en même temps que Dalton. Autre nouveau venu intérimaire, John Terry qui interprète le temps du film le célèbre (4) Felix Leiter de la CIA.

 

Adonc.

Après un épisode mouvementé en haut du Rocher (Gibraltar, pas Monaco), Bond se retrouve à Prague pour exfiltrer le général Koskov (Jeroen Krabbé) pour qui la vie en Union Soviétique devient de plus en plus risqué : notre ami James doit en plus le sauver d’un tireur isolé chargé de le tuer.

Sauf que ce tueur est une tueuse, qu’elle s’appelle Kara Milovy (Maryam D’Abo) et qu’elle est officiellement violoncelliste virtuose et accessoirement la petite amie de Koskov.

Bien sûr, James Bond ne va pas la tuer et elle finira avec lui…

 

Bien sûr, le battage autour du film concernait essentiellement le nouvel acteur pour interpréter 007. Pour mémoire, il est le prince Barin dans l’oubliable Flash Gordon (Mike Hodges, 1980), ou encore la voix du hérisson dans Toy Story 3 (Lee Unkrich, 2010).

Et on peut dire qu’il propose un Bond assez acceptable, toujours intéressé par les jolies femmes, le Martini-Vodka (3) et d’Aston Martin.

Son humour n’a pas beaucoup varié, même s’il est tout compte fait fort sage puisqu’il ne réussit pas à énerver Q : il écoute même sans triturer ce qui se trouve à portée de main.

 

Mais le grand changement de ton du film concerne l’une des occupations préférés de notre héros : les femmes (voir ci-dessus). Je devrai d’ailleurs dire la femme. EN effet, notre espion préféré, après une escapade au large de Gibraltar (dont on ne verra rien, comme de bien entendu, James se retrouve pendant tout le film avec la même jeune femme ! Certes, Maryam D’Abo est belle, mais on a tellement l’habitude de voir James sauter (5) sur tout ce qui porte cotillon (ou pas, d’ailleurs, un maillot de bain suffit souvent…), qu’on est étonné de ne le voir qu’avec une seule James Bond Girl. Même les deux jeunes femmes qui « l’enlèvent » en seront pour leurs frais puisqu’il décline – au final – leur invitation : de toute façon, il n’y avait rien de prévu dans le script pour elles, si ce n’est une (toute) petite intervention dans la séquence finale.

Mais on aurait dû s’en douter dès le générique : disparues les jeunes femmes peu (voire dé-) vêtues sur lesquelles glissent les noms des participants au tournage, elles portent toutes maillots de bain et autres accessoires un tantinet (mais pas beaucoup plus) puritains.

La raison de ce sursaut de pudibonderie ? D’aucuns disent que l’essor du SIDA à la même période aurait encouragé cette fidélité qui ne s’est pas vue depuis le magnifique Her Majesty’s Secret Service (Peter Hunt, 1969) mais dans ce cas-là, c’était pleinement justifié.

 

Je terminerai en vous disant qu’il s’agit du pénultième James Bond pour le réalisateur John Glen, qui nous gratifie à nouveau d’une de ses marques de fabrique – un élément étranger qui surprend Bond et surtout le spectateur pendant un moment de tension. De plus, si la grande roue de Viennes nous rappelle inévitablement Le troisième Homme (Carol Reed, 1948), Glen pousse un peu plus loin l’hommage par l’intermédiaire de l’infâme Necros (Andreas Wisniewski), homme de main du non moins infâme Koskov.

 

 

PS : encore une fois, notre ami le traducteur inconnu a fait des siennes et laissé libre cours à son imagination pour traduire The living Daylights – littéralement par « Lumière du jour » - en « tuer n’est pas jouer ». Et en plus, ce titre n’a rien d’original puisqu’il fut déjà utilisé pour un autre film américain, avec le même souci der respect de la traduction : I saw what you did (William Castle, 1965), ou « j’ai vu ce que tu as fait ». Bref, peut-on parler de paresse » intellectuelle ? Je vous laisse seuls juges.

