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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Patrice Leconte
Les grands Ducs (Patrice Leconte, 1996)

« Le train de Lunéville a été détourné sur Guingamp.

- Sur Guingamp ?

- Sur Guingamp ! »

 

Dialogue emblématique de ce film de Patrice Leconte.

Les grands Ducs, ce sont avant tout trois acteurs en fin de carrière, en mal de reconnaissance, et un tantinet ringards. Alors, évidemment, pour jouer ces trois gugusses, Leconte n'a pas pris n'importe qui : trois sommités. Des pointures. Des cadors. Des grands ducs, quoi !

Jean Rochefort (Eddie), Philippe Noiret (Victor) et Jean-Pierre Marielle (Georges) sont à l'opposé de leurs personnages. Et en plus, eux, ont du talent. Et c'est ce talent qui donne vie à ces trois vieux comédiens, les rendant vrais et vivants. Surtout Georges. Chacun dans son style, ces trois vieilles gloires sont formidables : un cabotin (Victor), un vieux beau (Eddie) et un fou furieux (Georges).

 

En face d'eux, il fallait une actrice de poids (sans jeu de mots). C'est Catherine Jacob (Carla), personnage bipolaire formidable. C'est une véritable hystérique.

Ces quatre personnes vont jouer dans une espèce de vaudeville où il est question de maison à vendre, de belle-sœur et de l'incontournable train. Incontournable mais détourné, comme annoncé au début.

Tous les ressorts du vaudeville sont présents mais une question se pose : en quoi cette pièce est-elle si drôle ? Nous rions de la situation dans laquelle se trouvent nos protagonistes, mais certainement pas de Scoubidou !


Mais au-delà de cette comédie, c'est un véritable hommage rendu à ceux qui n'ont pas eu la chance (ou le talent) de percer) : « [...] les petits, les obscurs, les sans grades... »

C'est Eddie, chaque soir, qui court d'une scène à l'autre, jouant les utilités dans différentes pièces pour survivre.

C'est Victor qui s'approche de l'avant-scène après la répétition et qui imagine les réactions du public, réactions qu'il a vécues : de l'acclamation aux huées. Terrible.

Et puis c'est Georges, l'intransigeant, qui ne fait rien qui n'ai de sens : « Pourquoi je souris ? » hurle-t-il au visage du metteur en scène qu'il a empoigné. Un forcené. Un pur.

 

Alors ce sont des tournées minables dans des villes de province, des hôtels et restaurants moyens, et des salles pas toujours remplies. Bref, la vie quotidienne des acteurs : sans battage, sans artifice. La vraie vie. Pas toujours facile, ni toujours très gratifiante.

Mais une vie toujours nourrie de l'espoir d'y arriver un jour : se voir en haut de l'affiche, comme le chantait Aznavour.

 

Alors, préparez-vous à le (re)voir : mettez-y vos boyaux, parce que ça va truculer !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Wachowsky
Matrix (Lana/Laurence - Lilly/Andrew Wachowsky, 1998)

Bleu ou rouge ?

Telle est la question essentielle du film.

Le bleu : la valeur sure, pas de souci, un monde connu et éprouvé. La sécurité avant tout.

Le rouge : l'inconnu, l'incertain. Mais surtout : la vérité, le progrès. Avancer.

 

De cette dichotomie colorée, le monde. D'un côté ceux qui vivent, qui suivent. De l'autre, ceux qui savent, qui ne se laissent pas faire.

Il y  a un parallèle politique évident : d'un côté le monde conformiste de droite (bleu), et de l'autre, le monde incertain de gauche, celui de la vérité pas toujours évidente à voir ou a trouver (rouge).

Un peu sommaire comme résumé ? Peut-être. Et pourtant. Si on regarde à l'histoire politique d'après guerre (39-45), ,on s'aperçoit que la majorité des scandales étouffés l'ont été sous des gouvernements de droite. Attention tout de même : l'arrivée d'une gauche au pouvoir n'a pas non plus amené la vérité. Mais les scandales se sont réduits (l'homme étant ce qu'il est, on ne peut pas complètement éliminer cet aspect).
 

