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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Espionnage, #Comédie, #Austin Powers, #Jay Roach
Austin Powers (Austin Powers: International Man of mysteryJay Roach, 1997)

1967.

L’abominable Docteur Evil (Mike Myers) échappe aux services secrets britanniques et surtout à son espion vedette : Austin Powers (Mike Myers).

Evil s’est fait cryogéniser et envoyer sur orbite afin de revenir plus tard ourdir sa vengeance.

Austin Powers en fait de même afin de retrouver son ennemi à son retour.

Trente ans après, Dr. Evil revient.

On réveille alors Austin Powers.

 

Oui, c’est une parodie de James Bond : Austin Powers possède une bonne partie des attributs de James Bond, mais avec excès. Il est britannique jusqu’au bout des ongles (1), irrésistible auprès des femmes, et se sort toujours des situations dangereuses où il est plongé, avec brio, cela va sans dire...

Mais la comparaison ne s’arrête pas à James Bond. En effet, les rapports avec sa partenaire de 1967 ne sont pas sans rappeler ceux de Steed et Mrs Peel : tout comme cette dernière, Mrs Kensington (Mimi Rogers) ne succombe pas au charme de son partenaire et ce malgré une attirance et une complicité qui va au-delà d’une simple collaboration de travail.

Bref, Jay Roach nous propose un agent secret « très spécial », issu de l’imagination débridée de Mike Myers qui en plus du scénario produit le film et contribue aussi à certains morceaux musicaux.

 

Comme toujours dans une bonne parodie, il ne faut pas lésiner sur les effets. Et on peut dire qu’ici, c’est bien réussi. Mike Myers est formidable dans ce rôle d’agent secret complètement déjanté et décalé juste comme il faut pour amener des situations grotesques et drôles.

A ses côtés, Miss Kensington (Elizabeth Hurley), la fille de sa mère, se décoince progressivement pour de venir une inconditionnelle de cet espion tellement spécial.

 

Mais pour que cette parodie soit vraiment réussie, il fallait un méchant digne de ce nom, c’est le cas du Dr. Evil, interprété lui aussi par Mike Myers  suite à la défection de Jim Carrey : ce Dr. Evil est un  mélange des différents méchants de la série James Bond. En effet, outre la tête chauve et abîmée de Blofeld interprété par Donald Pleasence (On ne vit que deux Fois), il a le même genre de costume que le Dr. No, ainsi que des lobes auriculaires protubérants, clin d’œil à ceux inexistants chez le Blofeld de Telly Savalas (Au Service secret de Sa Majesté).

De plus, parmi les acolytes de ce docteur, on trouve quelques personnages rappelant d’autres méchants qui eurent affaire à James Bond : outre le borgne Numéro 2 (Robert Wagner) qui rappelle Emilio Largo (Adolfo Celi) dans Opération Tonnerre, l’un des affreux possède un avant-bras en métal terminé par un crochet, rappelant Tee Hee (Julius Harris dans Vivre et laisser mourir)  etc. Et en prime Random Task (Joe Son) dont le nom, la carrure et le chapeau melon font immédiatement penser à Oddjob (Harold Sakata), le « majordome » d’Auric Goldfinger.

 

C’est donc une comédie complètement loufoque où le sexe tient une certaine place, voire une place certaine, et où les corps dénudés – celui d’Austin Powers comme celui d’Elizabeth – sont à chaque fois cachés par un élément du décor ou un accessoire.

Reste tout de même le torse velu de Powers qui à défaut de rappeler exactement celui de Sean Connery, possède une suggestive on ne peut plus suggestive.

Et tout cela entrecoupé de transitions musicales qui semblent tout droit sorties de 1967, interprétées par les Mint Tea, une créée pour le film dont le chanteur n’est autre que Mike Myers, accompagné par Matthew Sweet, Christopher Ward & Susanna Hoffs.

 

Un régal !