 

  1. En quoi est-il donc secret si le monde entier le connaît ?
  2. Une nouvelle éponyme intitulée (en français) Bons Baisers de Berlin
  3. Au shaker, pas à la cuiller, cela va sans dire.
  4. encore un agent célèbre ? Décidément, l’espionnage n’est plus ce qu’il était…
  5. Hum...

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Thriller
L'Oiseau de nuit (The Bat - Roland West, 1926)

Traduire « L’Oiseau de nuit » pour « The Bat », deux erreurs d’entrée :

  • « Bat » se traduit par « chauvesouris » ;
  • Une chauvesouris n’est pas un oiseau.

Une fois cette précision réglée, entrons dans le vif du sujet : le film de Roland West.

Pour nous spectateurs du vingt et unième siècle, mentionner une chauve-souris au cinéma renvoie irrémédiablement à Batman, le héros de Bob Kane et Bill Finger. Sauf que nous sommes 13 ans avant l’apparition du justicier masqué et qu’ici, cette chauve-souris est à classer du côté obscur, ce personnage étant un voleur et un meurtrier de la pire espèce.

Par contre, on ne peut ignorer un détail qui sera repris par nos deux artistes (1) : la forme d’une chauve-souris dans un rond de lumière, puisque c’est ici qu’on peut le voir, dans ce qui semble être sa première utilisation. Et là aussi, c’est pour faire peur, mais certainement pas aux criminels.

 

Dans le manoir de Courtleigh Fleming, banquier, vivent Cornelia van Gorder (Emily Fitzroy) et sa nièce Dale Ogden (Jewel Carmen, madame West à la ville) depuis la mort de son propriétaire. Ce dernier a été tué et Brooks (Jack Pickford, le frère de), son secrétaire, s’est enfui avec l’argent de la banque.

Dans le même temps, the Bat (mais qui est-ce donc ?) rôde dans les parages, sur la piste, lui aussi de l’argent de la banque puisqu’il y est arrivé trop tard.

Mais pourquoi venir dans ce manoir ? On raconte qu’une pièce secrète sert de cache aux 200.000 $ dérobés…

 

A l’origine, c’est une pièce de théâtre écrite (2) quelques années plus tôt (jouée entre 1920 et 1922 à Broadway) par Mary Roberts Rinehart et Avery Hopwood. Et, mais ce n’est pas très bon signe, on sent énormément le côté théâtral dans la mise en scène.

Mais cela n’empêche tout de même pas qu’on est quand même au cinéma et que les différents interprètes ainsi que les séquences qui s’enchaînent donnent une dimension supérieure à l’intrigue, du fait des conditions de tournage – la plupart du temps la nuit – et des différents jeux d’éclairage ainsi que des effets spéciaux.

 

Mais ce qui est bien dommage dans ce film plutôt sympathique, c’est que Roland West n’arrive pas à s’arrêter sur le ton qu’il veut donner au film : on oscille sans cesse entre la comédie et le drame frôlant l’épouvante sans toutefois s’arrêter d’un côté ou de l’autre.

Ce sont alors une suite de scènes alternant le sérieux et le comique, desservant alors le traitement de l’intrigue.

Il faut dire que la présence de la pétulante Louise Fazenda – transfuge de chez Mack Sennett – amène le rire presque à chaque intervention : c’est aussi ça le talent. Il faut dire que son personnage de servante (hystérique ?) d’une dame comme il faut assure un équilibre entre ces deux femmes : là où l’une n’est que retenue et discrétion, l’autre ne cesse d’ouvrir sa grande bouche, la plupart du temps pour hurler.

Autre élément comique du film, le détective Anderson (Eddie Gribbon) : sa première intervention nous le fait classer d’entrée dans les incapables, fort en gueule mais bien faible en faits, il possède deux immenses pistolets qu’il n’ose utiliser. De plus, son allure n’est pas sans rappeler celle de Mike Mac Adam, détective privé dans Tintin en Amérique : même allure et surtout même efficacité.

