Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

morgan freeman

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Braquage, #Gangsters, #Jon M. Chu, #Morgan Freeman
Insaisissable 2 (Now you see me 2 - Jon M. Chu, 2016)

Trois ans après (un seul pour les protagonistes), on prend les mêmes, et on recommence ?

Pas exactement. Louis Leterrier a laissé la place à Jon M. Chu après être passé tout près de réaliser le film, Ed Solomon a repris les personnages de ses deux précédents acolytes et a conçu une nouvelle intrigue avec l’aide de Pete Chiarelli.
Et côté interprétation, Isla Fisher (Henley) a été remplacée (1) par Lizzy Caplan (Lula) et nous avons droit à un double Woody Harrelson : il est, en plus de Merritt, son frère jumeau Chase.

Pour le reste, tout le monde est là, fidèle au poste, surtout Thaddeus Bradley (Morgan Freeman), ce qui semble le plus logique.

 

Nous retrouvons donc nos Quatre Cavaliers, qui sont devenus cinq comme on l’a vu à la fin de l’épisode précédent, dans un nouveau numéro époustouflant qui vise à dénoncer un génie de l’informatique de la stature de Steve, Bill ou Mark. Mais le numéro qui commençait bien tourne à la tragédie et notre quatuor (le n° 5 reste à la traîne) se retrouve à Macao, embauché – malgré eux – par un autre prodige de la technologie, Walter Mabry (Daniel « HP » Radcliffe), censé être mort depuis deux ans. Leur mission – qu’ils doivent accepter – est de récupérer une carte à puce, clé de tous les ordinateurs de la terre (2). S’ajoute une course-poursuite autour du monde menée par le FBI et Bradley ainsi que la présence d’Arthur Tressler (Michael Caine) qui a une revanche à prendre sur ces voleurs particuliers.

 

J’ai parlé la dernière fois de la façon de tourner de Louis Leterrier la trouvant pas toujours très subtile. Mais force est de constater que son premier opus avait une fraîcheur qui fait beaucoup défaut à cette suite. C’est bien connu, les deuxièmes parties ont rarement la qualité et le charme de l’épisode initial (3), et ce film n’échappe pas à la règle.

Le monde de la magie et surtout les illusions que montent notre quatre héros prennent beaucoup moins de place dans cette suite, insistant plus sur l’aspect policier, et surtout mettant en avant l’Œil, cette confrérie de la magie (occulte cela va de soi) à laquelle tous veulent appartenir.

 

Alors oui, on retrouve quelques moments très spectaculaires et la première illusion – celle qui tourne mal – fait partir le film sur les chapeaux de roue, mais la relégation de la magie au second plan enlève beaucoup de son intérêt à l’intrigue et au film lui-même. Sans parler de cette même intrigue qui tord un tantinet le bras à celle du film précédent, ajoutant une dose d’incrédulité pour le spectateur.

On tombe alors dans une histoire somme toute très convenue avec un final qui sent un peu trop le réchauffé, avec en prime une petite dose de mysticisme qui, au choix achève de vous convertir ou de vous détourner.

 

Pour ma part, le choix est fait : dommage.

 

  1. Grossesse oblige…
  2. Rien que ça !
  3. Je sais : sauf Le Parrain 2, L’Empire contre-attaque

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Braquage, #Gangsters, #Louis Leterrier, #Morgan Freeman
Insaisissable (Now you see me - Louis Leterrier, 2013)

Depuis Georges Méliès (c’est vous dire si ce n’est pas récent), le cinéma a eu une relation privilégiée avec la magie. L’étendue des possibilités qu’offre le 7ème art est infini pour mettre en scène n’importe quel numéro d’illusion, et sans avoir besoin d’être un vrai magicien. La technique fait tout.

A nouveau, le cinéma rencontre la magie pour une histoire improbable mais spectaculaire. A cela s’ajoute un autre élément qui a le vent en poupe depuis le début des années 2000 : le braquage de banque.


Ils sont quatre, se font appeler les « 4 Cavaliers » et pour leur victime, cela va être l’apocalypse : J. Daniel Atlas (Jesse Eisenberg), Henley Reeves (Isla Fisher), Merritt McKinney (Woody Harrelson) et Jack Wilder (Dave Franco, le frère de).

Ils proposent un spectacle époustouflant à l’issue duquel ils vident le coffre d’une banque qui se trouve à quelques milliers de kilomètres de là : ils sont à Las Vegas, le coffre à Paris.

Bien sûr, un tel larcin ne peut rester impuni : Interpol envoie une inspectrice, Alma Dray (Mélanie Laurent) qui sera associée à Dylan Rhodes (Mark Ruffalo), un agent du FBI rapidement dépassé par ces voleurs hors norme.

Dans le même temps, Thaddeus Bradley (Morgan Freeman) suit de très près les turpitudes du quatuor : Bradley chasse les mystificateurs, ces magiciens minables qui se font passer pour ce qu’ils aimeraient être.

