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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

pirates

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Pirates, #Comédie, #Mel Damski
Barbe d'or et les Pirates (Yellowbeard - Mel Damski, 1983)

Barbe d’or (Graham Chapman) – je préfère Barbe Blonde – est un terrible pirate qui porte très bien son nom.

Bien après s’être emparé du trésor du roi d’Espagne, il est arrêté et jeté en prison pour vingt ans, la perpétuité d’alors. Et pendant vingt ans, malgré les sollicitations diverses, il n’a jamais indiqué où était enterré son trésor. Sauf que vingt ans après, il est encore en vie. On va donc le laisser s’échapper et le suivre pour qu’il retrouve son trésor.

Alors oui, Barbe d’or va tout faire pour le récupérer. Mais à ses trousses, on trouve Moon (Peter Boyle), son ancien second, le commandant Clement (Eric Idle), et même le jeune Dan (Martin Hewitt) qui, si on en croit sa mère (Madelyne Kahn) est le propre fils du pirate…

Bien entendu, tout ce petit monde va se retrouver sur l’île du trésor, dirigée depuis par les anciens soldats espagnols (Cheech & Chong) à qui Barbe d’or av ait subtilisé les richesses tant convoitées.

 

C’est un film absolument foutraque que nous propose Mel Damski, avant tout spécialiste des productions télévisuelles. Mais la folie de ce film n’a rien d’étonnant : au scénario, on trouve Graham Chapman, qui a invité ses amis (entre autres) à participer. Pas étonnant alors d’y rencontre John Cleese (L’aveugle Pew), Eric Idle donc, mais aussi Marty Feldman (Gilbert) dont c’est hélas le dernier film : quand il sortira, cela fera déjà six mois qu’il aura disparu.

Cette ambiance déjantée est renforcée par la présence de spécialistes de l’humour plus ou moins british : outre les noms cités ci-dessus,on notera la présence – double – de Kenneth Mars ou encore Peter Cook…

 

C’est joliment absurde et Graham Chapman s’en donne à cœur joie : du sur mesure. On retrouve dans sa prestation les excès pythonesques attendus, jonglant avec les différents genres d’humour, visuel, de mot et psychologique mais avec surtout une bonne dose de nonsense bienvenue. D’ailleurs, Spike Milligan lui aussi est de la partie, ainsi qu’un chanteur connu que je vous laisse découvrir…Donc, tous les ingrédients sont là pour faire une comédie débridée ainsi qu’un film de pirates. Et le générique d’ouverture rappelle les (super)productions hollywoodiennes du genre. Mais là s’arrête la comparaison : Damski n’est pas Curtiz (par exemple).

 

Quoi qu’il en soit, je ne peux que reconnaître la justesse de l’avis de John Cleese traitant le scénario comme l’un des pires du cinéma mondial. Quoi qu’il en soit, lui – et d’autres – a beaucoup apprécié y tourner et si le succès n’était pas au rendez-vous (1), on ne peut s’empêcher de s’amuser autant que les interprètes dans cette parodie outrancière. On rit même parfois, ce qui n’est déjà pas mal.

Alors n’hésitez pas (beaucoup) pour voir ce film : sa distribution et surtout le plaisir de revoir Graham Chapman entouré de quelques grands noms de l’humour, ça n’a pas de prix !

 

PS : pourquoi un titre français redondant ? Barbe d’or ou Barbe blonde, n’était-ce pas suffisant ?

 

  1. Absolument pas étonnant.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Raoul Walsh, #Pirates
Barbe Noire le Pirate (Blackbeard, the Pirate - Raoul Walsh, 1952)

C’est finalement Robert Newton qui tient le rôle du pirate, dirigé par Raoul Walsh, dans une adaptation très libre de la vie – et surtout la fin – de ce terrible personnage à la barbe noire et tressée.

 

Barbe-Noire est le type de personnage très walshien, de par sa démesure et sa truculence. Encore qu’on aurait pu faire un peu plus dans cette démesure. Mais pour une fois que le chef des pirates ne s’en sort pas à la fin, on ne va pas bouder notre plaisir.

Encore que les deux premiers tiers du film sont tout de même un peu lents et que heureusement pour nous, on assiste à une fin spectaculaire autant que cruelle.

 

Ce Barbe-Noire n’a rien d’un enfant de chœur, et surtout n’est absolument pas romantique comme pouvait l’être Errol Flynn dans les années 1930s ou encore Douglas Fairbanks dans la décennie précédente.

Robert Newton campe un Barbe-Noire des plus retors et cruel, pas très regardant quand il s’agit de sauver sa peau, sacrifiant ainsi un de ses hommes pour éviter lui-même la mort, en tuant un autre pour se faire passer pour mort.

Bref, un abominable personnage, reflétant tout de même la réalité quant à la flibuste.

 

En face de ce loup de mer, on trouve un autre pirate des plus célèbres : Henry Morgan (Torin Thatcher). Le seul petit problème, c’est que le véritable Morgan est mort quelques années seulement après la naissance du premier, en 1688. Mais qu’importe, nous sommes au cinéma.

