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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

robert redford

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Arthur Penn, #Robert Redford, #Marlon Brando
La Poursuite impitoyable (The Chase - Arthur Penn, 1966)

Une petite ville du Texas, au milieu des années 1960…

C’est samedi et tout le monde attend avec impatience le soir pour se délivrer d’une semaine de travail à travers diverses fêtes et autres beuveries hebdomadaires.

Parmi eux, le jeune Jake Rogers (James Fox), fils de Val (E.G. Marshall), le magnat local, qui va retrouver la belle Anna Reeves (Jane Fonda), seule depuis que son mari Bubber (Robert Redford) est en prison.

Mais ce samedi, c’est le jour qu’a choisi (?) le même Bubber pour s’évader avec un complice meurtrier. Mais Bubber n’est pas si bête, il veut atteindre le Mexique. Sauf qu’il se trompe de train : il saute en marche, pas bien loin de chez lui.

Alors, à défaut de Mexique…

 

Si le titre français est plus explicite que l’original (1), il n’en demeure pas moins un brin réducteur. En effet, si poursuite il y a, elle n’est pas le seul élément de ce film coup de poing, reflet d’une époque autant que sa dénonciation, reprenant certains aspects très américains dont certains empruntés au western.

Nous sommes en 1966 quand sort le film sort, en pleine lutte pour les droits civiques et surtout la fin de la ségrégation dans le Sud. Et le film y fait référence à travers les propos de ceux qui en sont les chantres, surtout dans cette petite ville alcoolisée ce samedi soir. On y retrouve même des attitudes ouvertement racistes héritées du passé esclavagiste (nous sommes dans le Sud, ne l’oublions pas) :

  • le jeune homme qui se promène et qu’on prend pour Bubber (2) ;
  • le personnage de Lester Johnson (Joel Fluellen) – noir lui aussi – qui veut aider Bubber et Anna : il est surpris chez cette dernière et si le shérif Calder n’intervenait pas, il serait tué sur place.

 

Et cette « poursuite impitoyable » va mettre du temps à le devenir, Arthur Penn prenant son temps pour bien installer son décor et ses personnages : non seulement l’alcoolisme est l’activité première de tous ces « bons citoyens », mais à cela s’ajoute une propension à l’adultère totalement assumé, amenant même des plaisanteries – au goût douteux, est-il besoin de le préciser – sur la libération sexuelle qui est alors en train de se développer.

Nous allons alors assister à cette poursuite qui sera belle et bien impitoyable puisqu’on comptera deux morts à l’arrivée.

Mais si cette poursuite se met en place, c’est avant tout ce qui va l’amener qui semble avoir retenu l’attention du réalisateur : en plus de l’alcool, la rumeur va se propager, avec son lot de mensonges, de distorsion et surtout de mauvaise foi.

 

Alors nous basculons – bizarrement – dans l’un des aspects western de ce film avec la mise en place improvisée d’une espèce de patrouille pour retrouver Bubber – et le tuer, cela va de soi : tout ce qu’il faut pour un lynchage.

Mais nous sommes dans les années 1960 et ce n’est plus la même façon de procéder (3). Et surtout, une dimension spectaculaire apparaît : le lynchage devient médiatique – comme on dit de nos jours – et les habitants de cette petite ville vont s’y rendre, avant tout par curiosité (les jeunes gens surtout), et cette traque va prendre une tournure festive : les jeunes y chantent, on allume des feux de détresse…

Il faudra l’intervention de la police pour faire cesser tout cela, mais trop tard.

 

Il n’y aura pas de lynchage, comme dans The Oxbow Incident ou Fury, mais on retrouve dans le film la même violence qui s’exprime autrement et aboutit encore une fois à une tragédie. C’est cette violence qui est aussi très importante ici, favorisée par l’absorption d’alcool et la bêtise généralisée de ces Texans vindicatifs et armés. Parce qu’ils sont armés. Et trouvent cela tout à fait normal. C’en est même un jeu qui va inévitablement amener le drame annoncé.

Par contre, à la différence des lynchages déjà cités, ce n’est pas la foule qui veut se faire justice : seulement un trio de personnages à la moralité très relative. La foule est présente mais en tant que spectatrice. A aucun moment elle n’intervient, se repaissant du spectacle avec plus ou moins de plaisir (4). Il faut voir Calder-Brando sortir en sang de son office pour s’en rendre compte : le visage tuméfié, la chemise maculée, et pas une personne qui se déplace pour le soutenir, tous regardent.

Bien sûr, la violence est omniprésente, et Arthur Penn va la graduer et la faire enfler petit à petit pour arriver aux échanges de coups. La séquence qui voit le shérif se faire amocher par les trois salauds (5) est d’un réalisme terrible et le maquillage qui suit donne une image tout aussi réaliste des effets : il ne s’agit pas seulement d’un œil entouré de noir comme on a pu longtemps le voir (l’œil est entouré mais bien ouvert !).

