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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Paul Greengrass, #Jason Bourne, #Espionnage

On reprend les mêmes, et on recommence. Jason Bourne est toujours en quête d’identité. Mais cette fois-ci, il est installé à Goa (Inde) avec Marie qu’il avait rencontré dans l’épisode un.

Mais, et autrement il n’y aurait pas de film, on vient le déloger. De la manière brutale : Marie est tuée.

Jason va alors retrouver les assassins de Marie et essayer de recoller les puzzles de son passé incertain.

Cette fois-ci, l’intrigue est essentiellement berlinoise et insiste sur le chaos que devient la vie de Bourne. Greengrass, qui a succédé à Liman pour cet opus (et le suivant), insiste beaucoup sur cet aspect déréglé de sa vie. Plus que dans The Bourne Identity, il a recours à la caméra sur l’épaule, voire subjective,pour exprimer le désarroi dans lequel est notre héros. Les images bougent et se succèdent à un rythme effréné. Un peu trop parfois, d’ailleurs. Mais c’est toujours aussi bien ficelé. Et nous obtenons certains éclaircissements sur Bourne. Là encore, bagarres, traque et poursuite en voiture se succèdent pour notre plaisir. Jason Bourne gagne en noirceur et Abbott est vraiment un beau salaud (Brian Cox, encore lui, qui s’entraînait à un rôle de méchant avant d’aller faire des misères à Wolverine !) !

Et finalement, tout est prêt pour la troisième et dernière partie. Car, même si nous avons des réponses et que nous nous débarrassons de certains personnages, rien n’est terminé.

C’était juste une transition.

[Vous n’en avez pas marre des titres français racoleurs ?]

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Doug Liman, #Jason Bourne, #Espionnage

Avant, il y avait James Bond.

Maintenant, il y a toujours James Bond, mais Jason Bourne est passé par là.

Il n’est plus possible de faire un film d’ espionnage-agent-secret-avec-action-et-poursuite-en-voiture comme avant.

Car Jason Bourne, c’est le renouveau des films du genre.

Alors qui est Jason Bourne ?

 

Le problème, c’est qu’il ne le sait pas lui-même, ayant subi un choc traumatique amenant amnésie et s’est retrouvé au milieu de la Méditerranée (ou presque) avec deux balles dans le dos ainsi qu’un petit cylindre sous la peau. Si on s’en réfère au titre français, c’est sa mémoire. Sauf que…

Sauf que c’est un rayon laser qui donne un numéro de compte en banque, en Suisse évidemment, ça évite les formalités administratives (surtout quand on ne peut pas justifier de son identité, comme c’est suggéré dans le titre original), et on n’a pas le temps pour ça dans ce film. La preuve ? Il n’y a pas non plus de formalités dans l’ambassade américaine.

Alors, qui est Jason Bourne ?

 

Jason Bourne, c’est donc le renouveau. Il sait tout faire – même la cuisine, il faut voir son appartement à Paris – mais surtout échapper aux méchants qui veulent le tuer. Quand James Bond se sortait de n’importe quel guêpier avec son flegme et ses gadgets, Jason, lui, doit sans cesse improviser. Et dans chaque situation difficile, on met la caméra sur l’épaule pour ressentir ce qu’il vit.

Et puis on a le sujet en or : une organisation para-gouvernementale – située au cœur même de la CIA – tentaculaire qui fait exécuter les gêneurs par des ombres. Voilà pour le côté complot. Et quand cette organisation est démantelée, heureusement, il est question d’un autre projet similaire. Il y aura donc une suite (trois, en fait, et bientôt quatre !).

 

De plus, il y a tout ce qu’on attend de ce genre de film : une fille séduisante, une belle poursuite en voiture, une organisation secrète, des bagarres, des fusillades et un amnésique.

Parce qu’un amnésique, ça marche bien au cinéma. Surtout quand il n’arrive pas à se souvenir et que ce qu’il apprend lui fait entrevoir un passé peu glorieux…

 

Mais comme c’est Matt Damon, on ne peut pas imaginer un homme méchant. Ca aurait été Liam Neeson, j’aurais été moins catégorique.

