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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

cinema

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Chuck Russell
The Mask (Chuck Russell, 1994)

1994 : grande année pour Jim Carrey.

En effet, trois films (1) où il est en haut de l’affiche sortent et il passe dès lors au premier plan, enchaînant les succès.

Et ce Mask, c’est du sur mesure, ou presque !

A l’instar de son interprète, le Mask possède une dentition remarquable et une souplesse incroyable. Bref, Jim Carrey est son personnage, et nous en profitons !

 

Stanley Ipkiss (Carrey, donc) est employé de banque, un tantinet trop gentil, naïf et idéaliste. Et ce ne sont pas des qualités très prisées à Edge City. Mais un soir, alors qu’il croyait sauver une forme qui se noyait, il trouve un masque viking en bois. Une fois essayé, Stanley se métamorphose : il est un homme au visage vert et imberbe, aux manière très éloignées de ce qu’il est : « the Mask ».

Seulement voilà, à l’instar de Mr. Hyde pour Jekyll, cet avatar échappe à tous contrôles et rapidement, Stanley est recherché par la police : même s’il portait un masque, c’est bel et bien lui qui a dévalisé la banque où il travaille…

Mais s’il n’y avait que ça…

 

Bien entendu, Jim Carrey est absolument époustouflant. Certes, les effets spéciaux sont omniprésents et accentuent les différentes mimiques de l’acteur. Mais force est de constater qu’il s’en tire à merveille, interprétant ce véritable hommage à Tex Avery. Doublement parce que Stanley est avant tout un grand fan du maître du cartoon, mais aussi parce que son personnage se comporte comme l’une de ses créatures, et en particulier le loup. Nous avons d’ailleurs droit à la séquence où le Mask regarde la belle Tina (Cameron Diaz) chanter, telle le petit Chaperon rouge (Red hot riding Hood, 1943) ou encore Cendrillon (Swing shift Cinderella, 1945). Le tout avec les effets sonores adéquats.

C’est du grand n’importe quoi dès que le visage vert apparaît, et c’est tant mieux ! Avec en point d’orgue les policiers venus l’arrêter, entraînés dans une chorégraphie impromptue. Impromptue mais savoureuse !

 

C’est une centaine de minutes de plaisir où l’on découvre une jeune actrice (elle a encore 21 ans quand le film est présenté) qui fera parler d’elle : Cameron Diaz.

Bien entendu, le méchant (condition sine qua non de réussite du film), Dorian (Peter Greene), est à la hauteur de l’événement, et encore plus quand il récupère le masque et l’enfile. Il est aussi répugnant que sa voix est désagréable : tout ce qu’il faut pour s’attirer les inimitiés.

Bien entendu, comme nous sommes dans une comédie, tout se terminera bien, ce dont nous ne doutons à aucun moment, l’intérêt étant de voir comment on y parvient !

Et la palme du meilleur second rôle échoit bien sûr à Max, qui interprète Milo, le chien de Stanley, qui va lui aussi enfiler le masque…

 

Bref, si ce n’est déjà fait, précipitez-vous sur ce film fichtrement bien ficelé, où les effets spéciaux numériques sont encore balbutiants mais tout de même très efficaces, et surtout bien réalisés et n’empiètent pas sur l’intérêt de l’intrigue, ce qui n’est pas toujours le cas… Surtout dans les années qui ont suivi !

 

 

  1. Les deux autres : Ace Ventura : Pet Detective et Dumb & Dumber.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Gangsters, #Robert Siodmak
Les Tueurs (The Killers - Robert Siodmak, 1946)

Ils sont deux, Max (William Conrad) et Al (Charles McGraw). Ils sont venus tuer un homme : Pete Lung, plus connu (par les services de police) sous le nom de Ole Henderson (Burt Lancaster), dit « Le Suédois ».

Pourquoi deux tueurs à gage ont-ils descendu un pompiste d’une petite ville ? C’est ce que va chercher à expliquer Jim Reardon (Edmond O’Brien) qui travaille pour une compagnie d’assurance : Lung/Henderson a légué son assurance-vie à une obscure femme de ménage d’un non moins obscure hôtel d’Atlantic City.

Qui était donc cet homme « sans histoire », mort un soir dans sa chambre, exécuté par deux étrangers de la grande ville ?

 

Oui, nous le savons (presque) tous : il s’agit du premier film avec Burt Lancaster au premier plan. Ainsi que les débuts – remarqués (1) – d’Ava Gardner (Kitty Collins). Mais cela ne suffit pas à faire un chef-d’œuvre. Parce que Robert Siodmak signe là encore un film inoubliable doté d’une grande maîtrise technique (1).

A partir d’une petite anomalie, un homme qui désigne une femme qu’il n’a croisée qu’une fois pour bénéficier de son « héritage », Siodmak nous entraîne dans les bas-fonds vers une histoire sordide où finalement, peu en réchappent.

