Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

cinema

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Joseph Losey
Le Rôdeur (The Prowler - Joseph Losey, 1951)

Une femme seule – Susan Gilvray (Evelyn Keyes) – la nuit est une proie facile pour un rôdeur. Heureusement la police veille et les policiers Bud Crocker (John Maxwell) et Webb Garwood (Van Heflin) vont la rassurer. Ce dernier porte à Susan un intérêt très particulier : elle est très jolie et un tantinet délaissée par son (vieux) mari, John Gilvray (Sherry Hall). Bien entendu, ils ont une affaire ensemble.

Une nuit, alors qu’il semble traquer le rôdeur, il tue – accidentellement ? – le mari encombrant. Reconnu coupable d’un homicide involontaire, il est maintenu en liberté. Il va alors épouser celle qu’il aime, Susan.

Le jour des noces, Susan a une grande nouvelle : elle est enceinte depuis quelques mois. Seulement voilà, elle n’était pas censée connaître Webb aussi longtemps avant son mariage…

 

Nous sommes en plein maccarthysme et difficile pour certains scénaristes e travailler : c’est le cas de Dalton Trumbo qui signe ici avec Hugo Butler un scénario brillant, mais n’apparaît pas au générique…
Et quel scénario : deux protagonistes principaux de différentes classes sociales, une histoire d’adultère et un meurtre… Parce que nous savons que Webb a tué de sang-froid Gilvray.

Bref des ingrédients pour un film noir tirant sur le gris (1) filmé avec maîtrise et interprété avec justesse. Avec en prime un brin de scandale : non seulement ils sont amants, mais en plus elle est enceinte hors mariage!

Et encore une fois, Van Heflin est absolument impeccable dans un rôle tout en subtilité : en tant que policier, il a une longueur d’avance quand il s’agit de maquiller un meurtre.

Quant à Evelyn Keyes, elle interprète avec beaucoup de talent cette femme manipulée par cet homme peu clair.

 

Et Losey déroule son histoire, insistant dans le dernier tiers sur les conséquences – fatales, évidemment – de cette relation qui fut avant tout extra conjugale. Ce qui était l’aboutissement devient le début de la fin pour leur histoire : cette annonce ‘une naissance à venir, synonyme de bonheur, devient funeste et surtout relance l’intrigue dans une dimension inattendue !

Dès lors, cela va être la fuite en avant, aussi bien morale que physique : ils doivent cacher cette naissance à venir pour ne pas éveiller de soupçon par rapport à la mort de Gilvray.

Et cette fuite ne peut avoir qu’une issue fatale, la morale l’exigeant.

 

En effet, Webb doit payer pour ce qu’il a fait. Et qui d’autre que la femme qui fut adultère pour le « trahir » ? Et nous abordons alors l’un des reproches qui fut fait au film lors de sa sortie, par certains esprits « bien pensants » : la femme adultère n’est pas punie comme le voulaient les codes de l’époque. Certes. Mais, en trahissant Garwood, Susan ne gagne-t-elle pas d’une certaine façon son salut ?

Et de toute façon, si elle n’est pas punie à la fin du film, on peut raisonnablement imaginer que la suite de son histoire va de nouveau la plonger dans l’élément judiciaire. Mais bien entendu, ceci est une autre histoire qui ne nous intéresse pas ici…

 

Quoi qu’il en soit, Joseph Losey fait ses adieux aux Etats-Unis avec brio, s’exilant définitivement de ce pays qui ne lui pardonne pas certains engagements politiques peu compatibles avec l’état d’esprit ambiant : il faudra tout de même attendre pour qu’il retrouve pleinement sa place outre-Atlantique.

Au fait, Hugo Butler, qui cosigne le scénario – mais apparaît seul – ne tardera pas à rejoindre Trumbo sur la Liste noire.

 

  1. On appelait « films gris » ceux qui incluaient une narration orientée à gauche, à cette époque.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Biopic, #Woody Allen
Zelig (Woody Allen, 1983)

Leonard Zelig (Woody Allen) est un drôle de paroissien : dans un souci d’être intégré et apprécié, il se fond littéralement dans le paysage dans lequel il se trouve. En effet, s’il est avec des médecins, il dissertera médecine avec aisance, en présence d’homme obèses il va rapidement prendre du poids et parmi des gens noirs, sa peau va se mettre à foncer…

On le surnomme l’Homme caméléon.

Mais ces transformations ne sont pas une bonne chose et procèdent d’un désordre psychique fort.

Le docteur Eudora Fletcher (Mia Farrow), psychothérapeute, va le prendre sous son aile et essayer de le guérir.