Toujours est-il que même si le film se suffit à lui-même, ce personnage qui se réapprend est très sympathique et donne envie d’être rencontré à nouveau.

 

Vivement la suite !

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Peplum, #Biopic, #Stanley Kubrick, #Charles Laughton
Spartacus (Stanley Kubrick, 1960)

Seul. Désespérément seul.

Au plus fort de l’engagement, quand ses troupes sont au maximum, prêtes à lancer l’assaut contre les armées de Crassus, il est seul. Même auprès de Varinia, sa femme (Jean Simmons), il est seul. Et bien entendu, comme prévu, il mourra seul, crucifié.

Spartacus (Kirk Douglas) est un esclave qui eut la (mal)chance de se trouver sur la route du laniste Batiatus (Peter Ustinov). Chance parce qu’il échappe à une longue agonie, mais malchance parce que la vie de gladiateur n’est pas non plus la panacée.

Le film est une tragédie classique qui comporte trois parties : la vie de gladiateur, la vie de chef des esclaves, l’affrontement.

 

Pendant la première partie, Kubrick met en place ses personnages. Il révèle les liens qui les unissent ou les séparent. La deuxième partie correspond au temps de la tragédie, quand tout semble sourire au héros. Puis, la troisième partie, l’affrontement amène l’issue funeste inéluctable.

Kirk Douglas a retrouvé Kubrick avec qui il avait fait les Sentiers de la gloire. (C’est bien lui qui a engagé le metteur en scène, et pas le contraire). Ensemble, ils font un péplum qui ne ressemble pas aux autres. C’est dans la démesure que le film prend toute sa saveur. Il faut voir ces très nombreux figurants s’élancer vers le port de Brindisi. On n’a pas vu un tel cortège depuis Les dix Commandements en 1956. Mais cette fois-ci, il n’y a pas la fausse anarchie du peuple hébreu. Tout est calculé. Il faut aussi voir les armées romaines se déployer pour en être convaincu. Parce que ce film est précis dans son exécution (pour ce qui est des anachronismes… Passons !). C’est normal, c’est Kubrick. Tout est pensé, exécuté avec précision. Les combats de gladiateurs devenant – comme l’affrontement des deux bandes dans Orange mécanique – des ballets. L’entrainement est synchronisé, les duels chorégraphiés.

 

Cette démesure arrive à son paroxysme quand Crassus parcourt le camp de batailles où sont mêlés les corps des victimes du conflit. Une impression de gigantisme nous submerge, plus encore que dans la séquence des blessés d’Atlanta dans Autant en emporte le Vent.

La démesure enfin dans le générique : outre Kirk Douglas et Jean Simmons, on trouve quelques grands noms : Charles Laughton (Gracchus), Laurence Olivier (Crassus), Peter Ustinov, John Ireland(Crixus), Woody Strode (Draba) et bien entendu Tony Curtis (Antoninus), qui retrouve Douglas deux ans après les Vikings.

Alors que Laurence Olivier a un rôle très fort en face de Kirk Douglas, c’est tout de même ce dernier qui porte le film. Spartacus n’est pas seulement un esclave. Il est un nouvel espoir pour les opprimés. Et cette dimension christique ne peut mieux s’exprimer que par le crucifiement final – supplice alors vil, réservé aux esclaves.

 

Quant au côté péplum, nous nous en éloignons : même si les franges chères à Roland Barthes sont encore (un peu) là, l’apparition du sang amène une dimension réaliste qu’on ne trouvait pas dans les années 1950. De plus, le côté ambigu de Crassus quant à sa sexualité est finement amené et peu courant à cette époque (tout comme la relation entre Messala et Ben Hur, dans le film éponyme de William Wyler).

[NB : Gracchus inspirera Goscinny et Uderzo pour le préfet Pleindastus, dans La Serpe d’or]

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #John Ford
La Poursuite infernale (My darling Clementine - John Ford, 1946)

Avec la Poursuite infernale, John Ford s’attaque à la légende, celle du marshal le plus célèbre de l’Ouest, l’incontournable Wyatt Earp.

