Alors que nous avions laissé Taylor désemparé à la fin du film de Schaffner, Brent (James Franciscus), un nouvel astronaute, se crashe sur la même planète, découvrant alors la domination des singes sur les hommes.
A son tour il sera capturé et aidé par Zira (Kim Hunter) et Cornelius (David Watson). Puis il ira dans la Zone Interdite qui livrera son secret (1).
Le film reprend exactement à la fin du premier, quand Taylor (Charlton Heston) découvre la vérité sur son voyage spatial. On y retrouve alors presque tous les acteurs importants du premier film : seul Roddy McDowall manque à l’appel, indisponible.
Et l’absence de ce dernier, avec le recul, joue en sa faveur tant cette suite découlant du roman de Pierre Boulle est décevante.
Encore une fois, une suite ne s’imposait pas (du tout).
Certes, les maquillages et décors sont toujours aussi bien, mais cela ne suffit pas. Mais surtout, le décalage entre les humains et les hommes n’a plus la fraîcheur du premier film. En effet, les singes ont rapidement pris le relais des hommes dans une histoire guerrière (explorer la Zone Interdite pour la coloniser).
De plus, les maquillages qui furent l’un des atouts du premier film sont ici moins réussis, malgré la présence des deux tiers de l’équipe du film précédent (2) : certains visages simiesques n’étant pas aussi réaliste que ceux des rôles principaux.
Et puis il y a les habitants de la Zone Interdite.
Ces habitants sont le secret annoncé en titre. A ce propos, le titre original mentionne un déplacement souterrain (3) : Brent s’y réfugie avec la belle (et muette) Nova (Linda Harrison) et découvre à son tour la même vérité que Taylor sur son voyage intersidéral.
Qu’importe, il va avancer dans ce monde dévasté, dont certains éléments amène le sourire au spectateur, montrant des éléments qui lui sont connus.
Par contre, les habitants de la Zone, et malgré leurs pouvoirs, ne sont pas spécialement une heureuse création. Certes ils ont un pouvoir terrible, mais leur culte tourne au ridicule, les chants fleurant bon la fin des années 1960s, avec ses spectacles musicaux (Jesus Christ Superstar, Hair…) qui seront bientôt adaptés à l’écran.
On retrouve aussi dans ce film une allusion à la situation intérieure américaine. En effet, alors que les gorilles, menés par Ursus (James Gregory) secondé par le docteur Zaïus (Maurice Evans), marchent vers la guerre, ils sont arrêtés par des jeunes chimpanzés qui leur crient des slogans antimilitaristes avant d’être arrêtés avec en prime la brutalité coutumière de ce genre de manifestation à la même époque dans la vie réelle : on pense alors aux manifestations contre la Guerre du Vietnam où les Américains sont en train de s’embourber.
Je terminerai en vous disant que Charlton Heston tient son rôle – de moindre importance que dans l’opus précédent – mais avec la condition sine qua non que Taylor ne survive pas : il n’était déjà pas très chaud pour ce film-ci.
Alors oui, Taylor meurt avant la fin, mais il n’est pas le seul, et on se dit – aujourd’hui – que les scénaristes du troisième film – qui sortira l’année suivante – ont dû effectuer une drôle de pirouette pour trouver une suite à ce film.
Mais bien sûr, ceci est une autre histoire.
- D’où le titre francophone.
- John Chambers et Daniel Striepeke.
- « Beneath » lit-on sur le titre original, ce qui signifie « en-dessous »
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