 

 

(1) jusqu’au fond du slip (!) serait plus juste…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Steven Soderbergh, #Policier
L'Anglais (The Limey - Steven Soderbergh, 1999)

L’Anglais du titre, c’est Dave Wilson (Terence Stamp). Il débarque à Los Angeles parce que sa fille est morte dans un accident de voiture.

Sauf qu’il n’y croit pas beaucoup.

Il va alors enquêter afin de savoir ce qu’il s’est vraiment passé.

 

C’est un film policier très particulier que nous propose ici Steven Soderbergh. EN effet, si le genre est « policier », on n’en voit pas beaucoup. L’intrigue se concentre autour de cet Angliche (1) traquant celui qui a tué sa fille, car il ne peut pas en être autrement pour lui : sa fille était trop raisonnable pour se droguer jusqu’à l’excès.

Mais la narration de cette traque impitoyable est assez originale.

 

En effet, pendant tout le film on alterne les prises de vue de rencontres pour chaque personnage : Quand Wilson rencontre Eduardo (Luis Guzman) (2), le dialogue commence mais les différentes répliques ne se font pas toutes au même endroit. Et il en va de même à chaque personne rencontrée.

Le spectateur semble brinquebalé d’un lieu à l’autre alors que le dialogue se poursuit dans sa continuité.

 

Et là on réalise : le point de vue est celui de Wilson. Mais au lieu de tourner en caméra subjective, Soderbergh nous retranscrit la pensée de Wilson. D’où des personnages qui s’expriment en continuité avec des lieux différents et même parfois des plans de coupe amenant des flashbacks récurrents (sa fille, sa vie avec sa femme) ou encore le meurtre de Terry Valentine (Peter Fonda) de différentes manières.

 

Cavanna expliquait qu’il avait écrit Les Ritals comme lui venaient les souvenirs, dans le désordre, même si son personnage (le petit François) grandissait à mesure que le livre avançait.

Ici c’est la même démarche qui nous est montrée : Wilson fait appel à sa mémoire et se souvient des gens à qui il a parlé, les lieux n’ayant qu’une importance secondaire, sauf à chaque moment de tension (souvent avec échange de coups de feu). Peu importe donc l’endroit où se situe l’échange, c’est ce qui est dit et qui fait avancer son enquête qui est le plus important.

Une fois cette figure de style identifiée, l’intrigue retrouve sa limpidité et tout se met en place : non, ce n’était pas un accident (3).

 

Mais n’oublions pas le titre du film.

Wilson est un Anglais, et ça s’entend. Certes, ce n’est pas un sujet modèle – il a passé de nombreuses années en prison – mais on ne peut que ressentir une certaine empathie devant cet homme à qui la vie a pris en plus sa femme et tout récemment sa fille.

Mais Wilson est surtout un truand, et même dangereux (4). Il n’hésite pas une seule fois dans ses intentions. Même roué de coups (première séquence violente) et menacé de mort, il retourne au combat, prêt à tout pour avoir ce qu’il demande. Et qu’il obtient !

 

Terence Stamp est un « Angliche » magnifiquement terrible. Il possède ce même flegme britannique qu’on peut trouver chez les Britanniques, mais avec une dose certaine de violence et un vocabulaire fort difficile à comprendre pour ses adversaires (comme pour les spectateurs non anglophones) amenant quelques éléments comiques dans cette histoire bien noire.

En face de lui, Peter Fonda et surtout Barry Newman (Jim Avery) sont des adversaires à sa mesure : d’un côté un vieux beau tombant les jeunes femmes un tantinet naïves, mais au final sans beaucoup de courage ; et de l’autre un homme de main qui ne salit pas les siennes, préférant utiliser un professionnel : Stacy (Nicky Katt), redoutable avec juste ce qu’il faut d’un psychopathe pour faire bonne mesure.

 

Bref, un film qui, s’il n’est pas aussi populaire que la série Ocean’s 11/12/13 (par exemple), mérite tout de même notre attention. La narration, déroutante dans un premier temps, se révèle passionnante et surtout originale, remplaçant la caméra subjective par le cheminement de la pensée.

