Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

cinema

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Aventures, #Christopher Nolan
L'Odyssée (The Odyssey - Christopher Nolan, 2026)

La loi de Zeus est connu de tous dans le monde hellène : nous devons accueillir tout visiteur avec les mêmes égards, même le plus humble des mendiants pourrait être un dieu déguisé…

C’est pourquoi Télémaque (Tom « Spider-man » Holland) accueille un nouveau hère qui se présente dans la grande salle du palais d’Ithaque, malgré la désapprobation des commensaux, tous prétendants à la main de la belle Pénélope (Anne Hathaway), prétendants emmenés par l’infâme Antinoos (Robert « Batman » Pattinson).

Il faut dire que depuis le départ du roi d’Ithaque, Ulysse (Matt Damon), l’île est à la merci du « peuple de la mer », ces envahisseurs terribles qui sèment la ruine et la désolation partout où ils passent.

Et près de vingt ans ont passé depuis le départ du roi : il est temps de le remplacer.

 

Phénoménal.

A tout point de vue. C’est un formidable souffle épique qui nous est offert dans ce film, Christopher Nolan alliant la maîtrise technique et une superbe adaptation de la (plus que) classique épopée homérique. Avant, il y avait le film de Mario Camerini (1954) où Kirk Douglas interprétait le héros rusé, maintenant, il y a celui de Nolan.

Il faut dire que les moyens à disposition de ce dernier ne sont pas comparables avec la version antérieure : le budget colossal allié aux techniques cinématographiques (et numériques) actuelles font de ce film un sommet du genre.

Et ce qui hisse ce film vers les sommets, c’est avant tout le traitement de l’intrigue, allant au-delà de la simple narration épique.

 

En effet, Nolan ne se contente pas d’enchaîner les épisodes – mythiques, c’est le cas de le dire – témoin éloigné du long retour à la maison d’un héros antique. Il va se rapprocher de son personnage, tentant (et réussissant ?) de pénétrer son esprit, cette odyssée physique devenant mentale, jusqu’à la Révélation, parce qu’il y en a une !

Et comme nous sommes dans un film américain, ces deux odyssées participent d’une même quête : la rédemption (toujours elle !).

En effet, c’est avant tout vers son salut que voyage Ulysse, expiant pour la fin de Troie : dix années de frustration aux portes de la ville qui vont plus que galvaniser les Achéens lors de sa prise, grâce à la ruse… De ce même Ulysse !

Et ce déferlement de violence est l’un des nœuds du film, expliquant en (grande) partie l’errance maritime décennale qui va suivre.

 

Bien entendu, la chute de Troie n’est pas la seule raison des égarements du bateau d’Ulysse : la mutilation du cyclope Polyphème (Bill Irwin), fils de Poséidon, en est la cause majeure. Et cet épisode clef de l’Odyssée est traité avec beaucoup de brio. Et surtout, le rendu du visage du personnage est on ne peut plus habile : il devient un visage hybride redéfinissant ce que nous connaissons du visage humain.

Autre moment mythique du récit : les sirènes. Certes, elles ne ressemblent pas à celles du poète grec (mi-femmes, mi-oiseau), mais on peut les apercevoir (ce qui n’était pas le cas chez Camerini) sans toutefois véritablement les distinguer. Et cet épisode – incontournable – prend lui aussi une dimension épique accentuée par une utilisation sonore des plus pertinentes : en effet, à l’instar des marins compagnons d’Ulysse, nous n’entendons rien et voyons ce dernier réagir aux chants qui l’appellent, cette écoute devenant une véritable torture. Et quand le son revient – Euryloque (Himesh « Yesterday » Patel) enlève les bouchons de cire l’un après l’autre – c’est un côté après l’autre, à chaque oreille libérée.

 

Bien sûr, à nouveau Hollywood réécrit un récit classique universellement connu, et Nolan se permet des libertés. Si vous êtes un habitué du blog, vous savez ce que je pense : il a totalement raison, au cinéma tout reste possible. Et ce qui compte avant tout, c’est de rester dans l’esprit du récit initial. Et là, pas de problème, nous baignons dans ce monde grec antique et surtout mystique où le surnaturel est la norme. Et même cette dimension paranormale (divine ?) est traitée de façon réaliste, les dieux et déesses qui s’amusaient des humains dans le récit originel devenant seulement des références : on sent qu’ils interviennent dans l’intrigue, mais à aucun moment on ne les voit, excepté Athéna (Zendaya), même si on peut douter de sa présence (faites-vous votre propre idée).

 

Et Christopher Nolan réussit magnifiquement son film : réaliser une épopée classique somme toute fidèle et nous proposer un spectacle de presque trois heures qui passe sans lasser.

 

PS : J’oubliais : si L’Odyssée s’appelle ainsi, c’est parce que le personnage principal se nomme Odysseus. Le nom Ulysse est son appellation latine. Si les Anglo-saxons ont droit à ce nom original, pourquoi insister, dans la traduction, à l’appeler Ulysse ? Les spectateurs francophones sont-ils trop idiots pour faire le rapprochement ?

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Aventures, #Catastrophe, #Robert Aldrich
Le Vol du Phénix (The Flight of the Phoenix - Robert Aldrich, 1965)

Ca devait être un vol de routine. Frank Towns (James Stewart) et son second Lew Moran (Richard Attenborough) ramènent douze passagers d’une exploitation pétrolière.