Par contre, s’il est bien quelqu’un qui a combattu l’infâme c’est Robert Maynard (Keith Andes).

C’est d’ailleurs lui qui raconte l’histoire et nous suivons donc son point de vue, jusqu’à la mort du pirate sur l’île d’Ocracoke, tué par ceux qui furent ses compagnons de mer.

 

Si Robert Newton s’en tire plutôt bien – Boris Karloff avait été envisagé – Keith Andes interprète un Maynard un tantinet falot : c’est un jeune homme blond, plein de courage, mais il lui manque le charme et surtout le charisme de ses prédécesseurs (voir plus haut).

Pourtant, il est secondé par Edwina Mansfield (Linda Darnell, toujours aussi belle) qui au final fait montre d’un caractère beaucoup plus trempé que son prétendant.

Cette différence explique aussi pourquoi Keith Andes n’apparaît qu’en quatrième position sur l’affiche du film.

Autre personnage de type walshien cette fois : Alvina (Irene Ryan). C’est une vieille demoiselle de compagnie qui suit la belle Edwina, mais n’a toujours pas trouvé l’âme sœur (on comprend alors aisément pourquoi elle est une « Lady en devenir »). C’est surtout une femme qui sait boire, comme elle le montre à B.N. : ce dernier en profite pour lui tirer le secret de sa maîtresse.

 

Si le seul dernier tiers retient l’attention, c’est aussi parce qu’on y assiste – enfin – à des abordages et les combats qui les accompagnent. Ca tire, ça tue, ça brette… Mais ça ne saute pas : pas de filins qui transbordent les pirates comme chez Curtiz ou Parker.

Par contre le combat naval entre les navires (celui de Morgan contre celui de B.N.) est destructeur au possible, les différentes phases s’enchaînant comme il faut pour le plaisir des spectateurs.

 

Quant à la fin du pirate – et du film par la même occasion – on assiste à un supplice des plus raffinés mais surtout très cruel : Barbe-Noire est enterré (vivant) sur la plage, seule sa tête dépassant pendant que la marée monte et le noie.

 

Cette image terrible m’a longtemps poursuivie : enfant, des copains m’avaient raconté ce final, insistant sur les détails horrifiques. J’ai enfin pu voir ce qu’il en était !

Et j’avoue que c’est un final des plus terribles, surtout quand il est comparé aux autres films de pirates que j’ai pu voir entretemps…

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Pirates, #James Cruze
Vaincre ou mourir (Old Ironsides - James Cruze, 1926)

James Cruze est un réalisateur un peu oublié aujourd’hui, et pourtant son œuvre est assez impressionnante, de par son volume et surtout sa qualité. Trois ans après avoir donné une grande impulsion au western vers ses lettres de noblesse, il s’attaque au film de pirates. M

Attention toutefois, les pirates ici n’ont rien à voir avec Douglas Fairbanks ni The black Pirate qui est sorti neuf mois plus tôt : pas de sourire ni de rebond dans les évolutions des différentes personnages. Et surtout, les pirates sont les ennemis, essentiellement des Libyens.

Mais malgré tout, on y trouve ce qui fait un  bon film de pirates, sans trésor (1) : des abordages meurtriers, une camaraderie virile et bien sûr un peu de rhum, surtout au début.

 

C’est d’ailleurs ainsi que commence l’aventure pour le jeune homme – surnommé « Le Commodore » (Charles Farrell) – qui est enivré par un vieux loup de mer – « Bos’n » (Wallace Beery) – et embarqué de force avec un autre marin – le « Canonnier » (George Bancroft). Sur ce bateau (Esther), il fait la connaissance de la belle Esther (Esther Ralston, rien à voir avec la belle Jobyna) et ils tombent rapidement amoureux l’un de l’autre.

Mais nous sommes au cinéma et rien ne se passe comme prévu (2) : le bateau est pris d’assaut et arraisonné avant d’être remorqué à Tripoli où aura lieu l’indispensable et incontournable bataille finale.

 

On distingue deux grandes parties dans ce film : une première qui voit l’intrigue se mettre en place et l’action gagner en intensité avant le premier abordage qui voit le navire pris et ses occupants vendus comme esclaves ; une seconde qui voit un autre navire, la Constitution qui est venue nettoyer la Méditerranée de ses pirates libyens, emmené par des grands noms de la marine américaine – Edward Preble (Charles Hill Mailes) et Stephen Decatur (Johnnie Walker), entre autres.

 

Alors que le film avec Fairbanks est essentiellement une comédie bondissante, on retrouve chez Cruze un souci réaliste tout comme dans The covered Wagon : les différents affrontements ne sont pas anodins, on y mleurt de façon violente : nombre de pirates sont tués à la baïonnette, des marins américains tués à coups de cimeterre ou encore un pirate décapité par Bos’n.

Mais ce réalisme ne se cantonne pas à la violence, même si il y est très lié : Bos’n (encore lui) qui voit un canonnier mourir dans ses bras, ou un jeune mousse (pléonasme ?) qui est fauché par une salve du bateau ennemi.

