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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Gangsters, #Clint Eastwood
The Mule (Clint Eastwood, 2018)

Earl Stone (Clint Eastwood) est un pépiniériste qui cultive les lys. Malheureusement pour lui, internet va ruiner son affaire et il doit tout vendre. Sans beaucoup de sous, il accepte de convoyer des marchandises pour des types louches. Bien sûr, c’est de la drogue. Mais ça paye bien. Il peut alors racheter son affaire. Sa famille – enfin ce qu’elle est devenue voit d’un œil noir cet homme qui lui a toujours privilégié son travail.

A bientôt quatre-vingt-dix ans, il serait peut-être temps qu’il s’y consacre, non ?

Difficile, parce qu’on ne quitte pas ce genre d’organisation d’un claquement. Et en plus, le DEA (1) et l’agent Bates (Brad Cooper qui retrouve Eastwood quatre ans après American Sniper) sont à la poursuite d’un véhicule qui ressemble comme deux gouttes d’eau à celui d’Earl. Et pour cause…

 

Après la parenthèse un tantinet reality show du 15 h 17 pour Paris, Eastwood revient en cette fin d’année 2018 avec du matériel beaucoup plus sérieux : interprétant le premier rôle, il jouer de son âge (il a 88 ans quand le film sort) et compose un homme porté sur l’horticulture, bien loin des durs qu’il a pu interpréter. De plus, Earl n’est pas un violent, même s’il a fait la guerre de Corée. Mais il n’est pas non plus un naïf ni un froussard : ce passé guerrier lui permet de conserver un aspect serein face à ces trafiquants à la gâchette sensible et surtout au doigt nerveux.


Et encore une fois, Earl est un personnage solitaire, comme beaucoup chez le vieux réalisateur. Il y a une parenté flagrante avec Walt Kowalski de Gran Torino, l’utilisation de la violence en moins. Lui aussi a fait la Corée, et lui aussi, âgé, se retrouve seul devant ce qui ressemble tout de même à une vie gâchée. Gâchée par une passion dévorante. Saine mais envahissante au point de se couper de ceux qui furent sa famille.

Mais est-ce seulement sa passion qui les a séparés ou est-ce que le vieux Earl n’a pas une grande part d’égoïsme en lui ? Parce que quoi qu’il arrive dans cette histoire, Earl n’en fait qu’à sa tête. Et comme en plus, c’est un jouisseur, alors n’importe quoi peut arriver. C’était un problème pour sa famille mais la séparation est inévitable, voire salutaire pour eux : qu’il soit là ou non, rien ne va      changer. Alors autant faire sans lui.

Mais c’est aussi pour ses nouveaux employeurs : il la joue sans cesse à l’inspiration, devenant imprévisible et donc – la base nécessaire pour des trafiquants - incontrôlable.

 

Parce que malgré tout cela, Earl est un type attachant. Et la seule qui a compris cela, c’est son ex-femme, Mary (Dianne Wiest). Mais pour cette vie un tantinet dissolue, il y a un prix à payer, et nous retrouvons l’une des bases du cinéma américain : la rédemption. Pour cette vie pas si modèle, il doit payer. Et il le fera.

Mais sera-ce vraiment au prix fort ? Les dernières images ont tendance à nous montrer que cette rédemption sera plutôt douce.

 

  1. Drug Enforcement Administration : organisme qui lutte contre le trafic de drogue.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #Maurice Tourneur
Fille de Pirates (The wishing Ring: an Idyll of Old England - Maurice Tourneur, 1914)

J’ai eu beau chercher, me creuser les méninges, consulter des ouvrages d’étymologie, je n’ai pas trouvé. Pourquoi cette « Fille de pirates » alors que la seule jeune fille qui nous intéresse est fille de pasteur ?

Encore un coup du traducteur français ! Vu que nous sommes en 1914, ce doit être le père de celui du Grand Bill

Alors que le titre original se suffisait : « L’Anneau aux souhaits : une idylle de la vieille Angleterre ».

Il n’a pas dû voir le film…


Mais cet anneau n’intervient pas tout de suite. Maurice Tourneur installe ses personnages dans leur contexte et surtout dans leur personnalité : le comte Bateson (Alec B. Francis), personnage fréquemment terrassé par des crises de goutte, a un fils étudiant (Chester Barnett). Enfin plus bambocheur qu’étudiant, ce qui lui vaut la paille (pas si humide que ça) des cachots. Renvoyé de chez lui, il n’aura le droit de revenir que quand il aura amassé tout seul un peu d’argent.

