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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Billy Wilder
Avanti! (Billy Wilder, 1972)

Wendell Ambruster Jr. (Jack Lemmon) part pour l’Italie : son père vient de mourir dans un accident de voiture.

Arrivé sur place, il se rend compte que son père n’était pas seul quand il est mort : il partageait la voiture avec Katherine Piggott. D’ailleurs, sa fille Pamela (Juliet Mills) est venue elle aussi pour récupérer le cadavre de sa maman.

C’est la révélation pour Wendell Jr. : son père avait une relation avec une autre femme, lui qui était un pilier de l’église baptiste de sa contrée !

Et il semble que l’histoire se répète…

 

A l’origine, c’est une pièce de théâtre de Samuel A. Taylor. Mais avec Billy Wilder, vous pouvez être sûr que nous sommes au cinéma !

Et Wilder sort facilement du cadre figé théâtral pour emmener ses interprètes dans l’île d’Ischia, surtout l’îlot rocheux à quelques brasses de l’hôtel : au petit matin  alors que tout le monde dort, on assiste avec beaucoup de plaisir au lever du soleil quand on y est allongé nu…

Vous l’avez compris, les deux cadavres sont un prétexte à la rencontre de deux êtres fort différents, tout comme leurs parents, mais qui vont vivre une histoire d’amour forte.

Et Wilder a fait appel à son vieux complice Jack Lemmon (4 films ensemble avant celui-ci et deux autres ensuite) pour interpréter cet homme d’affaires qui va de déconvenue en déconvenue à propos de son père mais va finalement se ranger à son avis !

A ses côtés, Juliet Mills est une pétillante Pamela, aussi à l’aise habillée que nue : et pourtant son personnage est une anglaise comme il faut (1).Son enthousiasme rythme avec bonheur cette comédie un tantinet immorale.

Dernier protagoniste, et non des moindres, de cette comédie : Carlo Carlucci (Clive Revill), le patron de l’hôtel qui abrite ces aventures extraconjugales. Carlucci n’est pas l’homme de la situation mais bel et bien l’homme des situations, couvrant avec beaucoup d’à propos cette histoire d’amour bien singulière, facilitant le rapprochement des deux êtres malgré eux. Indispensable.

 

Mais surtout, Wilder nous montre son grand talent pour la comédie, démarrant son film par une séquence muette (4 minutes) faite en plus de non-dit qui nous donne le ton. On retrouvera ce parti pris non sonore quand la belle Pamela se promènera dans Ischia, ou encore à la morgue avec l’employé du service et ses formalités administratives (Pippo Franco).

Et à nouveau, Wilder nous amuse avec une histoire d’infidélité. Mais le temps a passé depuis 7 Year Itch ou Kiss me, Stupid et le public n’est plus choqué par cette histoire extra maritale (1).

Et encore une fois, Jack Lemmon est formidable et cette histoire d’amour insolite qui amène immanquablement (au moins) le sourire au spectateur.

Avec en prime un petit clin d’œil au passé (moins glorieux) italien quand J.J. Blodgett (Edward Andrews) vient démêler la situation et précipiter la séparation des deux amants. Et là encore, on ne peut rester indifférent face à ce fonctionnaire zélé (et nostalgique)…


Certes, Billy Wilder est à la fin de sa carrière (il tournera encore trois films), mais il maîtrise toujours son sujet, dirigeant avec toujours le même talent ses différents interprètes et amenant une certaine sobriété dans une intrigue qui aurait pu facilement être emportée dans un rythme endiablé avec des acteur·rice·s surjouant frénétiquement.

Il n’en est rien. Tant mieux !

 

(1) 1968 est passé par là, même en Angleterre !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Jonathan Demme
Ricki and the Flash (Jonathan Demme, 2015)

Ricki Donzelli, ou plutôt Linda Brummel (Meryl Streep) est une rock star. Enfin plutôt, était une rock star. Ou plus précisément aurait bien aimé être une rock star.
Elle est même partie en Californie pour ça, mais à part un disque, elle n’a pas fait grand-chose. Même ses enfants, elle ne les a pas vus grandir, pendant que son mari Pete (Kevin Kline) se remariait avec Maureen (Audra McDonald) qui a pris sa place. Partout, même dans l’éducation de ces mêmes enfants.

Aujourd’hui, Ricki-Linda a vieilli, pris du poids et travaille comme caissière, animant les soirées du Salt Well, un bar du coin où elle a son public, avec son groupe : The Flash.

Mais sa fille va très mal. Ricki va donc retourner dans cette famille qu’elle a laissée voilà de bien nombreuses années.

 

Encore une histoire familiale où l’un des deux parents est passé à côté de l’éducation de ses enfants ?

Oui. Et un peu non. En effet, cette Ricki est un personnage fascinant, avec dans la tête ce même rêve qui l’habite depuis trente ans, mais aussi dans une réalité des plus minable, comme sa carrière de chanteuse de rock. Il y a un contraste formidable entre son énergie et sa présence sur scène et celle de son travail où elle gagne des clopinettes mais avec le sourire pour ne pas déprimer le client.

Alors quand elle doit retrouver ceux qui furent sa famille, même pour quelques jours seulement, c’est une occasion inespérée de renouer un brin avec ces étrangers.

Avec sa fille, Julie (Mamie Gummer), dépressive qui essaie de sortir d’un divorce dû à un mari minable tout d’abord ; avec ses deux fils, Josh (Stan « Bucky » Sebastian) qui va se marier, et Adam qui est gay ; et bien sûr avec celui qui fut son mari. Sans oublier la belle-mère Maureen qui possède tellement de qualités !