Mais…

La radio ne fonctionne pas. Et malgré les dernières nouvelles encourageantes, une tempête de sable engloutit l’avion, bloquant ses moteurs : l’avion doit se poser – violemment.

A une centaine de kilomètres de toute habitation, les deux pilotes et dix hommes (deux sont morts dans le crash) doivent survivre en attendant des secours. Des secours qui, bien entendu, ne viendront pas.

C’est un jeune ingénieur, Heinrich Dorfmann (Harry Kruger) qui a une idée : recycler l’avion, inutilisable pour en faire un modèle plus léger mais qui vole.

Seulement les réserves d’eau ne sont pas éternelles…

 

Bien entendu, ils parviendront à faire voler leur engin, mais c’est, bien évidemment, dans l’élaboration et la réalisation de cet objet volant identifié que réside tout l’intérêt. Et Aldrich construit progressivement son histoire, jouant sur les personnalités différentes voire peu compatibles de ces naufragés du sable.

Et malgré l’étendue immense et aride qui entoure ces hommes, le film est construit comme un huis clos où chacun doit s’adapter aux circonstances, et surtout aux autres ! On sent la pression monter entre ces hommes, avec en prime une inimitié pour Dorfmann qui est allemand : la Deuxième Guerre Mondiale est dans les mémoires et on imagine bien que certains des protagonistes – « Ratbags » Crow (Ian Bannen), par exemple – y ont participé. Les sous-entendus de ce même Ratbags sont d’une lourdeur pénible, même pour le spectateur !

 

Mais si l’avion décolle au final, le parcours est long et de nombreux ex-passagers y laisseront la vie (ils ne seront que sept à l’arrivée, la moitié de l’effectif de départ). Et Aldrich insiste sur les différents décès, aucun naturel, cela va de soit : un gros plan sur des mains près d’un objet pertinent dans l’accident initial et nous savons qui est trépassé. Pour les autres, seul Carlos n’a pas de mort définie : on suppose qu’il n’a pas réussi à revenir.

 

Bien entendu, le casting est à la hauteur de l’événement.

James Stewart, toujours impeccable est presque à contre emploi : Towns n’est pas un personnage complètement sympathique. C’est un vieux pilote qui connaît son affaire et ne se remet pas trop en question. Certes, il assume pleinement la responsabilité de l’accident mais son attitude envers Dorfmann frôle la bêtise : il n’aime pas avoir tort !

De son côté, Attenborough campe un pilote raté avec beaucoup de justesse, affublé d’un léger bégaiement qui accentue son aspect « raté ».

On retrouve avec beaucoup de plaisir Ernest Borgnine (E. Trucker Cobb) dans un petit rôle mais là aussi d’une grande justesse : Cobb est un ouvrier peu qualifié et peu éduqué, une espèce de simple d’esprit.

Autre acteur dans une sorte de contre emploi : Dan Duryea (Standish). Lui qui fut un mauvais garçon patenté dans les années 1940 et 1950 est ici un homme un tantinet dévot, affublé d’une paire de lunettes et surtout d’une bible !

 

Et les femmes dans tout ça ?

Il n’y en a pas. Enfin presque pas puisque nous avons droit à une danse du ventre/mirage imaginé par le sergent Watson (Ronald Fraser) qui voit la belle Farida (Barrie Chase) danser pour ce soldat peu recommandable.

 

Au final Aldrich nous sert un film qui s’annonce catastrophique – en ce qui concerne l’intrigue – mais qui se transforme en aventure pour ces naufragés du désert.

La catastrophe, c’est que ce film fut un échec commercial.

On se demande bien pourquoi !

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Rowland V. Lee
Le Comte de Monte Cristo (The Count of Monte Cristo - Rowland V. Lee, 1934)

Septième adaptation du roman d’Alexandre Dumas, c’est aussi la troisième américaine, douze ans après la version qui voyait John Gilbert interpréter Edmond Dantès.

C’est ici Robert Donat qui interprète le plus célèbre prisonnier du Château d’If, dans une version qui mérite pleinement notre attention.

Et malgré la brièveté du format (113 minutes seulement), Rowland V. Lee réussit la prouesse de résumer quelques 1500 pages (environ) dans un film qui, s’il taille dans l’intrigue, respecte (presque entièrement) cette histoire très connue.

 

Mais reprenons.

Edmond Dantès est chargé par le capitaine Leclere (William Farnum) de délivrer un message à un gentilhomme français. Message qui a été récupéré sur l’île d’Elbe, là où séjourne Napoléon 1er.

Las, Danglars (Raymond Walburn), jaloux de Dantès, a entendu et va se retrouver en position de force l : il va contribuer à faire arrêter Edmond  pour prendre sa place. Il sera lui-même soutenu par deux alliés de choix : Fernand Mondego (Sidney Blackmer) et Raymond de Villefort (Louis «  César » Calhern). Le premier parce qu’il aime la fiancée de Dantès, la belle Mercedes (Elissa Landi) et le second parce que le gentilhomme est son père et que cela mettrait en danger sa situation.