Il est embauché par son parrain (Walter Morton) comme jardinier et fait la rencontre de la belle Sally (Vivian Martin), la fille du pasteur (Simeon Wiltsie), qui vient subtiliser les roses du jardin.

Cette dernière va essayer de rapprocher le père et le fils malgré leur différend.

 

Maurice Tourneur est donc aux Etats-Unis quand il tourne cette comédie. C’est un petit film plaisant à regarder, dans lequel la maîtrise du réalisateur se fait sentir, même s’il ne se hisse pas (encore) au niveau de ce qu’il fera ensuite. On sent que tout le monde s’amuse ici, Tourneur le premier, dan cette histoire fort convenue et très prévisible, où les coups de pied aux fesses ne manquent pas mais où oint aussi cet humour un peu plus subtil qui va se développer au fil des ans. La présentation des personnages par un quatuor de vierges (?) récurrent dans le film rappelle le théâtre (1) : on y découvre, une fois le rideau tiré, les personnages les plus importants : Sally, Bateson et son fils Giles. Mais cette présentation est à chaque fois perturbée par un petit détail qui casse l’effet sérieux (faussement) escompté.

 

Quant à l’anneau, tout est fait pour qu’il soit magique et ce, sans utiliser un quelconque trucage : elle souhaite être embrassée par celui qu’elle aime, il le fait à son insu ; elle aimerait de nouveaux habits pour un événement mondain, il court les lui acheter. Si ce n’est pas de la magie (pour elle) tout ça !

Bref, cet anneau est plus anecdotique qu’autre chose, un moyen pour les tsiganes qui se sont installés là de récolter un peu d’argent. La vision de ces gens est d’ailleurs un tantinet équivoque : sans être rejetés, ils ne sont pas montrés sous leur meilleur jour, les femmes étant continuellement allongées sur le sol, dans une propreté franchement douteuse.

 

Par contre, c’est – encore une fois – le formidable Alec B. Francis qui tire son épingle du jeu. Un tantinet ronchon, il est surtout un tyran domestique avec son personnel, et sa crise de goutte peut poser des questions : a-t-il vraiment mal ou le feint-il afin de jouir pleinement d’une certaine oisiveté. Et surtout, avec les visites de la jeune Sally qui est aux petits soins pour lui, cette crise a tendance à se prolonger : l’introduction de l’élément tragique (que je vous laisse découvrir) va révéler des choses et surtout amener l’issue heureuse du film.

Mais qui aurait pu en douter ?

 

  1. Le film est adapté d’une pièce de théâtre d’Owen Davis (sa première au cinéma)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #J. Searle Dawley
Blanche Neige (Snow-White - J. Searle Dawley, 1916)

Tout le monde est là :

Blanche-Neige (Marguerite Clark) bien sûr, mais aussi la méchante reine Brangomar (Dorothy Cumming), le prince Florimond (Creighton Hale), le chasseur Berthold (Lionel Braham), et évidemment les sept nains (Blick, Click, Flick, Plick, Snick, Whick & Quee).

Certes, l’intrigue originale des frères Grimm est un tantinet chamboulée, mais beaucoup moins que plus tard, si vous voyez ce que je veux dire. Mais le merveilleux est là, et c’est tout ce qu’on attendait d’un tel film.

 

On peut sans trop se tromper dire qu’il s’agit d’un des premiers films américains pour enfants (1), pour deux raisons :

  • le film est sorti un 25 décembre : c’est un beau cadeau de noël ;
  • L’intrigue est introduite par le Père Noël (rien que lui) qui installe des poupées sur une table – poupées représentant les différents personnages – pendant qu’une petite fille descend les escaliers et le surprend (2).

Vient alors le premier « trucage » du film : les poupées s’effacent pour laisser la place aux vrais personnages sur cette même table.

 

Ensuite, évidemment, ça déroule et J. Searl Dawley donne une version fort plaisante du conte des frères Grimm, avec quelques éléments comiques qui contrebalancent certains aspects qui le sont beaucoup moins : les courbettes du chambellan ou la coiffure inattendue de la sorcière (Alice Washburn). De plus, il donne une part relativement similaire à ses quatre protagonistes principaux. Si Blanche-Neige est l’héroïne, elle n’a pas une place beaucoup plus prépondérante que la reine ou encore Berthold. Ce dernier ne se contente pas d’abandonner la jeune fille dans la forêt, il a des enfants qui servent d’otages à la reine pour lui faire exécuter ses noirs desseins (autre élément tragique).

Quant aux (véritables) nains, leur rôle est déjà plus important que dans l’histoire originale et on trouve un élément qui resservira plus tard : la toilette. De plus, ils ont déjà un nom, même s’il ne correspond pas spécialement à leur caractère.