 

Bref, c’est une histoire du genre Mission Impossible qui nous est proposée, mais c’est surtout une comédie (1) douce-amère qui est menée avec beaucoup de sensibilité par Jonathan Demme dont c’est, hélas, le dernier film.

Bien sûr, c’est Meryl Streep qui rayonne tout au long du film, et c’est bien normal, c’est une actrice tellement extraordinaire. Elle a une façon d’assumer son âge qui la rend encore plus merveilleuse. Evidemment, son personnage étant à la poursuite d’une chimère, on ne passe pas à côté de son look qui n’a pas dû beaucoup changer en trente ans : coiffure mixte, blouson noir, bijoux multiples et tatouages. Sans oublier les Doc Marten’s montantes…

Bref, un pur produit des années 1980, dans son allure comme dans ses idées : l’une de ses premières interventions laisse entendre que l’élection de Barack Obama ne l’a pas vraiment satisfaite… Plus tard, on apprend même de son fils Adam qu’elle aurait voté George W. Bush. Et deux fois !

 

Bref, c’est une femme américaine jusqu’au bout des ongles, un tantinet réactionnaire (voir ci-dessus), mais c’est peut-être normal d’une femme qui a perdu son frère au Vietnam.

Mais je ne vais pas juger de son parcours ni de ses idées, parce que ce n’est pas le propos du film.

Il s’agit avant tout d’une belle histoire d’amour. Tardive entre une mère et ses enfants, et récente entre une femme mûre et son partenaire de scène qui l’est tout autant qu’elle (Rick Springfield). Et les deux faces de cette même femme s’interpénètrent avec bonheur, faisant de ce film à l’intrigue un tantinet convenue (2) un film subtil et beau.

Bien sûr, elle retrouvera l’amour des siens, c’est une comédie, donc ça se termine bien, mais ça ne va pas se passer facilement : n’oubliez pas la place indispensable de la Rédemption chère à nos amis américains !

Parce qu’il n’est encore une fois question que de ça : Ricki va devoir expier pour être sauvée. Et cette expiation prendra différentes formes : la belle-mère Maureen qui a pris sa place, mais surtout l’attitude des invités au mariage de Josh et Emily (Hailey Gates). Ce sont des regards désapprobateurs et surtout une réflexion d’une invitée qui ne la « rate pas » !

D’une manière générale, le scénario de Diablo Cody est l’occasion de ces réflexions qui font mouche et qui font dire aux observateurs : « Pfiouuuu ! ». Ou comme disent les anglo-saxons : « Touché ! »

 

  1. Ca se termine bien, c’est déjà ça !
  2. Une mère qui cherche à rattraper le temps perdu.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Raoul Walsh
La Charge fantastique (They died with their Boots on - Raoul Walsh, 1941)

De West Point à Little Bighorn, voici la charge fantastique du titre français de George Armstrong Custer (Errol Flynn) : l’un des pires éléments de l’école prestigieuse militaire – pire que Grant (Joseph Crehan), c’est dire – qui s’illustra pendant la Guerre de Sécession avant de participer aux guerres indiennes qui suivirent le conflit. Et bien sûr, il devint l’un des plus grands héros de l’Ouest américain.

Blanc.

 

Autant le dire tout de suite, la vérité historique n’est pas toujours là. La première partie (jusqu’à la 74ème minute) est à peu près correcte, mais à partir de là, nous nageons dans un à peu près historique qui n’est pas pour déplaire à Raoul Walsh, grand conteur et surtout menteur invétéré du cinéma américain.

Mais peu nous importe cette vérité : nous sommes au cinéma, et c’est avant tout le spectacle qui nous intéresse.

Et du spectacle, ici, il y en a !

 

Cinq ans plus tôt, Custer avait déjà été la vedette (secondaire) d’un western qui traitait de la même période : The Plainsman. Mais ici, il passe au premier plan, et comme en plus il est interprété par le grand (et beau) Errol Flynn, on aurait tort de bouder son plaisir !

Et en plus, on retrouve à ses côtés une de ses partenaires mythiques : la belle (et talentueuse) Olivia de Havilland (Libby Bacon Custer) qui vient de fêter ses 104 ans (!) le 1er juillet dernier. C’est d’ailleurs leur dernier film ensemble – le huitième (1).

Et comme nous sommes chez Walsh, on ne peut pas passer à côté de l’humour, qui s’exprime essentiellement pendant la séquence à West Point où Custer y fait une entrée remarquée et est pris en grippe par deux personnages qui auront leur importance dans son destin (cinématographique) : Ned Sharp (Arthur Kennedy) et Romulus Taipe (Stanley Ridges).

 

La première partie (73 minutes environ) voit la montée en puissance d’un personnage hors du commun (en ferait-on un film s’il en était autrement ?) et qui va se révéler dans le point culminant : la Guerre Civile. On découvre déjà une forme d’obstination chez ce général malgré lui (et surtout malgré Taipe !) quand on le voit emmener les différents bataillons du Michigan à l’assaut de l’armée de Stuart jusqu’à ce que cela paye : on ne donne pas le nombre de morts que ces assauts ont engendrés. On retrouvera cette même obstination quand Custer décidera d’affronter les Indiens à Little Bighorn, mais pas dans ce film.

Les différentes scènes de bataille de la Guerre de Sécession ne sont d’ailleurs pas sans rappeler les débuts de Walsh en tant que réalisateur : il fut l’assistant de Griffith sur Naissance d’une Nation qui voit déjà une très belle séquence de bataille militaire : celle de Gettysburg (1863).