 

Arthur Penn signe (enfin je me comprends, il a désavoué le producteur après le montage) un film magnifique – encore une fois – et s’inscrit très bien dans cette décennie qui va changer le cours du XXème siècle, à travers cette petite ville texane où les vieux réflexes sauvages ont la vie dure. Il est soutenu dans cette tâche par une distribution  -prestigieuse, évidemment – à la hauteur des enjeux, avec Marlon Brando en tête, bien sûr, mais aussi Jane Fonda ou encore Robert Redford qui n’est pas encore la vedette que nous connaissons (mais ça ne va pas tarder. De plus, les femmes n’y sont pas absentes et participent activement à cette intrigue, montrant pour la plupart une grande force de caractère. C’est le cas d’Angie Dickinson (Ruby Calder) ou encore la vétérane Miriam Hopkins (la mère de Bubber). Et puisqu’on en est aux vieilles gloires, on notera la présence de Bruce Cabot dans le rôle du père d’Anna : ce n’est plus le jeune héros de King Kong

 

  1. La Traque serait une possibilité
  2. Encore une preuve de l’alcoolisme ambiant de la ville : ce jeune homme est noir.
  3. Même si le résultat est le même.
  4. La télévision qui s’est installée dans la décennie précédente peut expliquer cette attitude passive et un tantinet teintée de voyeurisme : on s’y repaît d’images toujours plus violentes.
  5. Difficile de trouver un autre terme pour ce trio.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Politique, #Robert Redford
Lions for Lambs (Robert Redford, 2007)

Tout a commencé le 11 septembre 2001 : les avions, les Tours Jumelles… Le choc ! Les Etats-Unis étaient attaqués sur leur territoire.

La réplique de George W. Bush (le fils de l’autre) fut implacable : la guerre en Afghanistan.

Après avoir armé pendant des années les factions ennemies de l’URSS, voilà que ces mêmes factions se retournaient contre leur « bienfaiteur ».

Six ans plus tard, la situation n’a pas (beaucoup) évolué : la victoire promise a du mal à se dessiner.

C’est le moment que choisit le sénateur Irving (Tom Cruise), jeune loup républicain, pour donner une interview exclusive à Janine Roth (Meryl Streep), pour lui annoncer une énième opération stratégique.

Pendant ce temps, le professeur Malley (Robert Redford) reçoit le jeune et brillant Todd Hayes (Andrew Garfield) pour lui parler de son futur et surtout de son implication dans ses études, évoquant deux anciens élèves qui allèrent jusqu’au bout de leurs convictions sur l’engagement et s’enrôlèrent pour aller combattre en Afghanistan : Ernest Rodriguez (Michael Peña) et Arian Finch (Derek Luke).

Ces derniers, toujours dans le même temps, participent à l’opération dont parle Irving. Et cette opération qui devait amener la victoire ne se déroule pas comme prévue, bien entendu.

 

Avec ce film, Robert Redford nous démontre, une fois de plus, la capacité d’analyse dont est capable le cinéma américain sur des problèmes d’actualité : nul besoin d’attendre la fin du conflit pour commencer à l’exploiter, voire à en critiquer les erreurs.

D’une certaine manière, il s’agit d’un film très personnel où Redford expose ses convictions sur l’engagement, qu’il soit personnel, professionnel ou politique, les trois se rejoignant parfois. Redford fait partie de ces acteurs concernés par la situation politique de son pays, et qui se traduit par des rôles proches de ses convictions (All the President’s Men, The Company you keep…).

Bien sûr, le propos développé par l’intrigue, montrant – à nouveau – la faillite de l’Oncle Sam dans une guerre douteuse, n’a pas beaucoup fait pour le succès du film, l’exploitation étrangère permettant à Redford de rentrer dans ses fonds et même d’en tirer un substantiel profit (1).

 

Il faut dire que le conflit débattu est en cours au moment de la sortie du film et même après puisqu’il faudra attendre 13 ans (!) et le deuxième mandat de Barack Obama pour que le conflit soit officiellement terminé (à l’échelle internationale !).

Evidemment, 13 ans (2020) après le film (le temps du conflit, quoi), il est facile de remettre en cause certains éléments, surtout qu’entre temps, la principale cible de ces opérations militaires – Oussama Ben Laden – a été éliminé (2).

Et le film n’en conserve pas moins une analyse de la situation géopolitique très pertinente, sans oublier une critique ouverte de la méthode Bush pour promouvoir ce conflit.

 

C’est d’ailleurs ce dernier point qui lie les trois sous-intrigues du film.

En effet, l’engagement est central à toutes ces histoires, qu’il soit personnel (Todd), professionnel (Janine) ou politique (Irving). Sans oublier nos deux soldats qui par leur geste vont conjuguer ces trois niveaux d’engagement (3).

Todd parce qu’il est à un tournant de sa vie, ce que lui rappelle son professeur déçu de sa baisse d’implication et surtout de son discours cynique : à quoi bon faire quelque chose si au final ça n’aura rien amené de plus ?

Janine parce qu’elle est déjà tombée dans le piège de Bush : comme beaucoup de ses confrères, elle a appuyé le second conflit iraquien qui a amené l’élimination de Saddam Hussein certes, mais fut surtout un immense mensonge élaboré par les bellicistes, Bush Jr. En tête.

Quant à Irving, il est certainement e personnage l e plus important de ce film, personnifiant à la fois l’ambition et une certaine forme de malhonnêteté, véritable voix de son maître (le président), et surtout manipulateur habile. Sa déclaration finale à propos d’un avenir présidentiel prenant une teinte ironique et mordante au vu du reste du film, et surtout l’entretien entre Malley et son élève.