 

Autant le dire tout de suite, Louis Le Terrier n’est pas un cinéaste très subtile, on l’a vu à certains de ses films. Mais il faut avouer qu’il maîtrise les effets et son film, s’il ne possède pas la profondeur d’autres n’en demeure pas moins très spectaculaire, voire parfois bluffant. Comme je l’ai annoncé en préambule, l’association cinéma-magie est la clé du succès. Encore que j’ai déjà parlé ici d’un film (Shade) qui les associait sans en arriver à un résultat des plus convaincants. Il faut dire à sa décharge que le milieu des cartes est beaucoup moins spectaculaire que ce qui nous est proposé ici.

Ce sont des numéros à couper le souffle qui s’enchaînent ici, soutenus par une technique irréprochable, et en plus, nous avons droit à l’explication des différents tours présentés, ce qui finit de combler le spectateur toujours avide de comprendre ce qui semble irrationnel et qui se résume en quelques mots : « comment font-ils ça ? »

 

Alors non seulement nous voyons comment ils font ça, mais en plus nous savons pourquoi. Et il faut avouer que c’est plutôt habile. Certes, on n’échappe pas au savoir-faire de Louis Leterrier qui a parfois tendance à alourdir un tantinet l’atmosphère, mais il faut tout de même reconnaître que sa façon de tourner efficace se justifie par le scénario élaboré par Edward Ricourt, Ed Solomon et Boaz Yakin, ces deux derniers étant à l’origine de l’intrigue.

Au final, tout s’enchaîne comme il faut et tout le monde y trouve son compte.

En prime, si Mark Ruffalo interprète l’enquêteur principal, c’est tout de même le personnage de Mélanie Laurent qui tire son épingle du jeu, enchaînant les prouesses qu’on attend habituellement chez un interprète masculin : elle dénoue les intrigues et conduit divinement, apportant une aide précieuse à cet agent du FBI un petit peu (trop) balourd.

 

A la sortie du film, la critique ne fut pas spécialement tendre. Mais le véritable verdict se fait dans les salles obscures. Et le test s’est donc révélé positif puisque une suite fut programmée et sortit trois ans plus tard.

A suivre, donc.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Histoire, #Steven Spielberg, #Morgan Freeman
Amistad (Steven Spielberg, 1997)

Le visage d’un homme (Djimon Hounsou), noir, tordu par l’effort alors qu’il enlève un clou d’une charpente, pendant que l’orage gronde et zèbre de lumière ce visage.

Une fois le clou ôté, le cadrage s’éloigne : c’est un homme enchaîné, et pire que cela : un esclave au fond d’une cale d’un bateau négrier.

Avec le clou, il réussit à se débarrasser de ces chaînes, entraînant alors ses compagnons d’infortune dans une entreprise mortelle de libération.

Maître du vaisseau, ils se retrouvent malgré tout arraisonnés par un navire américain qui les débarque à New Haven où ils sont emprisonnés. Et bientôt jugés.

 

Ce prologue où la tempête se mêle à l’intrigue pour ne faire qu’une pose les bases de ce qui ne fut qu’un incident et qui se développa d’une telle façon qu’il devient une affaire d’état, voire internationale, la reine Isabelle II d’Espagne (Anna « Malicia » Paquin) réclamant pendant un peu plus de vingt ans le retour en son pays de ces révoltés.

Mais cette histoire (vraie) est surtout l’occasion pour Steven Spielberg de revenir sur un pan de l’histoire de son pays qui n’est pas toujours traité dans la production cinématographique américaine. Certes, il existe de nombreux films traitant de l’esclavage (Autant en emporte le Vent en fait partie), mais avec un tel réalisme et de façon autant visuelle que morale, très peu (1).

 

Parce que derrière cette histoire somme toute banale dans un pays où l’esclavage est en partie toléré (dans le Sud), se cache un débat qui va ébranler cette nation, amenant, une vingtaine d’années plus tard (le film débute en 1839 et se termine en 1841), une guerre civile – de Sécession dit-on par chez nous – qui va longtemps diviser le pays, sans totalement le réunifier, le Sud gardant certaines réminiscences de cette période, troublée cela va sans dire.

 

Nous sommes 12 ans après La Couleur pourpre et à nouveau Spielberg décrit une situation autrement plus terrible vécue par des Noirs : l’esclavage. Et pour ce faire, il a fait appel à quelques stars des plus talentueuses (Pete Postlethwaite, Anthony Hopkins…) voire engagées (Morgan Freeman) dans cette lutte pour l’égalité entre tous.

De plus, Spielberg reconstitue avec brio la période qui précéda cette guerre civile, donnant voix au chapitre à chaque partie : si le propos du film penche naturellement vers les abolitionnistes et pour la liberté, le repas où  le sénateur John Calhoun (Arliss Howard) est très certainement un tournant dans cette intrigue, la sécession devenant alors une réalité inévitable dans les années qui suivront.

