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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Fritz Lang

Dix ans après, il revient.

Mais…

Deuxième film parlant de Fritz Lang, il s’agit ici encore d’une histoire allemande contemporaine. L’héritage du cinéma muet est là, comme l’atteste la scène d’ouverture, où seul le bruit des rotatives s’entend, donnant un alibi pour ne pas entendre ce que disent les protagonistes.

C’est aussi le dernier film de Fritz Lang en Allemagne avant vingt-cinq ans (Le Tombeau indou, 1958)

Alors on peut dire qu’il s’agit aussi du testament de Fritz Lang sur sa première période allemande. Alors, il reprend son personnage fétiche, génie du Mal : Mabuse. Rudolf Klein-Rogge lui prête à nouveau ses traits.

Mais…

Mais Mabuse n’est plus celui qu’il était. Il est vieux, diminué, interné.

 

Nous l’avions laissé fou à la fin du film de 1922. Ca ne s’est pas arrangé. Le docteur Baum (Oscar Beregi) – son praticien – nous décrit sa vie dans la décennie écoulée. Rien, puis une frénésie d’écriture. Il écrit, jusqu’à 30 pages par jour ! Et qu’écrit-il ? Son journal ? Non. Son testament ? Si on veut.

Il s’agit plutôt d’un précis de criminalité, dans lequel il couche toutes ses idées malfaisantes. Et ces/ses idées inspirent ce qu’on appellerait aujourd’hui un copycat !

Alors que Mabuse végète – puis meurt – dans son asile, un mystérieux criminel s’attaque à la société en se faisant passer pour Mabuse. Ses pratiques sont exactement celles que prône Mabuse. Etonnant, non ? [Je ne vous dirai pas qui c’est !]

 

En face de ce nouveau génie du crime, un policier très fort – physiquement et mentalement – le commissaire Lohmann – « le gros Lohmann » – qui s’était s’était distingué en arrêtant Hans Beckert dans M le Maudit. Là encore, c’est Otto Wernicke qui endosse ce personnage.

Puisqu’on en est aux récurrences d’acteurs, Theodor Loos (Docteur Kramm) et Georg John (le serviteur) sont là, bien entendu, ainsi que Heinrich Gotho (cherchez-le !).

Mais comme en 1922, Mabuse ne peut pas gagner. Lohmann, aidé d’un repenti (Tom Kent – Gustav Diessl – Jack l’Eventreur dans Loulou de Pabst), va s’en charger.

 

Au-delà de l’intrigue, Lang nous offre – encore une fois – un film époustouflant. Certains épisodes rappellent le premier opus :

  • La première installation que nous découvrons est l’atelier de fausse monnaie ;
  • Une fusillade éclate lors de la capture des complices ;
  • Une poursuite en voiture, non pas pour sauver le justicier, mais pour rattraper le nouveau Mabuse
  • Ce nouveau génie termine comme son modèle.

Comme dans M, Lang nous propose des inventaires silencieux après des moments de tension, un plan fixe sur une situation, sans autre explication : le téléphone, le journal, le bureau de Kent…

 

Autre technique utilisée par Lang, les liaisons entre les plans : comme dans certains moments de M, à une scène correspond la suivante à travers un élément. Le journal de Kramm relatant le vol de bijoux, suivis de l’inventaire des bijoux.

Autre clin d’œil à M, l’annonce du meurtre de Kramm est affiché sur une colonne Morris…

 

Et les scènes les plus impressionnantes sont celles autour de la folie :

  • Avec Hofmeister : il est devenu fou suite à l’intervention des complices du nouveau Mabuse après avoir voulu dénoncer l’atelier de fausse monnaie à Lohmann. Lors de la visite de ce dernier à l’asile, nous assistons à une surimpression du décor dans lequel Hofmeister est devenu fou. Décor signé Carl Hoffmann, qui collaborait avec Otto Hunte sur les films précédents de Lang, et on ressent fortement cette influence dans cette scène.
  • Avec Mabuse : pas de surimpression pour Mabuse. Seulement son regard, qui a noirci. Il n’a plus les reflets azuréens du premier opus, mais la noirceur de son esprit maléfique.
  • Avec son successeur : Mabuse devient un être semi-fantastique avec des yeux exorbités et démesurés, un ectoplasme qui prend possession du corps de son copieur.