Pourquoi cette digression ?

Depuis la mort de J. F. Kennedy, une théorie n'a cessé de se développer - à tort ou à raison, nous ne sommes pas là pour en débattre - se basant sur un axiome : on nous cache quelque chose. Cette théorie du complot s'est installée et n'a cessé de se développer, surtout avec l'avènement des nouvelles technologies, permettant à chacun un accès immédiat aux images - sans toujours de discernement - et donc à ce qui pourrait être l'information.

Nous y sommes : la manipulation de(s) masses.

 

Ici, nous atteignons le summum du complot : le monde lui-même n'est qu'illusion. Pas de complot politique étouffé par une oligarchie. Non. La véritable arnaque, c'est que nous vivons dans un monde binaire (0 ou 1), régi par les machines : la Matrice.


Et puis est arrivé Thomas A. Anderson, dit « Neo » (Keanu Reeves). L'Elu. Celui qui doit se battre contre et triompher de la Matrice. En face de lui, des entités physiques générées par cette Matrice, avec en tête Smith (Ugo Weaving). Un combat à mort - bien entendu - s'engage. Et question combat, on est servi. C'est un déluge de tirs d'armes à feu et de close combat. Un véritable ballet. Et, là encore, à un moment, on arrive à saturation. Les ralentis n'y changent pas grand chose.

 

Toujours est-il que ce film se suffit à lui-même. Mais, bien entendu, un tel filon ne peut appeler que des suites (deux). Et derrière cette Matrice, c'est avant tout la liberté individuelle qui est en jeu : peut-on, doit-on tout accepter ? Jusqu'où laisserons-nous la technologie prendre possession de notre vie ?

 

Près de vingt ans après, Elon Musk pousse un cri d'alarme : l'Intelligence artificielle est le « plus grand danger pour la civilisation humaine ».

Et si finalement, les frères/sœurs Wachowski avaient eu raison ?

Vous reprendrez bien une petite pilule ? De quelle couleur ?

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Zack Snyder, #Superman
Man of Steel (Zack Snyder, 2013)

Il est de retour (lui aussi) !

Trente-cinq ans après Richard Donner, Zack Snyder reprend le super-héros et condense les deux premiers épisodes en un seul.

Un grand absent tout de même : l'incontournable Lex Luthor (rassurez-vous, il sera bientôt là !).

Avec ce film, c'est aussi le début d'E. C. Comics au cinéma, reprenant le même schéma que Marvel : il y aura des suites !

Par rapport au film de 1978, on garde :

- Jor-El (Russell Crowe a remplacé Marlon Brando) et sa femme ont toujours un enfant. Toutefois, dans un monde aussi développé que Krypton, où la technologie est ultrasophistiquée, comment se fait-il que Lara (Ayelet Zurer, à la place de Susannah York) accouche dans la douleur ? Les Kryptoniens seraient-ils adeptes de la Bible (Genèse, 3:16) ?

Mais passons*. L'épisode sur Krypton est plus élaboré, dans un décor autrement plus réaliste ;

-

- C'est au pôle Nord que lui est révélé sa véritable ascendance ;

- Le général Zod (Michael Shannon pour Terence Stamp) : cette fois-ci, nous suivons les événements qui ont amené son bannissement avec ses acolytes ;

- Lois Lane (Amy Adams pour Margot Kidder) connaît son secret. Comment ? Voyez-le !

- L'affrontement  avec les complices de Zod est encore plus spectaculaire ;

- Clark/Superman (Henry Cavill pour Christopher Reeve) travaille au Daily Planet.

Pour le reste, tout a été dépoussiéré, et pour éviter de calquer le film précédent, Snyder a recours à des flashbacks afin de nous permettre de voir grandir notre héros (préféré, bien sûr !) : mais cette fois-ci, chaque événement est un pas de plus vers son statut de super-héros.