 

Malgré tout, Cruze parsème son film de quelques traits plus comiques, essentiellement entre deux géants en stature comme en talent : Wallace Beery et George Bancroft, toujours en compétition mais tout de même amis, un peu comme les héros de Walsh dans What price Glory, qui sort un mois plus tôt.

Et puis il y a le couple de jeunes premiers. D’un côté le beau et un Commodore (encore) un tantinet naïf, franc et honnête, ce qui tranche avec ses deux autres compères ; de l’autre la belle Esther, une jeune femme pas si effarouchée que ça mais qui a la bonne fortune de ne pas être vendue comme esclave (3).

Leur passion amoureuse est l’occasion d’une série de plans rapprochés voire très gros plans de toute beauté. Vraiment, Esther Ralston était très belle. Quant à Charles Farrell, on a tous (enfin presque) le souvenir de son beau visage chez Frank Borzage aux côtés de (l’autre belle) Janet Gaynor.

 

Encore un film à (re)découvrir, réalisé par un cinéaste qui mériterait une plus grande place dans l’histoire du cinéma et surtout de la période muette.

 

 

PS : Old Ironsides (titre original) est le surnom du navire Constitution dont les parois étaient en métal, sur lesquelles rebondissaient les boulets de canons sarrasins.

 

 

  1. A moins que la jeune femme soit le trésor…
  2. Sinon pas de film, encore une fois.
  3. Son « traitement de faveur » nous permet d’apercevoir Boris Karloff : je vous laisse le découvrir…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #James W. Horne, #Comédie, #Pirates
Le Pirate aux dents blanches (The Cruise of the Jasper B - James W. Horne, 1926)

1725.

Cleggett (Rod La Rocque), le second du James B. prend le commandement du navire après avoir défait le capitaine. Il en profite pour épouser la jeune Espagnole qu’ils hébergeaient, créant ainsi une dynastie dont chaque héritier doit se marier sur le navire le jour de ses 25 ans, sous peine d’être déshérité.

1925.

Jerry Cleggett (Rod La Rocque) voit sa maison et tout ce qu’elle renferme mis aux enchères : la fortune des Cleggett va lui passer sous le nez, car en ce jour de ses 25 ans, il est toujours célibataire.

Heureusement, le destin veille et lui envoie la jeune et belle Agatha Fairhaven (Mildred Harris), qui a elle aussi des soucis d’héritage.

 

Le titre original aurait pu se traduire par l’odyssée du Jasper B. mais le traducteur a opté pour une périphrase qui n’est pas si idiote que ça. En effet, la caractéristique du pirate Cleggett est, outre son torse imberbe sous une chemise ouverte et son ceinturon qu’il serre à chaque nouvelle épreuve, un sourire éclatant qui n’est pas sans rappeler celui de Douglas Fairbanks : ce pirate aux dents blanches, de plus, porte une fine moustache et est aussi athlétique que son aîné (1). Mais rapidement le pirate est abandonné, car c’est le Cleggett actuel (pour les spectateurs : 1925 était l’année dernière pour eux) qui nous intéresse.

 

Nous sommes avant tout dans une comédie. James W. Horne est surtout connu maintenant pour avoir réalisé quelques-uns des films de Laurel et Hardy. Mais son travail avant leur rencontre n’est pas à négliger (2). Et ici, dans cette fausse histoire de pirates, il y a vraiment de quoi se réjouir. Il faut dire aussi que le scénario n’a pas été écrit par n’importe qui puisqu’il s’agit de Tay Garnett.

Bref, nous sommes en de bonnes mains, et on s’amuse beaucoup dans ce film qui joue avec brio sur les accumulations. On assiste à des situations qui progressent sans cesse, faisant progresser le comique toujours plus loin mais avant d’en arriver à la saturation.

Evidemment, les situations sont des plus improbables, mais le spectateur est averti dès l’intertitre d’introduction : le public visé est celui qui croit au Père Noël, aux contes de fées et autres éléments merveilleux bien qu’utopiques (voir ci-dessous). Rien de bien sérieux en somme, et tant mieux !

 

Rod La Rocque est magnifique dans cet héritier très « fin de race » mais qui se montre, le moment venu le digne héritier de son ancêtre pirate. La première séquence qui voit ses affaires adjugées et donc retirées est superbe : il passe la plus grande partie habillé par le strict nécessaire – une serviette éponge en guise de pagne – et doit de mander aux visiteurs de se retourner le temps qu’il se vête correctement. S’ensuit un nouveau gag concernant les femmes qui assistent au spectacle…

 

Parallèlement, nous suivons la jeune Agatha qui a du mouron à se faire : son oncle lui lègue toute sa fortune et rien à son propre beau-frère, l’infâme Maltravers (Snitz Edwards). Ce dernier d’ailleurs porte un nom qui lui sied à ravir… Pour peu qu’on parle le français.

Edward Snitz, pour une fois, a un rôle important, ne se contentant pas de faire de la figuration comme c’était très souvent le cas. Son physique de demi-portion conjugué à son visage caractéristique en fait un méchant fort acceptable et surtout très drôle (3).