Bien sûr, l’utilisation du flash-back est primordiale, et d’une certaine façon, la quête de Reardon fait penser à celle du journaliste dans Citizen Kane.

C’est une sorte de négatif de cette recherche : Kane était un personnage important dont la dernière parole faisait référence à un détail (insignifiant ?) de sa vie, alors qu’ici c’est la vie d’un personnage somme toute insignifiant qui nous emmène vers un épisode conséquent : le braquage d’un bureau de paie, avec 250.000 dollars à la clé (une somme pour 1946 !).

 

Nous allons donc suivre cette quête qui va nous raconter le destin d’un petit bandit (Henderson), tombé dans la truande parce qu’il ne pouvait plus boxer, à travers ceux qui l’ont (le mieux ?) connu. Et Siodmak use sans abuser du flash-back, appuyé par un montage impeccable (merci Arthur Hilton), condition sine qua non à la maîtrise du procédé.

Et si la nouvelle d’Hemingway – à l’origine du scénario – n’a plus grand-chose à voir avec le film (à moins que ce ne soit le contraire…), tant pis (pour Ernest), parce que le film n’en est que plus exceptionnel.

Et la première intervention de Lancaster est elle aussi dans cette lignée.

C’est bien lui que ces hommes sont venus tuer, et il y a chez Henderson une fatalité chrétienne qui s’exprime : il a fait quelque chose de mal, il doit donc payer pour ça.

 

Et Siodmak souligne la fatalité (volontaire) qui caractérise son personnage : quand Nick Adams (Phil « Uncle Owen » Brown vient le prévenir que sa vie est en danger, il est déjà allongé sur ce qui va être son lit de mort (2) et, à l’instar des cadavres, son visage est déjà recouvert (par une ombre, autre symbole mortuaire). C’est donc un mort en sursis que les deux tueurs abattent, et son agonie est vue à travers sa main qui relâche son étreinte autour du montant du lit.

Peut-on y voir une autre main dans cette fin sordide, celle de la fatalité qui s’abat inexorablement sur Henderson ? Pourquoi pas…

 

Par contre, la première apparition d’Ava Gardner est totalement différente. Elle est mise en valeur par la lumière qui l’entoure et sa voix chaude qui chante. De plus, sa tenue vestimentaire a de quoi faire tourner toutes les têtes, et surtout celle de Henderson. Elle possède une aura qui fait oublier toutes les autres femmes.

C’est une femme fatale dans toute sa splendeur, et ce terme n’est pas usurpé, surtout quand on connaît la résolution de l’intrigue (3).

Mais là encore, son rôle ne se résume pas à celui d’un objet de décoration : elle est la véritable main du Destin (de la fatalité, si vous préférez !). En effet, c’est elle qui va précipiter les événements et amener Jim Reardon sur la piste de Ole Henderson. Bien entendu, alors que nous avons (presque) tous éléments dès les témoignages de son collègue (Nick Adams) et de sa bénéficiaire, Mary Ellen « Queenie » Daugherty (Queenie Smith) : nous apercevons alors « Big Jim » Colfax (Albert Dekker), truand notoire d’un autre calibre qu’Henderson et entendons parler d’une femme qui vient de partir.

 

Et Siodmak use d’une grande habileté pour nous tenir en haleine malgré cela jusqu’à la révélation finale, un tantinet inattendue : un basculement indispensable pour faire entrer ce film parmi les très grands.

 

  1. Pouvait-il en être autrement ?
  2. Oui, il meurt dans son lit !
  3. Déjà que le Suédois est mort…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Guerre, #Roberto Benigni
La Vie est belle (La Vita e bella - Roberto Benigni, 1997)

Guido (Roberto Benigni) est serveur dans un grand restaurant. A plusieurs reprises, il tombe sur la belle Nora (Nicoletta Braschi), et donc, ils finissent ensemble. Ils on même un petit garçon, Giosué (Giorgio Cantarini).

Mais ils sont rattrapés par leur époque : Guido est juif et donc arrêté, avec son fils, et envoyé en camp de concentration. Dora décide alors de les suivre.

Mais comment faire comprendre à un enfant de cinq ans qu’il vient d’intégrer l’antichambre de l’enfer ?

C’est ce que Guido va réussir, et avec maestria.

 

Peut-on faire rire avec la Shoah ? En tout cas, on peut au moins sourire en voyant tous les stratagèmes que met en place Guido pour assouplir le séjour de son fils. Ce séjour se résume à un grand prix dont la récompense suprême est un (véritable) char d’assaut. Par contre, les règles sont strictes dont la primordiale reste : ne pas être repéré. C’est un véritable festival de faux-semblants (aujourd’hui, on dirait « fake news ») auquel se livre Guido pour adoucir le séjour – malheureusement – forcé de son fils. Et dans ce cas-là, tous les prétextes sont bons : interprète auprès des nazis ou serveur polyglotte font partie des artifices de Guido pour sauvegarder son enfant.