Et surtout, être différent - la base de la vie de chacun d'entre eux - n'est pas une expérience facile. Clark est tour à tour marin pêcheur, serveur et manutentionnaire avant de devenir vraiment Superman. En tant que marin, barbu et hirsute, il n'est pas sans rappeler Wolverine-Hugh Jackman, surtout torse nu !

 

Pour les reste, comme chez Marvel, on pose des jalons pour d'éventuelles suites, avec ou sans autres super-héros. Nous savons maintenant que ces suites ont eu lieu, et ce n'est pas terminé !

Alors comme toujours dans ce genre de film, on se laisse prendre par l'action, et les incontournables combats. Mais là encore, à un moment, on approche de la saturation : l'affrontement avec les acolytes de Zod dans Smallville est très impressionnant, mais à un moment, on a tout de même envie que ça s'arrête.

 

Quoi qu'il en soit, on ne ressort pas déçu d'un tel film. Un peu étourdi, tout de même.

 

* Autre petite incohérence : alors que les secousses font voler les voitures et les bâtiments, pourquoi les humains restent-ils bien campés sur leurs pieds ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Jean-Paul Rappeneau
Le Sauvage (Jean-Paul Rappeneau, 1975)

Caracas, 197...

Nelly (Catherine Deneuve) va se marier avec le beau (?) Vittorio (Luigi Vanucchi). Enfin c'est ce qui était prévu : elle ne veut plus et s'enfuit, débarquant dans la vie de Martin (Yves Montand).

Nelly c'est une tornade : elle commence par vous tourner la tête et à la fin, c'est votre vie qui est toute chamboulée, et tout est détruit...

 

Le film aurait tout aussi bien pu s'appeler l'Emmerdeuse. Il faut dire que Nelly est une femme que Martin aurait du mal à oublier vu le cataclysme qu'elle provoque, un soir qu'elle s'installe à l'hôtel... Mais c'est Le Sauvage. Et ce sauvage, c'est un ancien nez de Grasse qui a fui la civilisation (enfin surtout sa partie) pour cultiver des fruits et légumes sur une île déserte. Alors quand en plus elle débarque sur son île, c'est encore pire.

Mais c'est une comédie alors...

 

Alors on s'amuse : les acteurs, le metteur en scène, et, bien entendu, le public. Parce que, finalement, ce sauvage ne l'est pas tant que ça : il s'adapte très bien à la société, malgré son habitation retirée. Etre seul à l'autre bout du monde (croit-il) ne l'empêche pas d'avoir un minimum de confort : éolienne pour l'électricité, gazinière pour les (bons) petits plats, bibliothèque... Bref, un drôle de sauvage.

 

Par contre, que son attitude envers Nelly soit un tantinet déplacée s'explique aisément : il n'a rien demandé, elle débarque, et en plus il doit l'aider sans rechigner ! Sans parler de Vittorio qui n'a pas fait une croix sur elle et qui les poursuit. On deviendrait sauvage envers les autres pour moins que ça !

Mais comme Nelly, c'est Catherine Deneuve, et qu'elle a - encore - beaucoup de charme, alors on se laisse prendre. Enfin surtout Martin.

 

Rappeneau ne tourne pas souvent. Et cette fois-ci, c'est international : (presque) tout se passe réellement sur les lieux de l'histoire (Venezuela, île déserte...), et le casting qui comporte en prime Tony Roberts, qui joue l'ami d'Alvy Singer dans Annie Hall. Depuis La Vie de château (près de dix avant), c'est seulement le deuxième film qu'il met en scène. Encore avec Deneuve. Et la magie opère. Mieux : cette fois-ci, elle n'a pas besoin de prétendre être une fille de la campagne. C'est une femme moderne et urbaine, préoccupée avant tout par l'argent : bref, elle est dans son élément, et s'en tire très bien.

 

Quant à Montand, il est toujours impeccable, dans le rôle, cette fois, d'un ermite bousculé. Ermite jusqu'à un certain point tout de même : qui pourrait résister à Nelly ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Jon Watts
Spider-Man : Home coming (John Watts, 2017)

Il est de retour.