Mais s’il donne la parole à tous, Spielberg ne peut toutefois pas laisser ce Sudiste s’en tirer à si bon compte : la conclusion du monologue menaçant de ce sénateur amenant une gêne et un silence, seulement troublé par les bruits de fourchette de ce même Calhoun pendant que tous les autres convives semblent atterrés par cette menace non déguisée.

 

Nous sommes ici bien loin de l’épopée Racines (1979), où ce qui était décrit n’était pas des plus magnifiques, du fait du ton adopté qui se retrouvera plus tard dans le film de Steve McQueen susnommé. Et le jeu d’acteurs est des plus vrais, accentué par le parti pris de laisser le langage mendé, usant d’un interprète (Chiwetel Ejiofor) afin d’accentuer l’injustice qui frappe ces hommes : le langage devenant un nouvel écueil dans le parcours éprouvant de ces hommes, non seulement traités comme des inférieurs mais surtout incapables de comprendre ce qu’on peut leur dire. La séquence où Baldwin (Matthew McConaughey), l’avocat de ces malheureux et Cinque (Djimon Hounsou) dans la cour de la prison illustre tout à fait cette incompréhension qui dessert d’autant plus ces « esclaves ».

 

Et puis il y a le jeu des différents acteurs, où curieusement peu de femmes sont présentes, les rôles déterminants restant masculins.

Si on sourit d’Anthony Hopkins qui interprète John Q. (2) Adams – il dort pendant les sessions parlementaires et semble parfois atteint de gâtisme – on ne peut que saluer sa magnifique performance pendant la plaidoirie devant la Cour Suprême composée alors de 7 membres venant de ce Sud esclavagiste. Et en plus, Hopkins a un rôle de gentil !

A ses côtés, Morgan Freeman est toujours aussi impeccable dans ce rôle d’ex-esclave, luttant pour l’abolition. La séquence où il descend dans la cale de l’Amistad – le bateau qui donne son nom au film – est des plus impressionnantes, le silence n’y étant troublé que par le tintement – sinistre – des chaînes.
Bien sûr, on ne peut passer outre la magnifique performance de Djimon Hounsou, dans le rôle de cet homme déraciné qui doit en plus se battre contre une administration en plus de l’incompréhension évoquée ci-dessus.
Dernier acteur important, Matthew McConaughey nous livre ici une interprétation tout en nuance de cet homme bridé par l’incompréhension langagière mais d’une très grande habileté oratoire, véritable personnage charnière de l’intrigue : c’est Baldwin qui convainc Adams d’intervenir.

 

Bref, encore une fois, Spielberg nous montre qu’il sait faire autre chose que des films légers – ce dont je suis fortement convaincu, ne trouvant pas tant de légèreté que ça dans ses films – et brosse ici les dérives de son pays qui, s’émancipant de l’Angleterre au nom de la liberté, paradoxalement accepte qu’une partie de sa population continue de vivre en servitude.

 

 

  1. Le dernier en date est le magnifique 12 Years a slave où on retrouve Chiwetel Ejiofort.
  2. Quincy, fils de John, l’un des Pères Fondateurs et président le temps d’un mandat comme son prestigieux père qui succéda à George Washington (rien que ça).

 

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Mimi Leder, #Morgan Freeman, #Gangsters
The Code (Thick as Thieves - Mimi Leder, 2009)

Un duo.

Des œufs Fabergé.

Des voleurs de haut vol.

Un truand russe.

Un policier opiniâtre.

Tels sont les ingrédients qui composent ce film, où – encore une fois – on assiste à un braquage irréalisable mais tout de même réalisé.

 

Keith Ripley (Morgan Freeman) est un spécialiste dans sa profession : le cambriolage.

Gabriel « Gaby » Martin (Antonio Banderas) est un autre spécialiste dans cette même profession, mais lui est beaucoup (?) plus jeune.

Bien entendu, ils vont s’associer pour mettre la main sur un trésor fabuleux : les deux derniers œufs que réalisa Pierre-Karl Fabergé et offrit à la tsarine après la Révolution Russe (février 1917).

 

Comme toujours, l’élaboration et l’exécution de ce casse sont les moments les plus importants du film. Mais si on n’atteint pas le niveau de Danny Ocean et ses complices, on peut tout de même apprécier ce film où on retrouve deux grandes figures du cinéma : Morgan Freeman et Antonio Banderas. En prime nous avons droit au « Russe de service » : Rade Šerbedžija (1).

 

Pourtant, le démarrage laissait craindre le pire : les rapports entre le vieux bandit – Ripley – et le jeune loup – Martin  – sentaient fortement le réchauffé et on pouvait s’attendre à une passation de témoin entre deux générations.

Mais il n’en est pas question et Morgan Freeman (72 ans quand le film sort) n’a pas l’intention de raccrocher les gants (2).

Nous sommes dans un univers de faux-semblants où le spectateur se retrouve à la place de Martin qui n’a que très peu de contrôle sur les événements. Pourtant, dès sa rencontre avec la « filleule » de Ripley – la belle Alexandra (Radha Mitchell) – il est prévenu : attention aux suppositions.