Bref, nous avons un personnage prêt à tout pour celui qu’il aime.

 

Et ce film en deux parties – avant et pendant le camp – est une belle leçon de vie, même si certains grincheux n’y ont vu q’une forme de négationnisme. En effet, le véritable résultat de camps de concentration est, comme qui dirait, entraperçu : lors d’un retour de réception – Guido comme serveur, Giosué comme invité malgré lui – le père se perd et découvre un charnier. Qui plus est, une fumée (brume) enveloppe cette vision qui pourrait, pour ces gens-là déjà cités, passer pour un rêve, voire une fantasmagorie. Mais nous, spectateurs avertis, savons qu’il ‘en est rien. Ces corps enchevêtrés sont bien le résultat de la solution finale préconisée fin 1942. Mais le film ne fait pas parti de ceux qui dénoncent le nazisme, me^me si Guido et Giosué ne se retrouvent pas en camp pour leur plaisir.

 

Benigni a voulu avant tout réaliser un film qui réunit comédie et (noire) tragédie. Et Guido, malgré son destin tragique (1), est un  personnage on ne peut plus positif, sinon optimiste. Il faut dire que la présence de cet enfant dans le camp aide à cela. Mais dans la première partie, qui le voir (plus ou moins) courtiser la jeune Dora donne le ton de cette comédie. Déjà à ce moment, il n’est pas à sa place : comment un simple serveur – à l’esprit éveillé – peut-il prétendre à une jeune fonctionnaire de (Déjà à ce moment, il n’est pas à sa place : comment un simple serveur – à l’esprit éveillé certes – peut-il prétendre à une jeune fonctionnaire de (très) bonne famille ?

 

Et même si les circonstances les réunissent plus ou moins malgré elle, on a du mal à croire à cette idylle : comment cette jeune femme de la haute société  peut-elle épouser un serveur juif ? Parce que ce dernier qualificatif est le véritable point de rupture de l’intrigue : la judaïté de Guido entraîne le développement tragique inévitable.

Et Benigni enfonce le clou pour dénoncer cet état de fait abject : son oncle (Giustino Durano), alors qu’il se prépare à la douche fatale, a un dernier élan d’humanité envers une jeune femme aryenne qui trébuche. Oui, ces gens qu’on élimine pour des prétextes raciaux sont avant tout des humains, soucieux du bien-être des autres.

 

Alors oui, ce film ne montre pas la terrible réalité des camps, mais dès le début, nous sommes prévenus : le narrateur, c’est Giosué, du haut de cinq ans. Comment peut-il concevoir l’effroyable machine à tuer qu’était le nazisme ?

Il ne peut pas.

Donc, le temps d’un film, plaçons-nous de son point de vue et savourons ce formidable film pour ce qu’il est : du cinéma. Du grand cinéma, certes, mais avant tout du cinéma.

 

  1. Oui, il meurt à la fin !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Emile Ardolino
Sister Act (Emile Ardolino, 1992)

D’un côté, Whoopi Goldberg (Deloris van Cartier, alias sœur Mary Clarence) : délurée, moderne, vivante.

De l’autre, Maggie Smith (Mère supérieure du couvent de Sainte Katherine) : strict, conservatrice, rigide.

Au milieu, Bill Nunn (Eddie Souther) un policier qui n’a pas trouvé mieux, pour la protéger de Vince (Harvey Keitel) que de placer Deloris chez les nonnes : le dernier endroit où  Vince irait la chercher.

Pourquoi ? Elle a été témoin d’un meurtre, et sa relation – très intime – avec Vince ne la protège plus.

Seulement, un couvent, pour une meneuse de revue comme Deloris, ce n’est pas obligatoirement très approprié…

 

Oui, Whoopi Goldberg tient le film à bout de bras : c’est du sur mesure, et on sent qu’elle s’amuse. Mais elle n’est pas la seule. Les autres membres de la « congrégation » aussi, sans oublier, bien entendu, le spectateur.

Il faut dire que cette histoire – improbable, cela va de soi – a tout pour réjouir. On y oppose deux mondes très différents, menées par les deux femmes précédemment citées, et qui, évidemment, arrivent à un compromis : la congrégation va profiter de l’apport un tantinet moderne que Deloris va lui apporter, et en même temps – comme on dit ailleurs – cette dernière va changer son regard sur le monde. Bien sûr, il  n’est pas question de conversion, Deloris ne va pas entrer dans les ordres. Mais elle va tout de même profiter de ce passage ô combien spirituel.

De là à parler de rédemption… On n’en est tout de même pas loin.

 

En effet, Deloris est une chanteuse – moyenne – qui se produit dans des casinos de Reno (là où les mariages se font et se défont en un tournemain) et traîne avec un truand notoire (Vince, donc) marié qui plus est, et surtout très porté sur la religion : il ne quittera jamais sa femme !