C'est la troisième série depuis 2002 et la belle trilogie de Sam Raimi.

Et il semble que ce soit la bonne. Après un passage - obligé, bien sûr - dans Captain America: Civil War, les studios Marvel confient à Jon Watts le sort d'une de leurs vedettes les plus célèbres et célébrées : l'homme-araignée (Tom Holland).

Alors on reprend - presque - tout : on connaît ses pouvoirs et leur origine, sa tante May - beaucoup plus sexy que chez Raimi... - pour le reste, tout est (presque) à construire.

Tony Stark (Robert Downey Jr.) lui fournit un costume et le tour est joué : le voilà avenger stagiaire, attendant plus ou moins sagement une nouvelle mission. Mission, qui, bien entendu, n'arrive pas : Peter Parker (c'est son vrai nom) n'a que quinze ans. A côté des autres qui semblent des adultes (semblent, parce que j'en doute parfois en voyant certaines réactions !).

Qu'importe, Spiderman est avant tout un solitaire. Mais quand Adrian Toomes (Michael Keaton), le méchant - très réussi, au passage - se met à bidouiller des armes hybrides, il est temps de mettre au courant Stark et ses copains... Qui, d'ailleurs, ne répondent pas. il va donc devoir l'affronter seul.

 

Avec ce film, c'est le retour aux fondamentaux : Peter est un ado, et rien d'autre. Son attitude est parfois complètement en décalage avec le personnage qu'il essaie d'interpréter. Mais cela est normal, grandir, ce n'est pas seulement mesurer quelques centimètres de plus.

On va donc retrouver le décor du lycée et d'autres ados pas toujours très subtiles - Flash Thomson (Tony Revolori) en tête - ainsi que le premier grand amour de Peter, la très belle Liz Allen (Laura Harrier). Et même Ned Leeds - tiens, ils étaient au lycée ensemble ? - dans un rôle de faire valoir pas toujours très utile.

 

Et puis il y a ce que nous attendons toujours dans ces films : les scènes de combat. Et on n'est pas déçu : ça castagne à tout va, utilisant des armes plus formidables et puissantes les unes que les autres. Mais, parce qu'il y a toujours un mais : à un moment, il y a la scène de trop : celle de l'avion. On arrive à saturation. C'est le combat de trop, celui qu'on aurait pu éviter, ou surtout, qui n'est pas si nécessaire que ça. Passons sur l'invraisemblance - Stark Industries laisserait seul un avion aussi important ? - et concentrons-nous sur le combat, et ce qu'on essaie d'y voir. On essaie, parce qu'on ne voit pas tant que ça. C'est trop sombre, trop rythmé. Bref, c'est de trop. Dommage, parce que pour le reste, on s'amuse beaucoup, et on aurait certainement pu arriver à la même fin sans cet épisode.

On s'amuse parce que l'humour est toujours là : Spiderman poursuivant le crime et qui se trompe nous permet de retrouver Stan Lee parmi les voisins mécontents ; le professeur heureux d'avoir ramené tous ses élèves ; Ned surpris devant les ordinateurs de l'école ; Peter s'indignant contre les méchants ; et les quelques interventions de Captain America (Chris Evans), édifiant.


Et comme c'est Marvel, on a droit à un post-générique (et même deux, ne manquez pas le tout dernier à la toute fin, une fois que TOUS les noms sont passés) : en plus du dernier plan annonciateur de Peter, on a droit à une dernière vue d'Adrian Toomes, donnant une possibilité de suite qui sera confirmée à la toute fin.

 

Spiderman reviendra !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Kevin Reynolds, #Comédie dramatique, #Morgan Freeman, #Kevin Costner
Robin des Bois, prince des voleurs (Robin Hood,  prince of thieves - Kevin Reynolds, 1991)

Régulièrement, Robin des Bois revient sur les écrans. C'était le cas pour le film de Kevin Reynolds : voici donc une septième version, la deuxième de 1991 (l'autre était signée par John Irvin).