Dantès des donc envoyé au Château d’If et il y rencontre l’abbé Faria (O.P. Heggie) qui lui enseigne son savoir et lui indique la cachette d’un fabuleux trésor sur l’île de Monte Cristo.

Le reste n’est que l’établissement d’une « vengeance judiciaire » ourdie par un aristocrate étranger à Paris : le Comte de Monte Cristo.

 

Bien entendu, du fait du format, beaucoup d’épisodes et de personnages ont disparu, réduisant au minimum cette intrigue, mais le principal y est malgré tout.

Lee a divisé son film en deux parties – deux époques ? – de longueurs quasi similaires (à quelques secondes près…), la première allant jusqu’au pacte qui voit Dantès, Jacopo (Luis Alberni) et Ali (Clarence Muse) sceller le pacte qui condamne les trois ignobles individus. La seconde va donc voir s’installer et surtout se dérouler le châtiment des trois véritables coupables, jusqu’à la réhabilitation du jeune homme floué considéré comme mort.

Avec à chaque personnage éliminé un plan sur son dossier et une main qui le retourne, signifiant alors sa mort, physique ou morale.

 

Bien entendu, l’intrigue a été un tantinet édulcorée, surtout en ce qui concerne les activités extra conjugales de Villefort et son fils indigne (totalement absent, donc). De toute façon, la conduite non moins indigne de ce père est suffisante pour jeter l’opprobre sur lui.

On retrouve même le duel entre Monte Cristo et Albert Mondego (Douglas Walton).

Restent tout de même quelques libertés prises avec l’intrigue originale comme la folie de Danglars à l’annonce qu’il a tout perdu, et pire : une fin qui voit Dantès avec Mercedes…

Comme quoi, il n’y a pas que Josée Dayan qui a mauvais goût.

Par contre, encore une fois, nous avons un Edmond Dantès impeccable et Robert Donat campe avec beaucoup de maîtrise ce personnage double et surtout inquiétant (pour les autres).

On retrouve chez lui ce qui fait la force du comte, dictée par une soif légitime de justice – qui ressemble tout de même à une vengeance.

Côté méchants, ingrédient indispensable pour la réussite du film, nous sommes servis. Entre la cupidité mâtinée de veulerie de Danglars, la mauvaise foi de Mondego et l’orgueil de Villefort, nous n’avons que l’embarras du choix. Aucun des trois ne se distingue des autres en malveillance. Je reconnais pour ma part avoir une petite faiblesse pour Villefort, qui me semble être le personnage le plus méprisable des trois. Et encore, il n’a pas tous les attributs du personnage original !

 

Bref, Rowland V. Lee signe ici une adaptation de qualité, soutenue par une distribution à la hauteur de l’événement, et si la fin peut paraître décevante, n’oublions pas que nous sommes au cinéma…

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Michael Curtiz
La Piste de Santa Fé (Santa Fe Trail - Michael Curtiz, 1940)

2 décembre 1859 : John Brown (Raymond « Jonathan Brewster » Massey) est pendu à Charles Town, Virginie.

Revenons cinq ans plus tôt, en 1854 : Jeb Stuart (Errol Flynn), George Custer (Ronald Reagan) et cinq autre cadets sont diplômés de West Point. Comme ils sont un tantinet indisciplinés, ils vont être muté dans l’endroit le plus dangereux du pays, à Fort Leavenworth, dans le Kansas. Dans ce qu’on a appelé le « Kansas Sanglant » (Bleeding Kansas), dominé par les affrontements violents entre abolitionnistes – derrière John Brown – et esclavagistes.

Une fois Brown défait, tous repartent vers l’Est, promus.

Mais Brown repart à l’assaut, et l’ultime affrontement aura lieu à Harper’s Ferry (Virginie) : c’est suite à ce dernier combat que Brown sera arrêté, jugé et condamné à mort.

Le combat de Brown ne s’arrêtera pas là puisque deux ans plus tard, la Guerre de Sécession va commencer.

 

Nous sommes donc à la toute fin des années 1930 et le Sud conserve son aspect nostalgique voire romantique comme cela fut montré l’année passée avec l’admirable fresque adaptée de Margaret Mitchell. Mais ici, nous sommes très loin de ce Sud de carte postale : c’est une vraie guerre que mène Brown contre l’Union, pour des raisons opposées à celles de Davis et Lee plus tard.

Et comme nous sommes dans un western, les différences sont marquées : le manichéisme triomphe. Et le méchant, ici, c’est John Brown, et par extension, les abolitionnistes. Ce qui fait que plus de 80 ans après, le propos laisse un goût amer au spectateur. Habitués que nous sommes à célébrer les héros, il devient ambigu de prendre partie pour ces hommes dont une bonne partie est esclavagiste. Seul Custer tire son épingle du jeu, ayant des sympathies abolitionnistes. Mais là encore, on sait comment il finira, et lui non plus ne fut pas spécialement un grand humaniste.

 

C’est donc un film mitigé que nous propose ici Michael Curtiz – ce n’est pas son meilleurs, d’ailleurs – qui voit son couple vedette Errol Flynn – Olivia de Havilland (« Kit Carson » Holliday) Holliday se retrouver pour l’avant-dernière fois. Mais il s’entoure aussi de quelques valeurs sûres : Alan Hale (Tex Bell) et Guinn « Big Boy » Williams (Windy Brody) sont de l’aventure (dans tous les sens du terme, et à nouveau ils apportent la touche comique nécessaire à cette histoire somme toute tragique et surtout très violente : on ne compte plus le nombre de morts par balle dans les différents échanges de coups de feu.