Heureusement (1), l’exécution d’Ernie (Max Grodénchik) va la libérer de l’emprise du gangster. La libérer pour une forme douce de prison : non seulement les règles sont strictes et vont à l’encontre de la vie régulière de Deloris, mais en outre sa chambre s’appelle une « cellule ». Bref, elle a choisi une drôle de liberté !

Mais comme nous sommes dans une comédie, pas de quoi s’affoler.

 

Et encore une fois, c’est de la musique que viendra le salut : celui de Deloris, ainsi que celui du couvent promis à la disparition. Certes, Deloris est chanteuse, mais entre chanter des variétoches et diriger un chœur de nonnes, il y a un (sacré, évidemment) pas à franchir. Pas qu’elle franchit avec les limites qui vont avec, pour notre plus grand plaisir.

Il faut dire que l’énergie et l’entrain de la (encore) jeune femme est de l’ordre de la foi qui ferait déplacer des montagnes.

Et avoir mis en face d’elle Maggie Smith est une très bonne idée : la rectitude de la mère supérieure annonce celle de Minerva McGonagall moins de dix ans plus tard.

C’est un véritable choc de titans où aucune des deux ne sortira victorieuse ou, d’une certaine façon toutes les deux seront gagnantes et accèderont à l’inévitable rédemption sus mentionnée…

 

Bref, une comédie enlevée qui fait du bien : du cinéma, quoi !

 

  1. Pour elle, évidemment, parce que pour l’autre…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Alfred Hitchcock
La Loi du silence (I confess - Alfred Hitchcock, 1953)

Cette « loi du silence », c’est le secret de la confession : ce qu’entend un prêtre dans ce cadre reste entre lui et le pécheur. Rien ne peut être révélé, quoi qu’il en soit, et surtout quoi qu’il en coûte.

C’est le cas pour le père Michael Logan (Montgomery « Monty » Clift), qui reçoit son serviteur, Otto Keller (O. E. Hasse), en confession : ce dernier a tué l’infâme Vilette (Ovila Légaré) pour le voler. Ensuite, il a quitté les lieux vêtu d’une soutane, pour détourner les soupçons.

Très vite, ces mêmes soupçons se portent sur le prêtre : Vilette faisait chanter celle qu’il a aimée avant la guerre, Ruth Grandfort (Anne « Eve » Baxter).

Pour l’inspecteur Larrue (Karl Malden), cela ne fait aucun doute : Logan est le meurtrier.

 

Comme (presque) toujours chez Hitchcock, nous savons qui a fait le coup : normal, il n’est pas intéressé par cet aspect de la vérité. Il va, encore une fois, développé l’erreur judiciaire jusqu’au paroxysme, afin de mieux sortir son héros de son enfer. Et comme en plus, son héros est un prêtre, nous ne pouvons que mieux savourer cette situation paradoxale.

Nous sommes dans ce qui est pour moi (et d’autres) dans l’un des films les plus personnels du maître. En effet, on y retrouve tout ce qui constitue son monde, au cinéma comme dans la réalité.

Hitchcock, malgré qu’il fût anglais, était catholique, et cette histoire de secret de la confession l’a beaucoup marqué, comme il l’expliquait à François Truffaut dans son livre indispensable, même s’il y enrobe beaucoup les choses (1).

 

Logan se trouve dans une situation qui annonce celle de Manny Balestrero (Henry Fonda) dans Le faux Coupable (1956) : il n’a pas tué. Mais à cela s’ajoute le cas de conscience qui fait basculer la vie du prêtre : il sait qui a frappé. Et il va porter sa croix jusqu’au bout – le procès – comme l’illustre Hitch en insérant un plan du Chemin de Croix pendant que Logan se déplace.

Et la référence religieuse est prégnante, entourant sans cesse le prêtre, jusque dans le prétoire où, interrogé, Robert Burks (le chef-op’) le cadre avec un crucifix qui le regarde ( le cadre avec un crucifix qui le regarde (surveille ?). Et ce plan ne concerne qu’un seul point : savoir ce qu’il s’est véritablement passé. Et bien entendu, il ne peut pas répondre, même pour sauver sa vie.

Outre la religion, Hitchcock vit avec un souvenir fort de son enfance : il fut enfermé, sur demande de son père, dans une cellule d’un poste de police. Cette expérience traumatisante – elle le serait à moins – va hanter ses films où ses personnages vont être accusés régulièrement à tort, voire enfermés malgré leur innocence.

Et ce qui arrive à Logan est un véritable condensé des angoisses du grand Alfred.

 

Bien entendu, on ne peut pas non plus ignorer les différentes références au sexe qui émaillent le film : entre le négligé d’Anne Baxter, et la mine un tantinet concupiscente quand on annonce au procureur Robertson (Brian Aherne) qu’il va recevoir des « filles » : hélas pour lui, ce sont deux enfants…

Bref, Hitchcock, en plus de nous faire part de sa réflexion quant à la religion, s’amuse tout autant avec les spectateurs et ses personnages. Mais cela ne dure pas : le sujet est sérieux.