Mais cette autre version ne peut rivaliser face à ce Robin : Kevin Costner, propulsé au premier plan grâce à Danse avec les Loups.
Et on peut dire que ce dernier ne dépareille pas par rapport à ses deux glorieux prédécesseurs : Douglas Fairbanks et Errol Flynn. Il a l'agilité du premier et le charme du second.

 

C'est une vraie réussite. De plus Reynolds a donné une teinte plus réaliste, reprenant la légende et ses épisodes incontournables mais dans un contexte historique vraisemblable : les Croisades et la dure vie des hommes des bois [certes, la séquence d'ouverture aurait pu être évitée, mais dans ce cas, pas de Maure (voir plus bas), et donc une histoire un tantinet plus pauvre]. On a donc droit au duel au bâton sur la rivière ; l'attaque du chariot d'or ; les exactions des hommes du shérif ; le duel avec le méchant ; l'arrivée finale du roi Richard - un ancien Robin des bois lui aussi - ; et l'épisode de la flèche qui en coupe une autre ! Il ne manque que le prince Jean, grand absent de cette histoire : le shérif remplaçant avantageusement cet infâme personnage.

Pour le reste, les combats sont impressionnants de réalisme : le sang coule régulièrement, que ce soit pendant les combats ou pendant les serments.


Alors que Dwan ou Curtiz nous présentait un héros romantique un tantinet omnipotent, ici, c'est un personnage faillible, parfois un peu emporté, mais qui grandit. Il grandit surtout au côté de son compagnon maure : Azeem (Morgan Freeman).

Le Maure, c'est LA bonne idée. C'est le personnage le plus civilisé qui soit, mais qui pourtant est toujours considéré comme un barbare. C'est aussi, par ses accessoires, celui qui rétablit l'équilibre quant aux Croisades : non les Sarrazins n'étaient pas tous des barbares incultes ; et oui, les Croisés étaient de sacrés ignorants !
Et puis c'est Morgan Freeman.

 

Comme le disait Hitchcock (à moins que ce soit un autre, peu importe), pour réussir un film, il faut un méchant réussi. Et là encore, on a affaire à un cador dans la galerie des méchants : Alan « Snape » Rickman, qu'on avait découvert dans Piège de Cristal où il interprétait un autre fameux méchant qui n'avait rien à envier au Shérif de Nottingham.

Parce que cette fois, c'est le shérif, le vrai méchant, alors qu'il était franchement ridicule chez Curtiz...

Ici, George (le petit nom du shérif) est un affreux qui tue de sang-froid quand il est déçu, même si c'est quelqu'un de sa famille. Il ne recule devant rien, et surtout, il a cette allure froide et flegmatique (on est anglais ou on ne l'est pas !) qui fit son succès dans la saga Harry Potter. Et en plus, il a été élevé par Mortianna (Geraldine « Miss Marple » McEwan), une sorcière un tantinet divinatrice... Bref, une autre personne peu recommandable.

 

Et puis il y a LA révélation ! Elle intervient vers la fin, mais ne change pas grand chose. Elle permet certains éclaircissements de cette nouvelle intrigue, c'est tout. On aurait pu s'en passer.

Terminons par la très belle Marianne (Mary Elizabeth Mastrantonio) : autrement belle que Olivia de Havilland (ce ne sont pas les mêmes beautés), mais plus forte et plus mordante. Elle aussi resplendit dans de magnifiques tenues et elle a ce sourire ironique qui augmente (si c'est encore possible) son charme.

 

Un belle version !

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Gangsters, #Comédie, #Guy Ritchie
Snatch (Guy Ritchie, 2000)

Un diamant (84 carats).

Un flambeur à quatre doigts :  Franky « Four Fingers » (Benicio del Toro).

Deux bookmakers noirs : Vinny (Robbie Gee) & Sol (Lennie James).

Un conducteur maladroit : Tyrone (Ade).

Un russe qui évite les balles : Boris Bullet Dodger « The Blade » (Rade Serbedzija).