 

Un siècle plus tard, bien sûr, ce film paraît mineur, et surtout un brin suranné, mais il ne faut pas s’y tromper : ce film a marqué le jeune Walter (15 ans) quand il l’a vu la première fois. Et ce n’est pas un hasard si c’est cette histoire que ce dernier  a choisie d’adapter au cinéma pour le premier long métrage qu’il produira : Snow White and the Seven Dwarfs (David Hand, 1937).

Oui, c’est bien Disney.

 

Alors précipitez-vous sur ce qui est l’une des toutes premières adaptations de ce classique pour enfants en attendant le sort qui lui est réservé dans une nouvelle adaptation par ces mêmes studios, l’année prochaine (3)…

 

  1. Je me garderai bien de dire qu’il s’agit du premier, je préfère laisser ce soin aux spécialistes.
  2. Ce n’est pas bien : les enfants sages doivent dormir quand Il passe !
  3. Ah, cette (nouvelle) frénésie qui consiste à adapter les dessins animés en vrai

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Sam Raimi
Mort ou vif (The Quick and the dead - Sam Raimi, 1995)

A peine trois secondes. Un croque-mort qui évalue la taille de la jeune femme qui vient d’arriver : Woody Strode vient de faire sa dernière apparition au cinéma. Quand le film sort en février 1995, il est mort depuis le 31 décembre précédent.

Mais Mort ou vif, c’est tout d’abord l’histoire d’une femme dans l’Ouest (sauvage, cela va de soi), quand la Loi n’était pas arrivée partout. Et encore moins à Redemption, là où a lieu tous les ans un concours de pistoleros. Organisé par celui qui possède la ville : John Herod (Gene Hackman).

Cette année, Ellen (Sharon Stone) a décidé d’accepter d’y participer. Normal, elle a un (très) vieux compte à régler avec le même Herod. La dernière fois qu’elle l’a vu, c’est à la mort de son père.

J’oubliais : Herod est un desperado de la pire espèce.

 

Sam Raimi a été choisi par la même Sharon Stone : elle ne voulait que lui pour réaliser ce western, pour lequel elle était aussi productrice. Outre Raimi, elle a aussi beaucoup insisté pour qu’y figure un jeune acteur qu’elle a découvert précédemment : Leonardo DiCaprio (Fee «  The Kid »). Et c’est une bonne chose d’avoir choisi Raimi parce qu’il va opérer une mutation, se mettant à tourner des films autres que l’horreur qui l’avait fait découvrir.

Mais là s’arrête la bonne idée : à mon avis, Raimi n’est pas un réalisateur de western.

Certes, il a potassé ses classiques, et surtout le maître Sergio Leone : le premier personnage qu’on croise, Dog Kelly (Tobin « Kramer » Bell) semble échappé de chez le réalisateur italien : l’allure, l’habillement et le fusil antédiluvien jouent dans ce sens.

 

Pour le reste, on a tous les ingrédients du western : de grands espaces, de la bagarre, des pendus, et bien sûr des duels au pistolets qui donnent le titre (original) au film (1). La grande nouveauté, c’est la présence de Sharon Stone dans le rôle principal : on n’attendait pas une femme dans ce genre d’intrigue, et on ne peut que s’en réjouir. Mais là s’arrêtent les réjouissances. Si les personnages sont pittoresques, leur accumulation a une certaine tendance à lasser.

De même, les différentes prises de vue, si elles rappellent celles de Leone (encore lui), n’en possèdent pas la rigueur, comme si Raimi n’avait pas su prendre son temps. Et au final, les montées de tension qu’on attend lors des duels tombent à plat, surtout si, comme Cort (Russell Crowe) on attend le déclic qui précède le carillon. Le duel est alors vite expédié et on passe à autre chose.

 

C’est plus une galerie du western – une sorte de musée ? – qui nous est offerte, avec une intrigue qui tient la route mais dont les ficelles sont tout de même un tantinet apparentes. Alors on va dire que c’est un hommage au western, et en particulier celui de l’immense Leone (2), mais on reste tout de même sur sa faim.

L’interprétation reste solide (ajoutez Lance Henriksen en joueur/tricheur/tireur et Gary Sinise dans un rôle déclencheur) et vous aurez une idée de ce qu’aurait pu être le film avec un véritable réalisateur de western. Gene Hackman est encore une fois impeccable, mais pas au niveau de Little Bill Dugget deux ans plus tôt.

Il y a beaucoup de bonnes intentions dans ce film, mais encore une fois, je rappelle que cela ne suffit pas : l'enfer en est pavé...