 

L’année suivante (2008), Obama était élu et la situation évoluait, la raison ayant tendance à prendre le pas sur les sentiments.

Malheureusement, le successeur de ce grand homme n’a pas continué dans cette direction, arrivant (presque) à nous faire regretter Bush Jr.

 

  1. 35 millions de dollars engagés : 15 millions de recette américaine ; 63 millions de recette mondiale…
  2. Voir à ce sujet Zero dark thirty.
  3. Comment ? Je vous laisse aller voir.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Jack Clayton, #Robert Redford
The great Gatsby (Jack Clayton, 1974)

Scintillant.

Ca brille de partout, à mesure que nous entrons dans ce milieu d’argent, cette aristocratie américaine où tout n’est qu’insouciance et oisiveté. Cet argent qui ne cesse de rentrer pendant que les fêtes battent leur plein.

 

Nous sommes en 1922 et Jay Gatsby (Robert Redford) est le centre de l’attention de la gentry de Long Island : tout l’été, ce ne sont que fêtes somptueuses où son conviés des personnalités prestigieuses, dans une propriété qui ne l’est pas moins.

Qui est ce Gatsby qui aurait fait Oxford, la guerre (14-18) et fortune en multipliant les « drugstores » ?

On dit même qu’il est apparenté au Kaiser, et qu’il aurait même tué un homme.

C’est ce que va découvrir Nick Carraway (Sam Waterston), son voisin le plus proche, cousin de la belle Daisy Buchanan (Mia Farrow), cette femme mariée riche qui fascine Gatsby.

 

Il s’agit ici d’une très fidèle troisième adaptation du roman (un tantinet autobiographique) de Francis Scott Fitzgerald, retranscrivant avec beaucoup de faste les excès et l’hédonisme de cette classe (très) supérieure. C’est une débauche de luxe accentuée par le scintillement généralisé des sources lumineuses : lampes, bijoux, yeux…

Ce scintillement peut à la longue lasser, même s’il ajoute une teinte surannée à l’intrigue alors que le roman lui était totalement ancré dans la période qu’il décrivait.

 

Mais ce scintillement n’est pas continu : il se finit (presque) brutalement quand Gatsby et Daisy décident de tout révéler de leur relation à Tom (Bruce Dern), le mari de Daisy.

Tout va alors se ternir : le décor qui devient mat, et les différents personnages qui vont pleinement se révéler. Et si Gatsby conservera jusqu’au bout son aura intacte, il n’en va pas de même pour le couple qui s’enfoncera encore plus dans sa condition, devenant alors franchement insupportable. Certes, Tom est insupportable de bout en bout, mais il arrive tout de même à l’être encore plus…

 

Malheureusement, les studios Paramount, pour assurer le succès de leur film ont détruit leurs copies des deux précédents films – celui d’Herbert Brenon (1926) et celui d’Elliott Nuggent (1949) afin de couper court aux comparaisons qui n’auraient pas cessé d’être développées.

Cet acte – criminel pour un cinéphile comme moi – fait que si on a retrouvé une copie du film de 1949,  celui de Brenon est considéré comme disparu : ne reste maintenant que la bande annonce, une minute de frustration quand on sait qu’il fut tourné dans la foulée de la sortie du livre, témoignage à chaud de ce Jazz Age (1) décrit par Fitzgerald.

 

Au final nous avons un film très esthétique avec les réserves exprimées plus haut quant à l’éclairage, mais qui manque tout de même d’épaisseur. Jack Clayton n’est pas Coppola (2) qui en aurait certainement fait quelque chose de plus grandiose, voire de plus décadent.

Parce que ce monde hédoniste est décadent, et les danseurs – formidables – illustrent très bien ce déclin qui va s’accentuer avec la crise de 1929, mettant un terme à ce qu’on appela « les Années folles ».

 

  1. La chanson Ain’t we got fun (« Qu’est-ce qu’on s’amuse » – 1920) revient plusieurs fois dans le film, illustrant magnifiquement la situation du film. En effet, on peut y entendre un résumé plutôt juste : « The rich get rich rand the poor get poorer / les riches s’enrichissent et les pauvres s’appauvrissent encore plus ».
  2. C’est Truman Capote qui devait signer le scénario mais ses idées n’ont pas été retenues par la production et le grand Francis dut le reprendre et le terminer, le tout en trois semaines…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Sport, #Robert Redford
La Légende de Bagger Vance (The Legend of Bagger Vance - Robert Redford, 2000)

Hardy Greaves (Jack Lemmon) est un joueur de golf invétéré. Son ambition : jouer jusqu’au bout. Et il y est presque arrivé. Cinq fois. Cinq fois il a eu un infarctus qu’il a laissé passé avant de reprendre le parcours.

Et quel parcours !

Tout commence à Savannah (Géorgie) où la star locale est Rannulph Junuh (Matt Damon), mais avec la grande Guerre, ses illusions s’en vont, avec son swing.

Qu’importe, pour le petit Hardy Greaves (J. Michael Moncrief), il est son idole, son modèle.

Alors quand la crise de 1929 fait rage et qu’Adele Invergordon (Charlize Theron), la fille du propriétaire du golf de Savannah décide d’un immense coup de pub pour son site en invitant les deux plus grands golfeurs de l’époque, le troisième participant ne peut être qu’un petit gars de Savannah : Rannulph Junuh.