Un Anglais au dents de plomb : « Bullet-Tooth » Tony (Vinnie Jones).

Un caïd myope : Brick Top (Alan Ford).

Tommy (Stephen Graham).

Turkish (Jason Statham).

Des Manouches.

Un chien.

Et des cochons. Qu'il faut bien  nourrir...

 

Difficile de raconter une telle histoire. Toujours est-il que Turkish & Tommy organisent des matches de boxe interdits, auxquels participe Mickey (Brad Pitt), le champion des manouches ; et un diamant est volé à Anvers. Celui de 84 carats.

En gros, il s'agit de récupérer le diamant. Tous sont concernés sauf Tommy, Turkish et les manouches.

L'histoire est aussi décousue que la liste des participants. Mais malgré tout, on suit. On suit, mais surtout on s'amuse.

Parce que Guy Ritchie nous promène dans un milieu improbable ou des gens - eux-mêmes improbables - se rencontrent autour du prétexte : le diamant. Il passe de mains en mains et même ailleurs !

 

Et ce sont les personnages qui sont les plus intéressants. C'est une galerie des horreurs mâtinée de bras cassés. Chacun est dans l'illégalité : de Turkish et Tommy, petits escrocs, à Brick Top, grand ponte éleveurs de cochons (il faut pouvoir faire disparaître aisément des cadavres...), en passant par Vinny, Sol & Tyrone, trio de Pieds Nickelés franchement minables et maladroits. Le tout à Londres, donc avec la retenue et le flegme légendaires des sujets de Sa Gracieuse Majesté.

 

Mais là où est le talent de Ritchie, c'est dans la narration. Tout a son importance. Du fait le plus important - le braquage initial qui entraîne toute l'intrigue du film - au plus infime détail - Tommy jetant par la fenêtre le brick de lait de Turkish.

Parce qu'il n'y a pas de petit détail. Tout est pertinent et ne peut être enlevé sans altérer l'histoire voire l'arrêter.

Et si l'on excepte Tommy et Turkish, somme toute assez insignifiants et presque normaux, on a une ribambelle de dingos assez extraordinaires, avec en tête Brad Pitt, manouche psychopathe au langage assez déroutant (surtout en VO !), et Brick Top, caïd aussi froid qu'il est terrifiant .

 

C'est un film totalement délirant, rythmé par quelques musiques bien choisies dont le Golden Brown des Stranglers et son rythme ternaire,  entraînant Tommy (et Turkish, bien sûr) dans un tourbillon qui ne s'arrêtera qu'avec le film !

Un petit bémol toutefois, le rythme parfois un peu trop rapide de certaines séquences qui a parfois tendance à nous assommer, à l'instar des boxeurs à poings nus de Turkish et Tommy.

Pour le reste, un film très british, où supprimer un chien, pour un tueur de sang-froid, est parfois plus difficile que de tuer Boris, le bien nommé Bullet Dodger !


Et, en prime, un générique habile où tout se passe à travers les moniteurs de la vidéo-surveillance !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Cape et épée, #André Hunebelle
Le Bossu (André Hunebelle, 1959)

« Si tu ne vas pas à Lagardère... »

 

Combien de petit garçons ont proféré cette réplique en s'adressant quelque ennemi invisible ?

C'est même le cas de celui qui vit ici et n'est plus vraiment petit. D'ailleurs, quand on lui demandait ce qu'il voulait être plus tard, il répondait sans hésitation : « Lagardère ! »

Tout ça pour dire que le film d'André Hunebelle, même s'il ne restera pas dans les annales du cinéma mondial, aura toujours une place dans le cœur de certains ex-petits garçons.

 

Pensez donc : un chevalier sans peur et sans reproche (« hum, j'ai déjà vu ça...») qui secourt un duc (Nevers) assailli par une troupe de spadassins et assassiné par un félon masqué... Tout le sel de l'aventure de cape et d'épée est là.