Cette scène de possession du corps est l’une des plus surréalistes de Fritz Lang de par son aspect irréel, tout d’abord, et ensuite parce qu’elle est soutenue par la présence de masques africains et de crânes dans le bureau où a lieu le transfert. C’est aussi le seul moment où on entend parler Mabuse… Alors qu’il est mort !

 

Mais Mabuse, s’il a changé depuis son internement, a aussi évolué dans sa symbolique. De Fantômas allemand, il se mue en futur dictateur…

Parce que Mabuse, c’est Hitler. Il est fou, comme l’autre. Il écrit sa vision du monde et de la société pendant son internement, comme l’autre. Il encourage la destruction d’un monde et d’une société, comme l’autre.

Pourtant – dirait Sadoul (Georges) – Théa von Harbou, la femme de Lang, était membre du NSDAP (parti de Hitler). Comment se fait-il qu’elle ait pu cautionner une attaque déguisé contre celui qui deviendrait son « führer » ?

Tout d’abord, elle n’avait pas le recul que nous avons aujourd’hui, mais surtout, elle n’avait pas obligatoirement compris le message sous-jacent.

Un qui l’a compris rapidement, c’est Goebbels, qui fit interdire le film.

 

Malgré tout, le film à survécu à l’autre. Et le parallèle reste flagrant : Hitler, à l’instar de Mabuse, insuffle le mal dans une société qui ne va pas très bien elle non plus (cf. scène de l’agence pour l’emploi).

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Fritz Lang

M est, avec Metropolis, certainement le meilleur film de Fritz Lang.

De plus, c’est son premier parlant, ce qui n’est pas rien.

Sonore serait plus approprié que parlant, parce que le son et les bruits y jouent un aussi grand rôle que la parole.

Ca commence par des enfants qui jouent en chantant une comptine sur un méchant bonhomme qui doit venir chercher l’un d’eux.

Ca y est, nous sommes dans le vif du sujet : un homme va chercher des enfants, et bien entendu les tuer. (Mais nous ne le savons pas encore !)

Et puis c’est Frau Beckmann, qui prépare le déjeuner en attendant sa fille Elsie. Midi sonne et Frau Beckmann se réjouit en pensant à son enfant qui sort de l’école (montage parallèle) avec son ballon. Elle joue dans la rue, faisant rebondir sa balle sur une colonne Morris sur laquelle est écrit « Qui est l’assassin ? ».

Comme c’est un film allemand, l’ombre est pertinente, et répond à la question : celui qui se tient devant la petite fille est l’assassin.

Ensuite tout va très vite : il lui achète un ballon de baudruche en forme de bonhomme, ils s’en vont, la balle roule sur l’herbe, la baudruche s’envole, Frau Beckmann s’inquiète. Pas d’explication, c’est superflu. Nous avons tous compris que la petite fille est morte. (Et puis les journaux nous le confirmeront)

  • Premier inventaire silencieux : des couverts sur une table, une cage d’escalier, un grenier… Vides, désespérément vides.

 

Ensuite, le tueur écrit à la presse pour revendiquer son crime, et c’est l’effervescence : dans la rue, dans les cercles, tout le monde soupçonne tout le monde. Il suffit d’un mot entendu pour que les esprits s’échauffent. La police opère des descentes qui ne servent à rien, sinon nous présenter son limier : Karl Lohmann – le gros Lohmann.

  • Deuxième inventaire silencieux : les objets confisqués suite à la descente dans un bar souterrain. Des outils de cambriole, des armes, de l’argenterie, des fourrures…

 

Paradoxalement, cela permet à Lang de faire un peu retomber la tension en introduisant un premier élément comique, avec – encore une fois – Heinrich Gotho dans un échange en plongée/contre-plongée avec un colosse.

Les pouvoirs publics prennent les choses en main, mais sont vite dépassés. On a une scène d’explication entre le ministre et le préfet, agrémentée d’un montage parallèle illustrant les explications données.

Alors les criminels vont s’en occuper, sous la conduite du chef d’entre eux : Schränker.

On assiste alors à deux conseils : celui de la police qui met en place une stratégie ; celui de la pègre qui en met en place une autre.