Et puis aussi de jeunes acteurs qui n’ont pas encore la notoriété qui les attend : outre Reagan, on reconnaît Van Heflin (Carl Rader) dans un rôle lui aussi mitigé. Et en cherchant bien, on retrouve aussi deux transfuges fordiens : Ward Bond (Townley) et Russell Simpson (Shubel Morgan).

Mais malgré tout, c’est bien Raymond Massey qui éclate dans ce film. Il est un John Brown exalté et donc proche de la folie, sûr de son fait et de son triomphe. Et Curtiz, grâce au scénario de Robert Buckner, en fait un méchant redoutable : il va jusqu’au bout de ses idées et n’hésite pas à jouer des poings voire de la gâchette (froidement) quand nécessaire. Il est un ennemi à la hauteur de ceux qu’on va mettre dans le camp des gentils.

 

Pour le reste, Curtiz déroule et fait la part belle à Flynn et consort. Certes, le scénario prend beaucoup de liberté par rapport à l’histoire, mais c’est pour les besoins de l’intrigue, et puis c’est bien connu, au cinéma tout est permis ! Même de jouer avec les dates.

Les séquences d’action sont toujours aussi spectaculaires et le dernier assaut contre les hommes de John Brown est inoubliable.

C’est du grand spectacle qui nous fait – heureusement – oublier l’ambiguïté de l’intrigue pour nous plonger au cœur de l’action.

L’année suivante, Errol Flynn et Olivia de Havilland seront réunis en dernière fois à l’écran : ce sera La Charge fantastique, où Flynn interprétera le rôle de… Custer !

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #René Clair
Le Million (René Clair, 1931)

Michel (René Lefèvre) et Prosper (Jean-Louis Allibert) partagent un atelier dans Paris, sous les toits, en face de chez la belle Béatrice (Annabella). Mais la vie d’artiste n’est pas facile et les créanciers commencent à s’accumuler devant la porte : comment les payer ?

Heureusement, le numéro de Michel est sorti à la loterie : il a gagné un million de florins, ce qui représente une coquette somme. Il ne reste pus qu’à retrouver le billet, qui est dans le veston de Michel. Veston que Béatrice a donné au père La Tulipe (Paul Ollivier), truand notoire et indélicatesse avec la police.

Il ne reste plus qu’à retrouver ce monsieur. Sauf qu’il est fripier (entre autres choses) et qu’il vient de vendre le veston au ténor Sopranelli (Constantin Siroesco). Qu’importe : ils iront tous à l’opéra lyrique pour récupérer le veston, et par conséquent le billet gagnant : toutes les routes mènent au million !

 

Voilà près de quarante-cinq ans que je n’avais pas vu ce film, et le moins que je puisse dire, c’est qu’il n’a rien perdu de sa force et surtout de son brio. René Clair s’en donne à cœur joie après être entré dans le cinéma parlant en passant Sous les Toits de Paris. Mais surtout, il revient à ce qui fit son succès à la fin du muet : la comédie.

Bien entendu, ce veston qui disparaît et réapparaît nous rappelle le Chapeau de paille d’Italie, mais, parlant oblige, Clair insère des numéros musicaux dans cette intrigue à rebondissements. Toujours pas complètement convaincu par le nouveau jouet du cinéma (le son), il recourt de nombreuses fois à la comédie muette, sans pour autant revenir au slapstick.

Les seules interventions sonores doivent être pertinentes et le reste du temps, il se débrouille – très bien – avec des situations qui ne requièrent aucun dialogue.

 

Mieux, il utilise le son pour en faire un autre élément comique impossible auparavant. C’est le cas lors de la réconciliation entre Béatrice et Michel, derrière un décor, pendant que les deux chanteurs vedettes – Sopranelli & la soprano (Odette Talazac) – égrènent leur propre réconciliation : c’est muet et c’est absolument génial, la fougue de Michel détonant complètement avec la retenue des deux chanteurs.

Autre élément sonore brillamment trouvé : la récupération du veston à l’opéra. Ce veston passe de main en main et est même lancé de protagoniste à protagoniste, transformant (c’est le cas de le dire) une course poursuite en véritable action de rugby, avec en prime le coup de sifflet inévitable.

Bref, c’est une utilisation superbe de cette nouvelle technique qui s’impose.

 

Et on s’amuse de cette histoire qui ne fait qu’accumuler les obstacles devant Michel, avec en prime l’aide de Prosper qui voit une occasion facile de s’enrichir. Mais nous sommes dans une comédie alors nous savons que tout se terminera bien pour notre héros et sa jolie fiancée, et que si Prosper n’est pas à proprement châtié, passer aussi près de la fortune est une punition bien suffisante pour ce faux ami.

Mais ce qui fait le charme de ce film, c’est avant tout la bonne humeur qui y règne, une espèce de message d’espoir alors que la crise de 1929 va toucher de plein fouet l’Europe et la France à l’automne : on va retrouver cette même bonne humeur quand d’autres « petits » vont gagner à la loterie, cinq ans plus tard. Mais ce sera Duvivier aux commandes et si Raymond Cordy (ici le chauffeur de taxi) sera à nouveau là, le propos sera beaucoup moins optimiste : ce sera La belle Equipe.