 

Heureusement, Raimi va se rattraper et nous proposer, quelques années plus tard, la belle trilogie Spider-Man.

Mais ceci est une autre histoire, déjà relatée ici. Et ici. Et aussi .

 

  1. Les rapides et les morts.
  2. On pense évidemment à Il était une fois dans l’Ouest par certains aspects de l’intrigue (et la présence de Woody Strode), mais avec la notion de recherche du temps perdu en moins.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie dramatique, #Woody S. Van Dyke
Chanson païenne (The Pagan - Woody S. Van Dyke, 1929)

Le « païen » du titre original (1), c’est Henry Shoesmith (Ramon « Ben Hur » Novarro). Il mène une vie oisive, dans une des « îles sous le vent » chères à Marius. Un jour débarque Roger Slater (Donald Crisp), à la recherche de coprah, cet élément qu’on trouve dans les noix de coco. Il est accompagné par Tito (la superbe Dorothy Janis), métis tout comme lui et actuellement pupille de Slater qui veut en faire une « blanche » à part entière.

Bien entendu, Henry et Tito tombent amoureux et l’infâme Slater veut les séparer, se réservant pour son usage personnel cette (très) belle jeune femme.

Mais Henry est métis : d’un côté il n’épouse personne mais prend (littéralement) sa femme ; de l’autre il sait se battre pour la garder. Deux éléments que Madge (Renée Adorée) a très bien compris, malheureusement pour elle, et que Slater va expérimenter.

 

Comme nous sommes en 1929, le film n’est pas totalement muet. Et c’est très certainement de là que vient le titre français : seules les séquences musicales sont sonorisées, ainsi que quelques (très) rares éléments. Mais comme le parlant est encore balbutiant, le rendu n’est pas des plus probants. Reste tout de même de belles voix dont celle de Novarro fera son succès.

Pour le reste, nous assistons à une histoire très classique où l’homme blanc est un corrupteur, avide de richesses, et bien sûr hypocrite : cette « pupille » que Slater veut occidentaliser est bien trop jolie pour que ses intentions soient honnêtes !

 

Pour le reste, Van Dyke est dans son élément, restant dans les îles du Pacifique de White Shadows in the South Seas (2), utilisant la même technique de post-synchronisation pour les différents effets sonores. Ce qui explique l’aspect un tantinet bricolé du film sur cet aspect-là.

Le seul qui est bien en place d’un point de vue sonore, c’est le lion (Jackie) d’introduction de la MGM. Et c’est d’ailleurs assez déstabilisant de l’entendre lui alors que le son ne va apparaître qu’une fois que Henry chante, et par là même découvre Tito.

Et si l’ombre de Flaherty planait sur le film précédent (normal, c’est lui qui l’avait commencé), Van Dyke est totalement libéré pour ce film, délaissant l’aspect réaliste cher au premier, pour se concentrer sur cette intrigue convenue, mais tout de même plaisante.

 

Mais comme toujours, un film est aussi le produit de son environnement. Et ici, nous sommes pleinement dans un film américain, où certains aspects sociaux transparaissent dans le film.

C’est le cas de la relation avec Tito, cette jeune métisse. IL faut savoir qu’à cette époque, les mélanges qu’on disait « raciaux » (3) n’étaient pas à l’ordre du jour. Et le « sacrifice » de Slater – épouser Tito – n’a pas le même impact aujourd’hui. Certes, la concupiscence est flagrante dans l’attitude de ce personnage, mais il n’y a pas beaucoup d’ironie dans ce terme de sacrifice : Slater est avant tout un blanc, et les blancs ne se mélangeaient pas avec les indigènes (et encore moins les noir·e·s).

Mais bien sûr, puisque Slater est un individu ignoble, il sera châtié et les deux métis finiront ensemble : ouf, la morale est sauve.

 

Un dernier mot sur l’interprétation (je ne reviens pas sur les voix qu’on entend si peu). Si Ramon Novarro est toujours aussi magnifique – et en plus, la plupart du temps il est à moitié nu – et Dorothy Janis absolument superbe, c’est encore une fois Donald Crisp qui retient notre attention, campant un méchant sublime, aussi sadique que Battling Burrows, mais avec une (fausse) apparence respectable : c’est lui que nous suivons au tout début du film, impeccable dans son complet blanc, et qui se rend à la banque. Mais le plan rapproché qui le voit échanger avec Madge (encore une fois, Renée Adorée est magnifique), un détail nous indique qu’il n’est pas cet homme irréprochable qu’il veut (nous) faire croire : il a une boucle d’oreille. Et au cinéma, en 1929, seuls les femmes et les pirates en portent. Et comme Slater n’a rien d’efféminé…

Oui, c’est un pirate. Un pirate moderne qui n’écume pas les mers mais exploite les ressources des terres. Et puis les habitants aussi un peu.