 

Au bout de 73 minutes, donc, apparaissent les premiers Indiens. Custer a été envoyé dans le Dakota du Sud, à Fort Lincoln, en bordure des Collines Noires.

C’est donc là que la fiction prend le dessus de l’Histoire, puisqu’on y découvre un Custer fort humain voire humaniste. On peut croire ce qui concerne la remise en état du célèbre 7ème de Cavalerie pour en faire un bataillon d’élite, ainsi que son hymne : Garryowen. Vous savez cet air entraînant qui retranscrit très bien le rythme d’une galopade (vous pouvez l’écouter ici à partir de 1 min 17).

Par contre, pour ce qui est des relations avec les Indiens, on a le droit d’être très circonspect. Avec en point d’orgue la réplique de « Queen’s Own » Butler (G.P. Huntley) : « les vrais Américains sont derrière les collines et portent des plumes ». Il fait ici référence aux Indiens de Crazy Horse (Anthony Quinn).

 

Et tout comme dans le film de DeMille, nous assistons à la fin héroïque de notre héros. Mais cette fois-ci, ce n’est pas seulement une évocation : Walsh met les petits plats dans les grands et nous offre un dernier souffle épique ainsi qu’un massacre en règle.

Certes, il conserve le point de vue de Custer et Flynn est aussi fantastique que le titre français, mais on assiste tout de même à une boucherie terrible : Comme on dit chez nous : « ça tombe comme à Gravelotte. » Quant à l’assaut final – à pied – il est d’une rare violence pour un film de cette époque. Ca trucide et ça frappe à tout va : heureusement que le film est en noir et blanc et que le sang ne coule pas autant qu’à notre époque parce qu’on aurait un sol bien rouge.

Il n’empêche, ce final est absolument magnifique : pour une fois que les Indiens gagnent !

 

Si la vérité n’est pas vraiment respectée, on ne peut négliger la situation (géo)politique des Etats-Unis en novembre 1941 : la guerre approche (16 jours plus tard aura lieu l’attaque japonaise à Pearl Harbour).

On y retrouve dans les films de cette année de nombreuses références ainsi qu’un encouragement latent à l’intervention contre les nazis (The long Voyage home, Foreign Correspondent).

Et on peut voir dans le travail de Custer pour créer un bataillon d’élite un encouragement national à l’unité dans le conflit à venir. Les valeurs exaltées dans son discours à son état-major  (avec l’adoption de Garryowen) vont dans ce sens. Et derrière Custer et ses hommes qui partent rencontrer leur destin (fatal), c’est l’Amérique (du Nord, entre le Canada et le Mexique) qui se prépare à entrer en guerre pour combattre les ennemis de la liberté.

Hélas, ce sont les Indiens qui en font les frais.

 

(1) Je sais, ils jouent aussi tous les deux dans Thank your lucky Star (1943). Mais ils n’y sont pas réunis comme dans les autres.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Aventures, #Steven Spielberg, #Peter Jackson
Les aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne (The Adventures of Tintin - Steven Spielberg, 2011)

J’ai parlé ici la dernière fois de la difficulté d’adapter les bandes dessinées francophones, ce qui fut déjà le cas pour Tintin au cinéma voilà une cinquantaine d’années. Mais je parlais de film « en chair et en os », ce qui n’est pas le cas de cette (très) belle adaptation des aventures de Tintin (1).

En effet, Spielberg nous propose ici un film entièrement numérique reprenant le jeune reporter du Petit Vingtième, dans une intrigue – complexe puisqu’il y a trois albums concernés – qui permet aussi de présenter Tintin et son univers pour les spectateurs qui ne le connaissaient pas lors de la sortie du film (2) : une sorte de mise à jour.

 

Tintin (voix de Jamie «  Billy Elliot » Bell), après s’être fait tirer le portrait par un dessinateur de rue qui ressemble comme deux gouttes d’eau à Hergé, découvre au marché aux puces une maquette de la Licorne, un vaisseau du 17ème siècle. Une fois le bateau acheté, Tintin est sollicité pour le revendre, ce qu’il refuse.

Mais le bateau est volé chez lui et Tintin va faire la rencontre de Sakharine (vois de Daniel « James Bond » Craig), un homme trouble et fortement antipathique.

En achetant ce bateau, Tintin a mis le pied dans une affaire qui l’amènera en Afrique et surtout sur la piste d’un trésor fabuleux : le trésor de Rackham le Rouge.

Et surtout, il va rencontrer un marin alcoolique au verbe fort : le capitaine Haddock (voix de Andy « Gollum » Serkis), qui deviendra son meilleur ami.

 

Si l’adaptation de l’univers tintinesque est très réussie, il ne faut pas trop en demander au scénario. En effet, alors que l’intrigue principale concerne l’album Le Secret de la Licorne, on y trouve des références et des personnages qui viennent du Crabe aux Pinces d’or – Allan (voix de Daniel Mays) & Omar Ben Salaad (voix de Gad Elmaleh) – et un final qui rappelle celui du Trésor de Rackham le Rouge. L’utilisation (détournée) du Crabe permet surtout la rencontre entre Tintin et Haddock sur le Karaboudjan, le mythique bateau du capitaine. Parce qu’à la différence d’Alexandre Coffre et ses Aventures de Spirou (voir précédemment), Spielberg et ses scénaristes ne dénaturent pas le personnage de Tintin et le montrent tel qu’il fut imaginé par Hergé, voilà maintenant plus de 90 ans !

Et le résultat est à la hauteur de nos espérances !