Les policiers se basent sur des éléments scientifiques, décidant de chercher ce meurtrier fou chez d’anciens internés psychiatriques.

 

Les truands se reposent sur leur réseau d’informateurs, les mendiants. Il s’agit d’une organisation très au point dont les membres sont tous référencés et immatriculés, une sorte d’armée de la manche. Et cette armée quadrille le terrain. Les aveugles jettent un regard par-dessus leurs lunettes noires, les vendeurs à la sauvette se concentrent sur les rassemblements d’enfants. Lang en profite pour introduire un nouvel élément comique : alors qu’il est en filature, un mendiant ne peut s’empêcher – dans un réflexe quasi pavlovien – de ramasser un mégot qui vient d’être jeté. Cette organisation n’est pas sans rappeler L’Opéra de quat’sous de Bertold Brecht et Kurt Weill, qui fut adapté au cinéma la même année par Pabst, de même que Schranker fait écho à Mackie Messer, dans ce même opéra.

Si la police et les truands ont un objectif commun, leurs intentions ne sont pas vraiment les mêmes.

La police représente l’Etat, et souhaite ramener la paix en arrêtant le meurtrier.

Les truands, quant à eux, veulent arrêter ce gâche-métier qui les empêche de faire des affaires, la police étant sans cesse sur leur dos.

Mais comme cet assassin peut être n’importe qui, il n’est pas possible de l’identifier de visu. C’est d’ailleurs un aveugle (l’incontournable Georg John) qui le reconnaît en l’entendant siffler du Grieg.

Parce que l’assassin siffle. Il siffle toujours la même chose : Dans le Château du Roi de la Montagne, tiré de Peer Gynt (E. Grieg). Il siffle quand il est tendu (on ne disait pas encore « stressé »), il siffle quand il est en chasse, il siffle quand il est avec une petite fille.

 

Il, c’est Peter Lorre, un jeune comédien qui a joué – entre autres – pour Brecht et Weill. Il n’est ni grand, ni svelte, ni spécialement beau. Non. Il est Hans Beckert, un tueur psychopathe, extrêmement convainquant.

Son seul problème, c’est qu’il ne savait pas siffler. C’est donc Fritz Lang qui le double à chaque intervention.

Lorre joue Hans Beckert avec un réalisme saisissant : il semble souffrir des troubles de son personnage, et ce rôle lui collera à la peau longtemps. De plus, la façon qu’il a de décrire ses troubles obsessionnels est un grand moment du film.

 

Cette description de l’obligation de tuer dont il souffre vient en écho d’une scène de chasse de ce tueur. En effet, alors qu’il poursuit une petite fille, il arrive à une librairie dont la devanture est ornée de deux éléments dérangeants : une flèche qui monte et qui descend, un disque qui tourne, dans lequel est imprimé un tourbillon. Là encore, Lang nous met sur la voix : le disque évoque la transe hypnotique dans laquelle il se trouve ; la flèche, c’est le couteau qu’il utilise quand il tue ses victimes, parce qu’il ne frappe pas qu’une seule fois. (On a appris que les victimes étaient abandonnées dans un état effroyable)

Une fois repéré par les truands, l’assassin est traqué dans un bâtiment commercial. Pas de problème, ils amènent l’artillerie lourde. Tout le matériel de cambriolage est utilisé pour le trouver. Les braqueurs cassent les plafonds et les portes, les serruriers font jouer leurs rossignols…

Là encore, ce n’est pas la vue qui permettra de le débusquer, c’est le bruit de ses propres efforts pour sortir.

  • Troisième inventaire silencieux : portes fracturées, plafond troué, gardiens assommés, ligotés, bâillonnés.

 

La dernière partie est essentielle au film. Elle voit Hans Beckert, déjà capturé, jugé par les criminels. Il est (presque) seul. Ils sont tous en face de lui, hostiles, attendant la sentence de mort.

Mais c’est pourtant l’un d’entre eux qui va sauver Beckert. En effet, après les aveux du tueur quant à sa possession, son « avocat » le déclare irresponsable et refuse qu’il soit assassiné.