 

Ce fut une belle surprise quand je suis allé voir ce film. J’aimais beaucoup Woody Allen et son humour particulier, et ce faux documentaire était incroyable ! Monté comme un documentaire de télévision, on y découvrait donc l’histoire improbable de ce petit bonhomme transformiste à l’extrême. Jusque là, rien de bien extraordinaire, me direz-vous, mais c’est la façon de traiter cette intrigue qui fait tout le sel du film. En effet, tout d’abord, il situe son personnage à la fin des années 1920, mêlant avec bonheur – et surtout maîtrise – les images d’archives et les tournages récents : seuls les différents commentateurs – spécialistes, journalistes, écrivains (etc.) sont en couleur, tout le reste est en noir et blanc. Et un noir et blanc souvent travaillé afin de paraître issu directement de cette même époque.

Et comme si cela ne suffisait pas, Woody Allen a même fait retoucher les images pour s’y inclure auprès de personnalités ayant réellement existé.

 

C’est absolument fabuleux, magnifiquement trouvé et surtout, comme nous sommes en 1983 quand le film sort, techniquement parfait : aucune IA n’a été utilisée ni effet numérique !

Quand il s’agit de photos, c’est plus facile, mais quand ce sont des images animées, la gageure est plus élevée, et c’est en cela que ce film de Woody Allen sort de ses sentiers battus, même si Zelig est un personnage tout à fait « allenien », avec ses doutes et ses éléments comiques.

Les différentes transformations de Leonard sont savoureuses, et en particulier quand il se transforme en Grec.

Bien entendu, le point culminant qui le voit côtoyer Hitler est véritablement époustouflant : il réussit même à le faire se retourner !

 

On suit alors avec beaucoup d’intérêt – et le sourire aux lèvres – les différentes pérégrinations de cet homme insignifiant qui passe du jour au lendemain de l’ombre à la lumière, à une époque d’excès qui sera freinée par la grande Dépression.

Il faut voir les différents produits dérivés, tout aussi absurdes les uns que les autres pour se rendre compte de la folie de ces années d’insouciance. Sans oublier les chansons et autres danses absolument absurdes et donc formidables !

 

Mais c’est surtout dans la structure du film que Woody Allen s’épanouit, mêlant les archives et les images récentes avec beaucoup de maîtrise, rendant ce documentaire tout à fait crédible.

Il faut dire que les différents professionnels qui interviennent jouent magnifiquement le jeu et dissertent avec beaucoup d’aisance sur ce personnage inventé comme s’ils l’avaient toujours connu. Ils donnent une existence plus que vraie à Zelig, renforçant le décalage créé par cette invention.

 

C’est brillant. Tout simplement.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Chris Sanders
L'Appel de la forêt (The Call of the wild - Chris Sanders, 2020)

Buck est de retour !

Et cette fois-ci, il ressemble vraiment à celui qui fut décrit par Jack London : un croisement de saint-bernard avec un berger écossais (le chien !). Tout de suite, c’est un chien qui en impose et on comprend plus facilement comment un tel chien peut tracter un traîneau chargé d’une tonne de matériel.

Sauf qu’ici, pas de pari insensé : Buck  est un chien de traîneau et puis c’est tout.

Mais reprenons. Le chien est donc enlevé à son maître le juge Miller (Bradley Whitford) et envoyé dans le Nord afin qu’il rejoigne le Yukon. En chemin, il rencontre un vieil homme qui fruit la civilisation, John Thornton (Harrison « Indiana Jones » Ford).

Après avoir été livreur de courrier avec Perrault (Omar Sy) et Françoise (Cara Gee), il est acheté par Mercedes (Karen Gillan), son mari (Colin Woodell) et surtout son frère Hal (Dan Stevens). Ce dernier est le véritable méchant de l’intrigue.

Finalement, Buck se retrouve avec Thornton, mais ne peut résister à l’appel de la forêt, surtout quand il se présente sous la forme d’une jolie louve blanche.

 

Dernière adaptation en date (la 4ème au cinéma), elle se démarque des autres par une multitude de décors à couper le souffle (merci le numérique), et une utilisation – raisonnée – de ce même numérique pour créer ce chien étonnant. C’est très beau et surtout, il n’y a aucun problème pour que le chien fasse ce qu’on lui demande !

Quoi qu’il en soit, Chris Sanders adopte le plus possible le point de vue du chien et on va suivre – avec plaisir encore une fois – les différentes péripéties qui vont au final le ramener à la nature.

Mais alors que le film d’Annakin (1972) insistait sur la rudesse des personnages et des lieux, celui de Sanders est un véritable produit de son époque, avec surtout en public « ciblé » la famille. La violence est limitée et les traces de mort – animaux et humains tombés sur le chemin de ce nouvel eldorado – ont tendance à être gommées. De même, la façon de filmer les chiens quand ils participent à la tournée postale relève plus d’un film Disney (1) que d’un film réaliste : il ne leur manque que la parole !