Autre personnage comique très réussi : Wiggins, le serviteur de Cleggett (Jack Aykroyd).

 

Il est ce qu’on appelle un serviteur zélé voire totalement dévoué. C’est souvent avec lui que les choses empirent, dont l’épisode de la boîte : alors qu’il croit avoir tué Maltravers, il décide de placer le corps dans une caisse. Funeste erreur qui amènera un dénouement pas si attendu que ça mais sonnera tout de même la fin de l’odyssée du James B. donnant alors raison au titre original.

Cette résolution est d’ailleurs tellement incroyable et d’une portée gigantesque qu’on en regrette presque de ne pas voir le président des Etats-Unis (4) à sa conclusion…

 

Bref, à voir absolument !

 

 

  1. Le Pirate noir est sorti en mars de cette même année. De plus, Douglas Fairbanks avait 15 ans de plus que Rod La Rocque.
  2. C’est lui qui dirigera Buster Keaton dans College, excusez du peu.
  3. On le retrouvera l’année suivante dans l’inoubliable 7 Chances, aux côtés de Buster Keaton (encore lui).
  4. A l’époque c’était Calvin Coolidge.
Le Pirate aux dents blanches (The Cruise of the Jasper B - James W. Horne, 1926)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Pirates, #Gore Verbinski
Pirates des Caraïbes : Jusqu'au Bout du monde (Pirates of the Caribbean: At world's End (Gore Verbinski, 2007)

Il est temps de fermer.

Gore Verbinski ferme toutes les intrigues (principale et secondaires) de l’histoire qu’il a commencé dans l’épisode précédent : c’est le temps de l’affrontement final.

Notre fine équipe va donc régler tous les comptes : il va falloir affronter Davy Jones (Bill Nighy) et surtout Cutler Beckett (Tom Hollander), le véritable méchant de cette histoire.

 

En effet, si Davy Jones n’est pas le personnage le plus sympathique (sans parler de son aspect plutôt rebutant), c’est bel et bien Beckett qui est le « salaud » de l’histoire.

Et on ne peut pas s’y tromper : la séquence d’ouverture va totalement dans ce sens.

Une longue file de gens, enchaînés aux mains et aux pieds, avancent inéluctablement vers la potence où plusieurs cordes sont alignées. Si la pendaison est le châtiment réservé aux pirates, la scène nous émeut parce que parmi les suppliciés se trouve un enfant, une pièce de 8 à la main  le symbole des seigneurs pirates.

Beckett est donc l’homme à abattre.

 

Ce troisième opus, s’il n’est pas désagréable, n’a pas l’intensité ni le ton du second. Par contre, il y a dans la première pare partie du film une recherche esthétique qui tranche avec les deux autres. La progression du navire sur une mer d’huile reflétant le ciel étoilé est du plus bel effet, donnant l’impression que le navire flotte dans l’immensité sidérale.

Mais cette pause ne va pas durer bien longtemps : les aventures reprennent, toujours aussi rythmées et servies par des effets spéciaux toujours aussi époustouflants (1).

 

Encore une fois, c’est donc un film fleuve qui nous est proposé (168 minutes !) – un peu trop long à mon goût, même si l’intrigue est complexe – où le ton parodique assumé a parfois tendance à appauvrir le ton général de la narration. On peut regretter certains gags qui ont tendance à faire retomber le souffle épique qui faisait le charme du deuxième opus : on se retrouve alors avec les mêmes objections que dans le premier film.

 

Pourtant, on retourne vers ce qu’on attend d’un film de pirates : un abordage. Et celui-ci est épique : le Hollandais volant de Davy Jones contre le Black Pearl de Sparrow (Johnny Depp) et Barbossa (Geoffrey Rush) : c’est un combat phénoménal qui se déroule dans un océan déchaîné sur les bords d’un maelstrom gigantesque où sera précipité le vaincu et son navire. Ajoutons à cela une météo très défavorable et nous aurons alors un combat naval extraordinaire.

 

Les résolutions des différentes intrigues (2) sont un peu mises à mal par ce final grandiose et chaotique, avant la véritable fin qui, bien entendu annonce une suite.

Parce que c’est là que se situe le vrai problème du film : si tout est (presque) bien qui finit (pas exactement) bien, il y aura une suite.

La série se révèle un véritable filon pour Jerry Bruckheimer (le producteur) et les studios Disney : l’attraction des différents parcs a été revue pour intégrer les intrigues des différents films, et deux nouvelles suites sont déjà sorties.

 

Et on parle même d’un sixième film en préparation…

A suivre ? (3)

 

  1. La transformation de Calypso par contre, laisse tout de même un peu à désirer, les ficelles (et je pèse mes mots, si vous vous souvenez de la scène) étant un tantinet trop grosses : on croirait presque que Ray Harryhausen a donné un ultime coup de main à l’équipe…
  2. Davy Jones et l’infâme Beckett sont vaincus, Will (Orlando Bloom) sauve son père (Stellan Skarsgård), épouse la belle Elizabeth (Keira Knightley) etc.
  3. Ou pas…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Pirates, #Gore Verbinski
Pirates des Caraïbes : Le Secret du coffre maudit (Pirates of the Caribbean: Dead man's Chest - Gore Verbinski, 2006)

(Ils sont de retour)²

Non seulement le genre « film de pirates » est à nouveau remis à l’honneur, mais en plus, on retrouve les personnages de la dernière fois, avec en prime un personnage encore plus redoutable : Davy Jones (Bill Nighy).