 

  1. Mais pourquoi avoir ajouté un substantif dans la traduction ?
  2. Tahiti.
  3. Comme s’il existait plusieurs races humaines…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guerre, #René Hervil, #Louis Mercanton, #Sarah Bernhardt
Mères françaises (René Hervil & Louis Mercanton, 1917)

Eté 1914. La vie s’écoule paisiblement dans ce petit village français administré par l’ex-commandant d’Urbex (Georges Deneubourg), officier de réserve, dont le fils (Jean Angelo) a repris le flambeau militaire. Leur propriété est exploitée par les Lebroux, dont la fille Marie (Louise Lagrange) est la filleule de Mme d’Urbex (Sarah Bernhardt). Marie est fiancée à l’instituteur Guinot (Gabriel Signoret), un pacifiste convaincu.

Mais voilà : l’archi-duc (François-Ferdinand d’Autriche-Este, qui n’apparaît pas dans le film) a été tué à Sarajevo et la mobilisation générale est décrétée le 2 août. Tous les hommes sont donc envoyés au front.
Les femmes, elles, restent aux champs ou deviennent infirmière, comme Jeanne d’Urbex.

 

Une fois n’est pas coutume ici, voici un film de propagande français tourné pendant la première guerre mondiale. Mais à la différence de ceux qui nous présentent des soldats qui partent à l’assaut d’une tranchée adverse, celui-ci va resserrer son intrigue autour des différentes femmes entrevues avant la guerre. Rassurez-vous, cela ne nous empêche pas d’avoir quelques images de guerre – la vraie, celle où on ne se relève pas et quelques éléments du front, dont un assaut que nous ne verrons pas se terminer.

Ces femmes ont du courage, et c’est avant tout ce que veut montrer le film. Pour une fois qu’on nous montre autre chose que des soldats qui s’étripent joyeusement, ne boudons pas notre plaisir. Sauf que.

 

Sauf que ce qui ressemblait à une bonne idée (pour nous spectateurs du XXIème siècle) n’en est pas une. Nous sommes bien loin de la dénonciation de ce conflit meurtrier par Abel Gance (l’année suivante) : certes les hommes meurent, mais c’est avant tout pour le salut de leur pays, la France. Même madame d’Urbex, qui se retrouve seule au monde ne peut (ni ne veut) céder à la colère comme la mère de Guinot : si les hommes de sa vie sont morts, c’est pour le bien du pays !

Bref, nous sommes en pleine glorification de cette guerre (inutile, comme toutes les autres), avec en point d’orgue un final ultra patriotique avec Marseillaise triomphante tandis que s’affichent sur l’écran ces mots :

« Pour que les mères françaises n’aient plus à souffrir, il faut que la France fasse encore la guerre : la guerre à la guerre ; et que l’aube des paradis futurs s’allume à l’éclaire des baïonnettes françaises. » On ne peut pas être plus clair.

Oui, ce film est une mauvaise idée parce qu’en plus de justifier le massacre en cours, il va à l’encontre des mentalités à ce même front : 1917 sera l’année du ras-le-bol et des mutineries. Nous serons alors bien loin de ces idées « généreuses »…

 

Reste malgré tout l’occasion pour le spectateur de voir sur l’écran l’immense Sarah Bernhardt. Certes, son amputation l’a fortement diminuée et ses diverses apparitions sont bien statiques. Mais on retrouve malgré tout son jeu grandiloquent (1), dans un rôle sur mesure : elle interprète une femme avec une immense grandeur d’âme et une générosité qu’on ne retrouve pas toujours dans sa caste…

Et puis ? Et puis c’est tout. Le final grandiloquent (avec la musique que vous savez) est des plus affligeants, surtout pour le personnage de Guinot : aveugle, il est assis à côté de Jeanne d’Urbex qui enseigne aux enfants la maxime énoncée plus haut.

Pouah !

 

  1. Un tantinet exacerbé, c’est le problème des gens de théâtre devant une caméra à cette époque…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Christopher Nolan
Tenet (Christopher Nolan, 2020)

Tenet (1) signifie principe.

Et ce film est un immense principe, résolument scientifique (maths & sciences ont la belle part) sans pour autant être un cours voire un pensum.

Nous sommes à nouveau dans le voyage dans le temps – thème classique et cher au cinéma, mais vu d’une nouvelle façon. Encore.