 

En effet, si on dévie inévitablement de l’intrigue originale du Secret, Spielberg réussit tout de même à capturer l’esprit de la bande dessinée de Georges Rémi. On y retrouve les rebondissements habituels, des méchants qui le sont beaucoup, un capitaine très imbibé et la paire de détectives Dupond et Dupont, appelés ici (en VO) Thompson (voix de Simon Pegg) & Thomson (voix de Nick Frost) et aussi maladroits et ahuris que leurs modèles de papier. On notera en prime un détail savoureux : les deux acteurs qui doublent ces policiers forment un duo célèbre en Angleterre (et ailleurs) et ont tourné dans une série de trois films dont j’ai déjà parlé ici.

On pourra s’étonner de la présence incongrue à première vue de Bianca Castafiore (voix de  Kim Stengel) mais son rôle est indispensable dans l’intrigue.

 

Et avec Tintin, Spielberg renoue avec la grande aventure celle d’Indiana Jones qui est un héritier assumé de Tintin : Spielberg a toujours été un grand fan du petit Belge et ne s’en est jamais caché.

Tout comme l’archéologue, Tintin est très courageux et il sait se servir d’une arme à feu, n’hésitant d’ailleurs pas à s’en servir quand il le faut. Mais les péripéties qui s’offrent à nous ici ne sont pas sans rappeler celles du professeur Jones : pilotage d’avion en panne d’essence et course-poursuite en side-car en sont les principales ressemblances.

Autre référence à l’univers de Spielberg : un détail qui n’est pas sans rappeler Jaws, dans la sous-intrigue du Crabe.

 

Bref, c’est du grand Spielberg (encre une fois) et on prend beaucoup de plaisir à suivre ces aventures – ô combien improbables – du jeune reporter en culottes de golf, et tant pis si les albums ne sont pas respectés à la lettre : nous sommes au cinéma !

Tel Alfonso Cuarón pour Harry Potter & the Prisoner of Azkaban, Spielberg saisit l’esprit dans lequel évolue son personnage principal et en fait un film de grande qualité sans dénaturer en rien l’histoire originale.

C’est spectaculaire, amusant et bien rythmé (sans tomber dans l’excès) : que demander de plus ?

 

  1. Trois d’un coup, mais à des degrés différents.
  2. Il en existe beaucoup, surtout aux Etats-Unis, pays du comix, à des années-lumière de la ligne claire belge.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Aventures, #Alexandre Coffre
Les Aventures de Spirou et Fantasio (Alexandre Coffre, 2018)

L’immense (et infâme) Zorglub (Ramzy Bedia) veut conquérir le monde et diriger les hommes en en faisant une espèce de zombies obéissant aveuglément à ses ordres. Mais pour ce faire, il a besoin des lumières de Pacôme Hégésippe Adélard Ladislas comte de Champignac (Christian Clavier). Ce dernier n’étant absolument pas enclin à aider ce fou furieux, Zorglub va donc utiliser la manière forte.

Heureusement, Spirou (Thomas Solivérès), Fantasio (Alex Lutz) et Seccotine (Géraldine Nakache) veillent…

 

Si la bande dessinée et le cinéma sont de proches parents – utilisation du cadrage, story-board – l’adaptation de l’une par l’autre n’a pas toujours donné les résultats escomptés, et surtout dans l’univers francophone (1). Rappelez-vous les deux Tintin avec Jean-Pierre Talbot ou encore les différentes adaptations d’Astérix. Ce dernier nous amenant à ‘exception qui confirme la règle : le magnifique Astérix et Obélix Mission Cléopâtre (2).

Alors avec ces Aventures de Spirou et Fantasio, on pouvait craindre le pire.

Et on n’aurait pas vraiment eu tort.

En effet, Alexandre Coffre et son équipe ont tenté une adaptation des aventures du groom de chez Spirou (le magazine) en gommant toutes les traces qui le reliaient à l’hebdomadaire.

Sans oublier un fourvoiement impardonnable : Spirou est un voleur qui écume un palace et se retrouve engagé dans une histoire qui va le sortir de son activité criminelle.

Mais bon, le mal est fait.

 

Si Spirou et Fantasio n’étaient pas une création de Franquin, Champignac et Zorglub le furent et leur présence dans ce film n’est pas vraiment en adéquation avec ce qu’avait imaginé le grand André (3) : certes Zorglub a des idées un tantinet mégalomaniaques, mais il reste malgré tout un doux dingue, loin de l’image de l’apprenti-dictateur sadique que nous offre le film. S’il existe un personnage maléfique chez le Spirou de Franquin, c’est Zantafio, le cousin de Fantasio qui n’est ici que mentionné, pas vraiment celui que nous connaissons.

Dernière faute de goût – et d’adaptation – la relation amoureuse entre Fantasio et Seccotine.

Certes, on retrouve – un peu – la concurrence que se livrent ces deux journalistes dans la chasse au scoop (4), mais il n’est en aucun cas question d’une quelconque aventure amoureuse entre eux deux.

Et Alexandre Coffre aurait dû aller chercher chez Fournier l’amour de Fantasio : la belle Ororéa (Tora Torapa, Le Gri-gri du Njiokolo-Koba, L’Ankou).

 

Bref, si vous aimez la bande dessinée Spirou (et Fantasio) cous allez avoir du mal à vous y retrouver et encore plus à aimer.

Si j’avais été déçu par l’adaptation de Gaston, j’ai beaucoup de mal à exprimer mon sentiment face à ce film raté qui dénature totalement l’univers mis en place par Franquin.

Décidément, adapter un album de bande dessinée francophone en chair et en os est vraiment un exercice très risqué.

