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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

ted post

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Planète des Singes, #Ted Post
Le Secret de la Planète des Singes (Beneath the Planet of the Apes - Ted Post, 1970)

Alors que nous avions laissé Taylor désemparé à la fin du film de Schaffner, Brent (James Franciscus), un nouvel astronaute, se crashe sur la même planète, découvrant alors la domination des singes sur les hommes.

A son tour il sera capturé et aidé par Zira (Kim Hunter) et Cornelius (David Watson). Puis il ira dans la Zone Interdite qui livrera son secret (1).

 

Le film reprend exactement à la fin du premier, quand Taylor (Charlton Heston) découvre la vérité sur son voyage spatial. On y retrouve alors presque tous les acteurs importants du premier film : seul Roddy McDowall manque à l’appel, indisponible.

Et l’absence de ce dernier, avec le recul, joue en sa faveur tant cette suite découlant du roman de Pierre Boulle est décevante.

Encore une fois, une suite ne s’imposait pas (du tout).

 

Certes, les maquillages et décors sont toujours aussi bien, mais cela ne suffit pas. Mais surtout, le décalage entre les humains et les hommes n’a plus la fraîcheur du premier film. En effet, les singes ont rapidement pris le relais des hommes dans une histoire guerrière (explorer la Zone Interdite pour la coloniser).

De plus, les maquillages qui furent l’un des atouts du premier film sont ici moins réussis, malgré la présence des deux tiers de l’équipe du film précédent (2) : certains visages simiesques n’étant pas aussi réaliste que ceux des rôles principaux.

 

Et puis il y a les habitants de la Zone Interdite.

Ces habitants sont le secret  annoncé en titre. A ce propos, le titre original mentionne un déplacement souterrain (3) : Brent s’y réfugie avec la belle (et muette) Nova (Linda Harrison) et découvre à son tour la même vérité que Taylor sur son voyage intersidéral.

Qu’importe, il va avancer dans ce monde dévasté, dont certains éléments amène le sourire au spectateur, montrant des éléments qui lui sont connus.

Par contre, les habitants de la Zone, et malgré leurs pouvoirs, ne sont pas spécialement une heureuse création. Certes ils ont un pouvoir terrible, mais leur culte tourne au ridicule, les chants fleurant bon la fin des années 1960s, avec ses spectacles musicaux (Jesus Christ Superstar, Hair…) qui seront bientôt adaptés à l’écran.

 

On retrouve aussi dans ce film une allusion à la situation intérieure américaine. En effet, alors que les gorilles, menés par Ursus (James Gregory) secondé par le docteur Zaïus (Maurice Evans), marchent vers la guerre, ils sont arrêtés par des jeunes chimpanzés qui leur crient des slogans antimilitaristes avant d’être arrêtés avec en prime la brutalité coutumière de ce genre de manifestation à la même époque dans la vie réelle : on pense alors aux manifestations contre la Guerre du Vietnam où les Américains sont en train de s’embourber.

 

Je terminerai en vous disant que Charlton Heston tient son rôle – de moindre importance que dans l’opus précédent – mais avec la condition sine qua non que Taylor ne survive pas : il n’était déjà pas très chaud pour ce film-ci.

Alors oui, Taylor meurt avant la fin, mais il n’est pas le seul, et on se dit – aujourd’hui – que les scénaristes du troisième film – qui sortira l’année suivante – ont dû effectuer une drôle de pirouette pour trouver une suite à ce film.

 

Mais bien sûr, ceci est une autre histoire.

 

  1. D’où le titre francophone.
  2. John Chambers et Daniel Striepeke.
  3. « Beneath » lit-on sur le titre original, ce qui signifie « en-dessous »

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Ted Post, #Clint Eastwood
Magnum Force (Ted Post, 1973)

Rouflaquettes, pantalons pattes d’eph’, vestes à coudières…

Pas de doute : nous sommes dans les années 1970s.

 

Magnum Force, c’est le nom d’une escouade de motards qui, en plus de surveiller la circulation, s’occupe des criminels qui ont eu la chance (?) de passer à travers les mailles du filet juridique grâce à certaines carences du système.

Il va sans dire que ces « bons » citoyens qui échappent à leur juste peine, une fois passés entre les mains de ces drôles de justiciers, ne sont plus en capacité de réitérer quelque méfait que ce soit, et ce définitivement.

Bref, ils jugent, condamnent et exécutent avec leur accessoire préféré, un pistolet Magnum .357, l’arme la plus puissante etc.

 

Dès le générique, le ton est donné : sur un fond rouge, une main tient un Magnum (.44) pendant que défilent les noms des principaux participants du film. Et une fois le nom de Ted Post affiché, le pistolet se retourne vers le spectateur (1) et la voix de Clint Eastwood nous présente son beau joujou comme il l’avait fait lors du film précédent : Dirty Harry.

Harry Callahan est donc de retour, et avec lui ses méthodes pas toujours très orthodoxes, voire franchement expéditives…

 

Si le premier film nous montrait un inspecteur de police rôdant dans les limites de la légalité avec des penchants qu’on a pu qualifier de fascistes (2), ici Callahan nous propose un autre visage. Il est toujours aussi musclé voire meurtrier dans ses interventions (ici c’est une équipe de pirates de l’air qui en font les frais), il va tout de même se placer en porte-à-faux par rapport à ces jeunes policiers qui se conduisent plutôt comme des miliciens.

Dès lors, ce sera la guerre entre eux et lui, et comme si cela ne suffisait pas, son supérieur Briggs (Hal Holbrook, décidément toujours magnifique !) lui met des bâtons dans les roues. Bref tout est là pour énerver Harry, alors il ne faut pas s’étonner si beaucoup de gens ne se relèveront pas.