En effet, si Norrington pouvait passer pour une sorte de « méchant » dans le premier épisode, il n’était pas aussi terrible que l’est ce nouveau personnage.

 

La rencontre avec Davy Jones amène des conséquences autrement plus funestes : la damnation qui se traduit par un engagement éternel sur le bateau de ce personnage dont le visage (1) n’est pas sans rappeler un autre méchant du même acabit : Cthulu.

Le coffre dont parle le titre (original ou sa traduction est donc celui où Davy Jones a enfermé son cœur suite à un chagrin d’amour.

L’intrigue est donc simple : récupérer le cœur de Davy Jones et devenir ainsi le maître des océans, et d’une certaine mesure du monde.

Autre personnage apparaissant ici : Cutler Beckett (Tom Hollander) ancienne connaissance de notre vieux complice Jack Sparrow (Johnny Depp), à la recherche lui aussi du coffre.

 

Si le premier opus était un coup d’essai magnifiquement transformé, cette nouvelle aventure s’installe dans la durée : il y aura obligatoirement une suite. Et Gore Verbinski prend plus le temps d’installer l’intrigue plus élaborée que dans le premier épisode, le rythme des péripéties reste tout de même soutenu. Faisant fi des remarques du premier film, on accepte ce capitaine d’opérette, mais surtout, on apprend – enfin – comment il est devenu capitaine du Black Pearl.
Sans oublier qu’à l’intrigue principale se greffe une sous-intrigue entre William Turner (Orlando Bloom) et son père retrouvé : le Bottier Bill Turner (Stellan Skarsgård) que ce fils veut arracher au super méchant.

 

Débarrassé de certaines interrogations nées dans le film précédent, on se laisse agréablement porté dans ces aventures aussi rocambolesques qu’avant, servies par des effets spéciaux tout aussi époustouflants que la première fois.

Avec en prime un duel à l’épée qui a la particularité de ne pas se dérouler à deux : ils sont trois (Sparrow, William & Norrington). Doit-on en conclure qu’il s’agit d’un triel (2) ?

Toujours est-il qu’avec cet affrontement tripartite (3), Verbinski remet au goût du jour le combat à l’épée (il y en avait dans le premier épisode aussi), ajoutant à l’affrontement des lieux qui évoluent avec le déplacement des bretteurs, jusqu’à un paroxysme circulaire que je vous laisse savourer si ce n’est déjà fait.

 

Bref, comme me le disait une amie, ce deuxième épisode est très enlevé et on suit avec un plaisir gourmand l’évolution de tous les protagonistes, chacun selon son propre objectif, vers une résolution qui, si elle s’esquisse doucement, ne sera révélée totalement qu’au troisième opus, qui sortira l’année suivante.

Avec en prime un « témoin de dernière minute » corsant un tantinet plus une intrigue bien complexe déjà.

 

Quoi qu’il en soit – et rassurez-vous – nous n’avons plus à attendre aussi longtemps.

A suivre, donc…

 

  1. Museau ? Gueule ? Autre ?
  2. Non, mais ce n’est pas grave, j’aimais le terme.
  3. Ca, ça convient.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Pirates, #Gore Verbinski
Pirates des Caraïbes : La Malédiction du Black Pearl (Pirates of the Caribbean : The Curse of the Black Pearl - Gore Verbinski, 2003)

Ils sont de retour !

Depuis le décevant Pirates de Polanski (1), on n’avait pas eu de nouvelles d’eux, si ce n’est un essai peu concluant en 1995 avec L’Ile aux pirates.

Il faut dire que depuis la fin de l’âge d’or d’Hollywood, le thème n’avait plus le vent en poupe (2).

Il faut dire aussi que depuis Le Pirate noir (Albert Parker, 1926) et avec l’arrivée de Michael Curtiz dans cette catégorie (Captain Blood, 1935), on a vécu de grands moments de piraterie cinématographiques.

 

Mais forts du succès de l’attraction de Disneyland depuis 1967, la compagnie du même nom a tenté un pari : faire revenir les pirates au premier plan au cinéma.

On peut le dire en voyant que ce film a eu quatre autres suites (3), avec plus ou moins de bonheur.

Mais ce succès n’est pas usurpé, même si on peut préférer les œuvres précédentes : on y trouve de l’action, de l’amour, de la violence (4), de la rouerie, des combats à l’épée, de l’humour et les indispensables trois-mâts qui participent autant que leurs occupants du mythe de la piraterie.