S’en suit un débat – houleux – sur le traitement réservé aux tueurs d’enfants et aux criminels irresponsables en général. Par ce débat, Lang annonce Fury, film qui dénonce un lynchage, parce que ce qui attendait Beckert, n’était rien d’autre qu’une justice sommaire, rendue en plus par des personnes peu recommandables

 

Pour un premier film parlant, Fritz Lang réussit un coup de maître. Il montre une maîtrise du son étonnante et époustouflante. Le film est sonre pertinemment. Il n’y a pas de sons superflu. Les mouvements de police dans la rue sont silencieux, la traque du tueur aussi. Par contre, à certains moments, on est surpris par un sifflet et le retour du son. Parce que le tueur n’est pas le seul qui siffle : la police, les mendiants sifflent. Le son, c’est aussi ce qui perdra Beckert : alors qu’il essaie de sortir du grenier où il fut enfermé par erreur, il frappe de son couteau – dont la lame est cassée – sur un clou afin de pouvoir forcer la serrure.

 

Là encore, nous sommes dans le cinéma allemand de la République de Weimar – ce cinéma prémonitoire des « Années de Chien » – et nous nous rapprochons de plus en plus de 1933. Lang voulait appeler son film Les Assassins sont parmi nous. Il est clair que le parallèle avec la montée des nazis à la même période est encore plus pertinent qu’avant. Beckert est un citoyen comme un autre, qui se fond dans la société. On ne le distingue pas par son allure, mais par les sifflements qu’il émet.

Les nazis non plus, ne portaient pas tous un uniforme.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Fritz Lang, #Science-Fiction

Avant, il y avait Jules Verne (De la Terre à la Lune, 1865) et surtout Méliès (Le Voyage dans la Lune, 1902).

Après, il y aura Tintin (On a marché sur la Lune, 1954), et enfin Armstrong (1969).

Un an après Spione, Fritz Lang revient avec le même couple : Gerda Maurus (Friede) et Willy Fritsch (Hélius).

Mais il n’a pas emmené qu’eux : Fritz Rasp est de la partie, ainsi que quelques autres - Gustl Gstettenbaur et Heinrich Gotho, pour ne citer qu’eux.

Au scénario, toujours Thea von Harbou, aux décors, Otto Hunte. Bref, une équipe qui roule et déroule. Venons-en à l’histoire.

Des astronomes veulent aller sur la Lune. Jusque là, tout va bien.

Pour y trouver de l’or. Aïe. Ca dérape.

Que des scientifiques veuillent aller sur la Lune, OK, mais pour y trouver de l’or, non. Passons.

Pour le reste, une histoire de conquête spatiale honnête, si ce n’étaient les invraisemblances pour nous, spectateurs du XXIème siècle :

  • Le décollage serait impeccable, si les protagonistes n’avaient pas un col bien serré avec cravate ou nœud papillon ;
  • L’atmosphère lunaire respirable ;
  • La pression atmosphérique identique à celle de la terre.

Autrement, c’est du Fritz Lang, du vrai. Il y a toujours des surimpressions, des effets spéciaux subtils, bref, on ne s’ennuie pas.

La preuve ? Hergé s’en est beaucoup inspiré dans l’ouvrage cité précédemment : la vision sur la terre à travers le hublot, l’apesanteur et le liquide qui s’échappe sous forme de boule.

Et puis les acteurs sont sympathiques, Maurus et Fritsch en tête. Mais ce sont les autres qui tirent leur épingle du jeu :

Fritz Rasp est fourbe à souhait, dans la lignée des deux films de Lang précédents ; Heinrich Gotho est toujours comique, ici victime des ciseaux de Hélius ; Kalus Pohl (le professeur Manfeldt) est un tout petit peu toqué, juste ce qu’il faut ; et Gustav von Wangenheim (Hans Windegger) passe de Hutter dans Nosferatu à un ingénieur qui ne résiste pas à la pression.

En conclusion, un film sympathique, servi par des acteurs honnêtes, très esthétique, mais quand même limité.

Il était temps que le parlant arrive…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Fritz Lang, #Espionnage

Après Metropolis, que faire ?

Il faut dire que Lang était arrivé à un sommet. C’était difficile de faire mieux, voire impossible.

Et pourtant… Les Espions n’est pas un si petit film que ça.