 

A voir !

 

  1. « Limey » peut se traduire pas « Angliche », « rosbif » ou autres joyeusetés.
  2. Eduardo porte trois tee-shirts différents (Che Guevara, Mao, Khomeiny) mais de la même facture : ces différences sont dues à la mémoire de Wilson, les souvenirs n’étant jamais précis car ce qui est important, c’est avant tout ce qu’il apprend à Wilson et non son apparence.
  3. Je vous laisse découvrir, je ne vais pas tout révéler tout de même !
  4. Attaque à main armée, excusez du peu !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Steven Spielberg, #Guerre
La Liste de Schindler (Schindler's List - Steven Spielberg, 1993)

Ca commence en 1939, à Cracovie, une fois l’armée polonaise rapidement défaite. La machine administrative allemande se met en place et recense les Juifs. Ensuite, on va les isoler dans un ghetto. Et puis ensuite, le ghetto sera liquidé et les occupants envoyés dans des camps de concentration.

Pendant le même temps, un jeune industriel se fait sa place dans la ville, se créant un carnet des dignitaires nazis de l’endroit en vue de s’installer et faire fortune : cet homme se nomme Oskar Schindler (Liam Neeson).

 

On trouve trois parties dans le film :

L’ascension de Schindler, Schindler fait fortune grâce à sa main-d’œuvre qui n’est rien d’autre qu’un groupe d’esclaves ; le déclin et la liste.

Mais à chaque progression ou tout du moins chaque changement dans la vie de Schindler s’accompagne un changement dans la vie des Juifs.

 

La séquence d’ouverture est un montage parallèle entre l »’arrivée des Juifs et de Schindler à Cracovie. Dès cette première séquence, deux premières listes sont établies : celle des Juifs qui se font enregistrer par l’administration efficace du régime nazi, et la liste des appuis que Schindler est en train de se constituer, afin de pouvoir mener à bien son ambitieux projet : arrivé avec une petite valise plus ou moins vide, repartir avec deux grosses malles de voyage bourrées de billets de banque.

C’est une ascension irrésistible que celle de Schindler, et plus il grandit en importance, plus le statut des Juifs perd en confort. On a même une famille qui est jetée hors de chez elle et se retrouve dans la longue file des Juifs emmenés de le ghetto. Et pendant que cette famille s’installe dans une pièce minuscule qu’elle doit partager avec une autre famille, Oskar prend possession de sa nouvelle maison : celle de cette même famille.

Cette ascension est d’autant moins irrésistible que le sort des Juifs se détériore lui aussi sans résistance.

 

Et quand Schindler va arriver à son apogée, pour les Juifs ce sera un nouvel enfer : le camp de concentration de Płaszów, dirigé par le cruel et psychopathe Amon Göth (Ralph Fiennes, glaçant). Les scènes de la vie du camp sont d’une cruauté assez insupportable, tant Göth est terrible.

 

L’ascension de Schindler est tout d’abord celle d’un opportuniste. Son sens des affaires, qui va de paire avec son charisme – à moins que ce soit son argent – est son atout. C’est un homme d’affaire assez fort pour arriver à ce qu’il veut. La façon dont il finance son projet d’usine d’émail est très caractéristique de son état d’esprit : ce sont des capitaux juifs qu’il v a utiliser comme mise de fonds. C’est bien connu, l’argent n’a pas d’odeur.

Autre caractéristique de Schindler : tout le long du film il arbore à la boutonnière l’insigne du Parti Nazi. A aucun moment il ne songe à l’enlever, sauf au moment des regrets, se rendant compte que cet objet en or aurait peut-être pu sauver une autre vie.

Schindler est un homme très difficile à cerner : d’un côté il entretient de très bonnes relations avec des dignitaires nazis, et de l’autre il cherche à sauver sa main-d’œuvre, constituée exclusivement de Juifs. Ce double jeu fera couler un peu d’encre, mais sera noyé dans le flot des critiques unanimes quant à la qualité du film.