Mais ce dernier a perdu son swing, alors comment gagner ?

Heureusement passe par là un vagabond comme on en croisait beaucoup à cette période de disette. Mais ce vagabond n’est pas n’importe qui : il s’appelle Bagger Vance (Will Smith), et il est caddie.

Ca tombe plutôt bien, non ?

 

Evacuons tout de suite : il s’agit du dernier film de Jack « Daphne » Lemmon. Mais ce n’est pas lui qui nous intéresse ici, même si son rôle est tout de même important (il est le narrateur).

Non, celui qui nous intéresse, c’est ce drôle de caddie venu de nulle part – et qui y retourne – véritable catalyseur dans le retour à la vie de Junuh.

Parce que Bagger Vance est un passeur. C’est lui qui passe les clubs, mais aussi qui permet aux personnes qu’il côtoie de grandir et de devenir meilleures.

Eh oui, cette vieille idée de rédemption qui ne quitte pas le cinéma américain…

Et le parcours de golf devient alors parcours initiatique avec le salut au bout, ou tout au moins la victoire, l’objectif final des différents joueurs.

 

Et bien sûr, ici, la victoire finale n’est pas l’enjeu, mais bine la vie de Junuh, en lambeaux depuis son retour du front, dix ans après la fin du conflit : il faut dire que revenir sain et sauf et surtout seul survivant d’une compagnie a tendance à désorienter même un esprit sain.

Nous allons donc assister au retour graduel de Junuh, vers cette vie qu’il n’aurait jamais dû quitter, mais vous savez ce que c’est : on ne fait pas toujours ce qu’on veut dans la vie…

Alors on suit avec plaisir ce retour à la vie, sur fond de compétition de golf, et on savoure avec gourmandise les différentes interventions de ce caddie bien singulier, qui a en plus la particularité d’être noir, et ce en plein dans ce Sud fier et farouche où la défaite de 1865 (1) à laquelle il est fait référence plusieurs fois dans le film.

Mais qu’importe, Robert Redford gomme cette différence et resserre son intrigue autour du jeu, le racisme ambiant du Sud (2) étant mis de côté dans ce film qui n’est pas un pamphlet, même s’il reste une leçon de vie.

Sans oublier l’aspect comédie – i.e. : qui se termine bien – qui enveloppe le film de bout en bout, et ce malgré les incursions tragiques qui frappent les différents personnages.

 

Bref, c’est un beau film plein de bons sentiments – on peut donc faire de beaux films avec – qui nous est offert, et ce à travers les yeux d’un enfant – le jeune J. Michael Moncrief interprétant avec bonheur ce jeune garçon qui a la chance de pouvoir vivre sa passion. De plus, les autres interprètes – Will Smith en tête – sont eux aussi à la hauteur du challenge et on se laisse emporter par cette intrigue positive, émaillée d’images très belles autour d’un sport qui ne m’a pourtant jamais beaucoup attiré.

Un film généreux.

Normal, c’est un acteur qui le réalise…

 

  1. La Guerre de Sécession…
  2. La ségrégation ne sera abandonnée qu’une trentaine d’années plus tard avec les mouvements pour les droits civiques.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Barry Levinson, #Robert Redford, #Robert Duvall
Le Meilleur (The Natural - Barry Levinson, 1984)

Le Meilleur fait partie de ces films sympathiques où on oscille entre la reconstitution sportive et historique.
Barry Levinson adapte le roman de Bernard Malamud, qui raconte le destin d’un joueur de baseball hors du commun : The Natural (1).

D’une manière générale, le scénario de Roger Towne  et Phil Dusenberry s’appuie sur le Roy Hobbs du roman ainsi que sur d’autres joueurs dont Joe Jackson et d’autres joueurs des White Sox (Chicago) impliqué dans un scandale : ils perdaient délibérément, comme il sera demandé à Roy de faire.

 

Roy Hobbs (Robert Redford) part New York pour jouer avec les Knights, l’équipe de baseball de la ville. Dans le train qui l’emmène, il se souvient comment il en est arrivé là : comment son père l’a préparé à devenir le meilleur en entretenant son don ; comment il fabriqua sa batte dans le tronc de l’arbre foudroyé devant chez lui ; comment il est parti un jour, après avoir revu une dernière fois sa fiancée Iris (Glenn Close) ; comment il rencontra Harriet Bird (Barbara Hershey) qui lui tira une balle dans le ventre.

Quand Roy arrive à New York, 16 ans ont passé. Ce sont tout de même ses débuts, inoubliables, à plus d’un point.

 

Bien sûr, la présence de Robert Redford est l’une des raisons du succès public du film. Il en va de même du thème, le baseball étant un sport très populaire aux Etats-Unis. Il n’empêche que ce film est agréable à regarder, mêlant subtilement le sport et les affaires : le juge (Robert Prosky), Gus le bookmaker (Darren McGavin), et Max Mercy (Robert Duvall), un journaliste sportif des plus louches tentent de faire perdre l’équipe par tous les moyens, même les plus sournois.

 

Bien évidemment, on retrouve dans ce film la vision américaine autour de la réussite et de l’échec et surtout du dépassement de soi, personnifié par ce chevalier (2) des temps modernes.