De même, à l’instar de Psychose, son apparition est vite expédiée (dès la première minute, quand nous entrons dans Québec : le film lui tenait à cœur et il voulait que les spectateurs évitent de le chercher et ainsi survoler le cœur de l’intrigue.

 

Et puisque nous sommes au Québec, nous allons faire un petit arrêt sur l’aspect authentique du film. En effet, malgré le fait que nous sommes dans la partie francophone du Canada, peu de paroles sont échangées en français, et quand elles le sont, on ne retrouve pas cet accent que nous trouvons charmant de ce côté de l’Atlantique (2). Mais comme nous sommes au cinéma, tout est possible ; de plus, il n’y a aucune pertinence dans cette absence.

Par contre, le couple Keller est interprété par deux véritables allemands : Hasse & Dolly Haas. Cela donne plus de force à leurs personnages qui se sont réfugiés au Québec depuis un peu plus de cinq ans.

D’ailleurs, on pourrait se demander comment et pourquoi ils ont émigré : nous apprenons que cinq ans plus tôt, Logan a été libéré de ses obligations militaires, à la fin de la dernière guerre.

Qui étaient ces deux immigrés avant d’arriver ? Des Juifs qui ont fui l’Allemagne après la guerre ? Peut-être. Etait-il soldat dans l’armée du Reich, ou pire ? On ne le saura pas, mais on pourrait le croire : Vilette est tué de plusieurs coups de matraque jusqu’à la fracture du crâne. Ca me rappelle malheureusement des choses…

 

Quoi qu’il en soit, Hitchcock réussit magnifiquement son film, soutenu par une interprétation impeccable : Monty est merveilleux et beaucoup de choses passent dans son regard si doux. Et Karl Malden, interprète un véritable policier hitchcockien : il fait son travail même s’il a tendance à devenir lourd…

 

A revoir !

 

PS : J’oubliais, Anne Baxter, de passage chez Hitchcock, est blonde ! Encore une !

 

  1. Le Cinéma selon Hitchcock (1966) réédité Hitchcock/Truffaut (1985)
  2. De l’autre côté, ce sont les Québécois qui trouvent que nous en avons un…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Luis Buñuel, #Gérard Philipe
La Fièvre monte à El Pao (Luis Buñuel, 1959)

Quelle année singulière que 1959 !

Si elle a commencé par l’arrivée au pouvoir des Barbudos de Castro, elle se conclut pour Boris Vian (23 juin) et Gérard Philipe (25 novembre).

Heureusement, il nous reste les livres du premier (et ses chansons, articles, etc.) et les films du second. D’ailleurs 1959 nous apporte une belle moisson de cinéma (North by Northwest, Rio Bravo, Ben Hur…), et même une Nouvelle Vague…

 

Mais ce qui nous intéresse ici, c’est le dernier film de cet acteur mythique qu’était Gérard Philipe, présenté dix jours après son trépas. Et, si Buñuel aurait aimé faire autre chose avec cet immense acteur, il aurait certainement pu faire pire !

L’île de Ojeda est célèbre pour son abbaye et son centre pénitentiaire, dans lequel on envoie sans distinction prisonniers de droits communs et prisonniers politique. Heureusement, pour ces derniers, il y a le secrétaire du gouverneur (et directeur de la prison), Ramòn Vasquez (Gérard Philipe, donc). C’est un idéaliste qui n’est pas toujours en accord avec le gouvernement et tente, à sa façon d’alléger les souffrances de ceux qui sont ici injustement. Quand le gouverneur Vargas (Miguel Angel Ferriz) est abattu par un opposant au régime, Vasquez prend le relais, mais trop peu de temps : arrive Alejandro Gual (Jean Servais) qui compte tout reprendre d’une main de fer, jusqu’à la femme de l’ex-gouverneur, Ines (Maria Felix). Mais cette dernière est aussi la maîtresse de Vasquez…

 

Nous sommes bien loin du Buñuel surréaliste dans cette sombre intrigue politique. Mais malgré cela, le film s’apprécie sans modération, servi par une distribution – essentiellement étrangère certes – mais à la hauteur de l’enjeu. Bien sûr, le rôle convient parfaitement à Philipe, lui-même homme de gauche très engagé et les valeurs portées par son héros lui correspondent totalement. Jusqu’à un certain point : si Philipe défendait des idées généreuses, il ne vivait pas dans une dictature comme c’est le cas de son personnage.

Sa réussite (celle de Ramòn, bien sûr) passe par quelques « coups de canifs » dans son éthique personnelle, indispensable pour se maintenir.

Mais Buñuel et Philipe s’en sortent tout de même avec ce personnage au départ un tantinet équivoque : il déchire le papier (1).