 

Alors bien sûr, jusqu’au bout nous allons assister à quelque chose de faussé et il faudra attendre la fin pour qu’enfin éclate la vérité.

D’ailleurs cette vérité est un tantinet convenue. Mais il reste le morceau de bravoure et surtout la rencontre entre deux grands acteurs : d’un côté le vieux sage Freeman et de l’autre un jeune loup Banderas plus si jeune que ça (48 ans à la sortie du film…).

 

Quant au code du titre français (3), deux possibilités :

  • La combinaison du coffre-fort, ce qui me semble un peu léger comme explication ;
  • Le « code d’honneur » de cette profession où d’une manière ou d’une autre il faut prétendre être ce qu’on n’est pas…

 

A vous de vous faire votre propre idée. Ou pas.

 

  1. Qui est serbe…
  2. Dans la « vraie » vie non plus, d’ailleurs…
  3. Transformer un titre en anglais (Thick as Thieves) par un autre titre en anglais : le stade ultime de la traduction (= trahison, cela va sans dire) minable ?

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Morgan Freeman, #Drame
Bopha! (Morgan Freeman, 1993)

Dans la langue zouloue, « bopha » signifie « arrestation », « détention ». Ces deux termes résumés en un seul indiquent une certaine logique verbale et physique : la détention suit l’arrestation, et arrêté ou emprisonnés, on n’est plus libre.

Et Morgan Freeman, en adaptant la pièce de théâtre de Percy Mtwa, rend magnifiquement l’interaction entre ces deux faces d’une même action : la privation de la liberté.

 

La nuit, aux alentours de Soweto. Un homme noir court, poursuivi par d’autres hommes de la même couleur. Attrapé, il est amené au milieu d’un cercle formé par ses poursuivants. On lui passe autour du cou un pneu rempli de chiffon, puis on les asperge (l’homme et les chiffons) d’essence avant d’y mettre le feu.
Puis quand le feu s’est éteint et que le jour s’est levé, on jette un dernier élément qui appartenait à l’homme brûlé : une casquette de policier.

 

Nous sommes en Afrique du Sud, quelques temps avant la libération de Nelson Mandela (1). A Maroko, qui n’est pourtant pas Soweto, le sergent Micah Mangena (Danny Glover) est membre de la Police Sud-Africaine (SPA), et vit avec sa femme Rosie (Alfre Woodard) et son fils Zweli (Maynard Eziashi). Zweli est étudiant pendant que sa mère travaille pour la femme du chef de la police locale.

Un jour, deux agents de la « branche spéciale » de la PSA débarquent à Maroko : De Villiers (Malcolm McDowell) et Retleif (Robin Smith).
Avec eux, le consensus qui semblait être de mise va voler en éclat, la violence s’installer et « Bopha ! » devenir le mot d’ordre de la police.

 

Mis à party la séquence – terrible – d’ouverture, on aurait pu croire que tout irait bien dans cette petite ville essentiellement composée de Noirs, les Blancs étant surtout quelques-uns des policiers.

Quelques-uns ? Parmi les forces de l’ordre se trouvent des hommes noirs qui ont été enseignés par le sergent Mangena. Alors quand les étudiants se révoltent et que la police est envoyée réprimer la contestation, on en arrive à ce douloureux paradoxe : des Noirs qui violentent d’autres Noirs au nom d’un régime inégalitaire et raciste.

On comprend alors mieux la séquence d’ouverture, et pourquoi des policiers furent tués pendant les années terribles de l’apartheid.

 

Un régime qui tire sur sa jeunesse n’est pas un régime en bonne santé, et on comprend que l’apartheid touche à sa fin, avec, malheureusement des violences policières intolérables mais justifiées par un régime moribond qui n’en est que plus dangereux, et donc meurtrier.

Danny Glover est encore une fois très juste dans le rôle de ce policier qui se réveille de la léthargie engendrée par une forme de lavage de cerveau qu’on appelle instruction militaire. Lui-même inculquait ces valeurs sécuritaires qui amènent l’immense tragédie que fut le régime ségrégationniste sud-africain.

 

Et comme toujours dans ces cas-là, c’est un incident qui met le feu aux poudres : un élève – Solomon (Michael Chinyamurindi) – qui refuse d’être enseigné en afrikaans, la langue des blancs d’Afrique du Sud – et décident de répondre en anglais.

La dernière demi-heure du film voit, avec la prise de conscience (trop) tardive de Mangena, une répression terrible, où consigne est donnée de tirer pour tuer. On n’est pas étonné de voir Releif appliquer sans hésiter cette consigne, mais on a tout de même du mal à comprendre qu’un policier noir tire sur un autre Noir, pour avoir osé refuser un régime inégalitaire et injuste.

 

Et quand la dernière séquence voit les familles et amis célébrer leurs morts, on comprend que ce système est arrivé à ses limites et que la situation devra changer et l’apartheid disparaître.