Mais cette idée de chevalier est loin d’être superficielle. En effet, et Malamud a écrit son roman ainsi, Hobbs n’est rien d’autre qu’un jeune chevalier innocent et pur (il débute) et court vers son graal : le championnat national.

 

Et comme nous sommes dans une quête un tantinet mystique, nous y trouvons les éléments en rapport avec elle : des périodes de découragement (quand l’équipe ne réussit rien) ; des moments d’euphorie, mais surtout de longs affrontements (les matches durent en moyenne entre 3 et 4 heures) qui pavent la route vers la victoire finale. Avec en prime un ange gardien : Iris, debout au milieu de la tribune et qui regarde son ancien fiancé réussir. L’éclairage de cet événement est d’ailleurs de toute beauté, la tenue claire portée par Glenn Close donne une impression de scintillement dû au soleil couchant pendant la prise.

 

Beine entendu, Hobbs est non seulement un homme doué, mais il est pur, tout comme Perceval, et ne tombera pas dans les pièges tendus par le trio qui veut sa perte. Et parmi ce trio, si le juge est une immonde crapule, on n’en préfèrera tout de même les deux autre éléments : Gus, en bookmaker borgne, pour qui l’argent est une seconde nature ; et surtout Robert Duvall, dans un rôle tout en nuances de gris, pataugeant entre les eaux claires de Hobbs et la fange marécageuse du juge.

 

Je le dis encore, ce film, s’il ne révolutionne pas le cinéma, reste toujours plaisant à regarder, de par son scénario et la symbolique qui va derrière (3), mais surtout pour des interprètes de haut niveau, Robert Redford, malgré ses 48 ans quand le film sort, réussit à nous faire croire qu’il en a 15 de moins… Et même encore moins !

 

 

  1. Traduit par « le meilleur », le titre implique une compétence innée (naturelle, donc) dans ce sport pour le personnage principal, qui donne raison à cette traduction approximative.
  2. Knight = chevalier
  3. On y trouve aussi une explication mythologique et grecque, Homère étant par ailleurs cité dans le film.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #George Roy Hill, #Robert Redford
Butch Cassidy et le Kid (Butch Cassidy & the Sundance Kid - George Roy Hill, 1969)

Nous sommes deux ans après Bonnie & Clyde, et à nouveau nous assistons à une fuite en avant de dangereux bandits.

Mais premièrement, il s’agit d’un western ; et deuxièmement, à aucun moment le film n’est vraiment sérieux.

Pourtant, ce duo a lui aussi réellement existé et ses exactions n’étaient pas anodines.

 

D’un côté Butch Cassidy (Paul Newman) – de son vrai nom Robert Leroy Parker – et de l’autre the Sundance Kid (Robert Redford) – de son vrai nom Harry Alonzo Longabaugh.

L’un (Butch) est un cérébral (enfin ce qui y ressemble le plus), l’autre un pistolero (Kid).

Mais une chose les caractérise clairement dans ce film : ce sont deux bandits minables.

Pas une seule fois ils n’apparaissent comme deux grands desperados de la trempe des Jesse James ou autre Bob Dalton (etc.), mais plutôt comme deux gros nases incapables de réussir correctement quelque chose (1). Et au milieu de ce duo magique : Etta Place (Katharine Ross).

 

Le film se divise en deux parties inégales : la première traitant des dernières aventures des deux brigands aux Etats-Unis ; la seconde leur périple criminel en Bolivie. Le tout sur une musique de Burt Bacharach dont le célèbre Raindrops keep falling on my Head. Cette chanson intervient pendant une démonstration du véhicule de demain – le vélo – par Paul Newman.

Autre grand moment musical, le périple bolivien. Il s’agit là d’une musique vocale typique de la période de sortie du film et des années suivantes, où des voix féminines et masculines se répondent et se chevauchent essentiellement en disant « padapadapa ».

 

Si le film n’est absolument pas sérieux – malgré la fin tragique – on peut apprécier le côté début 20ème siècle qui est accentué par l’usage d’images rappelant les photos sépia de la période.

Le court-métrage qui accompagne le générique est dans la même teinte et voit le gang Hole in the wall (2) attaquer un train, tuant diverses personnes, ce qui ne sera pas le cas pendant le film en lui-même, les morts n’auront lieu que dans ola partie bolivienne.

 

On retrouvera des photos sépia pendant l’intermède new-yorkais : mélangées à de véritables photos de l’époque, on retrouve des images du trio Cassidy-Sundance-Etta dans des décors d’époque. Ces décors sont ceux de Hello Dolly qu’ils n’ont pu utiliser que pour les poses, d’où cet intermède musical qui annonce les morceaux choisis dans le prochain film Hill-Newman-Redford : l’Arnaque (1973).

 

Bien sûr, c’est le duo Newman-Redford qui fait tout l’intérêt du film, au-delà de l’intrigue à proprement parler. Cela fonctionne magnifiquement : d’un côté Newman qui joue le rôle du concepteur et Redford en exécutant, ce qui peut aussi s’expliquer par la différence d’âge entre les deux acteurs (11 ans). Il en sera de même pour leur prochaine collaboration (voir ci-dessus), Newman étant l’instigateur et Redford son bras droit.