 

Cette intrigue politique est accentuée voire magnifiée par l’histoire d’amour entre Ramòn et Inès, dans laquelle vient s’immiscer Gual. Et Buñuel réussit, avec ce personnage, un méchant de toute beauté, interprété par un Jean Servais au plus haut niveau. Il donne donc raison à Hitchcock et aide, à son tour, à rendre ce film inoubliable : on ne peut que haïr un tel personnage !

De son côté, Maria Felix est superbe, et pas seulement physiquement. Son personnage allie l’humiliation à l’immoralité avec beaucoup de talent, et son regard noir l’est encore plus que le film n’est pas tourné en couleurs !

Même Gual se laisse prendre par son charme, précipitant le film dans la tragédie !

Parce que tout est tragique ici. Non seulement l’amour qui lie Ines et Ramòn, mais aussi le sort des Iliens, jouets aux mains des puissants.

Il ne reste plus grand-chose aux impuissants, que sont les deux amants autant que les prisonniers, et on ne peut que déplorer le gâchis occasionné par la montée de fièvre annoncée par le titre.

 

Décidément, que Gérard Philipe était grand…

 

  1. Il faut avoir vu le film pour comprendre.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Tim Burton
Beetlejuice Beetlejuice (Tim Burton, 2024)

Les revoilà : Lydia (Winona Ryder), Delia (Catherine O’Hara) et bien sûr l’incontournable Beetlejuice (Michael Keaton) qui justifient deux fois le titre !

Nous sommes toujours à Winter River (Connecticut), mais plus personne n’habite la maison sur la colline : Charles (Charlie Hopkinson & effigie de Jeffrey Jones) est mort, dévoré par un requin.

Mais sa femme et sa fille reviennent pour son enterrement, avec Astrid (Jenna « Wednesday » Ortega), la fille de Lydia.

Mais si l’enterrement se déroule presque bien, c’est après que les choses se gâtent, avec l’intervention de Jeremy (Arthur Conti) que la jeune Astrid trouve à son goût au point de l’entraîner dans l’autre monde, celui du dessous…

Il ne reste à Lydia plus qu’une seule solution, appeler trois fois le démon blond…

 

Tim Burton est donc de retour avec l’un de ses personnages fétiches, l’ignoble – et réjouissant – Beetlejuice. Chacune de ses apparitions sont un véritable plaisir, d’autant qu’il est plus présent dans l’intrigue. Bien entendu, il n’a pas spécialement évolué et demeure un rustre parfait mâtiné d’un pignouf absolu. Bref, Beetlejuice EST Beetlejuice !

Et Michael Keaton s’amuse presque autant que nous à interpréter ce démon maléfique – et un tantinet idiot – dans des situations absolument extravagantes (pouvait-il en être autrement ?). A ses côtés, on retrouve avec autant de plaisir Winona Ryder, pour interpréter une Lydia dans la droite lignée de l’adolescente que nous avions laissée trente-six ans plus tôt (eh oui, tout le monde vieillit…). Sauf que sa fascination morbide lui empoisonne la vie : elle voit des revenants – surtout un ! – partout, au grand désespoir de sa fille qui est une véritable cartésienne : pour elle, c’est du flan.

Autre personnage de retour, celui de Delia, donc, et Catherine O’Hara reste dans la même optique que dans le premier opus : artiste – incomprise (nulle ?) – improbable dont la conduite n’est pas toujours supportable.

 

Bref, Burton a repris les personnages qui comptaient pour une nouvelle intrigue complètement brindezingue où tout se termine bien, même si pas pour tout le monde ! Le grand Tim, s’il ne réalise pas son plus grand film, reste dans son domaine de prédilection : la mort. Et donc la vie, parce que l’un ne va pas sans l’autre. D’ailleurs, la mort n’est toujours pas une fin et tout continue après, pour ceux qui ont la chance de ne pas avoir Mr. B. comme guichetier ! Cet entremonde administratif nous ramène au premier opus, mais aussi à L’étrange Noël de Mr. Jack ou encore La Fiancée funèbre. Normal, Burton est toujours là !

Ce sont donc 105 minutes menées tambour battant dans un monde que nous connaissons bien, mais avec un petit plus tout de même : les effets numériques. Nous sommes loin des effets spéciaux à l’ancienne qui émaillaient le premier film, et nous apprécierons la fluidité voire la quasi réalité des différentes séquences concernées : la réparation de Delores (Monica Bellucci) ou encore les sables de Titan, sans oublier son serpent qui n’est pas sans rappeler l’Alien de Ridley Scott.

 

Par contre, je rejoins certaines critiques qui jugent de l’(in)utilité d’un tel film. On aurait très bien pu s’en passer. Mais nous aurions manqué une nouvelle occasion de nous amuser avec ce personnage autant répugnant qu’attirant.

Ca aurait été dommage, non ?