 

  1. Je parle ici d’adaptation en chair et en os et non de long métrage d’animation.
  2. Il faut dire qu’Alain Chabat est plutôt à l’aise dans l’univers de la BD (cf. Sur la Piste du Marsupilami).
  3. Franquin, donc.
  4. Seule bonne trouvaille du film (à mon avis) : Fantasio qui surnomme Seccotine « Scoopotine ».

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Drame, #Tod Browning
Les Fauves (White Tiger - Tod Browning, 1923)

Les enfants Donovan, Sylvia (Priscilla Dean) et Roy (Raymond Griffith), ont grandi à part pendant quinze ans, suite à la dénonciation de leur père Mike (Alfred Allen) par l’infâme Bill Hawkes (Wallace Beery). Ce dernier s’occupa de la petite fille pendant que le garçon grandissait persuadé que sa sœur avait été tuée avec son père.

Le destin (1) va pourtant les réunir, ainsi que Hawkes, quinze ans après dans un casse spectaculaire (avec un automate qui gagne aux échecs). Mais seul Hawkes sait qu’ils sont frère et sœur et va tenter de les monter l’un contre l’autre : ainsi il n’aura pas à partager…

 

Le tigre blanc du titre original n’a rein à voir avec un fauve au sens propre, et si la traduction englobe nos trois protagonistes, c’est plus en écho à ce titre initial : « Les Rapaces » aurait été un titre plus convenable et en plus il était libre puisque Stroheim n’avait pas encore sorti son chef-d’œuvre (amputé).

Non, le tigre blanc, c’est une sorte de démon intérieur qui ravage le cœur et l’esprit : le crime.

Il faut dire que les enfants Donovan baignent dans le crime depuis toujours : fils d’un gangster, ils deviennent plus tard eux-mêmes des escrocs : elle vole à la tire pendant qu’il a mis au point un numéro d’automate truqué et faussement mécanique.

 

Nouvelle incursion de Browning dans les bas-fonds, Les Fauves sont l’occasion de retrouver son actrice fétiche Priscilla Dean (2) aux côtés d’une légende du cinéma, encore une fois dans un rôle négatif : l’immense (3) Wallace Beery.

Et comme nous sommes chez Browning, on y retrouve un élément de spectacle qui va perdurer dans les films suivants : la rencontre entre Sylvia, Roy et Hawkes se fait dans un célèbre musée de cire londonien qui possède sa « chambre des horreur » (4) où Roy et un complice exhibent leur automate. Cet automate est habité par Roy qui manœuvre la marionnette de l’intérieur : nous avons déjà un personnage qui n’est pas celui qu’il prétend être comme ce sera souvent la règle dans les films suivants de Browning.

 

Mais cet aspect spectaculaire n’est pas le centre du film, il s’agit plus du « tigre blanc », ce démon du crime qui dévore ses victimes.

Nous assistons à la dégradation d’une association de malfaiteurs en proie à la convoitise : leur coup sensationnel va les faire douter les uns des autres jusqu’à la défiance et l’irréparable.

Et bien sûr, cette défiance sera attisée par le méchant de service, Hawkes.

Evidemment, les mentalités de 1923 ne pouvaient pas laisser se trio s’en sortir avec brio et une fin morale est donc de mise : nous assistons alors à une nouvelle rédemption (double, le frère et la sœur) inévitable.

 

Bref, nous sommes dans une sorte de mélodrame convenu qui aurait mérité d’a voir une intrigue un tantinet plus fouillée. Browning, qui a signé le scénario, a jeté quelques bonnes idées qu’il va malheureusement délayer dans un mélo dont l’issue est prévisible : la morale est sauve, le méchant est châtié et les deux héros sont sauvés.

On aurait pu espérer un peu plus de Browning, mais il manque un atout de taille à ce petit film : Lon Chaney, bien entendu. Ou au moins un méchant qui le soit un peu plus. Wallace Beery interprète un Hawkes qui ne possède pas autant de malveillance que le professeur Echo (Le Club des Trois, 1925) ou The Blackbird (L’Oiseau noir, 1926).

Et un méchant qui ne l’est pas assez, ça n’aide pas à faire un grand film, non ?

 

  1. Toujours lui !
  2. 9 films ensemble
  3. Au sens propre comme au figuré.
  4. Est-il besoin de le nommer ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #Jon Avnet
88 Minutes (Jon Avnet, 2007)

88 minutes, c’est le temps qu’il reste à vivre à Jack Gramm (Al Pacino) : un coup de téléphone vient de l’en avertir. Qui ? On ne le saura qu’au dernier moment.

Pourquoi ? Ca on le sait vite : il a fait condamner Jon Forster (Neal McDonough), un tueur en série qui attend son heure dans le Couloir de la Mort. Sauf qu’en ce moment, un nouveau tueur procède de la même façon que Forster : est-ce un imitateur ou le véritable coupable qui aurait dû être condamné ?

Réponse au bout de ces 88 minutes.

 

C’est un thriller haletant que nous propose ici Jon Avnet, avec Al Pacino en tombeur de dames, ce qui va lui amener les ennuis qu’on sait. En effet, ce sont les femmes autour de lui qui jouent un rôle prépondérant. Il faut dire que le tueur est un prédateur qui ne s’attaque qu’aux femmes, à qui il fait vivre des tortures fort insupportables. Le peu que Jon Avnet nous permet de voir – essentiellement un scalpel qui entame une chair – est suffisant pour se faire une idée du genre de « détraqué » (1) auquel on a affaire.