 

Cette ambiguïté ne sera jamais remise en question ni débattue pendant le film, le véritable enjeu étant le sort des Juifs pendant la même période, et surtout ceux qu’on appela Les « Juifs de Schindler » (Schinlerdjuden).

On a reproché à Spielberg sa mise en scène des différentes opérations des nazis, allant jusqu’à les comparer avec les attaques de requin de Jaws.

Certes, c’est à chaque fois spectaculaire. Mais alors que l’intrigue de Jaws est avant tout une fiction, ici, les différentes opérations de violence sont la reproduction de pratiques avérées. Il y a une violence totale dans ce film. Cette violence est physique et morale, et constituée d’humiliations, de brimades et d’exécutions sommaires.

La séquence de liquidation du ghetto de Cracovie est à la limite du supportable tant ce qui est montré est révoltant. On comprend alors pourquoi Spielberg a tourné (presque) exclusivement en noir et blanc (1) : le sang noir atténuant un petit peu la brutalité des exécutions.

Autre moment terrible du film : l’opération de sélection dans le camp de Płaszów, où les prisonniers doivent courir nus afin de montrer leur bonne forme, alors que des nazis en blouse blanche sélectionnent ceux qui leur semblent les plus faibles (les plus âgés, bien entendu).

 

Et puis il y a Auschwitz. La première fois, c’est une prisonnière qui raconte aux autres femmes ce qu’elle tient d’une autre qui elle-même avait entendu une autre qui lui avait raconté que (etc.). L’énormité de l’atrocité qu’elle raconte n’est pas possible selon ses codétenues. Pourtant, quand ces mêmes femmes sont envoyées par erreur (?) dans cette « antichambre » de la mort, et qu’elles se retrouvent nues dans une salle de douche, la terreur et surtout la conscience de ce qui va leur arriver atteint un degré extrême qui n’en amènera qu’un plus grand soulagement.

 

Mais Auschwitz – et c’est comme ça que je l’ai ressenti la première fois que j’ai vu le film – c’est avant tout la porte de l’enfer.

L’arrivée des femmes se fait de nuit, éclairée par quelques projecteurs, alors que tombe ce qui ressemble à de la neige alors que se détache du ciel les flammes qui jaillissent de l’immense cheminée des fours crématoires.

Cette vision infernale – outre l’analogie diabolique des nazis – est renforcée par la file ininterrompue de personnes qui descendent vers la chambre à gaz.

On y retrouve deux idées.

L’une physique : c’est une industrialisation de la mort, une sorte de travail à la chaîne où les Juifs sont définitivement dépouillés de leur statut humain pour devenir des objets transformés en cendre et fumée.

L’autre morale : ces êtres humains sont comme les damnés qui, après le Jugement dernier  sont précipités en Enfer (d’où l’importance de la descente) où ils y brûleront éternellement.

A aucun moment cette descente aux enfers n’est interrompue : c’est ainsi quand le convoi arrive, et il en est de même quand il repart. Inexorablement.

 

Et puis il y a le cinéma. Parce que La Liste de Schindler est avant tout un film.

C’est un film très personnel où les Juifs sont malgré eux les inadaptés de ce monde brutal. Mais nul ressort comique dans cette immense tragédie. Quant à l’interprétation, elle est d’une grande justesse. Liam Neeson – alors acteur de second plan – possède cette aura qui attire qui le rend irrésistible auprès des nazis comme des femmes, toujours maître de lui-même presque jusqu’au bout : c’est alors que tout est terminé qu’il craque, comme si l’énormité du massacre qui a eu lieu pendant toutes ces années s’imposait enfin à lui.