En attendant, alors que les funérailles se déroulent, on termine sur un plan des différents véhicules de la PSA, qui s’approchent inexorablement pour une conclusion qu’on imagine aisément très meurtrière.

 

En 1993, année de sortie du film, Nelson Mandela et Frederik de Klerk reçoivent le prix Nobel de la Paix. L’année suivante, Nelson Mandela devient le premier président noir d’Afrique du Sud.

 

Que de chemin parcouru !

 

PS : la rencontre entre Morgan Freeman et Danny Glover est aussi celle des deux Mandela : Glover fut Madiba dans Mandela, un téléfilm de Philip Saville (1987) ; Freeman l’incarnera dans Invictus de Clint Eastwood (2010)…

 

(1) 11 février 1990.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Frank Darabont, #Prison, #Morgan Freeman
Les Evadés (The Shawshank Redemption - Frank Darabont, 1994)

La bâtisse de Crookshank (1) est une véritable beauté architecturale, une espèce de croisement entre un manoir victorien et un château fort.

Mais ça, ce n’est que la façade, parce que, avant tout, Shawshank est une prison.

Elle est dirigée par Samuel Norton (Bob Gunton), un directeur sévère et empreint de la Bible, et surveillée par le chef Hadley (Clancy Brown) et ses hommes.

En 1947, Ellis « Red » Boyd Redding (Morgan Freeman) voit une deuxième fois sa conditionnelle rejetée. Le même jour, un nouveau convoi de prisonnier arrive, avec parmi eux Andy Dufresne (Tim Robbins). Il aurait tué sa femme et l’amant de celle-ci.

 

Depuis Paul Muni dans I’m a Fugitive from a chain gang, les films au thème carcéral ont toujours exercé une fascination sur le public qui, dans la très grande majorité, ne connaît pas – fort heureusement – cet univers. Le deuxième point qui accroche le public, c’est une évasion. Et ça tombe bien, parce que le titre français nous en promet une (2).

Autre atout : l’innocence clamée par Andy, malgré que Red lui rappelle que « tout le monde est innocent ici. »

Dernier argument : la violence normale du chef Hadley, approuvée et couverte par le directeur, aux dépens des prisonniers – dont Andy – finit de nous ranger de son côté.

 

Il s’agit autrement d’un film carcéral tout à fait classique avec ses éléments indispensables : la camaraderie, la violence et le sadisme, l’homosexualité, ou encore la débrouillardise.

La différence fondamentale avec les autres films de ce genre, c’est avant tout la présence de Tim Robbins. Si la narration nous est rapportée par Red, le principal protagoniste est avant tout Andy.

Il est différent : très grand et avec un sourire (presque) constant dans un univers qui ne  s’y prête pas beaucoup. Et avant tout, il est humain : quand un détenu fraîchement arrivé meurt, il est le seul à s’inquiéter de son nom. De même que chaque demande qu’il tente va dans le sens du bien-être de ses camarades.

Alors comme Red a ses petites habitudes (20 ans d’ancienneté quand Andy arrive), Andy va progressivement les chambouler et lui rendre ce qu’il a perdu pendant tout ce temps : l’espoir.

Et ce duo donne la couleur du film : deux hommes différents qui se rencontrent et s’apprécient : chacun apportant à l’autre ce qu’il lui manque.

Le tandem Robbins-Freeman est d'une justesse magnifique (comme toujours chez ces deux acteurs).

 

Et puis il y a l’émotion. Deux moments du film nous amènent de véritables bouffées d’émotion.

  • La libération de Brooks (James Whitfmore)  et sa solitude, mêlée de peur qu’il éprouve quand il est livré à luimême, ainsi qu’il l’explique dans une lettre envoyée à ceux qui sont toujours dedans.
  • Le disque qu’Andy passe sur les hautparleurs de la prison, amenant avec les accords et les voix des Noces de Figaro (3). C’est un pur moment de grâce où l’espace d’un instant le temps s’arrête, et comme le dit Red, un sentiment de liberté se répand dans la prison où chaque prisonnier s’est arrêté, intrigué pour fixer ces hautparleurs qui n’aboient pas les ordres habituels. Un grand moment du film.

 

Un dernier mot sur les méchants.

Outre Bogs (Mark Rolston, encore une fois du mauvais côté), le chef des « sodomites » (comme le dit le directeur), on trouve une paire absolument complémentaire : Norton & Hadley.

Norton est, par son statut, la tête pensante.

Il se réfugie derrière la Bible pour mieux justifier ses écarts, annonçant cette rédemption annoncée par le titre original. Son hypocrisie va de paire avec sa cruauté, éliminant ceux qui se mettent sur son passage ou remettent en cause le système qu’il a patiemment établi.

 Hadley est, bien entendu, l’exécuteur des basses œuvres. Il frappe et, à l’occasion, tue. Il est ce qu’on pourrait appeler la « Main du Roi » Norton, tant il s’acquitte de son devoir avec un professionnalisme empreint de sadisme. Mais il sait aussi voir où est son intérêt, protégeant Andy quand nécessaire (i.e. quand c’est à son avantage).