Mais c'est André Hunebelle. Alors, ça ne vole pas bien haut. Mais malgré tout, les envolées de Jean Marais, elles, restent magiques. Il est un bossu qui, s'il n'est pas spécialement sympathique au premier abord, reste tout de même méconnaissable : Daniel Auteuil peut-il en dire autant ?

 

Du roman de Paul Féval (1857), que reste-t-il ? Franchement, je n'en sais absolument rien, ne l'ayant pas lu. Mais comme le dirait mon ami le professeur Allen John : « que nous importe, nous avons un film ! »

Bien sûr, comme je l'ai déjà dit, ça ne casse pas des briques, mais tout de même : Jean Marais bondit et brette avec dextérité. On pourrait presque croire qu'il douglasfairbankse. Mais celui qui retient notre attention, c'est LE second rôle, l'unique : Bourvil. Il est tour à tour pleutre, faussement courageux, charmeur, nourrice... Il peut presque tout jouer (sauf, bien entendu, les jeunes premiers !).

 

Et puis si on regarde attentivement, on retrouve quelques noms du cinéma français, à commencer par Guy Delorme, spécialisé dans l'archétype du méchant spadassin. Ici, il joue juste les utilités, mais son heure arrive et avec le même Hunebelle il va connaître une longue carrière de méchant bretteur, inspirant même Ayroles et Masbou dans le personnage de Mendoza pour leur série De Cape et de crocs. On retrouve aussi Jean Rougerie, dans un rôle muet de spadassin (encore un !). Et puis, bien entendu, le maître : Jean Le Poulain.

Bref, nous sommes en bonne compagnie.

Alors, ne boudons pas notre plaisir, et savourons ce Bossu comme il se doit : ce n'est pas extraordinaire, mais ça reste du cinéma.

Et tant qu'il restera des petits garçons pour rêver de devenir un jour Lagardère...

 

          (1) Douglasfairbankser : (v. intr. du 1er gr.) Se conduire au cinéma comme Douglas Fairbanks.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Joe Johnston
Jumanji (Joe Johnston, 1995)

Alan Parrish (Adam Hann-Byrd, puis Robin Williams) est un jeune garçon réservé. Son père (Jonathan Hyde, pas encore Bruce Ismay dans Titanic...) possède la grande manufacture de chaussures de la ville, alors ça crée des jalousies. Et tous les jours, avec Billy Jessup, une bande de gamins vient l'embêter.

Bref, la vie n'est pas rose pour lui. Et comme si ça ne suffisait pas, il trouve un jeu de plateau qui avait été enterré (pour une bonne raison, évidemment, sinon, il n'y a pas de film) : Jumanji. C'est un jeu d'aventure. Super ? Non. Parce que les aventures, après chaque coup de dés, deviennent réelles...

Alan commence une partie... Et disparaît !

Vingt-six ans après, le jeu continue, et Alan revient !

 

Nous sommes à l'aube de la révolution numérique. Pour nous, spectateurs vingt ans après, les effets spéciaux peuvent sembler rudimentaires. Et pourtant. En 1994-95, on en était là. Et malgré tout, le résultat est satisfaisant (bon travail de Stephen L. Price qui décèdera avant la sortie). Et le fait que les créatures sauvages sortent d'un jeu de société explique le décalage entre les images numériques et réelles.

Et en plus, Robin Williams n'en fait pas des tonnes, même quand il est habillé en sauvage.

Mais ce film, c'est avant tout l'occasion de voir une jeune (13 ans quand le film sort) actrice - qui ira très loin - tenir le premier rôle féminin : Kirsten Dunst !

Malgré tout, nous assistons à un déluge d'effets spéciaux : chaque tour de jeu est prétexte à toujours plus d'ennuis et de scènes spectaculaires : la galopade des éléphants, rhinocéros et autres quadrupèdes est à ce sujet impressionnante !

Toutefois, on n'en est pas encore aux films qui vont déferler sur les écrans les années suivantes : ce ne sera qu'une suite immodérée d'effets spéciaux sans scénario véritable : Deep Impact, Chapeau melon et Bottes de cuir (pour ne citer que ces deux-là !)...