Légende, parce que si c’est inspiré d’une histoire vraie, il ne faut pas oublier certaines approximations voire erreurs flagrantes : James et Virgil n’ont pas été tués, ni tous les Clanton – et encore moins Doc Holliday – à OK Corral. Mais c’est bien connu, surtout avec John Ford (qui en fera un slogan dans l’Homme qui tua Liberty Valance) : « Quand la légende est plus belle que la réalité, imprimez la légende ! »

Alors passons.

 

Ici, on suit Wyatt Earp (Henry Fonda), comment il arrive, ses raisons de devenir marshal de Tombstone, jusqu’au règlement de compte final. Et si Earp est la légende, le personnage plus important, c’est John Doc Holliday (Victor Mature). Car l’arrivée des frères Earp va entraîner un bouleversement dans sa vie. Il ne va plus régner sur la vile comme autrefois, et surtout, avec l’arrivée inopinée de son ancienne petite amie Clementine Carter (Cathy Downs) – qui donne son nom au titre original. Son passé le rattrape. Il fut docteur, et va le redevenir, le temps d’une opération. Avoir été médecin ne l’empêchant pas d’être malade et de refuser de se soigner, ce qui fait dire – avec prémonition – que ça va le tuer…

 

Pour le reste, c’est du grand John Ford. Tourné dans Monument Valley – lieu qui lui est cher – tous les ingrédients du western sont là (même un Indien qu’on a laissé boire de l’eau-de-feu !) :

Les poncifs :

  • On retrouve la dualité manichéenne avec d’un côté les gentils (les frères Earp), et de l’autre les méchants (le clan Clanton) ;
  • Le site grandiose de Monument Valley, qui apporte de la majesté ainsi qu’un côté sauvage ;
  • La poursuite de la diligence (qui donne son sens au titre français) ;
  • La violence de cette période où la Loi ne s’était pas encore installée partout (neuf morts par balles).

Le pittoresque :

  • Le joueur de cartes professionnel ;
  • l’acteur shakespearien qui aime autant jouer que boire ;
  • le pianiste du saloon qui joue pour couvrir le grabuge ;
  • les spectateurs du théâtre qui ne savent pas se tenir ;
  • les filles avec leur tenancière (Jane Darwell) ;
  • l’évolution inexorable vers la civilisation : construction d’une église, création d’une école ;
  • le square dance et ses musiciens, dont l’incontournable violoneux (Russel Simpson) ;
  • le barman (J. Farrell McDonald) qui n’a jamais été amoureux, ayant passé sa vie derrière le bar.
  • Le chef français (qui, évidemment, s’appelle François !)

 

Quant aux personnages, ils sont fordiens au possible : entre le barman, l’acteur, la mère maquerelle et Francis Ford – qui a un rôle muet de bout en bout, on retrouve la grandeur du héros chez Henry Fonda, avec tout de même ses faiblesses : ici, sa gêne lors du bal. Et puis les femmes ne sont pas faibles. La plus forte étant bien entendu Chihuahua (Lida Darnell), ce qui ne l’empêche pas d’avoir des soucis avec le marshal, dans la plus pure tradition fordienne.

 

Une dernière chose enfin sur l’acteur shakespearien Granville Thorndyke (Alan Mowbray). Au-delà de son côté pittoresque, son intervention n’est pas innocente. En effet, il va réciter le monologue d’Hamlet, sous les yeux admiratifs de Wyatt Earp, et surtout de Doc Holliday. Cet extrait précédant la vengeance de Hamlet annonce celle que prendront les frères Earp sur le clan Canton. La fin du monologue, par Doc Holliday – Thorndyke n’en pouvant plus – est l’un des moments les plus émouvants du film.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Planète des Singes, #Franklin J. Schaffner

Premier film d’une longue série – quatre suites + une version Burton + un nouveau dyptique, en attendant une troisième partie en août 2017 – c’est (à mon avis) le plus réussi. Les autres ne seront que des resucées plus ou moins réussies. [Je ne donnerai pas de noms...]