De même la violence entre le chien Spitz et les autres n’apparaît pratiquement plus : seul un affrontement entre lui et Buck subsiste. Et de cet affrontement, s’ensuit le départ de Spitz, vaincu.

 

Et avec ce resserrement sur le chien, le film a tendance à perdre en réalisme. Certes, les séquences avec Thornton sont les plus intéressantes et les mieux développées, mais ce qui faisait le charme du film d’Annakin a disparu. Et le monde des hommes est réduit à sa plus simple expression.

Autre élément peu vraisemblable : la présence de Perrault comme employé de la poste. En effet, on a du mal à croire qu’un homme noir ait une telle responsabilité à cette époque (fin du XIXème siècle), et accompagné d’une Indienne.

Mais nous sommes au cinéma, alors tout est permis (2).

Dernier élément qui inscrit le film dans notre époque actuelle : les Indiens qui tuent Thornton ont totalement disparu (3) et c’est l’infâme Hal qui tue le gentil vieil homme.

 

Malgré tout cela, le film se laisse regarder avec plaisir et ce chien est encore meilleur que le Buck 1972 : normal, il n’existe pas.

C’est bien connu, la perfection n’existe pas…

 

  1. Normal, la firme D. a racheté la Fox.
  2. Et puis il y a le cahier des charges du film…
  3. Plus politiquement correct.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Ken Annakin
L'Appel de la forêt (The Call of the wild - Ken Annakin, 1972)

Buck (dans son propre rôle), est un chien de maison, enlevé par un serviteur peu scrupuleux et vendu à un négociant. Toujours est-il qu’il se retrouve à Seattle, en route pour l’Alaska et surtout le Klondike, où se dirigent John Thornton (Charlton « Ben Hur » Heston) et son acolyte Pete (Raymond « Michel Strogoff » Harmstorf) : on y a trouvé de l’or !

Si Pete est attiré par le métal précieux, il en va tout autrement de John qui ne cède pas à cette fièvre.

Mais, loin de ces considérations trop humaines, Buck est appelé par la nature sauvage qui l’entoure : répondra-t-il à cet appel de la forêt ?

La séquence d’ouverture ne nous laisse aucun doute quand à sa réponse : il est déjà retourné à la nature, dirigeant une meute de loups. Mais ce qui intéresse Ken Annakin, c’est de nous montrer comment il y est parvenu, à travers des péripéties plus ou moins violentes, où nombre de chercheurs d’or perdront la vie, et pas toujours à cause du froid.

 

C’est un drôle de western que nous propose ici Ken Annakin : nature sauvage, paysages somptueux et Indiens agressifs sont de la partie, mais force reste au chien, véritable témoin de cette histoire.

A la différence de la version précédente (avec Clark Gable dans le rôle de Thornton), Annakin reste plus fidèle au livre, même s’il ne peut s’empêcher, à son tour, d’insérer un personnage féminin de premier plan : Calliope Laurent (Michèle « Angélique » Mercier).

Ce personnage n’est pas indispensable, certes, mais il ajoute une touche féminine appréciable, et revoir la belle Michèle est tout de même un plaisir. Et bien entendu, Calliope est séduite par le ténébreux John Thornton…

 

Autant le dire tout de suite, je préfère la version de Wellman, même (surtout ?) si elle s’éloigne du roman original. La distribution internationale obligeant à présenter une version doublée – seul Heston parle vraiment anglais ! – qui peut agacer à la longue (c’est le cas pour moi).

Quoi qu’il en soit, la recréation de cet épisode aurifère est très certainement l’élément le plus intéressant du film, avec certaines séquences qui suivent le chien-loup retourner progressivement à la nature. En effet, même si le film fut tourné en Europe (du nord, surtout), on retrouve tout de même des images issues de cette ruée vers l’or : la passe de Chilkoot (1), avec cette ligne ininterrompue de prospecteurs qui s’essaient à la franchir, ou encore la ville champignon de Dawson qui évolue, la toile des murs, synonyme d’état temporaire, laissant la place au bois, première étape de la pérennité de cette ville.

 

Au final, si ce film n’est pas extraordinaire, il n’en demeure pas moins une adaptation honnête du roman de Jack London, où le chien Buck est un très bon interprète : il en volerait la vedette à Heston !

C’est peut-être la raison inavouée pour laquelle ce dernier n’aimait absolument pas ce film… (2)

 

  1. Sans le Vagabond !
  2. Bien sûr que non.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guerre, #Gillo Pontecorvo
La Bataille d'Alger (La battaglia di Algeri - Gillo Pontecorvo, 1966)

De la Toussaint 1954, au 19 mars 1962, ce sont presque huit années de guerre qui se sont déroulées loin de Paris, dans un territoire alors français : l’Algérie. Jamais, les autorités françaises n’ont parlé de guerre – civile ou non – mais plutôt d’« événements » : une « guerre qui n’ose pas dire son nom ».