En attendant, il faut voir et revoir ce film qui est devenu – à juste titre – un classique du cinéma français, dont René Clair en fut l’un des maîtres.

 

 

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #James Edward Grant, #John Wayne
L'Ange et le mauvais garçon (Angel and the Badman - James Edward Grant, 1947)

L’Ange, c’est Penelope «  Penny » Worth (Gail Russell), issue d’une famille de quakers de Pennsylvanie : une fille de paysans qui vivent du côté de Monument Valley.

Le mauvais garçon, c’est Quirt Evans (John Wayne), bandit de grand chemin notoire, pistolero inégalé et cible du shérif McClintock (Harry Carey) qui n’attend qu’un faux pas pour le pendre. Il est aussi la cible de la bande de Laredo Stevens (Bruce « Driscoll » Cabot) qui aimerait bien se débarrasser de ce concurrent.

Mais le Destin veille et amène Quirt, blessé chez les Worth. Ils le soignent et lui procure une autre façon de penser la vie, basée sur la religion. Et en plus, comme Penelope est très belle, il tombe amoureux d’elle…

 

C’est un western somme toute sympathique qui nous est proposé là, avec bien entendu l’immense star Wayne qui s’offre une escapade ailleurs que chez Ford, même si Monument Valley est proche. Autre acteur fordien, Harry Carey apparaît ici dans l’un de ses dernier rôles : il mourra quelques mois plus tard.

Et comme nous sommes dans un western, James Edward Grant nous régale : grands espaces, bagarre dans un saloon et duel final sont au programme, même si la fin – prévisible – peut être décevante.

Mais surtout, ce qui manque ici, c’est de l’action !

Si au début Quirt est blessé et doit garder la chambre, la suite ne nous montre pas vraiment toutes ses capacités. Certes, l’histoire d’amour est centrale, mais on aurait pu avoir un petit peu plus d’animation. Nous en avons tout de même avec la fameuse bagarre ainsi que la poursuite et l’attaque des troupeau. Mais sur près de 100 minutes que dure le film, ça ne fait pas beaucoup.

 

Et il manque un point essentiel du personnage : sa rapidité au revolver.

Dès les premières séquences, nous apprenons que Quirt est le plus rapide du territoire, mais à aucun moment du film – je dis bien à aucun moment – il ne fait feu. Il a très souvent l’arme à la main (pour dormir, entre autre) mais ne tire jamais ! Encore une fois, au début, il ne peut pas : son revolver est vide, mais ensuite, ce n’est plus le cas !

Mais cette absence de coups de feu de sa part nous permet d’assister à une résolution du duel final plutôt inattendu. Certes, les méchants (Laredo et ses acolytes) sont punis, mais pas comme on aurait pu l’imaginer…

 

Quoi qu’il en soit, on suit avec intérêt cet énième western où Wayne se retrouve à nouveau dans la peau d’un bandit repenti, comme dix ans plus tôt dans le légendaire Stagecoach. On tremble, on s’amuse… Bref, on est au cinéma. Et si Grant n’a pas l’envergure d’un Ford ou d’un Hawks, son film n’en demeure pas moins une curiosité qui vaut le détour, où, près de quarante ans avant Peter Weir, un homme se retrouve plongé dans un univers qui lui est absolument étranger : pensez donc, il n’y a pas d’arme !

Mais alors que John Book (Witness) retourne à sa vie, Quirt, lui, choisit la jeune femme et va donc devenir fermier.

 

John Wayne, un fermier ?

Ben oui, au cinéma, tout est possible !

 

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Anticipation, #Michael Radford
1984 (Michael Radford, 1984)

Près de trente ans ont passé depuis la version de Michael Anderson, et cette fois-ci, nous avons droit à une adaptation beaucoup plus fidèle, et surtout beaucoup plus réaliste de cette œuvre emblématique du XXème siècle.

Mais reprenons.

 

Winston Smith (John Hurt) travaille toujours au ministère de l’information et transforme l’Histoire pour les besoins de la Cause : l’Ingsoc. L’Ingsoc, c’est un formidable parti qui a pris en main la Grande-Bretagne et maintient sous sa coupe une population docile pendant que de l’extérieur viennent des informations sur une guerre qui dure contre l’Eurasia. A moins que ce soit l’Eastasia…

Qu’importe, être en guerre évite de se poser des questions sur le système qui régit la population.

C’est pourtant ce que fait Winston, allant jusqu’à écrire un journal intime dans lequel il note ses pensées. Julia (Suzanna Hamilton) a, elle aussi, des pensées déviantes, mais surtout, elle aime Winston, ce qui n’est pas toléré par l’autorité en place.