Alors concentrons-nous sur cet épisode. Ce qui saute aux yeux, c’est le maquillage de John Chambers. Il a posé les bases (les autres opus n’auront plus qu’à se servir). Car malgré l’idée répandue qui voudrait que tous les singes se ressemblent, nous avons ici toute une gamme de visages simiesques très différents. Aucun ne ressemble à l’autre, dans chacune des sous-catégories (gorilles, chimpanzés, orang-outans).

Une fois passées les invraisemblances langagières, on se plaît à suivre les pérégrinations de Taylor (Charlton Heston) dans un de ses derniers grands rôles de jeune premier. Enfin, plus si jeune que ça…

Et puis il y a les paysages. Le désert près du lac où amerrissent les astronautes est hostile à souhait, un véritable décor de planète extraterrestre. Les habitations, primitives du fait du budget serré, renforcent ce côté totalement étranger pour un homme de la fin du vingtième siècle.

L’intérêt du film vient de l’inversion des rôles, où les humains ne sont rien que des animaux grotesques et peu évolués. Les singes ayant les mêmes attitudes que nous humains, le plaisir de tuer en moins. On s’amuse à voir les trois juges réagir à l’hérésie en se bouchant qui les oreilles, qui la bouches, qui les yeux… On sourit aussi quand Taylor décide d’embrasser Zira (Kim Hunter) et qu’elle accepte, le trouvant toutefois franchement laid.

Mais ce film, à l’instar du livre n’est pas très optimiste. [Je résiste fermement à raconter la fin, qui, si elle n’est pas identique, possède aussi un retournement de dernière minute]

Pessimiste aussi, parce que si les singes ont conquis cette planète après les hommes, ils n’ont rien fait d’autre que reproduire leur société, avec ses travers sociaux et religieux.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Stanley Kubrick, #Gangsters

Chaque gangster en rêve : le gros coup, celui d’une vie. Celui qui permettra de se retirer et de vivre une longue existence de félicité.

Ils sont cinq : George Peatty (Elisha Cook Jr), Randy Kennan (Ted de Corsia), Marvin Unger (Jay C. Flippen), Mike O’Reilly (Joe Sawyer), et bien entendu, le cerveau de la bande, Johnny Clay (Sterling Hayden). Leur coup : la caisse de l’hippodrome, un jour de grand prix. Deux millions de dollars. En 1955, c’est énormément d’argent. En plus des cinq partenaires, s’ajoutent deux complices, sorte d’extras qui, s’ils ne sont pas partie prenante du casse vont tout de même le faciliter.

Nous assistons donc – avec jubilation – au déroulement de ce casse dans ses moindres détails.

Voici le film qui a véritablement lancé Kubrick. Il s’agit d’une chronique. Chaque geste est pensé, préparé, et exécuté avec minutie. Tout comme le montage du film. C’en est d’ailleurs l’atout. Kubrick rompt avec le temps linéaire. Il fait sans cesse des retours dans le temps afin de mieux nous faire apprécier ce coup de maître. Le casse est filmé selon différents angles, selon différents points de vue. Nous voyons, de fait, trois fois les préparatifs de la course.

A chaque nouveau point de vue du casse, nous avons un rappel de ce que nous savons et un autre angle de vue : celui de Mike, celui de George et celui de Johnny. Et en fin de compte, nous, spectateurs, comprenons le rôle de chacun et son implication dans le résultat final.

Mais comme toujours dans ces cas-là, il y a un grain de sable. Il n’est pas question que les gangsters s’en tirent. Nous sommes en 1955. Alors il y a un grain de sable. Ou plutôt deux : Sherry (Marie Windsor), la femme de George, et la mémère au chienchien. Chacune d’elle fera capoter l’opération : Sherry auprès des complices de Johnny ; la mémère pendant la fuite de ce dernier, à l’aéroport.

Cette scène finale est tout bonnement extraordinaire : une valise qui ferme mal, un chienchien à sa mémère qui s’échappe et tout est dit. Johnny Clay est groggy. Il vient de prendre le coup de sa vie, après avoir organisé le casse du siècle. Une scène inoubliable.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #James Cameron, #Catastrophe

« Le monde ancien s’en est allé. » (1)

C’est un pasteur qui dit ça, au moment du naufrage, quand la coque arrière se soulève.