Ici, nous nous focalisons sur Alger, et surtout la Bataille qui eut lieu en 1957, amenant l’intervention de l’armée française dans la capitale algérienne. Avec, évidemment, les résultats attendus…

 

Impressionnant.

Gillo Pontecorvo (avec Yacef Saâdi) nous propose ici une sorte de témoignage sur la décolonisation douloureuse de l’Algérie. Et si aucun élément d’archives n’a été utilisé dans le film, le résultat reste absolument bluffant. En effet, nous avons ici une représentation très réaliste de ce que fut ce conflit qui a entraîné beaucoup (trop) de morts, avec en prime l’attitude fortement contestable (euphémisme) de la France qui n’était pas prête – alors – à lâcher ses bouts d’empire.

Bien entendu, c’est essentiellement le point de vue des insurgés qui est utilisé tout au long du film. Mais cela n’en est pas pour autant un point de vue manichéen : il n’y a pas les méchants Français et les gentils Algériens. Personne n’est tout bon ou tout mauvais, ce sont les circonstances qui définissent les différents protagonistes.

 

En effet, du point de vue algérien, ce sont de nombreux attentats ponctuels qui sont privilégiés dans la lutte contre « l’occupant » français : bombes, exécutions sommaires dans les rues… C’est une résistance qui en rappelle une autre qui eut lieu quelques années plus tôt, contre un autre occupant. Et le colonel Matthieu (Jean « Sullivan » Martin) évoque cette époque antérieure en réaction contre ceux qui traitent de nazis les militaires français.

Il faut dire que ces mêmes militaires ne font pas spécialement dans la dentelle : entre les interrogatoires poussés (la torture) et la répression à balles réelles, la différence avec ces mêmes nazis devient de plus en plus ténue.

Et ce même colonel Matthieu – dont le nom rappelle un général français de l’époque qui a supervisé ces mêmes événements – est une bonne illustration de l’absence de manichéisme de l’intrigue : Matthieu semble un homme intègre et de parole, même s’il justifie en même temps la torture.

 

Bref, c’est un film plutôt militant qui donne une vision approchée de ce que fut ce conflit et en particulier la bataille titulaire. Et Pontecorvo confronte les deux points de vue : d’un côté les Algériens et leur souhait – légitime – d’accéder à l’indépendance ; de l’autre les « pieds-noirs » qui sont installés depuis cent trente ans et qui ne voient pas pourquoi les choses changeraient.

Cet aspect militant vient aussi du fait que le film a pour base les souvenirs de Saâdi, emprisonné quelques mois après la bataille et jusqu’à la fin de la guerre. Cela explique aussi la constante proximité de la caméra de Marcello Gatti, au cœur de l’action, quel que soit le point de vue choisi.

De plus, les différents interprètes (sauf Jean Martin) furent choisis pour leur ressemblance avec les véritables protagonistes de ce conflit algérois, donnant encore plus de force au côté documentaire du film.

 

Bien entendu, en France, ce film ne laissa pas indifférents ceux qui avaient participé à ces événements et certaines projections furent émaillées d’incidents assez graves, certains n’hésitant à utiliser la violence – après les menaces – pour en empêcher la projection :

La France a toujours eu du mal avec son passé peu glorieux.

Il faudra attendre 2004 avant que la télévision française se décide (enfin) à le diffuser.

Ali « La Pointe » Ammar / Mohamed Larbi Ben M'hidi / Hassiba « Halima » Ben Bouali

Ali « La Pointe » Ammar / Mohamed Larbi Ben M'hidi / Hassiba « Halima » Ben Bouali

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Musical, #Otto Preminger
Carmen Jones (Otto Preminger, 1954)

On prend les mêmes (ou presque) et on recommence.

Tout d’abord, on traverse l’Atlantique pour les Etats-Unis. Ensuite, on choisit une distribution exclusivement afro-américaine et on bidouille un tantinet les paroles : le tour est joué. Voici une nouvelle Carmen qui n’a rien à envier à celle de Prosper Mérimée. Par contre celle de Bizet…
D’ailleurs, le film a été interdit pendant 27 ans en France, les héritiers n’acceptant pas spécialement cette nouvelle version.

Pourtant…

Carmen (Dorothy Dandridge) est toujours aussi belle, aussi indépendante et chant toujours aussi bien. Don José est devenu Joe (Harry Belafonte) et est toujours militaire. Quant à Escamillo, le « toréador », il se nomme Husky Miller (Joe Adams) et est maintenant boxeur.

Pour le reste, l’intrigue n’a pas changé : à la fin, Carmen meurt.