 

J’exagère un peu quand je dis qu’ils ne font rien de bien. Il y a une chose qu’ils réussissent magnifiquement, c’est leur sortie. On y trouve tout le panache et la grandeur qui leur ont manqués pendant le reste du film.

 

  1. Qu’on ne s’y trompe pas : nous sommes au cinéma et les deux réels personnages étaient de redoutables bandits. Mais comme l’annonce le générique : « presque tout ce qui suit est vrai… »
  2. Le véritable nom de leur bande était The wild Bunch, mais quelques mois plus tôt, Sam Peckinpah avait utilisé cette même désignation pour un autre western, lui aussi mythique. Il fallut donc en changer.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Anthony Russo, #Joe Russo, #Marvel, #Robert Redford
Captain America : Le Soldat de l'hiver (Captain America: The winter Soldier - Anthony & Joe Russo, 2014)

Il revient (encore), et cette fois-ci, c’est pour combattre son vieil ami : James Buchanan « Bucky » Barnes (Sebastian Stan) aussi connu sous le nom de Soldat de l’Hiver.

On avait laissé ce dernier lors d’une chute mémorable vers un gouffre infini, un peu comme on en trouve dans Beep-Beep et le Coyote.

Mais c’est bien lui, et cette fois-ci, il ne marche plus pour l’Oncle Sam, mais pour Hydra.

Qui est ce « Il » qui revient ? Mais c’est Captain America (Chris Evans), bien sûr.

 

Avec Bucky, c’est le premier épisode qui se rappelle à nous – ainsi qu’à Steve Rogers – plus de 70 ans plus tôt.

Entre temps, Rogers a vécu d’autres aventures dont nous reparlerons plus tard.

Cette fois-ci, c’est S.HI.E.L.D. (1) qui est au centre de l’intrigue, et d’une certaine façon le futur des Avengers.

 

On retrouve donc Nick Fury en très mauvaise posture et l’organisation citée plus haut dans une véritable machination, orchestrée par un nouveau visage (2), ami de ce même Nick : Alexander Pierce (Robert Redford).

Qui dit Hydra, dit retour du Dr. Zola (Toby Jones), et pour l’anecdote Johann « Red Skull » Schmidt (Hugo Weaving).

 

Aux côtés de notre Captain, on retrouve la Natasha « Black Widow » Romanoff (Scarlett Johansson) et un nouveau venu bien utile en cas de pépin : Sam « Falcon » Wilson (Anthony Mackie) et sa paire d’ailes.

Face à lui, c’est toute une partie de SHIELD qui se rebelle et va rejoindre Hydra, dont le gros méchant Brock Murlow (Frank Grillo).

 

Pour le reste, c’est encore du très grand spectacle mais il manque cruellement l’humour de Joe Johnston qui donnait un ton plus plaisant à la série (il semble que Spielberg ait un peu déteint sur lui).

Alors c’est efficace, mais ça manque tout de même d’humour.

D’un autre côté, l’intrigue est plutôt sombre : il s’agit de flinguer 20.000.000 (3) de personnes pour sauver les autres milliards d’individus, avec en prime un héritage conséquent de Hydra : le retour à la paix et l’ordre.

Comme souvent, dès qu’il y a quelque chose qui met en péril la Liberté, ce sont les nazis qui s’y collent (voir OSS 117 : Le Caire, Nid d’espions).

 

Alors on suit cette histoire spectaculaire mais un cran au-dessous du premier opus, et jusqu’au bout pour ne pas rater les deux séquences additionnelles, en se demandant bien où s’est caché Stan Lee, le véritable « Charlie » de la série.

Je l’ai trouvé, fidèle au poste (4)…

 

  1. Strategic Homeland Intervention Enforcement Logistics Division, vous chercherez la traduction, les initiales signifiant « bouclier ».
  2. Dans le sens qu’on ne l’a pas encore vu dans la série, pour le reste, notre homme a quelques dizaines de films à son actif.
  3. C’est toujours plus impressionnant en chiffres !
  4. Vous ne pensiez tout de même pas que j’allais vous le dire !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Espionnage, #Phil Alden Robinson, #Robert Redford
Les Experts (Sneakers - Phil Alden Robinson, 1992)

Il est vrai que l’équipe qu’on nous présente est composée de pointures – les personnages comme leurs interprètes – mais le titre original (Sneakers) est plus spécifique et nous renseigne : l’équipe de Marty Bishop (Robert Redford) va s’introduire dans des lieux ainsi que dans des systèmes.

Et quelle équipe : Crease (Sidney Poitiers), Mother (Dan Aykroyd), Karl (River Phoenix) et Whistler (Dave Strathairn). Sans oublier Liz (Mary McDonnell) qui se retrouve embarquée malgré elle ans cette histoire.

 

Mais reprenons : dans sa jeunesse (1969), Marty (Gary Herschberger) était ce que nous appellerions aujourd’hui un hacker : avec son ami Cosmo (Jo Marr) ils étaient parvenus à détourner de l’argent de riches républicains (i.e. du Party Républicain américain) vers des associations humanitaires quand elles n’étaient pas opposées à leurs « généreux » donateurs.

Malheureusement pour eux, le FBI veillait et Cosmo a terminé en prison, Marty entrant alors en clandestinité.