Nous voici avec un nouvel archétype. Avec ce film, Lang – sur un scénario de sa femme Thea von Harbou – invente le film d’espionnage moderne. Six ans avant Hitchcock, et surtout plus de trente ans avant la série James Bond !!!

En effet, nous sommes en 1927, des secrets sont volés, des gens sont assassinés et un homme est derrière tout ça : Haghi. Cousin de Mabuse, Haghi est Blofeld avant l’heure. Il a une organisation derrière lui. Des agents dans les ambassades, dans les QG militaires, partout. Ses agents sont prêts à tout, hommes ou femmes. Haghi, c’est Rudolf Klein-Rogge, acteur fétiche de Lang, s’il en fut (il s’agit de leur septième collaboration). Il est froid, calculateur, et ses yeux bleu clair renforcent son côté implacable. Comme Mabuse, c’est un adepte du grimage.

En face de lui, le ministre de l’Intérieur et surtout son (meilleur ?) agent : N° 326 (Will Fritsch. Son agent est lui aussi un James Bond avant l’heure : sûr de lui, buveur, et… Charmeur !

Pour tourner ce film Lang s’entoure d’habitués. Outre Klein-Rogge, on retrouve quelques personnalités : Fritz Arno Wagner, qui avait déjà filmé Les 3 Lumières ; Otto Hunte, qui réalise – pour la sixième fois – les décors du film ; Fritz Rasp et son côté sournois ; Heinrich Gotho avec son physique malingre notable, ainsi que Georg John et Theodor Loos qui font une apparition.

Une nouvelle beauté allemande nous est présentée : Gerda Maurus, qui fait ses débuts et que Lang reprendra dans son film suivant La Femme dans la lune.

Film d’espionnage donc, nous y trouvons les ingrédients qui feront le succès des James Bond :

  • Un agent secret sûr de lui ;
  • Un méchant très réussi aux multiples visages, chef d’un réseau international ;
  • Des séductrices ;
  • Des documents dont l’importance permettrait de déclencher la guerre ;
  • Une poursuite en voiture et moto ;
  • Un accident de train ;
  • Un système d’autodestruction ;
  • Un sauvetage de dernière minute.

Que demander de plus ? Rien. Alors, savourons.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Harold Lloyd, #Fred C. Newmeyer, #Comédie

Un an avant Grandma’s Boy, on trouvait déjà la même équipe : Fred C. Newmeyer à la réalisation, Hal Roach à la production et au scénario, et bien entendu Harold Lloyd comme interprète principal.

Il y avait déjà aussi Mildred Davis qui jouait la jeune fille à marier (avant que Lloyd l’épouse réellement en 1924 !), et Dick Sutherland comme l’infâme sultan qui veut la femme pour lui.

Le titre original est plus près de l’intrigue : un homme devenu marin. En effet, le personnage de Lloyd, de riche dandy oisif insupportable, devient un marin courageux pour la femme qu’il aime.

Mais le résumé de l’intrigue sur un intertitre au début du film est plus parlant : « un garçon américain est amoureux d’une fille américaine. Et c’est parti ! »

Cela nous montre bien que le but du film est de s’amuser. Peu importe le sujet.

Et ça marche : coups de pieds aux fesses, portes qui claquent, chutes diverses… Et Harold Lloyd. Il est toujours aussi merveilleux, en jeune homme timide mais résolu.

Le couple Roach-Lloyd continue de fonctionner à merveille pour notre plus grand plaisir.

De plus, les seconds rôles – Noah Young en faire valoir, et Dick Sutherland aux yeux haineux exorbités – sont formidables.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Harold Lloyd, #Fred C. Nexmeyer, #Comédie

Harold est un grand échalas amoureux.

  • Le problème ?

Il est faible.

Depuis qu’il est bébé (à lunettes), il a toujours été martyrisé par un autre. Qu’il soit plus petit ou plus grand, il a toujours eu le dessous. Et plus il grandit, moins ça s’arrange.

Adulte, il aime sa jolie voisine qui le lui rend bien.

  • Le problème ?

Il a un rival plus costaud et tyrannique.

Chaque situation est un souci pour lui jusqu’à la solution de Grand-mère : un talisman qui protège du mauvais sort.

  • Le problème ?