 

C’est un film particulier dans la carrière du cinéaste Otto Preminger. Certes, il a fait chanter ses interprètes (Marilyn Monroe dans La Rivière sans retour) mais un film (presque) complètement musical n’est pas dans ses habitudes. Malgré cela, ça fonctionne et on a plaisir à suivre le destin – malheureux – de la belle Carmen, même si on connaît l’issue fatale de l’intrigue.

Bien sûr, ce qui nous intéresse, c’est cette adaptation moderne d’une histoire, somme toute, intemporelle.

Et Preminger, adaptant en cela l’œuvre d’Oscar Hammerstein II, nous livre ici une version impeccable même si elle est un peu éloignée de l’œuvre originale de Bizet. Ayant grandi avec cette œuvre originale, je ne peux que le constater. Mais cela ne veut pas dire que je la désapprouve. Bien au contraire. Preminger donne une nouvelle jeunesse à cet opéra, reprenant tout de même les grands épisodes, et s’arrangeant avec le reste. Et si José devient Joe, rien de plus normal, par contre on sourit quand Escamillo devient Husky Miller, un à peu près phonétique très savoureux.

 

Bien évidemment, Dorothy Dandridge est une Carmen magnifique, et on peut s’étonner d’un certain laxisme quant à l’intrigue. EN effet, Joe et elle ne sont pas du tout mariés et ils vivent dans un appartement avec un seul lit ! De plus, il ne fait aucun doute quant à la relation charnelle qui a eu lieu entre Joe et elle après leur premier baiser. Certes, le code Hayes était en perte de vitesse, mais il était toujours effectif ! Quoi qu’il en soit, à nouveau ce code montrait ses limites face à une telle intrigue.

 

Et plus de 70 ans après le film – et 180 après la première publication de la nouvelle – on ne peut que remarquer l’incroyable actualité de cette œuvre. Parce que, au final, l’histoire de Carmen, c’est avant tout un féminicide assumé. Joe – don José – tue Carmen parce qu’il ne supporte pas qu’elle l’ait quitté pour un autre. Et quand nous nous penchons sur les faits divers décrivant les meurtres de femmes – malheureusement trop nombreux – on retrouve à chaque fois cette même motivation chez le meurtrier à savoir qu’il n’accepte pas que celle qu’il a aimée parte pour un autre.

Et qu’elle soit en musique, comme ici, ou sans accompagnement – le reste du temps – le résultat est le même : une femme est morte. Et on aura beau mettre en avant un manque de morale chez elle – vraiment ? – on ne peut justifier une telle fin.

 

Quoi qu’il en soit, Otto Preminger prend son temps pour filmer cette tragédie annoncée (des plans beaucoup plus longs que la norme hollywoodienne de l’époque), et nous offre une belle version, soutenue par une distribution qui, si elle ne chante pas en direct (sauf Pearl Bailey, qui interprète Frankie), est à la hauteur de l’événement.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Fritz Lang
La Femme au portrait (The Woman in the window - Fritz Lang, 1944)

Dans la vitrine d’une galerie, un portrait. Celui d’une jeune femme très belle. Et personne ne s’y trompe, pas même le petit professeur (assistant) de psychologie Richard Wanley (Edward G. Robinson).

Un soir qu’il sort de son club, alors qu’il admire une nouvelle fois le portrait, il fait la rencontre de la jeune femme, Alice Reed (Joan Bennett) qui y est représentée. Elle l’invite à venir chez elle consulter des esquisses. Il accepte.

Et là, sa vie bascule.

Se présente alors Frank Howard (Arthur Loft), qui a un peu plus que des vues sur la jeune femme. Ce dernier s’en prend à Wanley qui n’a d’autre solution que de le tuer. Mais que faire du cadavre ?

Et surtout, une fois débarrassé de ce fardeau encombrant, que dire à la police qui a retrouvé le corps ?

 

Fritz Lang s’amuse. Il s’amuse de ce petit professeur à la vie bien rangée qui rencontre la personne qu’il aurait dû ignorer. Certes, il est difficile de résister à une telle apparition, mais tout de même. Wanley est un bon père de famille (une femme et deux enfants) à qui il n’arrive plus rien depuis un bon moment. Tout d’u moins, c’est ce qu’il déclare à ses deux amis : le docteur Barkstane (Edmund Breon) et le procureur Lalor (Raymond Massey). Et ces deux amis sont très importants dans cette intrigue à première vue improbable : Lalor est celui qui supervise l’enquête autour du meurtre de Howard (qui s’appelle en vrai Mazard).

Et c’est là que Lang s’amuse, en plaçant Wanley au plus près de l’enquête, il accumule les clins d’œil au spectateur – qui connaît la vérité – en multipliant ce qui ressemble à des faux pas de la part du professeur.