Une vingtaine d’années plus tard, Marty est rattrapé par son passé. La NSA l’a retrouvé et lui propose un marché : dérober un décodeur contre une amnistie totale.

A nouveau, il va falloir s’introduire dans un nouveau système et de nouveaux lieux…

 

Certes le film de Phil Alden Robinson n’est pas un chef-d’œuvre absolu, mais on ne peut lui dénier un certain charme. En effet, nous sommes dans une intrigue qui n’est pas sans rappeler Mission Impossible (la série), mais remise au goût du jour : la période qui a tout de suite suivi la chute du communisme. En effet, Bishop, jusqu’à très récemment, a participé à la « Guerre froide » comme le suggère son entrevue avec l’« attaché culturel » de l’ambassade d’ex-URSS.

Mais si le contexte est très daté, le propos de l’intrigue n’est pas si décalé que ça : nous sommes dans une nouvelle sorte de conflit : une guerre de l’information, où le virtuel prendra le dessus sur le matériel, à travers les ordinateurs.

Quand on repense à l’élection de donald trump et à la généralisation des « fake news » (1), on se dit que finalement, le film de Robinson est très prémonitoire.

 

Pour le reste, les protagonistes nous offrent un spectacle très agréable. Il faut dire qu’ne plus des personnes citées plus haut, on trouve le grand Ben Kingsley (au moins par le talent), dont le flegme britannique accentue la dangerosité : oui, Cosmo est devenu le méchant du film.

On est en plus bluffé par le choix de Gary Herschberger dans le rôle de Marty jeune : on retrouve en lui le visage Robert Redford dans Butch Cassidy & the Sundance Kid qui sortit en 1969, l’année où est censée se passer la scène d’introduction.

 

On se laisse alors délicieusement embarquer dans cette histoire d’espionnage un tantinet décalée. En effet, si l’équipe de Marty sauve d’une certaine façon le monde, ce n’est pas dans le style spectaculaire de James Bond ou d’une autre superproduction. On reste dans un cadre à échelle humaine, où le plus important c’est la mise en place et surtout la réalisation de chaque opération qui dominent, comme dans Mission impossible, mais surtout avec un dose d’humour très appréciable : Mother est complotiste et s’accroche régulièrement avec Crease ancien de la CIA ; Whistler est aveugle et pourtant c’est bien lui qui voit le mieux…

Réjouissant.

 

(1) Cette appellation on ne peut plus tendance cache ce qu’on appelait avant « mensonges ».

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #Robert Redford
Sous Surveillance (The Company you keep - Robert Redford, 2012)

Un homme, seul, poursuivi par le FBI pour un crime – un braquage qui a mal tourné – commis trente ans plus tôt par un groupe d’extrémistes dont il faisait partie.

Il fuit parce que son passé le rattrape.

 

Tout commence quand Sharon Solarz (Susan Sarandon) – autre protagoniste du crime – est arrêtée par le FBI, alors qu’elle allait se dénoncer.

Ben Shepard (Shia LaBeouf), journaliste dans un quotidien de seconde zone, fait le tour de ses sources et arrive à la conclusion suivante : James Grant (Robert Redford), avocat qui a refusé de défendre Solarz n’est autre que Nick Sloan, ancien membre des Weathermen, l’un des mouvements de la gauche radicale américaine à partir de 1969 et qui avait choisi la clandestinité à partir de 1970 (1).

 

Les premières images nous replongent dans l’une des périodes charnières du XXème siècle : la fin des années 1960. Nous pouvons donc voir des images d’archives sur les grands mouvements de protestation américains contre, entre autre, la guerre du Vietnam, amenant le fait divers qui nous préoccupe (mais nous ne le savons pas encore) : un braquage qui a mal tourné où un vigile est exécuté par un des braqueurs.

Encore une fois, la guerre du Vietnam et ses répercussions dans la société américaine sert de trame de fond à cette chasse à l’homme particulière.

 

Car si le FBI traque sans relâche Grant/Sloan, il n’est pas le seul à effectuer des recherches. Outre Ben Shepard, c’est Sloan lui-même qui est à la recherche de son passé et surtout des membres qu’il a fréquentés, en particulier l’une d’entre eux : Mimi Lurie (Julie Christie).

Nous allons alors suivre ces trois enquêtes en parallèle : Sloan qui sait qui il cherche ; le FBI qui essaie de retrouver Sloan ; et Shepard qui exhume petit à petit tous les tenants et aboutissants de cette affaire qui eut lieu trente ans plus tôt.

 

Tout comme Sloan, nous découvrons tous ceux qui ont joué un rôle à un moment ou à un autre dans ce groupuscule révolutionnaire.

Mais tout comme Sloan, ils ont vieilli et un peu oublié qui ils étaient et ce qu’ils combattaient, la vie les ayant fait grandir, et surtout mûrir.

Nous partons alors à la recherche du temps perdu, car comme toujours dans ces cas-là, ce temps perdu l’est pour tout le monde, et on assiste alors à la révélation d’un immense gâchis, parce qu’à un moment, ce qui était tellement limpide et bien préparé a dévié du plan initial.