Nous sommes en 1912, et c’est exactement ce qui se passe. Le monde ancien – l’aristocratie – est en train de vivre ses dernières années. Bientôt, la première guerre mondiale balayera tout et fera entrer le monde dans le vingtième siècle.

On est obligé de penser à ce que disait Rauffenstein dans La grande Illusion (allez voir ma critique, j’ai horreur de me répéter).

Ici, deux destins : Rose (Kate Winslet) et Jack (Leonardo di Caprio). Deux extrêmes. Dans la vie comme sur le bateau. Leur rencontre est hautement improbable, mais au cinéma, tout est possible. Et tant mieux.

Rose est une fille de famille De famille désargentée, certes, mais de famille tout de même. Pour elle – et pour sa mère – c’est le voyage de la dernière chance : celui qui les ramènera aux Etats-Unis où elle épousera un riche héritier : Cal(edon) Hockley. Bien entendu, c’est un aristocrate imbu de lui-même et d’une honnêteté fluctuante. En clair, c’est un beau salaud. Il est accompagné d’un sbire : Lovejoy. Son nom seul est parlant : c’est un méchant à l’ancienne, avec un flingue en cas de négociation. David Warner, habitué des rôles de méchant est à son aise. Bref, une réussite.

Rose vit dans un monde sclérosé qui n’a pas su s’adapter au monde qui évolue. Il faut voir son regard dégoûté quand une mère « éduque » sa fille au maintien à table pour tout comprendre : la vacuité de cet exercice couplée à l’expérience vécue.

Jack Dawson est poursuivi par le destin : c’est un loser. Il gagne son billet pour l’Amérique, mais nous savons tous – je ne dévoile rien en disant que la bateau coule avant la fin – que ce sera son dernier voyage. C’est un artiste, mais aussi un jouisseur. En observant ses dessins, on voit qu’il était à Paris et à Giverny, entre autres. Il profite de la vie. C’est lui le premier qui se rend à l’extrême proue du paquebot afin de jouir du déplacement.

Pour le reste, aucune surprise, nous savons que la bateau va couler (je ne vous l’avis pas dit ?).

Mais quand l’iceberg se présente, toute la tension se résume à ça : vont-ils arriver à l’éviter. Malgré notre science, nous voulons qu’ils évitent l’obstacle, mais bon. C’était inéluctable.

[L’était-ce vraiment ?]

Après avoir décrit cette classe supérieure, James Cameron déroule : c’est une catastrophe extra-ordinaire. Et il filme ça de cette façon : nous assistons à un naufrage extra-ordinaire.

De plus, Rose et Jack nous font vivre les différents degrés du naufrage. Et nous y croyons encore ! Ils ne peuvent pas mourir !

James Cameron réalise ici un film magistral. [J’ai toujours dit que c’était un maître] Il nous emmène dans une tragédie écrite : nous savons que le bateau va couler (même vous, lecteurs, le savez, maintenant). Mais peu importe. Nous voulons que les gens s’en sortent. Et Cameron est formidable : il nous donne l’espoir. Mais malgré tout, l’histoire nous rattrape, et il suffit de voir les corps gelés des « survivants » pour s’en convaincre.

En fin de compte, nous assistons à la fin d’un monde et à la naissance d’un nouveau. Ce monde qui meurt, c’est cette aristocratie qui a tant bien que mal survécu à la Révolution française. Cette aristocratie va décliner et (plus ou moins) disparaître. Dans le même temps, la classe moyenne (bourgeoisie) va s’installer et diriger le monde (du XXème siècle).

Et le plus important dans ce film est la façon dont sont traitées les classes sociales :

Alors que la classe dirigeante tient le haut du panier (bien entendu) et Que les autres doivent survivre, nous assistons ici à la passation de pouvoir. Il n’y a pas de « bourgeois » héritier de la situation. Mais il y a des gens qui vivent.

Parce que si la classe supérieure est moribonde, il n’en va pas de même pour les autres.