Il n’y en a plus !

Un tel afflux de courage et de protection ne peut que changer notre avorton.

Et quel changement !

Du grand Harold Lloyd, avec derrière tout ça, un certain Hal Roach (coscénariste et producteur), alors évidemment, nous sommes en de bonnes mains. Et on rit. On rit d’autant plus que les circonstances extérieures ne nous donnent pas beaucoup l’occasion de le faire.

Nous rions des boules de naphtaline, du râteau, du punch plutôt costaud, de la traque du criminel, et surtout de la bagarre finale, qui n’a rien à envier à celles de John Ford !

Un bon moment de détente et de plaisir à ne bouder sous aucun prétexte.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Jean Renoir, #Drame, #Jean Gabin

Un homme : Jacques Lantier. Fils de Gervaise Macquart et de Auguste Lantier. Fils d’alcoolique, petit-fils d’alcoolique, et de tous les autres avant. Alors évidemment, ça laisse des traces.

Elles sont deux dans sa vie : Séverine et Lison.

Séverine, c’est la femme de Roubaud, le chef de gare, c’est dire si c’est pratique.

L’autre, c’est Lison, la machine, la locomotive. Celle qui l’emmène de Paris à Séverine, au Havre.

Lantier, c’est Gabin. Ses yeux bleus délavés, son regard perdu qui parfois se transforme en celui d’une bête.

Ca commençait bien, Lantier avait sa petite vie réglée, avec sa marraine qui habitait près du Havre, avec Flore qui avait grandi et était devenue une femme. Une vie toute tracée.

Mais un soir, dans le train de Paris, il y a un meurtre, et Roubaud, et Séverine. Alors il dit qu’il n’a rien vu, qu’il avait quelque chose dans l’œil.

Et de fil en aiguille, il se retrouve dans les bras de Séverine, pendant que son mari travaille. Mais Séverine ne quitte pas son mari. Il faudrait l’aider. Et Lantier, malgré ses antécédents, n’y arrive pas.

Alors on en reste là. Jusqu’à la prochaine occasion.

Gabin est impeccable, comme toujours dans les films de cette période. A ses côtés, Carette est sobre, humain, compréhensif. Fernand Ledoux est un beau cocu, mais c’est Simone Simon qui tire son épingle du jeu. C’est l’un de ses films emblématiques (avec La Féline de Tourneur).

Elle est pleine de charme et de rouerie, encourageant – sans le dire ouvertement – Lantier à tuer son mari. Elle a un visage tellement angélique, qu’on ferait n’importe quoi pour elle. Mais elle ne rencontre pas la bonne personne. Tant pis.

Et puis il y a l’éclairage, cette lumière qui n’éclaire que les hauts des visages : les yeux bleus des deux protagonistes, associés – malgré eux – dans le crime.

Et puis, on peut se dire que l’adaptation s’éloigne du livre. Quelle importance. Reste Lantier et ses deux compagnes, dont l’infidélité de l’une (une panne) lui amène l’autre, qui devient à son tour infidèle.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Albert Parker, #Douglas Fairbanks, #Pirates

« Enfin un film de pirates ! », ont dû se dire les spectateurs de ce film, voilà déjà 90 ans !

Ca saute, ça virevolte, ça se bat à l’épée, ça douglasfairbankse, quoi !

Il faut dire que tous les ingrédients du film de pirate sont rassemblés dans ce film de Albert Parker.

  • Des pirates sans foi ni loi qui tuent comme ils respirent, comme ça, par habitude ;
  • Un capitaine encore plus rude ;
  • Un trésor enfoui ;
  • Des pirates abimés par la vie et les combats : un unijambiste et un manchot (Donald Crisp, formidable pirate écossais) ;
  • Des bateaux pris d’assaut et mis à sac ;
  • Une jeune femme prisonnière, convoitise des pirates (encore plus) méchants ;
  • Le supplice de la planche ;
  • Un assaut final grandiose ;
  • Des descentes sur les voiles accroché à un couteau…

En plus, une histoire de vengeance d’un fils suite à la mort de son père ; un lieutenant moustachu fourbe (Sam de Grasse) ; une bonne dose d’humour…

Bref, tout pour faire un film épatant.