 

En retrouvant les anciens camarades de Sloan, nous (spectateurs) avons le plaisir de retrouver de grands noms du cinéma dont certains ont commencé à cette même période troublée : outre Susan Sarandon et Julie Christie on peut apercevoir Nick Nolte ou encore Sam Elliott avec sa moustache et surtout sa voix très reconnaissable (2).

Cette quête temporelle vaut aussi pour Redford lui-même, qui retrouve dans ce film des gens avec qui il a déjà tournés : Susan Sarandon (The great Aldo Pepper) ; Sam Elliott (Butch Cassidy & the Sundance Kid) ; ou encore Chris Cooper (The horse Whisperer) et Stephen Root (The Conspirator)…

 

Bien entendu, derrière cette histoire politico-policière se dégage l’un des thèmes de prédilection de Robert Redford : la famille. Avec ici plusieurs niveaux de familles : entre sa fille Isabel (Jackie Evancho) et Rebecca (Brit Marling) celle de l’ex-inspecteur Osborne (Brendan Gleeson) existe un lien que Ben Shepard mettra à jour à l’issue de son enquête, et qui est aussi la véritable raison de la fuite de Sloan.

 

En prime, on découvre Shia LaBeouf qui grandit (25 ans pendant le tournage), et qui, quand il ôte ses lunettes perd une partie de son visage juvénile pour interpréter avec conviction un journaliste qui n’est pas sans rappeler que Redford, 35 ans plus tôt, en interprétait un autre, et pas des moindres : Bob Woodward (Les Hommes du Président), l’homme qui avec Carl Bernstein (Dustin Hoffman) fit tomber Nixon.

 

 

  1. Ce groupe –Weather Underground – a réellement existé mais le fait divers a été raconté par Neil Gordon dans son roman The Company you keep, dont le film est une adaptation
  2. A bas le doublage !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #George Roy Hill, #Robert Redford
L'Arnaque (The Sting - George Roy Hill, 1973)

Paul Newman & Robert Redford, quatre ans après Butch Cassidy & le Kid, et toujours sous la direction de George Roy Hill : le succès était assuré.

Mais si Newman et Redford pouvaient suffire pour assurer le succès, il valait tout de même mieux proposer une intrigue solide à ces deux mythes : c’est chose faite avec L’Arnaque, accompagné par la musique caractéristique de Scott Joplin qui fut remis au goût du jour pour le grand public.

Et ça a marché !

 

Johnny Hooker (Robert Redford) est un truand à la petite semaine, faisant des petites arnaques avec Luther Coleman (Robert Earl Jones, le père de qui vous savez), jusqu’au jour où ils s’attaquent – in volontairement à du très gros gibier : Doyle Lonnegan (Robert Shaw).

Et Lonnegan n’est pas du genre à faire dans la dentelle, alors évidemment c’est Coleman qui trinque et Johnny qui doit quitter Chicago.

Il rencontre alors Henry Gondorff (Paul Newman) et ensemble ils vont monter cette fameuse arnaque qu’on nous promet tant.

 

Il faut avouer que cette arnaque est un véritable tour de force : on assiste à toutes les étapes de la préparation jusqu’à la réalisation, avec une grande jubilation : ces hommes qui se reconnaissent en se frottant légèrement le nez ajoute une touche de conspiration. Parce qu’il s’agit d’une conspiration : on va venger la mort du pauvre Luther, grand arnaqueur devant l’éternel, maître incontesté du milieu.

Et non seulement cette arnaque va fonctionner magnifiquement et Lonnegan en sera pour ses frais (1), mais le spectateur va lui aussi être victime d’une fabuleuse arnaque, résultat d’un retournement de dernière minute : du grand art !

 

Si le milieu de l’intrigue est la pègre à l’ancienne, on n’en est pas non plus au niveau du Parrain. Les truands sont redoutables (2), mais leurs surnoms ajoutent à la comédie qui est en train de se jouer : rien que le dénommé Lace (dentelle en français) a une stature et une mine patibulaire qui ne vont pas vraiment avec son surnom.

Mais nous sommes dans une comédie qui a – elle aussi – le privilège de se bonifier avec le temps : plus on voit ce film et plus l’arnaque est délicieuse.

Comme pour un roman policier qu’on relit, les différents indices qui permettent la résolution finale sont disséminés dans ce qu’on nous montre : la première vision ne peut pas recouper tout ce qu’on voit, même si une fois le forfait accompli, on en comprend les mécanismes.

Bref, si on se fait arnaquer la première fois, on y revient pour voir comment on a été abusé, et le film n’en devient que plus savoureux.

 

Un dernier mot tout de même.

Si Newman et Redford sont des stars absolues, au charme absolu lorsque le film sort, on remarque que les femmes qui les intéressent ne sont pas à leur niveau : sans être laides Billie (Eileen Brennan) et Loretta (Dimitra Arliss) ne sont pas ce qu’on peut appeler des sex-symbols comme on imaginerait les femmes autour de ces deux hommes.

Mais c’est comme ça : ces deux malfrats sont des gens comme les autres et ils ont des goûts très ordinaires.

 

  1. Enormes, n’oubliez pas que nous sommes en pleine crise, dans les années 1930s. Un seul plan nous renseigne sur cette période : celui quand Johnny essaie d’échapper à Snyder (Charles Durning), qui le fait traverser une espèce de camp-bidonville près de la station de métro.
  2. C’est la condition sine qua non.

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