Si l’aristocratie est moribonde, il n’en va pas de même des autres. La véritable vie est en bas. Jack y entraîne Rose. Elle passe certainement la plus belle soirée des sa vie, mais malgré tout, elle doit rentrer dans le rang. Quoi qu’il en soit, nous avons pu voir une fête à tout casser !

Rose est en première classe. Jack en troisième. Mais il est étonnant de voir que c’est la troisième classe qui est vivante. Jack entraîne Rose dans ce lieu de perdition, et nous avons droit aux scènes les plus vivantes du film !

Pour résumer, nous assistons à la fin d’un monde. Rose est le catalyseur vers cet inconnu. Peu importe qu’elle survive, son monde meurt. Et c’est ça que Cameron a réussi à nous montrer.

  1. Saint Paul (2 Cor, 5)

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Martin Scorsese, #Biopic, #Drame, #Paul Schrader, #Robert de Niro

« You fucked my wife ? »

Raging Bull, c’est Jake LaMotta (bientôt 95 ans !). Un boxeur. Un vrai. Toujours debout. Jamais tombé. Pour personne.

« You fucked my wife ? »

Ca commence en 1941. Premier combat pro. Défaite. Pas vraiment justifiée, certes, mais défaite tout de même.

« You fucked my wife ? »

Ca se termine en 1964. Dans un club. Il est toujours debout. Il a toujours la rage.

Mais le temps a passé et laissé de sacrées traces.

« You fucked my wife ? »

Cette phrase est devenue culte. Et il y a de quoi : c’est celle de la chute.

 

Chez Scorsese, je l’ai déjà dit, le héros essaie de s’élever, mais quoi qu’il fasse, il retombe. Tout en bas. D’où il vient. Alors on attend. On regarde Jake (Robert de Niro) monter, monter. Et quand il est au plus haut, il pose cette question à son frère Joey (Joe Pesci) : « You fucked my wife ? »

Et là, c’est le début de la fin. Il perd tout : son titre de champion du monde, son frère, sa femme et ses enfants, et finalement, son prestige, sa fierté.

 

Mais ce film, c’est avant tout Robert de Niro. Phénoménal. Il est LE boxeur. On a parlé de son tour de force pour tenir ce rôle (prise puis perte de poids). Mais c’est ailleurs qu’il faut voir l’exploit. A partir des mémoires (assez terribles, et surtout sans concessions envers lui-même) du boxeur, il arrive à nous emmener dans ce monde impitoyable de la boxe, où rien n’est écrit, mais surtout où rien n’est clair. Malgré une volonté de réussir sans passer par le système, Jake doit se résoudre à jouer le jeu. Parce que c’est sur un ring qu’il vit. Parce que c’est pour le ring qu’il vit. Et son surnom de « Raging Bull » (taureau enragé), dû à sa combativité peut aussi rappeler les combats de corrida, où le taureau – très souvent enragé – donne tout ce qu’il a afin d’éviter la mise à mort. Et là encore, le taureau est mis à mort dans un match d’une rare violence (pour un match de boxe, c’est dire). L’image résumant le mieux ce combat est celle de la corde ensanglantée où se tenait LaMotta, alors que tout est terminé. Le sang s’écoulant goutte à goutte, noir.

 

Mais ce film est aussi la création d’un duo qui fonctionnera trois fois pour Scorsese : de Niro-Pesci (Raging Bull, Les Affranchis, Casino). Ils sont complémentaires et indissociables. Le lien qui unit les deux frères LaMotta semble aller au-delà du film. Les retrouvailles entre les deux frères étant un moment fort dans la vie de Jake.

En prime, Scorsese leur adjoint un troisième homme : Frank Vincent. Il sera là pour les deux autres films… Et devra attendre le troisième pour prendre sa revanche sur les personnages de Pesci !

 

Scorsese a choisi de filmer en noir et blanc. Il donne ainsi du recul par rapport à la violence des combats (surtout le dernier), des images fortes(le sang pisse littéralement), mais aussi du contraste dans le jeu des acteurs. (Cela permet aussi d’intégrer les images réelles de télévision)

La musique enfin est en décalage avec l’action : on entend beaucoup d’extraits de « Cavellaria Rusticana », relativement doux alors que les images de boxe sont très violentes. Ce décalage entre la violence et l’utilisation de musique classique fera l’ouverture de Casino.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Robert Rossen, #Drame

Eddie Felson (Paul Newman) est un jeune homme comme il faut. Il est bien habillé, bien coiffé. Bref, il présente bien. Rien à voir avec un quelconque Johnny Strabler qu’on pouvait croiser dans les années cinquante. Eddie joue au billard. Au straight pool : il annonce, il empoche la boule, il empoche les dollars.