Ben Kingsley, encore une fois, est impeccable. Il met en Stern tout son (immense) talent dans le rôle Itzhak Stern, tout en subtilité et discrétion, mettant en évidence tout le travail que ce dernier fit pendant ces six années infernales (dans le sens premier du terme) : un homme qui fit au moins autant que Schindler pour sauver ses coreligionnaires d’un destin abominablement funeste. Sa relation avec Schindler évolue tout le long du film alors que leurs rapports se muent en une relation de confiance et d’interdépendance, embryon d’amitié basée sur un respect mutuel.

Quant à Ralph Fiennes, il est un Amon absolument insupportable, un barbare de la pire espèce. Amon Röth est certainement l’un des plus grands méchants du cinéma, surtout quand on sait que le personnage original fut un liquidateur très zélé de différents ghettos en Pologne.

Il s’agit très  certainement de l’un des meilleurs rôles de l’acteur, un personnage aussi malfaisant que froid, en un mot inhumain.

 

Un film indispensable dont le côté spectaculaire sert admirablement le propos : raconter la vie d’un personnage pas si clair que ça mais dont il ne faut pas oublier qu’il sauva tout de même près de 1200 Juifs d’une mort certaine.  

 

 

(1) Il semblerait que le manteau d’une petite fille apparaisse en couleur, mais en tant que daltonien, je n’ai vu que les bougies du shabbat se teinter.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Rob Letterman, #Epouvante
Chair de Poule (Goose Bumps - Rob Letterman, 2015)

R.L. Stine (Jack Black) est un auteur à succès de roman pour la jeunesse. Mais pas n’importe quel roman : la série Chair de Poule (1). Voilà plus de trente ans qu’il écrit des histoires d’horreur pour enfants, avec un succès phénoménal.

 

Ici, Rob Letterman nous propose un film à propos de l’univers de ses romans, utilisant un maximum de ses personnages : des nains de jardin à la mante religieuse géante en passant par le terrible et machiavélique Slappy, un pantin de ventriloque autonome.

En effet, Chaque fois que Stine (le personnage pas le vrai, ou alors…) écrit une histoire, son manuscrit (tapuscrit ?), une fois ouvert, faisait sortir les créatures maléfiques qui y étaient décrites (2).

Bien entendu, ici, un premier livre est ouvert qui en amène un autre… Et la petite ville de Madison (Delaware) se transforme rapidement en champ de bataille dévasté par les innombrables monstres.

 

Bien sûr, la part belle est faite aux monstres et à leurs effets dévastateurs. Mais l’intrigue, un tantinet convenue, utilise avec pertinence ces différents monstres de leurs effets. Si l’Abominable Homme des Neige est terrible et franchement abominable, il existe certains personnages qui amènent des situations comiques malgré l’ambiance (voulue) horrifique. Je parle bien sûr des nains de jardins, aussi laids que ceux qu’on peut apercevoir dans certains quartiers pavillonnaires : c’est une armée grotesque de lutins maléfiques, bien que dangereuse…

 

Grotesque est le vocable qui définit le mieux l’esprit du film, mais sans péjoration. Cette accumulation de créatures plus fabuleuses et menaçantes les unes des autres amène un tel paroxysme qu’on en vient à penser : « tout ça, c’est pour de rire ! »
Parce que c’est drôle. Comme les livres de Stine, on s’amuse à avoir (un petit peu) peur.

Sans compter les références qui interpellent plus les adultes avec un point d’orgue : Stephen King.

Ce dernier est cité par Stine/Black et on retrouve même une scène de théâtre au titre évocateur : The Shining.

Bien sûr, Stine s’y installe pour écrire.

 

Alors laissez-vous emporter par ce film au rythme soutenu, où les protagonistes sont tous impeccable, et tant pis si l’histoire est totalement invraisemblable : nous sommes au cinéma !

Mais surtout : amusez-vous à avoir peur !