 

Autre différence avec le premier film : Harry n’est pas qu’un flic rude, il a une vie hors de la police. En pénétrant dans son appartement, on peut apercevoir un cadre sur un guéridon représentant Harry avec une femme. Sa femme ? On ne le sait pas, mais il semble qu’elle ait compté pour lui. Autre signe du changement de Harry : les femmes.  Elles sont deux : Carol (Christine White) la femme de Charlie McCoy (Mitch Ryan) et Sunny (Adele Yoshioka), une jeune femme d’origine asiatique.

S’il n’a jamais « conclu » avec Carol, c’est avant tout par loyauté envers son vieux collègue et ami Charlie. Mais en ce qui concerne Sunny, c’est autre chose : elle est jeune et belle, peu farouche et comme l’été de l’Amour de San Francisco se prolonge, elle se glisse tout naturellement dans le lit de Harry.

 

Pour le reste, Ted Post nous propose un deuxième volet qui se tient bien, soutenu par une distribution solide et convaincante, dont deux d’entre eux deviendront des vedettes de séries télé : Robert Urich (Grimes) et surtout David Soul (Davis). Quant au malheureux équipier de Harry, c’est Felton Perry, condamné à peine le film entamé à disparaître, l’espérance de vie des coéquipiers de Harry étant fort limitée (deux semaines pour le précédent…).

 

Et puis il y a Eastwood, qui étoffe peu à peu son personnage de policier englué dans un système avec lequel il n’est pas toujours d’accord, mais comme il le dit ici, tant qu’on ne lui proposera pas mieux, il continuera.

De toute façon, le plus important c’est de savoir jusqu’où on peut aller (3)…

 

  1. Tiens, j’ai déjà vu ça…
  2. à tort ou à raison, ça dépend de votre point de vue.
  3. « L’homme sage est celui qui connaît ses limites. » Sentence prononcée trois fois dans le film.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Ted Post, #Western, #Clint Eastwood
Pendez-les haut et court (Hang'em high - Ted Post, 1968)

C'est la fête à Fort Grant (Oklahoma).

Tout le monde est venu.

Il y en a qui viennent de loin, qui sont arrivés la veille et ont campé en dehors de la ville.

Ils sont venus en famille, avec les enfants sur les épaules, pour qu'ils voient mieux le spectacle.

Ca chante des cantiques, ça s'amuse, ça rit. Il y a des vendeurs de bière pour les grands (il fait chaud) et de salsepareille pour les petits.

Même le pasteur est là. C'est d'ailleurs lui qui dirige les chants et encadre le spectacle.

Et quel spectacle : une pendaison. Mieux même six d'un coup !

 

Le seul que ça n'intéresse pas, c'est Jed Cooper (Clint Eastwood). Il faut dire que les pendaisons, il en a soupé : il a été pendu (« une erreur judiciaire ») par une bande de justiciers adeptes des principes du juge Lynch.

Depuis, il est marshal pour le juge Fenton (Pat Hingle), surnommé « the hanging judge » (le juge qui pend), personnage créé d'après le juge Isaac C. Parker qui officiait à Fort Smith (Nevada), et était réellement affublé de ce surnom.

Cooper n'est pas marshal par sens du devoir : il veut retrouver et punir ceux qui ont voulu le pendre.

 

Premier western sans Sergio Leone pour Clint Eastwood, après la trilogie de l'Homme sans nom. Son personnage a un nom. Il a même un passé (ancien homme de loi). On pourrait presque rêver qu'il a un avenir.

Et cette fois-ci encore, il la joue personnelle. Accepter l'étoile de marshal, c'est pouvoir se venger légalement. Parce que Cooper n'a que cette idée en tête. Même dans un état désespéré, il ne renonce pas. C'est même ce qui le maintient en vie. Jusqu'à sa rencontre avec Rachel (Inger Stevens), une autre victime en quête de vengeance.

L'action se situe à la fin du XIXème siècle (l'Oklahoma a été ouverte à la colonisation en 1889, alors que la civilisation avait (presque) gagné tous les territoires américains. Malgré tout, Fort Grant est le seul endroit d'Oklahoma où la justice s'exerce légalement. C'est pour lutter contre les dérives expéditives - dont il fut une victime - que Cooper travaille avec Fenton. Mais malgré cela, il ne peut s'empêcher de critiquer cette soi-disant justice. Mais Fenton doit exécuter les criminels. C'est sa façon d'installer la Loi sur ce territoire.

 

Mais quelle justice, tout de même. Le procès est essentiellement à charge, le juge muselant Cooper afin de condamner un maximum de personnes, montrant ainsi la force de son tribunal.

Et pourtant. Il suffit de voir son visage, au moment des pendaisons simultanées pour comprendre que cette justice ne le satisfait pas complètement. Il y a du regret dans ce visage.

Mais le devoir l'emporte, avec les vies des suppliciés, dans une exécution qui devient un spectacle familial, où les citoyens se retrouvent, heureux de partager un moment de réjouissance. [Ce fut longtemps le cas en France, où les exécutions publiques étaient très courues, ne l'oublions pas !]

 

Après Furie (1936) et L'étrange Incident (1943), ce nouveau film décrit cette « justice » sommaire. Mais le ver est dans le fruit : Cooper ne peut pas être partial dans sa traque des responsables de son propre lynchage. De plus, il sait que ceux qu'il ramènera seront condamnés, « pour l'exemple», comme on dit dans ces cas-là.

Est-ce bien là la Justice ?

 

 

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