 

Protagonist (John David Washington, le fils de) est une espèce d’agent secret, spécialisé dans les interventions musclées. Suite à une opération dans laquelle il trouve la mort, il est « ressuscité » et envoyé à la recherche d’un élément indispensable dans une guerre totale qui doit avoir lieu.

Nucléaire ? Non. Temporelle. C’est du futur que vient la menace. Aidé de Neil (Robert « Cedric Diggory » Pattinson), il va combattre Andrei Santor (Kenneth Brannagh), celui que le futur a choisi dans le présent pour mener à bien ce conflit. Près de ce dernier, Protagonist peut compter sur Kat (Elizabeth Debicki), la propre femme du Russe.

 

Comme toujours chez Nolan, on joue avec les concepts (et les principes, évidemment), dans un film très singulier. Si le cinéma nous a habitués aux voyages dans le temps, celui-ci remet tout en cause. Mais surtout, il démontre une maîtrise narrative et technique impressionnante. Non seulement l’intrigue est complexe et difficile à mettre en place, mais les éléments techniques dus aux ruptures du continuum spatio-temporel sont extrêmement bien en place, avec en prime une montée progressive de la tension, élément indispensable dans ce genre de film.
Bref, c’est – à mon avis – réussi de bout en bout et comme les interprètes sont à la hauteur de l’événement, ce sont deux heures trente de plaisir cinématographique qui nous sont offertes.

 

Certes, l’entame est un tantinet confuse, malgré les explications de la belle Clémence Poésy (Barbara). Mais une fois ce cap passé, c’est une sorte de jeu de dupes qui nous est exposé, avec de nombreuses surprises et surtout des illustrations incroyables de ce qui nous a été (brièvement) expliqué.

Et surtout, il y a l’assaut final où Nolan mêle ceux qui avancent vers le futur – des gens (presque) comme nous – avec ceux qui en viennent – les autres. Mais si c’était si simple, ce ne serait pas drôle. Les éléments autour vont aussi dans un sens ou dans l’autre, en fonction du personnage principal (Protagonist) qui lui, va toujours vers l’avant, même quand il revient du futur (2).

 

Bref, le scénario exploite continuellement et complètement les possibilités du voyage dans le temps, enlevant tout élément comique (3), pour se concentrer sur l’aspect vraisemblable (4) de cette incroyable histoire.

Incroyable, bien sûr, mais tellement impressionnante !

 

PS : La bande originale contribue elle aussi à ce principe d'aller et retour puisqu’elle est passée à l’envers.

 

  1. Le fait que ce mot soit un palindrome n’est absolument pas fortuit.
  2. Je sens que je commence à perdre des lecteurs.
  3. Nous ne sommes absolument pas dans Retour vers le Futur, même si le paradoxe standard est là aussi évoqué.
  4. Difficile de le qualifier de « réaliste »...

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #Alfred L. Werker, #Anthony Mann
Il marchait la Nuit (He walked at Night - Alfred L. Werker & Anthony Mann, 1948)

« Il », c’est Roy Martin, alias Ray Morgan (Richard Basehart), un cambrioleur dérangé alors qu’il tentait d’entrer dans un magasin de radio-télévision. N’ayant pas de papier, il décide de tuer le policier qui l’appréhende.

Dès lors, la machine policière de Los Angeles se met en branle et va poursuivre jusqu’au bout ce criminel singulier, aidé par le département scientifique mené par Lee Whitey (Jack « Joe Friday » Webb).

Jusqu’au bout parce que Morgan-Martin n’en sortira pas vivant.

 

Evacuons tout de suite le fait qu’Anthony Mann a participé au tournage et effectué quelques séquences : il n’est absolument pas crédité. Mais concentrons-nous sur ce qui fait l’intérêt de ce film : le réalisme.

Comme je l’avais déjà écrit pour White Heat, les truands n’ont plus le vent en poupe. Et si Morgan semble un personnage très intelligent, il n’en demeure pas moins un meurtrier dangereux. Ce dernier point est d’ailleurs rappelé à chaque occasion : si n’importe qui semble admirer l’intelligence du tueur, il y a toujours quelqu’un pour rappeler qu’il a la gâchette facile.

Le film est donc tiré d’une histoire vraie, celle d’un criminel qui est resté une bonne vingtaine d’années en prison, évitant de justesse la peine de mort (1). Dès l’intertitre d’introduction, nous est présenté ce qui va suivre : tout est vrai (ou presque), de l’intrigue à la procédure policière. C’est d’ailleurs, d’une façon déguisée, un hommage au LAPD (2), montrant l’efficacité de cet organe municipal, et ce vingt ans (environ) avant Harry Callahan !