 

Mais malgré tout, on retrouve un thème cher à Lang dans cette semi-comédie : la culpabilité. C’est d’ailleurs avec ce concept que s’ouvre le film, Wanley faisant une conférence à ce propos. C’est d’ailleurs amusant d’y penser quand on sait ce qu’il va lui arriver.

Et il faut avouer que malgré ses précautions, Wanley est bien maladroit : entre la coupure et la déchirure sur le même fil de fer barbelé, sans parler de l’empreinte des pneus de sa voiture, comment peut-il s’imaginer échapper au flair des policiers, et en particulier de l’inspecteur Jackson (Thomas E. Jackson), véritable limier.

De même, Lang va jouer sur la culpabilité d’Alice Reed, complice du professeur. Et c’est là qu’intervient un personnage formidable : Heidt. Et comme c’est Dan Duryea qui l’interprète, on se doute que ce personnage n’est pas vraiment du bon côté de la barrière : c’est un maître chanteur (habile) qui joue avec sa proie – Alice – avec beaucoup d’habileté. Et Dan Duryea est un interprète parfait pour ce personnage, alternant le charme et la force, pour arriver à son but : soutirer un maximum d’argent à sa victime.

 

Avec cette Femme au Portrait, Lang réussit un beau tour de force. Non seulement il réalise un très beau film noir, mais il l’émaille d’éléments un tantinet comiques, désamorçant d’une certaine façon l’aspect oppressant de l’intrigue (un homme est tué, ne l’oublions pas !). Et pour réussir, il s’appuie sur un trio gagnant :

- Edward G. Robinson est – ça n’a rien d’étonnant – impeccable. Il campe un quidam avec beaucoup de conviction, et à mesure que l’étau se resserre autour de lui, il nous donne l’impression de se rabougrir, de vieillir prématurément jusqu’au point de non retour.

- De son côté, Joan Bennett interprète avec beaucoup de justesse cette femme pas si claire que ça. Elle est une belle apparition, un rêve qui va vite tourner au cauchemar

- Quant à Dan Duryea, relisez ce qui précède. L’osmose est tellement complète qu’il les réutilisera dans son film suivant, où encore une fois, le personnage de Robinson va tuer quelqu’un…

 

Au final, un formidable film de Fritz Lang, mené de main de maître de bout en bout, et interprété par un trio convaincant.

On peut toutefois reprocher une chose : que l’affiche française ait placé un pistolet dans la main d’Alice pendant que Wanley se fait étrangler.

D’un autre côté, on peut imaginer la surprise des spectateurs quand Howard est tué…

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Eran Riklis
Lire Lolita à Téhéran (Leggere Lolita a Teheran - Eran Riklis, 2024)

Depuis 1997, Azar Nafisi (Golshifteh Farahani) habite aux Etats-Unis. Elle a fui son pays, l’Iran, qu’elle avait retrouvé avec la révolution islamique de 1979.

Malheureusement, l’espoir suscité par cette révolution s’est rapidement éteint, surtout pour les femmes : port du hidjab obligatoire, moralité, invisibilisation des femmes…

C’est cette période qui va de son retour à son deuxième départ qui nous est raconté ici, à travers elle et aussi d’autres femmes avec qui elle partage une passion commune : la littérature occidentale. Avec, bien entendu, des personnages féminins emblématiques.

 

Superbe.

Une intrigue qui mêle subtilement la grande et la petite histoires, des images bien léchées, un rythme lent qui permet de s’approprier ces images… Vraiment, c’est un très beau film que nous propose Eran Riklis, soutenu par une distribution impeccable, dont une bonne partie d’interprètes partie prenante d’un tel sujet : beaucoup d’actrices et acteurs viennent d’Iran et sont, pour la plupart interdits là-bas pour avoir tourné avec l’ennemi.

Et on ressent dans le jeu de ces différentes personnes l’implication dans un tel sujet.

 

Parce que Eran Riklis montre, sans pour autant être spectaculaire, la lente déshumanisation des femmes au début de la « révolution », passant progressivement au statut de citoyenne de deuxième zone. Avec, comme le dit l’introduction, des signes avant coureur qui auraient (peut-être) pu – dû ? – être remarqués : l’arrivée à la douane de l’aéroport pose cette base dans le rapport entre Azar et le douanier.

Ensuite, c’est l’enchaînement inévitable qui amène le hidjab, avec au passage quelques victimes civiles, forcément injustes. Et c’est intéressant de voir que cette professeur maintient son cours – manifestement incorrect – dans cette société qui se radicalise, devenant alors une sorte de contre pouvoir illustré par la condition féminine.

Et les différents ouvrages cités ne sont pas anodins, comme elle l’explique auprès de ses élèves. Ces mêmes élèves qui vont accentuer la différenciation de genre déjà en place : les hommes – déjà séparés des femmes en classe (un côté pour chaque sexe) vont devenir les tenants de cette révolution et affirmer leur pouvoir ascendant sur les femmes.