 

Le premier qu’on rencontre, c’est le légendaire Jack Sparrow (Johnny Depp), revenu de tout, bavard intarissable, recherché sur les sept mers. Avec l’arrivée de Sparrow à Port-Royal (Jamaïque), c’est l’aventure qui se présente à la très belle Elizabeth Swann (Keira Knightly, aussi belle que talentueuse), à qui le destin réservait un mariage de raison avec le très britannique James Norrington (Jack Davenport), commandant de la Navy. Et comme le destin est farceur et que le jeune William Turner (Orlando Bloom) est amoureux d’Elizabeth, on se dit rapidement que la belle n’est pas prête à être mariée. Et bien entendu, on a raison de le penser.

 

Pour le reste, Gore Verbinski nous propose un film d’action efficace, avec tout de même des effets numériques époustouflants qui n’auraient peut-être pas autant aidé le film trente ans plus tôt, ou pendant « l’âge d’or » précédemment cité. En effet, les passages des pirates de l’ombre à la lumière lunaires sont absolument merveilleux, la postproduction dirigée par ce dernier achevant de ravir les spectateurs.

 

Mais, parce qu’il y a toujours un « mais », le film est avant tout un « one shot », comme disent nos amis anglophones. Le film se suffit à lui-même, à l’instar de La Guerre des étoiles (1977)…

Et peut-être fallait-il en rester là. Toujours est-il qu’on a plaisir à suivre ces aventures rocambolesques, où les interprètes semblent s’amuser autant que les spectateurs.

Mais comme toujours dans ces cas-là, on s’accorde une (très) légère ouverture vers une suite éventuelle : on ne sait jamais, si ça ne marche pas, ce n’est pas grave, et si le succès est là, on peut toujours trouver un embryon de suite.

 

Pour le reste, si l’interprétation est à la hauteur du film, on peut tout de même préférer les pirates d’antan, et en particulier Errol Flynn qui fut – et restera longtemps pour moi et d’autres – un pirate inégalable. Alors oui, Johnny Depp est drôle en Jack Sparrow, mais il lui manque un tout petit quelque’ chose pour le hisser au même rang que le « Baron » Flynn. Peut-être tout simplement sa carrure. Il est clair que Barbossa (Geoffrey Rush) a plus une allure de pirate que son cadet. Mais, c’est peut-être aussi le succès de ce film qui sait rester dans un registre sobre tout en restant convaincant : Christopher Walken ou Michael Keaton (à qui le rôle fut proposé) auraient très certainement fait des pirates autrement plus redoutables que le fantasque Jack Sparrow. Et de fait, le ton du film aurait certainement été tout autre.

 

Mais trêve d’argutie, il faut se laisser aller et se plonger dans l’univers de ces pirates pas si redoutables que ça, voire carrément sympathiques quand ils ne sont pas ridicules : nous sommes au cinéma, que diable !

 

PS : avant ce film, il y avait les squelettes de Ray Harryhausen – Jason & les Argonautes – (Don Chaffey, 1963) qui avaient marqué plus d’un jeune spectateur lors de leur éruption du sol. Maintenant, il faudra compter avec ceux-ci. En se demandant tout de même ce qu’aurait fait ce même Harryhausen avec toutes ces techniques modernes…

 

 

  1. Cet avis n’engage que moi.
  2. C’est le cas de le dire.
  3. « Sequals » comme on dit chez les Américains, un terme qui ressemble à un mot français beaucoup moins engageant, mais nous y reviendrons…
  4. Edulcorée tout de même, on est chez Disney, même si le film était annoncé comme interdit aux moins de 13 ans.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Pirates, #Comédie, #Fantastique, #Herbert Brenon, #Anna May Wong
Peter Pan (Herbert Brenon, 1924)

Ils sont tous là : Peter (Betty Bronson), bien sûr, mais aussi Wendy (Mary Brian) John (Jack Murphy) et Michael (Philippe De Lacy), les enfants perdus, Nana (George Ali) le chien-nourrice, Tiger Lily (Anna May Wong) et les Indiens, et, bien entendu, les pirates menés d’une (seule) main de fer par l’indispensable capitaine Crochet (Ernest Torrence).

Ca se passe, évidemment au Pays Imaginaire (Neverland), et le crocodile toujours des vues culinaires sur ce dernier personnage…

 

Il s’agit de la première adaptation de l’histoire de J. M. Barrie, qui avait vendu les droits à Jesse L. Lasky. C’est d’ailleurs James Barrie qui a choisi Betty Bronson pour interpréter son personnage, devenu depuis légendaire.

Il faudra attendre près de trente ans avant une nouvelle adaptation (des studios Disney) puis 1991 pour que Spielberg le reprenne, et enfin 2003 pour un nouveau film…

Finalement, peu d’adaptations quand on compare à d’autres personnages aussi magiques.


Il s’agit avant tout d’une mise sur écran de la pièce de théâtre avait écrite à partir de son roman. Et cela se voit surtout avec l’utilisation de différents animaux (crocodile, chien…) qui s’ils leur ressemblent, sont indéniablement faux : Nana, c’est un homme avec un costume de gros chien, tout comme le crocodile ou les autres animaux de la forêt. Et c’est tout à fait normal. Il s’agit avant tout d’un film destiné aux enfants, tout comme l’était l’histoire originale. On joue ici sur le fait que les spectateurs, quand ils ne sont que des adultes, doivent avant tout regarder cette histoire avec leurs yeux d’enfants. Et ils en sont avertis dès l’introduction du film, par un message de J.M. Barrie.