 

PS : Doit-on voir un lien entre Catherine O’Hara, pardon, Delia Deetz qui offre à son défunt mari une fin à la Cléopâtre, quand on sait que la belle Monica a interprété ce rôle ?

Et poser la question etc…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Lasse Hallström
Les Recettes du bonheur (The hundred-foot Journey - Lasse Hallström, 2014)

Les Kadam, Papa (Om Puri), Hassan (Manish Dayal) ses deux frères et ses deux sœurs ont dû quitter précipitamment l’Inde suite à une élection mal perdue. La mère (Juhi Chawal) est morte et tous les six ont émigré au Royaume-Uni, pour ouvrir un restaurant, comme à Mumbaï. Mais les légumes n’ont pas d’âme, alors ils essaient le continent. De nouvelles saveurs, de nouvelles expérience : une panne de freins et ils s’arrêtent à Saint-Antonin-Noble-Var. C’est là, avec l’aide de Marguerite (Charlotte Le Bon) qu’ils vont ouvrir leur établissement. Pile en face du Saule Pleureur, restaurant étoilé dirigé de main de maîtresse au palais délicat et sûr, par Madame Mallory (Helen Mirren).

Ce n’est  donc pas la fin des ennuis pour les Kadam…

 

Savoureux, tout simplement. Encore un film qui fond dans la bouche, et pas dans la main (heureusement pour les accoudoirs !). C’est une véritable gourmandise que ce long métrage de Lasse Hallström, et il est difficile de faire la fine bouche quand Helen Mirren est présente… Même Papa Kadam tombe sous le charme de Mme Mallory ! Hassan, c’est plutôt Marguerite : question de génération…

Quoi qu’il en soit, c’est presque un conte de fées pour Hassan qui passe d’une situation incertaine – surtout sans les freins ! – à l’un des restaurants parisiens les plus courus, dont le credo de son directeur Paul (Vincent Elbaz) tient en un seul mot : innovation.

 

Conte de fée parce que c’est un coup du destin qui met en relation Hassan et sa bonne fée (Marguerite). On n’échappe pas aux opposants inévitables – les méchants – qui allient la jalousie au racisme pour tenter de chasser cette famille indienne. C’est d’ailleurs cet attentat xénophobe qui va installer définitivement les voyageurs et amener le sacre de Hassan.

Et bien entendu, tout se termine bien à la fin, même si les deux jeunes gens ne se marient pas. De toute façon, nous sommes au XXIème siècle, que diable !

 

Et Hallström, avec l’aide de son prolifique scénariste Steven Knight, relance sans cesse l’intrigue, amenant son héros toujours plus haut, jusqu’à atteindre le sommet : la consécration parisienne. Mais tel le paysan dans le conte de Pouchkine (1), Hassan ne peut renoncer à ses racines, comme le montre Hallström dans une séquence nocturne qui voit Hassan tremper son bout de nan dans un mets préparé par la femme d’un employé subalterne, indien lui aussi.

Encore une fois, l’émotion est là qui ne nous quitte pas tout au long du film, alternant la comédie et des pointes de tragédie, jusqu’au final : attendu certes, mais frustrant s’il n’était pas là !

 

Tout au long du film, véritable ballade (et balade) culinaire, nous rencontrons des individus plus ou moins attachants – Jean-Pierre (Clément Sibony), l’autre chef, appartient définitivement à la deuxième catégorie – avec en prime Michel Blanc, maire du village et déception de son épouse (Shuna Lemoine) qui préfèrerait le voir manger un peu moins…

Mais la primeur revient tout de même à Om Puri (2) et Helen Mirren qui s’entendent à merveille pour faire basculer cette histoire dans une sorte de merveilleux réaliste, à travers une histoire d’amour platonique mais intense.

 

Bref, on en reprendrait volontiers !

 

  1. Du Pêcheur et du petit poisson (1833)
  2. C’est son avant-dernier film : il est mort quelques semaines avant la sortie de son dernier, en 2017.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Drame, #Kristina Buozyte, #Bruno Samper
Vesper (Kristina Buozyte & Bruno Samper, 2022)

Vesper (Raffiella Chapman) est une jeune fille qui vit seule avec son père paralysé – Darius (Richard Brake) – dans un monde post-apocalyptique : les écosystèmes ont été détruits – par les humains, bien entendu – et seules les Citadelles produisent des graines à usage unique aux « paysans » qui vendent leur sang pour les acheter. Ce sang servira aux habitants de la Citadelle de prolonger ad libitum leur vie…

Un jour, un vaisseau de la Citadelle s’écrase, avec à son bord Elias (Edmund Dehn) qui ne survivra pas, et Camellia (Rosy McEwen). Cette dernière est hébergée et cachée par Vesper, parce que la Citadelle veut la retrouver.