Pas étonnant donc que des femmes, sous la direction d’Azar, continuent leur éducation « féministe » hors de l’université, voire clandestinement.

 

Il est clair que le film, comme nous prévient un intertitre d’ouverture, montre crûment la violence faite aux femmes, même s’il ne va pas jusqu’au bout de l’horreur, utilisant la suggestion, beaucoup plus forte (cris de femme). Et cette oppression faite aux femmes se ressent dans la façon de tourner, avec beaucoup de séquences d’intérieur et de plans rapprochés. Mais, heureusement, Riklis nous accorde quelques pauses qui aèrent salutairement son film, ramenant un soupçon d’optimisme dans le cœur des ces protagonistes.

On retiendra en particulier deux moments forts :

  • la séquence qui voit Azar et le Magicien (Shabbaz Noshir) assis sur un banc, se remémorer le Téhéran d’avant ; c’est absolument étranger à ce qu’est devenue la capitale qu’on en vient à douter qu’une telle période ait pu exister ;
  • l’autre, c’est quand les jeunes femmes appréhendent Jane Austen et tentent d’exécuter une danse codifiée tout en se parlant. Le résultat n’est pas concluant, mais elles en sortent en interprétant une de leur danse traditionnelle, chantant pour rythmer leurs pas. Là encore, nous sommes à des années-lumière de ce qu’il se passe hors les murs de l’appartement d’Azar.

 

Cette dernière séquence, combinée avec le thème général du film (la littérature anglo-saxonne) exprime très bien le contre pouvoir que peut représenter la culture. En lisant, en dansant, ces femmes sortent de leur condition – misérable – et vivent autrement. Pas étonnant qu’elles aient alors des idées que le régime considère comme « impures ».

Pas étonnant surtout, parce que dans toute dictature, on commence par attaquer la culture et l’interdire.

 

Alors lire Lolita, à Téhéran, c’est faire preuve de résistance face à un système inique.

 

 

Azar Nafisi

Azar Nafisi

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Blake Edwards, #Audrey Hepburn
Diamants sur Canapé (Breakfast at Tiffany's - Blake Edwards, 1961)

Paul « Fred » Varjak (George Peppard), écrivain, vient de s’installer dans un appartement de New York. Juste en dessous, il a pour voisine une jeune femme bien singulière : Holly Golightly (Audrey Hepburn. Tout de suite, ils s’entendent bien, mais la vie de Holly est beaucoup trop imprévisible pour Paul : comme le déclare son agent, O.J. Berman (Martin Balsam), « elle est bidon. » (1)

Si elle est vraiment Holly Golightly, pourquoi un homme – Doc (Buddy Ebsen) – déclare être son mari et surtout que son véritable prénom est Lulu-Mae ?

 

C’est une comédie très enlevée que nous propose ici Blake Edwards, et il faut l’avouer, Audrey Hepburn est absolument phénoménale. Tout d’abord parce qu’elle n’était pas – personnellement – comme Holly (c’est donc un véritable rôle de composition), mais surtout, le rôle était prévu pour Marilyn Monroe !

Quoi qu’il en soit, ce sont cent quinze minutes très réjouissantes auxquelles nous assistons, à suivre la vie fantasque de cette jeune femme qui débarque dans la vie de Paul comme un ouragan mais qui, heureusement, ne repart pas, même si elle a tout chamboulé.

Parce que ce n’est pas un scoop : ils finissent ensemble !

Et tout l’intérêt réside dans la réunion finale (et inévitable !).

 

Il est clair que la vie de Holly n’est pas des plus roses, mais heureusement, il y a la bijouterie Tiffany (5th Avenue, Manhattan) dont les collections l’emmènent ailleurs et surtout lui remontent le moral. Bien entendu, Paul aussi lui remonte le moral, mais ce n’est pas pareil…

Quoi qu’il en soit, Holly est un véritable raz-de-marée qui nous submerge dès sa première apparition, et il faut toute la force de caractère de Paul pour la dompter. Et aussi beaucoup de patience.

 

Et comme nous sommes chez Blake Edwards, la comédie est omniprésente. Outre le duo vedette, on découvre quelques personnages qu’on pourrait aisément qualifier de « gratinés » : de O.J. Berman et ses « Freddy Baby » à Paul, jusqu’à Mag Wildwood (Dorothy Whitney) et son mortel ennui (celui qu’elle partage aux autres), en passant par Sally Tomato (celui qu’elle partage aux autres), en passant par Sally Tomato (Alan Reed), sans oublier les nantis, ce sont des personnages plus ou moins improbables qui gravitent autour de la jeune femme : difficile alors pour Paul de s’imposer !