Et tout cela sous l’œil attentif du supérieur O’Brien (Richard Burton), personnage qui appartient à cette autorité mais qui semble partager certaines vues avec Winston…

 

Si le film de Michael Anderson avait une force en lui, elle est beaucoup moins importante que celle du film de Michael Radford. Le secret de cette force ? Le réalisme de l’intrigue et surtout son utilisation du décor. Si la guerre atomique a fait rage, comme suggéré, ses effets sont toujours visibles : pas de monument caractéristique londonien, seulement des ruines ou des bâtiments à l’abandon. Même le quai de gare – qui accueille toujours des trains – est délabré et nous avons du mal, de prime abord, à imaginer un quelconque trafic ferroviaire dans un tel endroit. Mais quand nous voyons la locomotive transporter ses voyageurs, nous comprenons : il s’agit un vieux modèle à vapeur.

 

Et ce réalisme est renforcé par un élément inhérent au livre de George Orwell : écrit en 1947, il utilise l’année qui vient et inverse les deux derniers chiffres. 1948 devient donc 1984, mais comme l’explique très bien Anthony Burgess (1), les conditions de vie de Winston sont très proches de celles que pouvaient vivre les Anglais à la même période. N’oublions pas non plus les immenses destructions par la Luftwaffe pendant la Deuxième Guerre Mondiale qui expliquent là encore l’état calamiteux de la ville dans le film. Le seul élément caractéristique encore debout dans Londres est la Battersea Power Station, cette centrale électrique qui a cessé son activité l’année qui a précédé la sortie du film. Et montrer cette gigantesque centrale est hautement pertinent par rapport à l’intrigue.

 

Si le blanc dominait dans la première adaptation, ici, c’est avant tout le gris qui inonde l’écran, avec toutefois des séquences pleinement en couleur, qui ne sont pas laissées au hasard. En effet, si Radford n’a pas tourné en noir et blanc, le rendu nous le laisse penser, mais quelques éléments épars nous ramènent à cette couleur bien peu présente : le télécran qui nous montre le Grand Frère n’est pas en noir et blanc.

Et c’est surtout quand Winston s’affranchit du système que la couleur s’impose : les paysages verdoyants, les objets de l’antiquaire Charrington (Cyril Cusack), l’escapade avec Julia…

Mais même la relation avec Julia prend, avec le temps, une teinte un tantinet grisâtre, annonceuse de la fin – brutale – de leur relation.

 

Bien entendu, tout est fait pour installer l’angoisse dans l’esprit de Winston, avec surtout la salle 101 qui est annoncée dès le début et revient telle un leitmotiv, s’ouvrant sur la campagne, et une séquence qui se veut positive, avant que Winston (et le spectateur) y pénètre et la voit telle qu’elle est : l’ultime épreuve avant le lavage de cerveau total.

Michael Radford signe ici une adaptation absolument brillante, même si le gris domine, allant jusqu’à tourner les mêmes jours que ceux du roman original : Une re-lecture totalement dans l’esprit du livre.

 

PS : Au fait, la ressemblance entre le Grand Frère et Staline est tout sauf involontaire. Et la force de ce nouveau personnage dans le film, c’est que le visage est réel et non une sorte de portrait robot.

 

  1. 1985 (Anthony Burgess, Hutchinson, 1978)

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Anticipation, #Micahel Anderson
1984 (Michael Anderson, 1956)

Il s’agit bien sûr du roman le pus célèbre de George Orwell et cette première adaptation – au cinéma – s’en inspire librement, au grand dam de la veuve de celui-ci qui a tout fait pour le retirer du circuit.
Mais nous sommes au cinéma, alors cette polémique ne nous intéresse pas. Concentrons-nous sur ce qu’il y a à voir !

 

Winston Smith (Edmond O’Brien) travaille au Ministère de la Vérité : il y réécrit l'Histoire pour le Parti, dirigé par la figure tutélaire du Grand Frère (« Big Brother »). Ce Grand Frère qui regarde sans cesse ses sujets, par l’intermédiaire du « télécran » (« Telescreen ») : il voit tout, il sait tout ce que font les gens, même leurs pensées les plus secrètes.

Un jour, Winston rencontre Julia (Jan Sterling), qu’il imagine être en train de le surveiller. Il se trompe : elle le suit parce qu’elle l’aime, chose interdite dans ce monde ultra codifié.

Ensemble, ils vont s’aimer, et surtout rêver qu’ils peuvent s’émanciper de ce système, voire le détruire en rejoignant la Résistance.

Mais y a-t-il vraiment une Résistance ?

 

Michael Anderson nous propose une adaptation très honnête du roman, soutenu par un trio d’acteurs vedettes qui interprètent avec beaucoup de justesse ces personnages créés par Orwell.

O’Brien est un Winston Smith idéaliste à souhait, prêt à tout pour déstabiliser un système qu’il juge né »faste. De son côté Jan Sterling campe une Julia très féminine mais avec des positions sûres.

Quant à Michael Redgrave (O’Connor), il est toujours aussi phénoménal. Son personnage (1) est très certainement le plus intéressant des trois, relevant d’une certaine façon de la figure du méchant indispensable aux spectateurs. De plus, son aspect british accentue la dualité de son rôle : c’est lui qui verse Winston dans la Résistance, mais c’est surtout lui qui va l’interroger une fois sa « trahison » révélée.

 

Michael Anderson découpe son film en trois parties : présentation, résistance au système, sanction. Elles sont de taille à peu près égales et s’enchaînent naturellement. Mais ce qui marque le pus le spectateur, c’est avant tout le décor. Le travail d’Olga Lehmann est à la hauteur de l’événement. Londres est relookée : les monuments incontournables (National Gallery, Trafalgar Square, British Museum) sont toujours là, malgré les explosions atomiques de l’introduction, mais on leur a affublé les portraits du Grand Frère, voire un écran de télévision pour inonder la ville de propagande (et surveiller ses habitants !).