 

  1. Goose Bumps, en VO. Robert Lawrence Stine existe réellement, on peut même l’apercevoir dans le film.
  2. Bien entendu, on ne se pose pas la question : comment a-t-il pu être édité si des monstres sortent dès qu’on ouvre un manuscrit ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Peter Hunt, #James Bond, #Espionnage
Au Service secret de Sa Majesté (On Her Majesty's secret Service - Peter Hunt, 1969)

James Bond revient. Encore.

Mais si Sean Connery fut un Bond plus qu’appréciable – malgré l’opus précédent – George Lazenby, grâce à Peter Hunt, nous offre de la quintessence de 007.

C’est le film des « 1 fois ». (1)

En effet, nous avons ici une aventure de Bond beaucoup plus personnelle. On pénètre dans une part de son intimité, sans toutefois déroger à la règle habituelle : neutraliser un adversaire psychopathe, bagarres diverses, poursuites (dont voitures, bien entendu) et James Bond girls à gogo. Elles sont 15 en comptant la plus importante : Teresa Tracy di Vincenzo (Diana Rigg, toujours éblouissante).

 

Parmi les 1 fois, on trouve aussi des premières fois : c’est la première fois que Bond pénètre chez M (Bernard Lee). La prochaine fois, ce sera Daniel Craig : un autre James Bond pour une autre M (Judi Dench). Mais ici, c’est avant tout la demeure familiale au vu de son ampleur.

On voit aussi Bond embrasser – très légèrement – Miss Moneypenny (Lois Maxwell) sur la bouche, dans une – indispensable – séquence au QG (Universal Exports Ltd, comme d’habitude aussi).

Mais surtout, c’est la première fois qu’il se marie. Véritablement. Dans l’épisode précédent, son « mariage » était faux, puisqu’il ne portait pas son vrai nom, et que ne ferait-on pour le service (2).

 

Mais c’est surtout James Bond que nous découvrons ici. Le vrai, l’être humain derrière la couverture d’agent secret. Certes, il possède toujours sa même adresse pour se sortir des situations, mais sa rencontre avec Tracy le transforme, doucement, progressivement, à mesure qu’il se rend compte qu’il aime cette femme si peu ordinaire : à un agent extra ordinaire, il ne pouvait pas correspondre une femme commune.

George Lazenby, éphémère James Bond rend son personnage absolument magnifique. Il conserve l’esprit et le rythme des films précédents et y ajoute une émotion rarement retrouvée ensuite. 

Il y a un ton très personnel qui disparaîtra ensuite. Et cette émotion est accentuée par des flashbacks pertinents : des images de ses exploits passés quand il donne sa démission ; et surtout les dernières images qu’il garde de Tracy quand elle est enlevée, ces images se reflétant sur une vitre, alors qu’il regarde au dehors, sans vraiment rien voir.

 

George Lazenby n’a pas voulu renouvelé l’expérience. Certes le film n’a pas aussi bien marché que les précédents, mais je rejoins la plupart des spécialistes – dont mon cher ami le professeur Allen John – pour conclure que ce film est très certainement le meilleur de la série.

Mais je comprends un peu le choix de Lazenby : son agent lui avait prédit une baisse de l’intérêt des spectateurs dans ce personnage d’agent secret (comme quoi tout le monde peut se tromper), alors il lui fallait quelque chose de sûr.

Mais surtout, avec cette seule interprétation, il fige Bond dans un moment clé de sa vie. Cet épisode va prendre la teinte personnelle et émotionnelle qui en fait un film complètement à part dans la série.

C’est bien simple, tout ce qui peut arriver après n’est rien à côté de ce qu’il a vécu pendant ce seul épisode.

Jamais il n’y aura une telle intensité dans le personnage : ce sera la seule fois Bond dira « Je vous aime » à sa partenaire principale et, semble-t-il, définitive.

 

Définitive, car il n’y aura pas d’autre femme dans la vie de Bond. Tout du moins à  ce niveau personnel. Les femmes s’enchaîneront inlassablement, mais aucune ne prendra la place de Tracy.