Au-delà du film d’action cher à Douglas Fairbanks, c’est l’archétype du genre qui nous est proposé. Ensuite, chaque réalisateur n’aura qu’à se servir pour réaliser son propre film de pirates. Même l’intervention de l’escadron de sauveteurs sera utilisé dans James Bond !

Et en plus, c’est en couleur ! Admirer les yeux clairs de monsieur Fairbanks est un sacré atout, surtout pour les spectatrices de l’époque, habitués au noir et blanc parfois teinté.

Le Technicolor est là pour soutenir le film, et nul besoin de couleurs criardes – même si on voit bien le rouge ! – il est clair que ça donne une certaine actualité au film.

Pour le reste, Fairbanks joue sur du velours : il saute de mât en mât, nage comme un dieu, brette comme un spadassin à un contre quatre, et embrasse la fille à la fin !

Une heure trente-quatre de plaisir.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Fantastique, #Comédie, #Larry Semon
Le Sorcier d'Oz (The Wizard of Oz - Larry Semon, 1925)

Voici une adaptation très libre du roman de Lyman Frank Baum. Rien à voir avec ce que fera Fleming une dizaine d’années plus tard.

Nous sommes déjà à Oz et dans le Kansas (avec sa célèbre tornade) ; Dorothy a déjà une tante Em ; elle rencontre bien sûr l’épouvantail et le bûcheron en fer blanc ; il y a même le lion couard.

Il y a même un magicien, à Oz. Enfin, quand je dis magicien…

Voilà pour les restes de l’histoire originale.

 

Larry Semon récupère ces ingrédients et arrange tout ça à sa sauce pour notre plus grand plaisir. En plus, il s’entoure d’acteurs fidèles (dont un certain Oliver N. Hardy…)

Après, ça nous donne une version décoiffante où les gags côtoient les effets spéciaux : l’essaim d’abeilles, les éclairs et la scène des caisses, pour ne citer que ceux-ci.

 

Pour le reste, l’humour de Larry Semon s’exprime de différentes façon : le burlesque habituel (chutes savoureuses, coups de pied dans les fesses…) ; jeux de mots divers autour des appellation des personnages et des titres princiers) ; ballet.

Ballet ? Oui, parce que quand Larry Semon se déplace, c’est gracieux, c’est léger, ça vole et ça virevolte.

 

Un régal.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Josef von Sternberg, #Gangsters

Un film de gangster. Un vrai. Enfin pas tant que ça. Plutôt un film de rédemption, comme les Américains savent les faire.

Sauf que c’est un Allemand qui a pris les commandes du film, et que ça se voit.

Ca commence comme n’importe quel film de gangster, avec une scène de violence : une explosion. Apparaît alors Bull Weed (George Bancroft). Et Bull Weed, il porte bien son nom : il fonce comme un taureau, et c’est de la mauvaise graine.

Sur son chemin, il rencontre Rolls Royce (Clive Brooks) à qui il va remettre le pied à l’étrier.

Il a une petite amie, Feathers McCoy (la belle Evelyne Brent), qui porte toujours une tenue emplumée, et un partenaire, Slippy Lewis toujours prêt à plaisanter (Larry Semon, très drôle).

Mais c’est un taureau furieux, et quand son ennemi – Buck Mulligan (Fred Kohler) tente de s’en prendre à Feathers, il ne fait pas dans le détail, il le flingue.

Condamné à mort, il s’évade, etc… Je ne vais pas tout raconter.

Par contre, ce qui semblait être un film de gangster américain typique s’est muté en autre chose : une espèce de film allemand.

Pourtant, Sternberg est aux Etats-Unis depuis 1910 et n’a pas de contacts avec les cinéastes d’outre-Rhin.

Mais sa façon de filmer rappelle celle des Austro-Allemands : surtout l’usage des ombres et des visages lors du bal des truands.

Pour le reste, un personnage de Bull Weed en quête de rédemption et qui la trouve, même si son issue est fatale.

Parce que Bull Weed doit mourir, c’est intrinsèque au personnage. Que fait-on des mauvaises herbes (weed) ? On les arrache pour s’en débarrasser.

Un curiosité donc, à savourer tranquillement, en prenant aussi plaisir à voir Larry Semon, gangster pour de faux.

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