Par contre, quand nous entrons dans les bâtiments officiels de ce système dictatorial, nous changeons totalement d’environnement.

 

En effet, loin des décors grandioses, nous avons droit à des intérieurs sobres mais tout aussi inquiétants, où le blanc prédomine. On ressent un certain malaise qui va en s’accroissant à mesure que Winston se rapproche trop près du soleil. La troisième partie, presque exclusivement intérieure, est la plus angoissante. C’est aussi dû à l’interrogatoire/lavage de cerveau que subit Winston.

Avec bien entendu, la fameuse salle 101, lieu des pires cauchemars de ses visiteurs. Et là encore, quelques éléments suffisent pour rendre ce lieu terrible : une chaîne qu’on tend, un élément de grille qui se lève et des points lumineux tandis que nous entendons de petits cris aigus : des rats.

 

Malgré tout, cette adaptation est fort honorable (et même plus), rendant tout de même la dimension psychologique de l’intrigue originale. Certes nous sommes beaucoup moins dans l’esprit de Winston, mais cela est trop compliqué à réaliser au cinéma. Et les différentes séquences de foules contribuent au succès de ce film. Les « deux minutes de la Haine » sont menées de main de maître, soutenues aussi par un montage absolument maîtrisé par Bill Lewthwaite.

Il faudra attendre près de trente ans avant que le cinéma revienne sur cette intrigue un tantinet angoissante. Mais ceci est, bien entendu, une autre histoire.

 

PS : Parmi les seconds rôles marquants, on trouve Donald Pleasence (orthographié Pleasance) dans le rôle d’un père (Parsons), dénoncé (et donc arrêté) par sa fille Selina (Carol Wolveridge).

 

 

  1. O’Brien dans le livre devient O’Connor à cause d’Edmond…

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Histoire, #Cecil B. DeMille
Les Croisades (The Crusades - Cecil B. DeMille, 1935)

Nous sommes en 1187 et la ville d’Acre est retombée aux mains des Sarrasins. Pierre (?) l’ermite (C. Aubrey Smith) va sillonner l’Europe pour lever une Croisade et reprendre la ville.

Après Philippe (C. Henry Gordon), c’est au tour de Richard (Henry Wilcoxon) de se joindre au vieil homme.

En chemin, il rencontre Bérengère de Navarre (Loretta Young) : il succombe à son charme et renie celle qu’il devait épouser, Aelis de France (Katherine DeMille, la fille – adoptive – de).

Malgré cela, la Croisade arrive aux portes de Saint-Jean d’Acre. La guerre peut donc commencer.

 

Bien entendu, nous sommes bien loin de la vérité historique, mais nous nous y attendions : nous sommes au cinéma. Et comme en plus, c’est Cecil B. DeMille, nous savons que le spectacle est ailleurs.

Ailleurs mais bien là : si la guerre est bien là, elle ne représente qu’un quart du film, l’intrigue se resserrant sur Richard et cet amour naissant qui va l’emporter. L’emporter parce que dès le début, il nous est présenté comme bien éloigné des préoccupations amoureuses : ses fiançailles avec Aelis ne l’intéressent pas et de toute façon, il était trop jeune quand ce fut organisé. C’est pourquoi aussi, épouser Bérengère – pour nourrir son armée – devient une formalité remplie par son épée ! C’est seulement quand il verra Bérengère – et surtout qu’il saura qu’elle est sa femme – qu’il va changer : le fougueux et belliqueux roi se mue en amoureux… Jusqu’à ce que l’appel de la guerre revienne à son oreille.

 

C’est donc un étonnant Richard Cœur de Lion qui nous est proposé ici, bien loin du « Roi Richard » qui émaille les différentes adaptations de Robin des Bois. Il est le meneur d’hommes qu’on attendait mais avant tout un homme comme les autres, comme il le démontre avec son fidèle forgeron (Montagu Love). Et c’est son rapport amoureux avec Bérengère qui est surtout mis en avant, devenant alors un enjeu pour la résolution du conflit qui l’oppose à Saladin (Ian Keith). Comme suggéré précédemment, tout est possible au cinéma, et DeMille le confirme tout au long du film, mélangeant certaines péripéties historiques à son gré – l’ermite concerne la 1ère Croisade, alors que nous sommes ici à la 3ème – pour nous offrir une épopée des Croisades qui ne prend sa véritable dimension que dans les parties de batailles.

 

Nous assistons à la reprise d’Acre avec force combats et morts violentes, avec utilisation de machines de guerre incendiaires et cadavres qui tombent dans des douves. DeMille retrouve la fougue de son Jeanne d’Arc, et la blessure de Bérengère nous rappelle évidemment celle de la Pucelle à Orléans, un autre siège.

L’autre bataille est encore plus engagée et pourrait être celle de Hattin, si nous n’étions aussi près de Jérusalem. Encore une fois, qu’importe, nous sommes au…

Quoi qu’il en soit, cette deuxième bataille semble plus meurtrière que la première, surtout parce que nous avons droit à la recherche du forgeron par Richard, parmi un étalage impressionnant de corps meurtris.