 

« Une graine peut tout changer » annonce l’affiche qui voit une silhouette (Vesper) devant une structure difficilement identifiable quand on n’a encore rien vu : le croisement d’un champignon, d’un arbre et d’une pieuvre, dans un décor crépusculaire. Bref, du sensationnel à prévoir. Cette structure est, bien évidemment la Citadelle dont dépend Vesper : un monde supérieur qui n’a que très peu de rapport (voire pas du tout) avec des gens comme elle et son père. Et les deux réalisateurs, Kristina Buozyte et Bruno Samper, vont plus loin dans leur description de ce monde : nous sommes dans une société qui ressemble à celle du Moyen-âge, mais possède tout de même des technologies avancées.  Théoriquement, Vesper ne devait pas rencontrer Camellia, mais il faut bien un déséquilibre pour avoir une intrigue !

 

Et ça marche ! Nous sommes dans un univers très particulier qui, s’il se situait en ville, aurait eu toutes les chances de relever du steampunk : tout est sombre et technologique, dans un univers uchronique…

Mais nous sommes à la campagne, ou plutôt ce qu’il en reste : des arbres et très peu de cultures, contrôlées. Bien entendu, cette campagne est hostile, comme on peut s’en rendre compte lors de la poursuite par deux « soldats » de la Citadelle : nous avons droit à une autre herbe rouge, beaucoup plus dangereuse que celle de H.G. Wells.

Autre danger de la campagne : Jonas (Eddie Marsan). C’est lui qui traite avec la Citadelle, possédant du coup une ferme très productive, et une famille très prolifique puisqu’il s’accorde toutes les femmes de la région. Et en plus, c’est le frère de Darius…

 

Bref, tous les ingrédients sont là pour passer un bon moment, et les différent€s interprètes sont à la hauteur de l’enjeu. Eddie Marsan est encore une fois impeccable, bien que du côté obscur, mais c’est surtout Raffiella Chapman qui tire pleinement son épingle du jeu. Les deux réalisateurs ont de suite pensé à elle et on ne peut qu’approuver ce choix. Elle joue juste sans tomber dans certains travers possibles comme l’outrance. Certes Vesper vit des choses dures, mais elle exprime les émotions de son personnage avec juste ce qu’il faut de retenue. Bien sûr, le rôle de Richard Brake n’est pas spécialement reluisant : il est cloué au lit (infirme) et tout doit donc passer par son regard qui, s’il semble un peu toujours le même ne l’est pas et va tout de même établir la connexion avec Vesper et, heureusement pour nous, le spectateur.

 

Comme nous sommes dans une œuvre de science-fiction, nous avons droit à quelques effets numériques. Ils vont émailler le film sans pour autant le surcharger, certaines créatures nous rappelant le magnifique Avatar de James Cameron. C’est une utilisation subtile et raisonnable, la primeur étant donné aux différents interprètes.

Bref, une bien belle curiosité, loin du clinquant hollywoodien (1), prouvant, s’il en était besoin, que le cinéma européen a encore de beaux jours devant lui.

 

  1. J’aime bien ça aussi…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Action, #Espionnage, #Simon Kinberg
355 (The 355 - Simon Kinberg, 2022)

Elles sont (presque toutes) jeunes, elles sont belles, elles savent manier les armes… non ce ne sont pas les Drôles de Dames de Charlie, ce sont des agentes secrètes venues de pays différents et qui ont un seul objectif : récupérer une arme technologique capable de contrôler tout le réseau informatique. Oui, oui, tout !

Bien sûr, elles y parviennent, ce dont on ne doute pas un seul instant.

Qui sont élles : Mason Brown (Jessica Chastain) de la CIA, Khadijah Adiyeme (Lupita Nyong’o) du MI6, l’Allemande Marie Schmidt (Diane Kruger), la psychologue colombienne Graciela Rivera et la Chinoise Lin Mi Sheng (Fan Bingbing).

 

Encore un film basé sur une bonne intention !

Et comme je le dis toujours, une bonne intention ne suffit pas, même avec de bonnes interprètes. Parce que les différentes jeunes femmes sont à la hauteur de l’enjeu, mais cet enjeu n’est pas très élevé, ce qui est bien dommage.

La bonne intention ? Avoir une équipe de type Mission impossible mais exclusivement féminin. Par contre, et là, le bât blesse aussi, dès qu’on grimpe dans la hiérarchie, nous retrouvons les hommes ! Paradoxal, non ?

Par contre, toutes ces femmes nous démontrent – si le besoin s’en faisait sentir – qu’elles y arrivent aussi bien (mieux ?) que Ethan (1) ou James (2). Par contre, sans parvenir – heureusement d’ailleurs ! – au niveau d’Austin.

 

Bref, c’est un film d’action avec une belle idée mais qui manque cruellement d’originalité. Alors, ça se laisse voir, mais sans plus. Quant à le revoir…

Et vous savez (peut-être) ce que je pense des films qui ne méritent pas d’être revus… (4)

 

  1. Hunt
  2. Bond
  3. Powers
  4. On dit qu’ils ne méritent pas d’être vus au préalable…

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