 

(1) Prononcer : « Chaud Chaink »

(2) Pour une fois, le titre original est plus obscur et semblerait avoir réfréné les spectateurs.

(3) Sull’aria… che soave zeffiretto (W.A. Mozart)

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #David Fincher, #Morgan Freeman
SE7EN (David Fincher, 1995)

Sept.

Sept jours de la semaine.

Sept péchés capitaux.

Un par jour.

Presque.

 

David Fincher, pour son deuxième long métrage, délaisse l’espace (Alien 3) pour l’atmosphère étouffante d’un film policier poisseux, où les sens sont aussi importants que les  crimes.

Sept crimes répertoriés, chacun en relation directe avec l’un des péchés capitaux : gourmandise, avarice, paresse, luxure, orgueil, envie et colère.

 

Sept crimes pour un seul criminel, calme, froid, réfléchi : John Doe (1). John Doe, c’est n’importe qui, un visage dans une foule. Mais ici, pas de foule, et le visage n’est révélé que quand il n’a plus d’importance.
De toute façon, ce visage n’est jamais le plus important. C’est la mise en œuvre qui nous intéresse.

 

Nous avons deux policiers, deux conceptions d’un même métier, deux conceptions de la vie. Entre eux, un gouffre qui va progressivement se combler jusqu’à les réunir. Ce n’est pas le schéma habituel avec le vieux flic qui est là pour former le jeune loup. Jamais. Ce sont deux hommes qui finalement ont le même sens du devoir, avec des différences dans leurs pratiques.

Mills (Brad Pitt) est le jeune flic qui travaille dans l’urgence, qui ne se repose qu’une fois l’affaire résolue. Alors que Somerset (Morgan Freeman, tout juste grisonnant), c’est la vieille méthode, celle qui prend le temps de bien réfléchir et de s’informer. Pendant que Somerset prend le temps d’aller consulter les ouvrages nécessaires, Mills se procure des œuvres condensées, arrivant finalement au même résultat.

 

Ce sont deux mondes qui s’opposent.

L’ancien, lent, qui requiert du calme (une bibliothèque publique) et à la limite un peu de musique classique (Suite no 3 in ré majeur, BWV 1068 de J.S. Bach), pour aider à la réflexion. Somerset est un rationnel.

Le nouveau, fait de vitesse et de bruit : celui de Mills qui réfléchit pendant que la télévision l’abreuve de basketball pendant qu’il déguste une bière, s’agitant tant que la clé ne se dévoile pas. Mills est un instinctif.

Somerset a rarement sorti son arme, et ne l’a jamais utilisée. Pas Mills.

 

Et cette différence de personnalité s’accentue quand il est question de performances physiques : Mills court derrière le tueur pendant que Somerset ne peut que compenser son absence de forme par une stratégie dans le déplacement.

Cette scène d’ailleurs est une magnifique poursuite, entièrement à pied, derrière un tueur sans visage et qui s’escamote à chaque fois que Mills a un angle de tir, ramenant ce dernier au niveau de son coéquipier : il a sorti son arme et n’a pas fait feu une seule fois.

C’est une formidable course où le caméraman est au cœur de l’action (comme presque tout le temps du film), caméra à l’épaule accentuant ainsi la tension générée par cette poursuite.

 

Et puis il y a la femme (2). Chacun des deux en a une ou en a eu une. Et Somerset se retrouve à chaque fois dans la même situation : faut-il garder l’enfant ? Si la première fois il a su répondre, il n’en va pas de même pour la seconde. Normal, cette fois, ce n’est pas lui le géniteur.

 

  1. Pas besoin de vous donner son nom : si vous avez vu le film, vous le connaissez, sinon, vous seriez aiguillé. La surprise est un des éléments du film.
  2. Gwyneth Paltrow, trop rarement – sur l’écran – magnifique.

 

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Rob Reiner, #Morgan Freeman, #Comédie
Un Eté magique (The Magic of Belle Isle - Rob Reiner, 2012)

Ce que j’aime chez Rob Reiner, c’est que quand un film se finit, on repart avec un sourire aux lèvres. Il y a toujours une empathie qui se crée entre ses personnages et le spectateur.

Et cet Eté magique ne déroge pas à la règle.

Il faut dire que les quelques semaines que Monte Wildhorn (Morgan Freeman) passe à Bell Isle ont de quoi réjouir.

 

Monte est un romancier de western qui ne chevauche plus que les bouteilles de whisky. Alors évidemment, sa production s’en fait sentir. D’ailleurs, il n’y a plus de production du tout.

Mais un jour, son neveu Henry l’installe dans la maison d’un de ses amis. Juste à côté vit « une superbe femme sur un toit » : Charlotte O’Neil (Virginia Madsen). Et Charlotte a trois filles : Willow (Madeline Carroll), Finn (Emma Fuhrmann) et Flora (Jessica Hecht).