Tout commence le 1 septembre 1997, quand les journaux titraient sur la mort de Lady Di. C’est à ce moment que va avoir lieu le premier meurtre (ce n’est pas le premier du tueur). Nous voyons le meurtrier mais bien sûr les cadrages ne nous permettent pas de distinguer son visage : autrement, le film serait fini, puisqu’on saurait s’il s’agit ou non de Forster.

Et c’est cette ambiguïté qui va perdurer jusqu’à la résolution finale de l’intrigue, neuf ans plus tard, soit au moment du tournage.

 

Bref, c’est un petit film plutôt sympathique où Al Pacino est un psy assez roublard voire un tantinet manipulateur, ce qui accentue la zone d’ombre qui entoure la culpabilité de Forster : aurait-il menti ou fait mentir ?

Autour de lui, les femmes sont à la hauteur, charmées – ou semblant l’être – par cet esprit brillant qui force l’admiration de tou·te·s.

Et bien sûr, c’est le compte à rebours qui nous tient le plus en haleine et donne tout le sel au film. Mais c’est là un premier point de déception du film : il y aurait eu beaucoup plus de tension et d’intérêt si l’intrigue s’était déroulée en temps réel, ce qui était tout à fait possible : 1 heure 28, avec une ou deux séquences d’exposition et une séquence finale, cela va tirer dans les deux heures ce qui est un format classique pour un thriller.

L’autre déception, c’est la rencontre entre le psy et le tueur. A aucun moment ils ne jouent ensemble. La seule séquence qu’ils partagent les voit échanger au téléphone à travers la télévision (2). L’émotion suscitée par cet appel aurait très certainement amené une autre dimension dans les rapports entre les deux hommes. D’un autre côté, les procédures nécessaires pour que Jack rencontre Foster n’auraient pas tenu dans le format du film.

Encore que…

 

Alors si l’intrigue de Gary Scott Thompson reste tout de même bien ficelée, on reste tout de même sur sa faim au su des deux objections énoncées ci-dessus.

Mais ne boudons pas non plus notre plaisir de voir Al Pacino dans ce rôle (presque) sur mesure, à la poursuite du temps qui passe et l’amène toujours plus près d’une mort annoncée.

On notera aussi sa coiffure tout le long du film : on a tout de même l’impression qu’entre le moment où il se lève (au début) et la fin du film, il n’a pas trouvé le temps de se coiffer…

 

  1. Jack Gramm est psychiatre légal : il intervient dans les procès et donne son avis sur la santé mentale de l’accusé. Si le terme détraqué est entre guillemets ici c’est parce qu’on a droit à une discussion entre Jack et ses élèves (il enseigne à l’université) sur ce point central de la culpabilité ou non d’un accusé.
  2. Forster est interviouvé à la prison et Jack l’appelle pour le forcer à se démaquer.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Thriller, #Sydney Pollack
L'Interprète (The Interpreter - Sydney Pollack, 2005)

« L’interprète », c’est Sylvia Broome (Nicole Kidman), qui travaille aux Nations Unies (New York). Un soir, elle surprend une conversation qui laisse entendre qu’on va assassiner un chef d’état africain lors de sa venue dans ce lieu prestigieux.

Seulement voilà : Silvia est originaire du même pays d’Afrique (l’imaginaire Matobo qui n’est pas sans rappeler le Zimbabwe), où elle prit les armes dans sa jeunesse contre ce même président. De plus, son frère (Hugo Speer) est resté et continue la lutte. Et comme si cela ne suffisait pas, les autres membres de sa famille sont morts dans l’explosion de l’une des innombrables mines semées par le régime dictatorial en place

Ces dernières informations laissent sceptiques les services secrets américains quant aux motivations de Sylvia…

 

Avec cet avant-dernier film (1), Sidney Pollack renoue avec le thriller, mais mâtiné d’une dimension politique. On retrouve dans le personnage de Sylvia un peu du Condor interprété par Robert Redford trente ans plus tôt (2).

En effet, tout comme Joseph Turner, Sylvia est seule dans un milieu plutôt hostile et sa vie est menacée. Mais alors que Turner ne comprenait pas ce monde qui l’entourait, Sylvia elle sait très bien quels en sont les enjeux.

Alors que dans Les 3 Jours du Condor, le spectateur découvrait avec Turner les manœuvres des services secrets, ici ce sont les services secrets qui découvrent avec le spectateur les différents éléments de l’intrigue, comme une sorte de négatif du film plus ancien.

 

A nouveau, Nicole Kidman interprète une femme forte et déterminée, ici sur fond de crise démocratique et à ses côtés – la plupart du temps en face plutôt que près d’elle (3) – on trouve un Sean Penn tout en nuance, sorte d’inverse de Sylvia : elle est une femme, il est un homme ; elle met à jour un complot, il appartient aux services secrets… Mais ces différences s’estompent à mesure que le film avance : ils sont tous les deux désespérément seuls et se consacrent à leur travail pour ne pas devoir se lamenter sur leur sort. Tous deux portent un deuil terrible et la philosophie du Matobo est d’un grand secours dans leur détresse.

 

Mais ces différents deuils sont un frein à une histoire d’amour qui ne dit jamais son nom : le caractère récent l’empêche de se développer alors que tout semble là pour qu’elle s’épanouisse. On retrouve bien là une des caractéristiques des films de Sidney Pollack dans lesquels les amours sont très souvent compliquées. Outre le Condor, j’ai traité ici de deux autres films qui illustrent bien ce fait : Out of Africa où l’amour naît entre une femme mariée et un aventurier au début du 20ème siècle (ce n’était pas très bien vu…) ; Tootsie où le travestissement était la base des complications, mais ave toutefois une forte dose comique.