 

Il y a un véritable souci documentaire dans ce film, souligné par les commentaires du narrateur (Reed Hadley), et on s’attend à un docu-fiction sur mesure pour le LAPD. Mais c’est là que le cinéma reste cinéma : nous allons aussi suivre le parcours (chaotique) de Morgan, la plupart du temps de nuit (d’où le titre), avec utilisation – pertinente – du réseau souterrain de Los Angeles. Il faut croire que la fin des années 1940 était propice à cet environnement : le troisième Homme, l’année suivante, s’y termine aussi.

Et on ne peut que reconnaître l’habileté du tueur dans ses différentes entreprises : le rappel fréquent à son habitude mortifère s’adresse donc aussi au spectateur.

Mais on peut tout de même regretter la fin fatale de cet anti-héros : les policiers l’abattent (ils ripostaient) sans se poser de question ni même quelque consigne demandant de le prendre vivant. Ca ressemble tout de même à une exécution. Sans procès.

 

Quoi qu’il en soit, le ton du film et sa présentation vont être à l’origine d’une série qui perdurera une vingtaine d’années : Badge 714 connue aussi sous le nom de Dragnet, avec dans le rôle du policier principal le même Jack Webb. Son nom ? Joe Friday.

On y trouve aussi les quelques accords dramatiques qui ont fait le bonheur de Bill Elder et Harvey Kurtzman dans MAD : DOM DA DOM DOM ! DOM DA DOM DOM DOOOM ! (voir plus bas)

 

  1. Il a tout de même été condamné à la peine capitale.
  2. Los Angeles Police Department.
Il marchait la Nuit (He walked at Night - Alfred L. Werker & Anthony Mann, 1948)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Gangsters, #Comédie, #Guy Ritchie
The Gentlemen (Guy Ritchie, 2019)

Le seul problème, avec Guy Ritchie, c’est qu’il est capable du mieux – Snatch, Sherlock Holmes – comme du pire – King Arthur: Legend of the Sword – et fort heureusement pour nous, The Gentlemen appartient à la première catégorie.

Rassemblant quelques noms du cinéma britannique (Hugh Grant, Colin Farrell, Eddie « Lestrade » Marsan), et les Américains Matthew McConaughey et Jeremy Strong, il nous propose une nouvelle histoire de gangsters dont le titre nie ouvertement les pratiques.

Parce que ces gens qui s’expriment avec beaucoup de facilité et un langage (presque) toujours châtié ne sont rien que des brigands, un tantinet meurtriers sur les bords.

 

Mike « Mickey » Fearson (McConaughey, donc) est un caïd des drogues douces (marijuana…) à opposer aux drogues dures (héroïne) qui sont plus le bizness de Lord George (Tom Wu). Il est secondé par une espèce de consigliere, Ray (Charlie « Arthur » Hunnam), qui s’occupe surtout de tout ce qui est intendance parallèle (1). Il est sur le point de revendre son affaire à un autre trafiquant notoire, Matthew (Jeremy Strong). Mais tout ne se passe pas comme prévu, et en plus un journaliste – Fletcher (Hugh Grant – décide de le faire chanter…

 

C’est encore une fois une comédie, même si elle l’est beaucoup moins ouvertement que Snatch. Certes, ce ne sont pas des enfants de chœur et on a là encore notre lot de cadavres. Mais bien sûr, c’est l’opposition entre ce que sont réellement ces hommes et le titre qui fait tout le sel du film, reprenant tout de même les différents éléments du genre : cadavres, donc, mais aussi armes diverses, fusillades, bagarres et langage de rue.

Mais alors que tous les ingrédients sont là pour faire un film de gangsters sérieux, Ritchie introduit quelques personnages légèrement décalés dans cette intrigue de gros méchants : les boxeurs du « Coach » (Colin Farrell). Et ce dernier, véritable éducateur sportif qui veut les voir sortir de la galère prend sur lui les erreurs de ses protégés qui étaient allés s’attaquer à trop fort pour eux (Mickey). A son entrevue avec Ray ne manque qu’une parole : celle qu’on trouve à Luc, 23:34. (2)

 

Mais plus que ce film de gangsters pour de rire, c’est avant tout la façon de nous l’exposer qui est assez remarquable (3). Ritchie se joue de la narration avec beaucoup de bonheur, soutenu par la prestation elle aussi remarquable de Hugh Grant. De plus, il brouille les différents temps du récit, passant d’une situation présente (ou telle) qui n’a qu’une issue incertaine : Matthew se rend au pub, commande une pinte de bière et un œuf, appelle son épouse (Michelle Dockery) avant que la caméra sorte de son champ, pendant qu’un coup de feu fait gicler du sang sur et dans le verre de bière. Mais ce n’était pas le présent. C’était un passé récent, parce que le véritable présent, c’est le moment du récit de Fletcher, imaginé comme un scénario de film avec les éléments de langage qui vont avec quand ce ne sont pas des références très techniques. Bien sûr, Ritchie est maître de la narration, interrompant sans cesse ce que nous voyons et amenant progressivement l’intrigue proprement dite avec la résolution qui est amenée de manière assez admirable.