 

Bref, encore une fois, DeMille nous régale avec un film très spectaculaire, même s’il faut tout de même attendre le dernier tiers pour que l’intrigue s’emballe (enfin). Heureusement, nous avons la belle Loretta, et aussi quelques seconds rôles intéressants : le ménestrel n’est autre qu’Alan Hale qui, tout comme Montagu Love retrouvera un autre roi Richard dans Les Aventures de Robin des Bois deux ans plus tard ; un jeune moine tonsuré de frais n’est autre que Mischa Auer. Et aussi quelques figures du muet sont aussi présentes : Joseph Schildkraut (le traître Montferrat), William Farnum ou encore Hobart Bosworth…

Du beau monde !

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Marlon Brando
La Vengeance aux deux visages (One-eyed Jacks - Marlon Brando, 1961)

Ils sont deux, coincés au sommet d’une sierra : « Kid » Rio (Marlon Brando) et Dad Longworth (Karl « Big Nose » Malden). L’un des deux doit trouver une nouvelle monture pour permettre aux eux de fuir. C’est Dad qui gagne le tirage au sort. Il laisse donc son Kid et descend l’autre versant. Il trouve des chevaux, mais l’appât du gain est trop fort : il abandonne Kid à on sort et part avec le butin dérobé à la banque.

Cinq ans plus tard, Kid Rio arrive à Monterey, accompagné de Chico Modesto (Larry Duran), avec qui il s’est enfui du pénitencier.

A Monterey, il y a aussi une belle banque.

Mais surtout, il y a un shérif : Dad Longworth…

 

Chaotique.

C’est ainsi qu’on pourrait qualifier le seul film réalisé par Marlon Brando. Chaotique dans sa conception, et aussi dans son exploitation : un four. Donc, tous les ingrédients sont réunis pour en faire un film maudit, et par conséquent culte.

C’est le cas. Et quel film ! Absolument magnifique, et surtout inoubliable. Bien entendu, Marlon Brando est phénoménal. Comme d’habitude. Mais pas seulement lui. Karl Malden, qu’il retrouve à nouveau, est lui aussi à la hauteur de l’événement, tout comme la belle Katy Jurado (Maria Longworth), et bien entendu Pina Pellicer (Louisa). Sans oublier Slim « Hollis Wood » Pickens (Lon Dedrick), personnage d’une veulerie rare. Par contre j’allais oublier un vétéran du genre : Ben Johnson (Bob Amory), à contre emploi de ce qu’il avait l’habitude de faire chez John Ford.

 

Bref, c’est un western crépusculaire de toute beauté, donnant à Brando une occasion de se distinguer autrement : malheureusement pour lui – et donc pour nous – il ne renouvellera pas l’expérience…

Brando tourne ici avec les codes du western – grands espaces, duel aux revolvers, vengeance (etc.) – mais dans une optique qui sera très vite reprise par certains réalisateurs italiens dans les années qui vont suivre : si Brando reste Brando et conserve son charme légendaire, certains protagonistes n’ont pas la même chance. C’est donc le cas de Ben Johnson qui troque sa belle gueule aux yeux bleus pour un visage négligé, voire hirsute qu’on n’attendait pas. Et de manière générale, les personnages du film ne sont pas à proprement parler « beaux ».

 

Et surtout, d’un point de vue moral, on s’éloigne du manichéisme ambiant, voire on inverse les rôles. Kid Rio est le préféré du spectateur alors qu’il n’est rien d’autre qu’un pilleur de banques. Et celui qui représente la loi, Longworth, recueille beaucoup moins les faveurs du public : il faut dire que nous savons ce qu’il a fait, et ce manquement à l’honneur ne nous permet pas de le considérer comme un « gentil ».

Et puisqu’on en est aux caractères, outre Dad, deux autres « méchants » se démarquent : Bob Amory (sa moralité est du même niveau que son apparence, et en plus il tue de sang-froid) et l’adjoint Dedrick. Ce dernier est certainement celui qu’on a le plus de plaisir à détester – preuve d’une certaine réussite du personnage (1).

De plus, Kid Rio s’en sort alors qu’il est un criminel patenté ! Mais n’oublions pas que Brando ne pouvait pas interpréter un vrai méchant, alors si Rio s’en sort, ce n’est pas grave.

 

Au final, c’est un joli coup d’essai que réalise ici Brando, donnant à son western des teintes crépusculaires magnifiquement servies par les prises de vue de Charles Lang. De plus, avoir situé l’intrigue à Monterey nous permet d’admirer l’Océan Pacifique dans toute sa plénitude : les plans proposés sont superbes, et en parfaite adéquation avec le film. Et surtout, il est rare de voir la mer dans un western !

Et je ne résiste pas à en rajouter un peu :

Il y a une dimension freudienne dans le film – merci à Dave Kehr de l’avoir relevée – entre Dad (« papa », donc, en bon français), et son gamin (« Kid »). Et cette relation aboutit inévitablement à la mort du père qui permet au fils de grandir. Sauf que là, la mort est physique, et surtout Rio n’est pas son fils !

 

  1. Et donc du film !

Voir les commentaires

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 200 > >>

Articles récents

Hébergé par Overblog