Tracy, d’ailleurs, mous permet d’admirer (4) Diana Rigg autrement, passant de Chapeau melon et Bottes de cuir à James Bond, en souplesse et en retrouvant les réflexes affutés de Mrs Peel : une autre très bonne raison de (re)voir ce film.

 

 

PS : j’oubliais, c’est la première fois que la réplique « My name is Bond. James Bond. » est prononcée dans son intégralité. Et encore une fois, ce n’est pas à n’importe qui mais à Tracy qu’il s’adresse !

 

PPS : Vous aviez remarqué Joanna Lumley, autre partenaire de Steed quelques années plus tard ?

 

  1. Je vous laisse user du terme « one shot ». Pour ma part, bien qu’angliciste et anglophile, je ne le trouve pas terrible. Les goûts et les couleurs…
  2. Voir à ce sujet Francis Lagneau, dit « Chérubin », dit « Falbala »…
  3. « Voir » n’est pas un terme assez fort quand on parle de Diana Rigg…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Francis Veber, #Comédie
La Chèvre (Francis Veber, 1981)

Si la chèvre est un animal, celle qui nous est proposée ici en est un drôle : François Perrin (Pierre Richard) est un homme malchanceux. De sa naissance – prématurée – à son apparition dans le film, ce ne sont que catastrophes qu’il subit et/ou déclenche.

Alors quand la fille du président Bens (Michel Robin), autre malchanceuse notoire, disparaît : Bens, sur une suggestion du psy Meyer (André Valardy), envoie Perrin à la recherche de sa très chère fille, espérant que sa malchance permettra de retrouver sa trace. Mais, heureusement pour Bens, son enquêteur – Campana (Gérard Depardieu) – veille au grain. Il faut dire que se promener avec un tel ahuri est épuisant et peut se révéler dangereux (surtout pour lui).

 

A nouveau, Pierre Richard est François Perrin, gaffeur invétéré, comme dans le premier film de Francis Veber (le Jouet).

A nouveau, nous avons un couple improbable : d’un côté un professionnel, sérieux et solide ; de l’autre un ahuri, déclenchant des accidents à la pelle, et de ce fait mettant le premier en difficulté.

 

On retrouve donc le même duo mal assorti de L’Emmerdeur, Pierre Richard et Gérard Depardieu remplaçant Jacques Brel et Lino Ventura.

Et bien entendu, c’est Pierre Richard qui emporte tous les suffrages, son personnage de maladroit atteignant un sommet du genre.

Et si on assiste à une longue série d’accidents, il y en a au moins autant hors champ : entre les bribes de la vie de Perrin et les différents obstacles qu’il rencontre, on en arrive à se dire, tout comme Campana : « vous ne vous reposez jamais ? »

 

Et comme il ne se repose jamais, le spectateur en profite et rit de bon cœur face à cet homme. Pourquoi ? Parce qu’il porte toute la malchance du monde. Ce n’est plus une chèvre, mais presque le bouc émissaire (Cf. Lévitique, 16) qui accumule tous les tracas du monde, et surtout qui trouve cela très naturel.

Et le dernier plan qui le voit partir à la dérive sur un radeau improvisé résume très bien la vie de cet homme : tout peut s’effondrer autour de lui, il continue malgré tout à avancer, vers d’autres catastrophes auxquelles il continuera tout de même de survivre.

 

Face à Pierre Richard (et surtout François Perrin), il fallait un acteur solide. Lino Ventura ayant refusé, c’est Gérard Depardieu, star (encore) montante depuis Les Valseuses, qui lui donne la réplique. Clown blanc face à un tel auguste, ses interventions sont certes moins comiques mais ont l’effet escompté : il est un faire-valoir précieux pour Pierre Richard, tout comme le sera Gérard Lanvin face pour Michel Blanc dans Marche à l’Ombre.