Parce qu’Eddie est un arnaqueur. Il gagne sa vie en pariant sur des coups impossibles, ou en mettant une pile à un joueur imprudent qu’il a ferré.

Et à part le billard ? Rien. Il ne vit que pour sa. Ce n’est pas sa passion, c’est sa religion. Il ne se sent bien que dans une académie : le silence de la salle vide est celui d’une église.

Son rêve ? Battre Minnesota Fats (Jackie Gleason), champion incontesté depuis quinze ans.

Et quand il rencontre enfin le maître, il est lessivé : physiquement, et – bien entendu – financièrement. Alors il erre. C’est là qu’il rencontre Sarah (Piper Laurie). Elle est aussi paumée que lui, et boit comme un trou. Comme lui. Ils font penser à ce couple au comptoir, dans le tableau Nighthawks, d’Edward Hopper.

Mais Eddie veut se refaire et battre le champion. Il y parviendra, bien sûr. Mais à quel prix ?

Pour ce faire, il se laisse manager par Bert Gordon (George C. Scott). Mais son ascension vers la gloire s’accompagnera d’une descente qui ressemble bien à celle aux enfers. En voulant tout gagner – le match, la gloire, l’argent – il perdra tout : sa fierté, sa femme, sa raison de vivre.

Bien sûr, si on aime le billard, on va apprécier ce film. Mais ça n’est pas là qu’est le véritable intérêt. C’est ce trio infernal Eddie-Sarah-Bert qui est le plus important. C’est un trio de mélodrame : il y a une personne de trop. Et le déclencheur du drame, c’est Bert. Bert qui considère – à la première rencontre – qu’Eddie est un perdant-né (born loser). Mais qui va quand même lui remettre le pied à l’étrier. George C. Scott est formidable dans ce rôle. Avec sa tête de faux-jeton, et son attitude de caïd, il est le vrai gagnant du film. Eddie a beau se démener, finalement, Bert a raison : il n’est rien qu’un perdant.

Eddie Felson (Paul Newman) est un jeune homme comme il faut. Il est bien habillé, bien coiffé. Bref, il présente bien. Rien à voir avec un quelconque Johnny Strabler qu’on pouvait croiser dans les années cinquante. Eddie joue au billard. Au straight pool : il annonce, il empoche la boule, il empoche les dollars.

Parce qu’Eddie est un arnaqueur. Il gagne sa vie en pariant sur des coups impossibles, ou en mettant une pile à un joueur imprudent qu’il a ferré.

Et à part le billard ? Rien. Il ne vit que pour sa. Ce n’est pas sa passion, c’est sa religion. Il ne se sent bien que dans une académie : le silence de la salle vide est celui d’une église.

Son rêve ? Battre Minnesota Fats (Jackie Gleason), champion incontesté depuis quinze ans.

Et quand il rencontre enfin le maître, il est lessivé : physiquement, et – bien entendu – financièrement. Alors il erre. C’est là qu’il rencontre Sarah (Piper Laurie). Elle est aussi paumée que lui, et boit comme un trou. Comme lui. Ils font penser à ce couple au comptoir, dans le tableau Nighthawks, d’Edward Hopper.

Mais Eddie veut se refaire et battre le champion. Il y parviendra, bien sûr. Mais à quel prix ?

Pour ce faire, il se laisse manager par Bert Gordon (George C. Scott). Mais son ascension vers la gloire s’accompagnera d’une descente qui ressemble bien à celle aux enfers. En voulant tout gagner – le match, la gloire, l’argent – il perdra tout : sa fierté, sa femme, sa raison de vivre.