Lentement, la présence de ces quatre personnes va le faire évoluer et lui redonner l’envie d’écrire.

 

Bien sûr, l’intrigue est cousue de fil blanc : on sait qu’il va se remettre à écrire, mais c’est justement la façon dont ça lui revient qui est intéressante. Et l’autre protagoniste principale de l’intrigue, c’est la jeune Finn. C’est son regard sur la vie, ou plus exactement son regard sur ce qu’il n’y a pas dans la vie qui va aider l’écrivain à se reprendre. Parce que c’est là qu’est le véritable pouvoir de l’écrivain : voir ce qu’il n’y a pas et l’arranger pour en faire quelque chose qui existe. Et la jeune Emma Fuhrmann – qui a le même âge que Finn – possède des yeux qui, en plus d’être beaux, sont très expressifs et conviennent très bien à ce personnage.

 

Mais si Monte change (en très bien), il n’est pas le seul. Chacune des habitantes de la maison d’à côté va évoluer avec l’écrivain, qui va finalement prendre de plus en plus de place dans leur vie, sans pour autant les envahir. Il faut dire que  le handicap de Monte limite tout de même ses mouvements, même avec son siège électrique.

Et si Monte entre peu à peu dans la vie de Charlotte et ses filles, la réciproque est on ne peut plus vraie, car les filles sont beaucoup plus mobiles.

 

Mais cette rencontre, finalement, est surtout possible grâce à un personnage absent, mais dont on sent très souvent la présence : le père. Ce père n’est pas là, et chaque spectateur se retrouve dans le même cas que Finn qui doit décrire ce qu’elle ne voit pas : imaginer.

Nous imaginons alors cet homme qui compte tellement pour ses filles mais qui n’est jamais là, et qui comptait aussi pour leur mère. Mais comptait-il par sa présence ? Ou ne compte-t-il plus par son (ou ses) absence(s) ?

 

Alors évidemment, Morgan Freeman est impeccable, mais c’est toujours le cas, et en face de lui, on trouve une Virginia Madsen à la hauteur de ce monstre sacré. Elle y interprète une femme qui n’est plus toute jeune, mais qui assume très bien cet âge. Et l’histoire d’amour naissante entre elle et Monte est absolument vraisemblable. Si on accepte que des jeunes premiers sur le retour (je ne donnerai pas de nom, vous chercherez vous-même) ont des aventures avec des jeunettes de vingt-cinq ans (de moins qu’eux voire plus !), on peut alors tout à fait croire à cette belle histoire d’amour qui s’esquisse.

 

Et puis voir Morgan Freeman enfin jouer un homme amoureux (et aimé en retour) est un plaisir très rare*, surtout maintenant qu’il a passé la barre des 80…

 

 

* Il semble d’ailleurs qu’il n’ait jamais joué d’homme amoureux dans ses autres films.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Dean Parisot, #Comédie, #Morgan Freeman
RED 2 (Dean Parisot, 2013)

Trois ans après, ils reviennent, un peu plus âgés, certes, mais toujours aussi efficaces.

Bien entendu, Morgan Freeman n’est plus là, mais on découvre un nouveau retraité, lui aussi d’office, mais dans un hôpital psychiatrique en plein cœur de Londres : le professeur Bailey (Anthony Hopkins).

 

Si le premier opus fut une agréable découverte, cette suite est tout de même un tantinet convenue et ne possède la magie du premier qu’à de rares moments. Il est tout de même agréable de revoir ces vieux compagnons d’armes ans des histoires improbables (tant que ça ?), mais le plaisir s’est émoussé. Et même les scènes d’action les plus intense manquent de cette fraîcheur qui rendait irrésistibles ces retraités extrêmement dangereux dans le film précédent. Même Marvin (John Malkovich) n’est plus aussi paranoïaque qu’avant, c’est dire.

 

Mais heureusement, Anthony Hopkins est là, dans un rôle de vieux gâteux qui ne l’est pas tant que ça, toujours aussi british, mais avec une certaine fêlure qui lui sied tout à fait.

 

Pour le reste, on retrouve l’arsenal habituel de gros flingues et revolvers, le tout avec une sous intrigue amoureuse : quand paraît Katja (Catherine Zeta-Jones), ancienne petite amie de Frank (Bruce Willis). Il y a des couples qui se font et se défont dans les coups durs : ici, pas de soucis, c’est l’inaction qui pourrait séparer Frank et Sarah (Mary-Louise Parker), plus qu’une rivale !

 

Le seule petit changement, finalement, c’est l’usage de la bande dessinée pour les transitions entre les différents lieux de l’intrigue. Red est avant tout une BD de chez E.C. Comics : des dessins de Cully Hamner et des textes de Warren Ellis.