 

Pour le reste, l’intrigue rebondit de nombreuses fois avec intervention de personnages mystérieux dont on ne saisit pas le rôle tout de suite : l’anonymat de « The Bat » est maintenue jusqu’au dernier moment, une fois ce méchant personnage arrêté (oui, c’est un homme).

Par contre, ne comptez pas sur moi pour vous révéler son identité : un intertitre d’introduction nous recommande de ne rien révéler. Comme quoi Clouzot et Hitchcock n’ont rien inventé de ce côté-là, mais est-ce vraiment le plus important ?

 

  1. Kane déclarera d’ailleurs que ce film fut une source d’inspiration pour son personnage.
  2. Adaptée du roman (?) L’Escalier en colimaçon.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guerre, #John Moore
En territoire ennemi (Behind enemy Lines - John Moore, 2001)

Nous sommes en plein processus de paix en Bosnie (1995), quand le pilote Chris Burnett (Owen Wilson) et son coéquipier Stackhouse (Gabriel Marcht) sont envoyés en mission de reconnaissance : déviant un tantinet de leur mission, ils découvrent un charnier que tentent de cacher le commandant Lokar (Olek Krupa). Leur avion est alors abattu, Stackhouse exécuté par les hommes de Lokar et une chasse à l’homme a lieu dans la Bosnie dévastée par les années de conflit.

La procédure de paix empêchant l’intervention de l’armée américaine, Burnett se retrouve bien seul dans un environnement des plus hostiles.

 

Depuis le Vietnam et le traumatisme qu’il engendra aux Etats-Unis, les armées américaines interviennent de plus en plus en tant que justicier plutôt que belligérant. Ou disons plutôt que c’est cette position qui est adoptée par la production hollywoodienne, loin des superproductions musclées et meurtrières qui régna dans les années 1980s.

Ici, l’intrigue est basée sur des faits avérés : l’expérience de Burnett étant un mélange de deux événements qui eurent lieu en 1994 et 1995 dans cette partie de l’Europe de l’Est.

 

Autant le dire tout de suite, le film n’est pas des plus légers, même s’il prend pour prétexte une dimension humanitaire : la mission permet la mise en évidence d’un génocide perpétré par des criminels de guerre.

Mais c’est peut-être là qu’est la limite de ce film car cette découverte macabre n’est que fortuite, ce qui la justifie a posteriori, ainsi que le film.

Certes, la présence d’Owen Wilson et du vieux briscard Gene Hackman légitime un peu cette production, leur donnant somme un intérêt relatif. Mais les ficelles sont un peu grosses et le produit final possède une légère teinte de chauvinisme, justifiant une fois de plus l’interventionnisme américain en dépit des recommandations de l’Otan (ici) ou l’ONU (à d’autres endroits).

 

Mais le plus dommage dans cette histoire c’est que plusieurs suites ont depuis été  tournées reprenant un schéma plutôt identique, mais sans la même distribution (on comprend que Wilson et Hackman aient préféré en rester là).

Par contre, si le propos peut prêter à débat, les différents décors dans lesquels évolue Burnett sont vraiment intéressants. On y retrouve les stigmates d’une guerre civile qui ruina les différentes parties du pays, qu’elles soient urbaines ou rurales.

C’est un véritable voyage dans ce qui fut un enfer humain, et qui a laissé des traces. Le parti pris par John Moore de filmer caméra sur l’épaule accentue cet aspect : nous sommes au cœur de l’action, tels des reporters couvrant une guerre, ou à la place de Burnett, seul face à un ennemi proche mais pas toujours visible, une menace perpétuelle.

 

Au final, un film de guerre sans grande surprise, efficace et possédant tout de même quelques éléments réels. Wilson et Hackman usent tout de même du minimum de leur talent : il faut bien vivre…

On peut alors sans problème choisir de faire l’impasse sur ce film.

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