Bien sûr, si on aime le billard, on va apprécier ce film. Mais ça n’est pas là qu’est le véritable intérêt. C’est ce trio infernal Eddie-Sarah-Bert qui est le plus important. C’est un trio de mélodrame : il y a une personne de trop. Et le déclencheur du drame, c’est Bert. Bert qui considère – à la première rencontre – qu’Eddie est un perdant-né (« born loser »). Mais qui va quand même lui remettre le pied à l’étrier. George C. Scott est formidable dans ce rôle. Avec sa tête de faux-jeton, et son attitude de caïd, il est le vrai gagnant du film. Eddie a beau se démener, en fin de compte, Bert a raison : il n’est rien qu’un perdant.

Finalement, Eddie repart vers le néant qu’est devenue sa vie, pendant que Bert reste dans la salle : c’est lui le véritable arnaqueur.

Finalement, Eddie repart vers le néant qu’est devenue sa vie, pendant que Bert reste dans la salle : c’est lui le véritable arnaqueur.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Steven Spielberg, #Espionnage

Glienicke Brück, Berlin. Ni ouest, ni est. Juste entre les deux. Février 1962.

Rudolf Abel (agent soviétique) croise Francis Powers (pilote américain). Chacun retourne dans son pays.

C’est l’aboutissement d’une histoire qui a duré cinq ans.

Cinq années pendant lesquelles le monde d’après la deuxième guerre mondiale est entré dans une nouvelle ère.

Pendant ces cinq ans, Castro a pris le pouvoir à Cuba, Kennedy a été élu et Stanley Kubrick a réalisé Spartacus (« Comprend qui peut, ou comprend qui veut… »). Mais surtout, en août 1961, Berlin a connu son Mur.

Et celui qui a mené les tractations pour cet échange était celui qui avait défendu Abel.

Parce que c’est là, le nœud du film.

1957. Jim Donovan (Tom Hanks) est avocat d’assurances. Malheureusement pour lui, son cabinet a été tiré au sort et a gagné l’insigne privilège de défendre l’indéfendable : Rudolf Abel, espion soviétique (Mark Rylance).

Il faut dire que tout le monde a en tête les époux Rosenberg. Même si les Américains sont sortis du maccarthysme depuis trois ans, la menace communiste est omniprésente, et le procès Abel n’est pas pour calmer l’opinion.

Puisqu’il faut un défenseur, et que Jim Donovan est un homme de principe, alors il va suivre l’affaire jusqu’à la Cour Suprême, envers et contre tous, même sa propre femme et ses enfants. Rapidement il devient un paria.

Mais le fait d’avoir sauvé Abel de la chaise électrique va surtout lui donner la chance de se « racheter ». Ce n’est pas à proprement parler une rédemption que cherche Donovan : il a défendu l’indéfendable, mais ne regrette rien. Il supporte l’hostilité jusque dans sa propre maison. Mais en devenant interlocuteur et par conséquent l’artisan de l’échange d’ « espions », il va amener cette sorte de rédemption.

Donovan est un véritable héros de Spielberg. Comme beaucoup, il se trouve dans une situation extraordinaire qui va changer sa vie, vers cette sorte de rédemption, qui si elle ne le sauvera pas obligatoirement, lui permettra une nouvelle vie meilleure. Il en va ainsi pour les héros de Spielberg. Sauf peut-être Indiana Jones, et bien entendu Peter Sandich dans Always

Et si Donovan est un pur produit estampillé Spielberg, il n’en va pas de même pour Abel. Abel, c’est plutôt le personnage échappé de l’univers des frères Coen (ils ont coécrit le scénario avec Matt Charman). Cet espion flegmatique (d’un autre côté, Mark Rylance est britannique), que rien ne semble toucher ne cesse de répéter, quand Donovan lui demande s’il est inquiet : « qu’est-ce que ça va changer ? »

Et puis là encore, Spielberg nous montre qu’il maîtrise la reconstitution : de Brooklyn à Friedrichstrasse, nous plongeons avec délice dans cette période de chaude Guerre Froide. La mode, les voitures, la construction du mur, les tentatives de passage à l’Ouest, tout y est. Même les interrogatoires du KGB !

Un plaisir.

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