 

De là à dire qu’il s’agit du premier film pour enfant, je me garderai bien de l’affirmer, n’ayant pas encore épuisé le stock de films à notre disposition depuis un peu plus de 120 ans…

[Il faudrait que je demande à mon ami le professeur Allen John…]

Quoi qu’il en soit, ça doit être l’une des premières fois – sinon LA première – que le personnage principal s’adresse directement aux spectateurs afin d’influer (faussement) sur l’histoire : en effet, alors que la Fée Clochette (Virginia Brown Faire) – Tinker Bell – est en train de mourir, Peter exhorte les spectateurs à montrer qu’ils croient aux fées en les faisant applaudir. Cette sorte d’interactivité reprend ce qui se passait réellement sur scène quand la pièce était jouée.

 

Et ça marche. C’est un film qui fait du bien, autant qu’un Capra. Rapidement, on oublie le carton-pâte des décors pour s’immerger – n’oubliez pas le Jolly Roger qui mouille là-bas – dans cette histoire merveilleuse où les enfants volent. Parce qu’ils volent ! Sans qu’on voit un quelconque fil ! C’est vraiment magique !

Et puis les méchants sont véritablement affreux, avec en prime un magnifique capitaine Crochet en la personne du grand Ernest Torrence, habitué des rôles pas toujours reluisants, mais tellement formidable dans iceux. En face, Betty Bronson nous propose un Peter Pan un tantinet androgyne, mais bien dans le ton de l’histoire, espiègle à souhait… Bref, Peter.

 

Des enfants qui volent, d’affreux pirates, des Indiens… Du rêve !

Non, du cinéma !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Victor Fleming, #Lionel Barrymore, #Pirates
L'Ile au trésor (Treasure Island - Victor Fleming, 1934)

Un pirate avec une natte et une verrue.

Un pirate aveugle.

Un pirate unijambiste.
Un trio improbable pour un trésor qui doit l'être tout autant. Quoi que...

Au milieu : Jim Hawkins (Jackie Cooper).

 

Depuis la mort de son père, le jeune Jim Hawkins dirige l'auberge de l'Amiral Benbow, avec sa mère et sa petite sœur.

Le jour de l'anniversaire de Mrs Hawkins débarque (c'est le cas de le dire) le capitaine Billy Bones (Lionel Barrymore), avec un immense coffre bien lourd, une natte relevée à l'arrière du crâne, et une immense verrue sur la joue gauche. Ce n'est pas le genre d'invité qu'on attendait. D'ailleurs, tous les autres s'en vont. Mais avec lui, en plus de son lourd bagage, Bones amène un secret : le trésor du capitaine Flint enterré sur une île de l'Atlantique. Il possède en la carte.

C'est d'ailleurs cette carte que Pew, le pirate aveugle, est venu récupérer.

C'est finalement Jim Hawkins qui va récupérer cette carte. Va commencer pour lui une aventure peu commune qui le mènera au milieu de l'Atlantique, à la recherche d'un trésor, et surtout accompagné d'un vieux forban à une seule jambe : Long John Silver (Wallace Beery).

 

Tout comme le livre, le film se déroule du point de vue de Jim. Jackie Cooper est d'ailleurs très convaincant en jeune aventurier un tantinet naïf - mais qui ne le serait pas avec un vieux loup de mer roublard comme Long John Silver ?
Parce que le personnage principal, même s'il n'est pas le héros, c'est bien Silver. Il est fourbe, menteur, meurtrier, voleur... Mais on ne peut pas s'empêcher de l'aimer. Il faut dire que Wallace Beery nous fait une magnifique prestation. Il est un Silver truculent, au-delà de sa nature criminelle. Pas étonnant que Jim se fasse avoir à chaque fois.

Parce que cette association entre le pirate et le jeune garçon est le sel du film. Trois ans après Le Champion (King Vidor, 1931), Beery et Cooper sont à nouveau réunis, pour notre plaisir. On sent une complicité entre ces deux personnages extrêmes. Ce sont les négatifs l'un de l'autre. Silver est un vieux briscard, Jim est un candide ; Jim est un garçon d'honneur, Silver ment comme un arracheur de dent ; Silver est un gros malhonnête, Jim très probe. Bref, Silver est corrompu jusqu'à l'os, quand Jim est un pur, un vrai.

Mais Silver, malgré ce que nous savons, n'en reste pas moins attaché à Jim. Il ira même jusqu'à le défendre contre ses amis pirates. Ce sauvetage est son passeport pour la rédemption. C'est cette bonne action qui lui vaudra d'être sauvé et non pendu à la grand-vergue comme il se devrait.