Bref, c’est du grand art.

 

Par contre, Ritchie a la bougeotte, et encore une fois, on a droit à des mouvements de caméra parois un peu trop vifs, voire étourdissants. Mais que voulez-vous, il faut bien que Ritchie impose sa patte à son œuvre.

Alors préparez-vous à cette histoire un tantinet improbable de gentlemen-gangsters bien loin de notre cambrioleur de l’Entre-deux guerres qui fut récemment remis au goût du jour.

Certes, ils ont des manières, mais ce sont des méchants !

 

  1. Disparition de cadavre, règlement (définitif) de situation, information en tout genre…
  2. Je vous laisse chercher.
  3. Digne d’être remarquée, donc.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Michael Dowse
Et (beaucoup) plus si Affinités (The F Word - Michael Dowse, 2013)

« Et si vous rencontriez la bonne personne au mauvais moment ? »

Cette accroche de l’affiche française résume à elle seule la situation – inextricable (?) – dans laquelle se trouvent les deux personnages principaux du film : Chantry (Zoe Kazan) et Wallace (Daniel « HP » Radcliffe).

Wallace sort d’une relation malheureuse avec Megan (Sarah Gadon) et rencontre Chantry à une soirée, chez son ami (son cousin à elle) Allan (Adam Driver).

Tout de suite, le contact (très bon) se fait et ils passent un formidable moment ensemble, jusqu’à leur séparation, inévitable : elle retourne chez elle retrouver son petit ami, Ben (Rafe Spall). Eh oui, c’était trop beau : elle n’est pas libre. Qu’importe, ils deviendront bons amis.

Si c’est possible…

 

Bien sûr, l’intrigue rappelle When Harry met Sally (1), et quoi qu’il puisse arriver, nous savons qu’ils finiront ensemble. Et encore une fois, c’est la façon d’y arriver qui nous intéresse. Et cette façon est des plus savoureuses. Non, la comédie américaine n’est pas morte, et ce film en est une preuve éclatante. Ce film est une très agréable découverte, maniant l’humour avec beaucoup de subtilité, reprenant d’une autre manière la relation homme-femme et surtout la question fondamentale : l’amitié est-t-elle possible entre personnes de sexe opposé ? Et surtout sans le sexe ?

Parce que le sexe est central à cette histoire (d’amour) singulière : entre Wallace qui a conclu sa relation parce qu’elle le trompait, Dalia (Megan Park) qui souhaite une transition sexuelle avant de passer à un autre partenaire, Allan et Nicol (Mackenzie Davis) qui ont une sexualité débridée, et Ben qui menace le même Wallace de ne pas toucher à Chantry, nous sommes servis !

Sans oublier la scène de nu (soft, rassurez-vous !) tout bonnement hilarante, et vous avez une petite idée de cette magnifique comédie qui réussit à faire rire autour du sexe sans tomber dans certains excès « de bon ton » (2) : nous sommes dans cette fameuse screwball comedy apparue aux Etats-Unis environ trente ans plus tôt : certes, les situations sont comiques mais il en va de même des échanges (verbaux, puisque le sexe, vous savez ce qu’il en est…), tout aussi comiques que le reste.

 

Mais cette comédie est avant tout portée par une interprétation elle aussi formidable. Zoe Kazan est toujours au meilleur niveau et à ses côtés, on (re)découvre un Daniel Radcliffe au diapason, montrant qu’il sait faire autre chose que des tours de magie et surtout délaissant l’aspect enfantin du personnage qui l’a fait connaître, s’intégrant pleinement dans le cinéma en général.

Quant au couple Adam Driver-Mackenzie Davis, c’est un duo indispensable qui va au-delà du « second rôle » habituel : ils nourrissent régulièrement cette comédie, amenant (plus ou moins délicatement et avec une réussite aléatoire) ces deux amoureux l’un vers l’autre.

 

Un régal !

 

PS : Non mais quel titre, encore une fois !

  1. Les deux protagonistes vont d’ailleurs au cinéma voir un autre film de Rob Reiner, le formidable (lui aussi) The Princess Bride.
  2. Cf. Ted. [NB : j’aime beaucoup quand même !]

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