 

Et même si les retrouvailles – brèves – entre Victoria (Helen Mirren) et Ivan (Brian Cox) sont jubilatoires, elles ne représentent qu’une infime parenthèse dans un film où on tire plus (un peu trop d’ailleurs) qu’on ne s’explique entre gens civilisés – avant de tout de même s’entretuer, cela va sans dire – comme auparavant.

 

Dommage.

 

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Robert Schwentke, #Comédie, #Morgan Freeman
RED (Robert Schwentke, 2010)

Frank Moses (Bruce Willis, 55 ans) vit seul dans une grande maison alors que noël approche. Frank est retraité, et il passe son temps à lire des romans d’espionnage et regarder un noyau d’avocat germer.

Mais en cette période de noël, son ancien service a décidé de lui offrir un petit cadeau : le radier définitivement des fichiers.

Après en avoir réchappé, Frank décide de revoir ses anciens collègues de travail : ceux qu’il fréquentait quand il travaillait pour la CIA, avant la disparition du rideau de fer…

 

Nous faisons donc la connaissance de ceux qui, une vingtaine d’années auparavant (avant 1989, quoi), étaient employés par les différents service de contre-espionnage. Enfin bref : c’était des agents secrets.
Aux côtés de Frank, on retrouve Joe Matheson (Morgan Freeman, 73 ans) et Marvin Boggs (John Malkovich, 57 ans) pour la CIA, Victoria (Helen Mirren, 65 ans) pour le MI6, et Ivan Simonov (Brian Cox, 64 ans) pour le KGB. Bref des représentants des trois grands services secrets mondiaux d’avant.

C’est sûr, depuis la fin des régimes communistes, ces braves gens ont été un tantinet oubliés. Mais pas assez tout de même, puis que quelqu’un essaie de se débarrasser de Frank.

 

Nous sommes dans un film d’espionnage tout ce qu’il y a de conventionnel. A une exception près : les véritables vedettes sont âgées. Nous pénétrons alors dans un univers peu exploité au cinéma : la vieillesse de ces gens-là. Il faut dire qu’habituellement, leur espérance de vie est assez limitée voire réduite d’heure en heure.
Et ces vieilles gloires n’ont absolument rien perdu de leurs réflexes, compliquant une opération qui se voulait tout à fait normale, voire banale : éliminer des témoins gênants. Rien que de très naturel dans ce genre de milieu.


Mais c’est justement la présence de ces vieilles gloires qui fait tout le charme du film, le rendant bien improbable, mais tellement savoureux. En face de ces papis et mamie, on trouve une jeune garde, représentée par Cynthia Wilkes (Rebecca Pidgeon), directrice de service aux dents longues, et sous ses ordres William Cooper (Karl Urban), un jeune agent très talentueux dans le domaine des falsifications. Un genre de Frank Moses en plus jeune.

Et bien entendu, Robert Schwentke joue de cette différence d’âge, reprenant le sempiternel thème de lutte intergénérationnelle, où les jeunes ont tendance à pousser un peu trop vite les cartes vermeilles à la casse…

 

Et au milieu de tout ce beau monde : Sarah (Mary-Louise Parker), conseillère au fonds de pension qui ne connaissait Frank que parce qu’elle gérait son dossier…


Alors on s’amuse beaucoup. Il faut dire que parmi nos vieux  papis, on trouve un John Malkovich formidable : un agent à qui on a fait ingérer quotidiennement une dose de LSD a forcément des séquelles.
Mais cette aventure sous fond d’espionnage est avant tout une visite guidée des Etats-Unis : en effet, à chaque nouvelle ville traversée par Frank, on a droit à une carte postale en ouverture. Bien entendu, ce ne sont pas les sites les plus célèbres que nous visitons. Ce serait plutôt un circuit touristique des coulisses de la diplomatie mondiale : on fait un tour à Langley dans les locaux pas très accueillants de la Cia ; on pénètre l’ambassade de Russie… Bref, on voit ce que l’on veut d’habitude nous cacher.

 

Malgré tout, ces gens ont une vie : Frank aime Sarah et Sarah n’est finalement pas indifférente à ce grand chauve au gros pistolet ; Ivan aime Victoria, mais comme c’était la guerre froide, ils ne pouvaient pas trop se fréquenter ; et Marvin aime son cochon (si vous n’avez pas vu le film, vous ne pouvez pas comprendre.


Et entre toutes ces vieilles canailles s’installe un climat de tendresse teintée de nostalgie qui n’est pas pour déplaire.

 

C’est bien connu : c’était mieux avant.

 

 

 

PS : R-E-D = Retraité et Extrêmement Dangereux. Heureusement que cet acronyme convient au français, sinon, on se demande bien à quel titre nous aurions eu droit.

 

PPS: En prime, parmi les vielles gloires, on a le plaisir de retrouver Richard Dreyfuss (63 ans) et, dans un de ses derniers rôles, Ernest Borgnine (93 ans), gardien d’un service d’archives hautement confidentielles, et qui, bien entendu, n’existe pas.

Voir les commentaires

1 2 > >>

Articles récents

Hébergé par Overblog