 

Ici, rien n’est drôle et on sent présent le souvenir du 11 septembre (4 ans plus tôt), surtout quand un bus est la cible d’un attentat. Il y a dans cette séquence une dimension actuelle double : actuelle quand le film est sorti, rappelant ce qui s’était passé dans cette même ville de New York en 2001, mais actuelle pour nous spectateurs quinze ans plus tard (4) : les médias n’ont cessé de nous montrer nombre de situations similaires des hommes seuls ont pu tuer sans hésiter au nom d’idées politiques ou/et religieuses, faisant d’innombrables victimes, innocentes, hélas.

 

  1. Sidney Pollack mourra trois ans plus tard.
  2. Les 3 Jours du Condor (1975)
  3. « Kepéla » comme on dit en ku, le dialecte du Matobo.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Cecil B. DeMille
Une Aventure de Buffalo Bill (The Plainsman - Cecil B. DeMille, 1936)

Wild Bill Hickok (Gary Cooper), Calamity Jane (Jean Arthur) et Buffalo Bill (James Ellison) sur une même affiche! Il n’y a qu’à Hollywood qu’on peut voir ça.

Et en plus, c’est le grand Cecil B. DeMille qui est aux commandes, alors il n’y a plus qu’à se laisser faire…

 

Certes, DeMille, épaulé par Waldemar Young, Harold Lamb et Lynn Riggs au scénario, eux-mêmes chapeautés par la fidèle Jeanie Macpherson, a pris quelques libertés avec la vérité historique, mais que voulez-vous : nous sommes au cinéma !

Nous avons donc cet « homme de la plaine » (1), légende de l’Ouest qui côtoie d’autres légendes du même acabit dans une période alors troublée par la mort de Lincoln (2) et le retour de guerres indiennes, ranimées par un trafic d’armes à répétition que va combattre Bill Hickok et surtout son patron : l’infâme John Lattimer (Charles Bickford).

Mais si DeMille (and C°) a pris des libertés par rapport à la vérité historique, n’en demeurent pas moins quelques éléments véridiques comme son amitié avec Buffalo Bill et Calamity Jane, sa mort d’une balle ans le dos par Jack McCall (Porter Hall) et la dernière « main » qu’il a jouée : « Dead man’s hand ». (3) Là encore, le scénario prend des libertés ave la mort de notre héros, ais je vous renvoie à la troisième ligne du deuxième paragraphe.

 

Je suppose que les spectateurs français (et surtout les plus jeunes) ont eu un sentiment de frustration quand ce film est sorti (le 7 mai de l’année suivante) : en effet, le titre nous annonce une aventure de la superstar de l’Ouest américain, qui avait même fait quelques apparitions à Paris  en 1905, alors que l’intrigue est plus resserrée autour de son compagnon Wild Bill. Certes, « L’homme de la Plaine » aurait été un titre des plus appropriés, mais peu vendeur, Hickok étant fort inconnu – même aujourd’hui des spectateurs français (4). Et en plus, il n’est pas question de tuer des bisons ! J’ajouterai même que le chef Yellow Hand (Paul Harvey) reproche aux hommes blancs de tuer ces mêmes bisons, leur source de nourriture.

D’ailleurs, le film ne s’appesantit pas sur le rôle joué par les deux cowboys vedettes dans les guerres indiennes, la légende y aurait pris une belle écorne.

 

Autre légende présente dans le film : le général Custer (John Miljan). Mais ne vous attendez pas à y voir le vrai, l’acharné qui mourut à Little Bighorn avec ses hommes, mais plutôt un homme assez bon – pas trop tout de même, il est général – et qui déplore cette nouvelle guerre indienne qui arrive du fait du trafic.

Nous avons même droit à la bataille de Little Bighorn, racontée par un jeune acteur d’origine mexicaine : Antonio Rodolfo Quinn Oaxaca, qu’on connaît mieux sous le nom d’Anthony Quinn. Nous assistons essentiellement à la fin de Custer, aussi héroïque que le voulait la légende à l’époque et qui ne sera pas démentie par Raoul Walsh cinq ans plus tard (They died with their Boots on). Là encore, il faudra attendre Little big Man pour avoir une autre vision de ce héros si décrit et décrié…

 

Alors ce film ?

Et bien nous avons ici un western tout à fait classique avec duel final – mais pas au soleil couchant – dans un décor traditionnel, alternant les grands espaces (indispensables, surtout quand il s’agit de parler d’un « homme de la plaine ») et les intérieurs rustiques (chez Cody) ainsi que l’incontournable saloon qui est tenu ici par Calamity Jane.

L’interprétation est à la hauteur de l’événement (autant de légendes d’un coup ne pouvait supporter une distribution mièvre) et si Gary Cooper est toujours impeccable, on notera qu’il s’agit d’un des rares films où il meurt à la fin.

Mais si Cooper est magnifique (pourrait-il en être autrement ?), c’est le personnage de Calamity Jane qui retient l’attention : Jean Arthur est formidable dans le rôle de cette femme masculine qui répond avec un fouet à ceux qui regrette qu’elle en soit une !

Ses rapports avec Wild Bill sont parfois prétextes à quelques situations comiques mais aussi à une belle histoire d’amour, contrariée, cela va de soi.

L’arrivée de Jane dans le film est inoubliable : Jean Arthur fait tout pour la faire ressembler à un homme –avec la gouaille et l’accent qui vont avec ! – mais fond tout de même devant la garde-robe de Mme Cody (Helen Burgess).