Parce que Silver est tout sauf un gentil, comme il aime à se qualifier quand Jim le rencontre. Pendant la traversée, les morts se multiplient, toutes plus violentes les unes que les autres. Et ce n'est pas tout. Une fois arrivé sur l'île, les morts violentes continuent, les pirates prenant d'assaut la place tenue par les comparses de Jim. Certes, il n'y a pas beaucoup de sang visible. Mais tout de même : comme dans le livre, on assiste à la mort d'un pirate tué d'un coup de mousquet par Jim. La mort est très présente dans ce film. Ca commence par celle de Billy Bones, terrassé par l'abus d'alcool, et ça continue avec Pew, qui est écrasé - sous nos yeux - par le carrosse du docteur Livesey (Otto Kruger). Par conséquent, le retour de l'île se fait avec un équipage minimal : les pirates qui n'ont pas été tués sont abandonnés sur l'île.

En conclusion : la MGM nous offre une production d'un incontournable de la littérature anglo-saxonne de très bonne facture. Fleming dirige - comme toujours - son équipe d'une main de maître et les acteurs choisis sont très pertinents. De Lionel Barrymore - inoubliable, même si le rôle est court - à Lewis Stone - toujours digne, droit, aristocratique, comme d'habitude - en passant par Otto Kruger et Nigel Bruce, sans oublier le duo Beery-Cooper, tous concourent à faire de ce film une très belle adaptation.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Michael Curtiz, #Pirates
Capitaine Blood (Captain Blood - Michael Curtiz, 1935)

Peter Blood (Errol Flynn) est un médecin irlandais qui voue sa vie à soigner son prochain, quel qu'il soit, sans distinction, qu'elle soit politique ou religieuse. Mais quand son prochain est un rebelle de son roi, évidemment, ça pose problème. Et c'est comme ça que le docteur Blood (étrange nom pour un docteur) est arrêté pour avoir porté assistance aux mutins. Et lui aussi est envoyé en Jamaïque pour y être vendu comme esclave à l'affreux colonel Bishop (Lionel Atwill). C'est sa nièce Arabella (la très belle Olivia de Havilland) - séduite par ce beau gaillard - qui l'achète et va lui assurer une vie un peu plus facile en le recommandant comme médecin auprès du gouverneur. Mais bien entendu, son seul espoir - ainsi que celui de ses compagnons - c'est de s'enfuir. Ils y parviennent en volant un galion espagnol qui avait attaqué l'île. Ils seront désormais des pirates, sans patrie ni attache, éventuellement chassés par le colonel Bishop, frustré de les avoir laissé échapper.

 

Un mois (à peu près) après Les Révoltés du Bounty, produit par la MGM, la Warner Bros sort son film maritime. Mais cette fois, il s'agit d'un film mêlant cape & épée et piraterie. Coup double, et réussi !

Avant, on avait admiré Douglas Fairbanks dans Le Pirate noir d'Albert Parker. Il y a maintenant Errol Flynn ! Lui aussi est un magnifique pirate. Il ne bondit pas aussi bien ni aussi souvent, mais malgré tout, son personnage est tout aussi attachant.
Et puis ce film est l'occasion de découvrir un duo mythique du cinéma : Errol Flynn et Olivia de Havilland. N'oublions pas non plus un autre acteur qui fait un court passage mais qu'on retrouvera en face des deux précédents : Basil Rathbone dans le rôle du pirate Levasseur, et accessoirement déjà un personnage fourbe qui nous offrira un beau duel à l'épée avec Errol Flynn, annonciateur de celui qui les verra s'affronter dans Les Aventures de Robin des Bois du même Michael Curtiz (quelle longue phrase !).

Ce duo fonctionne très bien et leur rencontre dans le film fait écho à leur première véritable rencontre, si on en croit les mémoires d'Errol Flynn (Mes 400 coups / My wicked, wicked Ways, 1959). Allez les lire, vous vous ferez votre idée.

 

En tout cas, voici le retour de la grande aventure. Blood est un capitaine intelligent et charismatique : ses hommes - de joyeux flibustiers - le suivraient au bout du monde, et je crois que les spectateurs aussi ! Il faut dire que question piraterie, on est servi il y a toutes les caractéristiques :

- Un code d'honneur auquel tout le monde doit adhérer et qui punit ceux qui désobéissent (c'est le cas de Levasseur, par exemple) ;

- Un abordage au plus près de l'action, avec montée de hauban, grappins et envolée sur un boute d'un bateau à l'autre ;

- Des batailles navales - avec maquettes visibles, tout de même - de grande intensité.

Du grand spectacle !

Et puis dirigé de main de maître par Curtiz, dont on peut en plus, admirer les célèbres plans où les ombres gigantesques mangent l'écran :

- Quand Peter Blood soigne le rebelle, au moment de son arrestation ;

- Pendant le siège de Port Royal, on aperçoit les soldats espagnols en route vers le pillage en règle de l'île.

 

Il faudra trois ans pour que Curtiz rassemble le trio Flynn-Havilland-Rathbone dans une autre grande aventure : Les Aventures de Robin des Bois. Là encore, il y aura des duels, des batailles, et ça bondira encore plus joyeusement.

Et en plus, ce sera en couleurs !

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