 

Bref, c’est une comédie incontournable : pour Audrey Hepburn, tout d’abord et son jeu plein de fraîcheur ; mais aussi pour tous ceux qui gravitent autour d’elle et qui lui permettent de s’exprimer pleinement et nous donner une très belle prestation.

 

Un film qui fait du bien.

 

NB : un (Petit ? Grand ?) bémol cependant. Le personnage de Yunioshi, photographe d’origine japonaise est interprété par Mickey Rooney. Non seulement, on pourrait se passer de ce personnage sans beaucoup altérer l’intrigue (sauf pour les clés…) mais surtout il campe un personnage caricatural à la limite du racisme. Certes, son maquillage est splendide, mais ça n’efface pas cette tache sur ce film. Un acteur d’origine japonaise aurait certainement atténué ce débordement. Edwards l’a regretté… Bien après !

 

PS : le nom de Holly, « Golightly » lui va comme un gant. En effet, la traduction littérale pourrait être « aller légèrement », ce qui est une expression qui lui sied. Et ça m’étonnerait que Truman Capote (l’auteur du roman éponyme adapté) ait choisi ce nom par hasard…

 

  1. "She’s a phoney."

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Michael Anderson
La Lame nue (The naked Edge - Michael Anderson, 1961)

Cette « lame nue », c’est celle qui nous est présentée pendant le générique. Elle appartient à ce qui ressemble à une dague mais pourrait bien être plutôt un coupe-papier. Mais c’est surtout la lame qui s’est enfoncée dans le ventre de Jason Roote (Martin Bodey), l’associé de George « Cliff » Radcliffe (Gary Cooper).

Un homme a été arrêté, Donald Heath (Ray MacAnally) et c’est le témoignage de Radcliffe qui amène sa condamnation.

Mais un homme fait chanter Radcliffe : en effet, il n’y avait que lui le soir de la mort de Roote. Et si ce n’était pas Heath le meurtrier ? Et d’où vient cette grosse somme d’argent qui a permis à ce même Radcliffe de monter une autre affaire ? En effet, l’homme qui a tué Roote a aussi emporté une sacoche remplie de billets, qu’on n’a pas retrouvés.

Martha (Deborah Kerr), la femme de Radcliffe, commence à se poser des questions…

 

Quand le film est présenté pour la première fois (le 28 juin 1961), cela fait déjà plus d’un mois que Gary Cooper a fait ses adieux définitifs, terrassé par le cancer (13 mai). Ce fut, bien entendu, un tournage très éprouvant pour lui, et malheureusement, le film fut un échec. Malheureusement parce que, même si l’immense Gary a joué dans des films plus prestigieux, ses adieux – involontaires – auraient tout de même mérité un meilleur accueil public.

Certes, Michael Anderson n’est peut-être qu’un réalisateur de seconde zone, mais il réussit ici à donner une certaine épaisseur à son film, jouant sur les zones d’ombre de ce meurtre.

 

Parce que Radcliffe a beau être interprété par l’un des acteurs les plus positifs d’Hollywood, le spectateur se demande constamment quel a été le véritable rôle de Radcliffe dans cette sombre intrigue. Et c’est à travers Martha – formidable Deborah Kerr (1) – que ce développe les doutes qui vont atteindre le spectateur. Il faut dire que l’intrigue aide beaucoup : à peine Heath condamné, Radcliffe parle d’une rentrée importante d’argent – on pense alors aux 60.000 livres dérobés à Roote – qui va lui apporter un niveau de vie plus élevé. Mais cette (injuste ?) condamnation fait aussi intervenir le maître chanteur qui va insinuer le poison du doute, Jeremy Clay (Eric Portman).

Ce doute va amener un face-à-face absolument splendide entre deux grandes stars : et je me répète, nous avons beau avoir du mal à imaginer Gary Cooper passer du côté obscur, nous sommes gagnés par ce même doute. La situation tourne trop facilement en sa faveur. Et c’est là qu’est tout le sel du film, démontrant une dernière fois (comme s’il était besoin de le faire…) l’immense talent de Gary Cooper qui réussit, dans son rôle, et surtout auprès des spectateurs, à relayer la suspicion à son encontre.

 

Et, à l’instar de la voix qui nous encourage à la fin du film, à ne rien révéler aux autres (futurs spectateurs ?), je ne vous dirai pas comment Anderson résout son intrigue…

Par contre, cette voix finale surfe – dirait-on aujourd’hui – sur l’effet Psychose qui demandait la même chose.

Malheureusement, cela n’a pas suffi à sauver le film. Dommage, parce qu’il méritait (et mérite encore) un détour...

 

  1. Pourrait-il en être autrement ?

 

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 200 > >>

Articles récents

Hébergé par Overblog