 

Bref, un western comme on les aime où si les Indiens sont tués sans vergogne, ils ne sont pas pour autant montrés comme des bêtes sanguinaires mais plutôt comme les victimes de agissements des « colons » blancs. Les mentalités vont mettre du temps à évoluer et changer pour cesser de penser qu’« un bon Indien est un Indien mort. »

 

PS : on notera la présence de quelques habitués u western dans la distribution (pas toujours créditée) dont le célèbre Francis Ford, frère de John. Et on remarque à nouveau qu’il sait parler. En effet, dans les films e son frère, il se cantonne à des rôles quasiment muets : il est là, mais on ne l’entend pas beaucoup, voire pas du tout.

 

  1. Le titre original.
  2. Le film commence le 14 avril 1865, juste avant que le président américain se rende au théâtre Ford où il sera abattu.
  3. « Main de l’homme mort » : une paire d’as et une paire de huit noirs.
  4. Sauf ceux qui ont vu Little big Man.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Fantastique, #Harry Potter, #Alfonso Cuarón
Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban (Harry Potter and the Prisonner of Azkaban - Alfonso Cuarón, 2004)

Troisième année à Hogwarts School of Witchcraft and Wizardry pour notre jeune ami Harry Potter (Daniel Radcliffe), « le garçon qui a survécu ». On y retrouve le même château, les mêmes professeurs, et bien sûr les mêmes ennuis pour notre héros. Enfin presque tous les professeurs puisque de nouveau le professeur défense contre les forces du mal est remplacé. Cette fois-ci, c’est Remus Lupin (David Thewlis) qui officie. Ce dernier a la particularité d’avoir été un très grand ami des parents de Harry, tout comme un autre nouveau venu dans l’univers de J. K. Rowling : Sirius Black (Gary Oldman). Black est un évadé de la terrible prison d’Azkaban où il a été enfermé pour meurtre.

On dit qu’il est venu tuer Harry après avoir trahi ses parents.

 

C’est bien sûr Sirius Black le prisonnier du titre et son histoire n’est pas si simple qu’elle paraît, pour notre plus grand plaisir.

En effet, ce troisième opus du sorcier le plus connu au monde (après Merlin, cela va de soi) est un véritable plaisir total. Cinématographiquement parce qu’il est mené d’une main de maître par Alfonso Cuarón, photographié et monté avec beaucoup d’intelligence, le tout rythmé par la musique du grand John Williams qui s’amuse avec les œuvres de ses aînés.

Evidemment, on retrouve la structure mise en place par Chris Columbus avec un prologue chez les Dursley, la famille moldue de Harry (1). Mais Cuarón va rapidement se démarquer de Columbus. Et si on a même droit au match de quidditch, c’est plus d’un point de vue anecdotique : l’enjeu est abandonné au profit des créatures terribles que sont les gardiens d’Azkaban, les Démenteurs.

Mais le grand absent de l’histoire, c’est bien sûr Voldemort qui n’est que mentionné par moments.

Et pourtant, Cuarón réussit à en faire l’un des meilleurs films de la série (2).

 

Et comme le livre de Rowling paru cinq ans plus tôt, c’est avant tout la narration qui retient l’attention, avec un élément fédérateur : le voyage dans le temps. Le grand Alfonso connaît ses classiques et va jouer avec bonheur sur les paradoxes temporels et nous proposer une intrigue haletante de la même veine que Retour vers le Futur II, mêlant les deux instants revécus par Harry et Hermione (Emma Watson).

Et comme toujours dans ces cas-là, rien n’est laissé au hasard, amenant une intrigue dédoublée qui se résoudra avec bonheur (bien entendu) en se réunifiant.

 

Par contre, ce qui change beaucoup des deux premiers films, c’est le ton de la narration. On trouve ici une noirceur qu’il n’y avait pas avant. Le temps atmosphérique est aussi de la partie, accentuant cette noirceur. Certes, les Détraqueurs (3)  sont des personnages sinistres, mais cela n’explique pas tout. Avec Harry Potter Le Prisonnier d’Askaban, la série prend un tournant dans le ton : le côté enfantin disparaît à mesure que nos trois héros grandissent et se rendent compte du monde qui les entoure.

 

[Attention : je vais parler de la résolution de l’intrigue, alors si vous n’avez pas vu le film ni n’avez lu l’œuvre de Rowling, je vous conseille de revenir plus tard…]

 

Avec Voldemort, le mal avait son représentant tout trouvé : un magicien noir archétype du Méchant. Ici, celui qui s’approche le plus d’un méchant, c’est Peter Pettigrew (Timothy Spall) qui n’a rien d’une menace (ne pas s’y fier, tout de même…) et serait plutôt risible. Mais son passé parle pour lui et on découvre que cet être insignifiant n’est pas vraiment inoffensif.

Et c’est en ça que Harry, Hermione et Ron (Rupert Grint) commencent à sortir de l’enfance : Pettigrew est un méchant ordinaire qu’on ne distingue pas des autres comme Voldemort. Le monde n’est pas si manichéen que ça.


 

Et ce tournant noir va s’accentuer à mesure que la série va s'étoffer : l’opus suivant verra le premier mort de la série.

Mais ceci est, bien sûr, une autre histoire.

 

  1. Belle illustration du précepte : « on ne choisit pas sa famille ».
  2. Pour moi, c’est le meilleur. Quant au livre, je crois que c’est mon préféré…
  3. Dementors en VO : littéralement ceux qui défont l'esprit (« mens » en latin qui signifie esprit)

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