Et puis Joe Johnston est avant tout un cinéaste familial. Alors son film - malgré tout comique - est pétri de bons sentiments.

 

On le regarde alors en famille, en se disant que Spielberg, c'est tout de même autre chose !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Sydney Pollack, #Robert Redford
Out of Africa (Sydney Pollack, 1985)

Magnifique.

 

L'Afrique comme Hollywood ne l'a jamais filmée.

Ni désert, ni animaux dangereux dans tous les coins.

Du vert. Partout.

Et au milieu, Karen Dinesen (Meryl Streep, toujours aussi merveilleuse) qui va devenir Blixen.

Et juste à côté, Dennis George Finch Hatton (Robert Redford, toujours séduisant), l'amour de sa vie.

 

Parce qu'il s'agit d'une histoire d'amour. L'amour de Karen pour Denys, et l'amour de Denys pour l'Afrique.

Mais c'est aussi une histoire sur la fin de l'Afrique sauvage. Celle que les colons (Anglais, français, Allemands) ont essayé de dompter et dont on voit encore aujourd'hui les marques terribles que ces gens ont fait. C'est une marche forcée vers la civilisation, à laquelle Karen aussi contribue.

Certes, l'Afrique coloniale de Tarzan est pittoresque à côté de ce que Sydney Pollack nous propose. Mais tout de même, il y a un décalage entre ces gens qui prétendent diriger ce grand continent et les véritables personnes à qui il appartient. Et le dernier combat de Karen avant son départ va dans le sens de ces derniers : elle a compris.

 

Mais elle a mis du temps : plus de quinze ans. Entre le moment où elle débarque de son Danemark natal (1913) et son retour au pays, elle a compris que l'Afrique ne lui appartenait pas. Mais ce fut long. Sans cesse elle parle de SES possessions : SES porcelaines, SA ferme africaine, SES Kikuyus (autochtones de la ferme).

Mais c'est avec Denys qu'elle va évoluer et comprendre que sa place n'est pas ici, ou tout du moins tant qu'elle ne considèrera pas ce territoire comme un lieu de passage, un emplacement qu'on emprunte le temps d'une vacation. Parce que c'est ce qu'elle vit : une parenthèse dans sa vie de Danoise blasée et malheureuse. L'Afrique, la vraie, celle de Denys, c'est son Eldorado, mais comme ce lieu mythique, elle n'existe pas vraiment, en tout cas pas pour elle.

 

A l'instar du Titanic de James Cameron, Out of Africa nous fait vivre la fin d'un monde : celui de l'aristocratie anglo-saxonne. Alors que la guerre éclate, le système en place vit ses dernières heures. De ce conflit, d'ailleurs, on ne voit que peu de choses : une réunion suite à la déclaration de guerre (combien de semaines après ?), un campement en rase campagne, loin de tout, que Karen réussit à atteindre avec sa caravane - sous l'œil ébahi des hommes (des vrais : ils font la guerre !), et un défilé nocturne pour célébrer la victoire (à Noël !).

 

Mais quand le conflit se termine, la donne change. Les colons tentent de reprendre la main, mais la civilisation débarque avec les voitures et le chemin de fer, les camions qui laissent d'énormes ornières dans ce qui fut un magnifique paysage, et l'avion... Cet avion qui emmène Karen (et Denys) au ciel (le septième ?), mais permet à ce même Denys de voir les blessures béantes de cette civilisation. La deuxième guerre mondiale arrivera, préparant le lit des indépendances qui balaieront tout ça, laissant tout de même les cicatrices.

 

Et pendant ce temps, nous assistons à l'éveil à la vie d'une femme. Eveil à la réalité du monde (le travail, la guerre) et éveil à l'amour.

L'amitié (le parent pauvre de l'amour) avec Bror von Blixen (Klaus Maria Brandauer), l'amour platonique avec Berkeley Cole (Michael Kitchen), et l'amour fou avec Denys.

 

Merveilleux.

 

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