Et il faut avouer que ce duo fonctionne bien, - et surtout Depardieu ne fait pas encore du Depardieu – tellement bien que deux autres films réunira les deux acteurs et le réalisateur, dans des intrigues aux même ressort comique : deux personnages mal assorti, mais qui au bout du compte sont complémentaires. Le seul changement notable concernera Pierre Richard : Perrin deviendra Pignon…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guerre, #Tom Roberts
In Tranzit (Tom Roberts, 2008)

Dans un camp de femmes vide, près de Leningrad à l’hiver 1946, les gardiennes reçoivent un convoi d’une cinquantaine d’Allemands, tous prisonniers de guerre.

Parce que quand la guerre est finie, elle continue quand même.

Nous allons alors suivre la vie de ce camp de transit, dirigée d’une main de fer par Olga (Tatiana Yakovenko), aidée de ses six femmes, dont plusieurs ont eu à souffrir de la présence allemande à Leningrad.

 

Si ce film est ce qu’on appelle un « film de guerre », il est tout de même très difficile de le classer. Tout d’abord, il n’est jamais sorti en salles et a été de suite exploité en DVD. Et on peut se demander si ce film aurait eu un quelconque succès s’il avait été distribué dans les cinémas.

En effet, le film a pour intrigue une situation plutôt ambiguë. D’un côté des soldates russes, qui n’ont rien à envier à leurs homologues masculins : dès la première séquence, un prisonnier est abattu, sans sommation. De l’autre on a un groupe de prisonniers dont certains furent d’abominables SS, recherchés en vue d’un éventuel procès pour crime de guerre.

A cela s’ajoute un colonel on ne peut plus inquiétant : Pavlov (John Malkovich, toujours aussi magnifique).

Si les prisonniers ont peur de cet homme, ce qui est absolument justifié quand on voit ce qui arrive à ceux qui sont démasqués, il se trouve que les gardiennes aussi ne sont pas très à l’aise en face d’un tel personnage : le moment où Zina (Nathalie Press) est humiliée par Pavlov est aussi terrible que ce dernier ne s’énerve à aucun moment.

Il y a du sadisme dans cet homme et on peut difficilement s’identifier à un tel soldat.

 

Mais d’un autre côté, adopter le point de vue des prisonniers n’est pas sans créer un certain malaise : plusieurs d’entre eux sont de terribles barbares, tortionnaires et surtout tueurs de civils. Des hommes, femmes et enfants ont été tués impitoyablement pendant l’occupation de la ville, comme le rappelle les rares images d’archives de morts que Tom Roberts insère dans son récit : il ne peut pas y avoir de pitié pour ce qui s’est passé et surtout envers ceux qui ont officié.

On arrive alors à une sorte d’impasse : d’un côté un colonel russe peu amène et de l’autre des criminels de guerre.

 

Et puis il reste les femmes. Les gardiennes tout d’abord, effectuant leur service sans trop se poser de question (à moins que ce soit la peur de Pavlov). Elles ont chacune une attitude différente à l’égard de ces hommes qui sont à leur tour considérés comme des inférieurs : les privations dues à la présence allemande sont encore dans les mémoires, quand ce ne sont pas les exactions.

Et parmi elles, on va suivre plus particulièrement Natalia (Vera Farmiga, superbe), le médecin qui, de par son statut se retrouve près des prisonniers. Natalia dont le mari a été blessé et n’est plus que l’ombre de lui-même, incapable de parler, tout juste bon à ouvrir et fermer la porte du camp.  

Par fonction tout d’abord, elle approche au plus près de ces hommes allant jusqu’à les toucher pour les examiner. Et puis il y a la dose d’empathie qu’a chaque médecin envers des gens qui souffrent, malgré ce qu’ils sont, malgré ce qu’ils ont été ou ce qu’ils ont fait.

Et puis il y a la frustration de cette femme qui n’a plus un vrai mari comme avant. Avant la guerre, la guerre qui a tout détruit : ce passé plus heureux malgré tout.

 

Et puis il y a les autres femmes, celles de Léningrad : seules pour la plupart et qui ont perdu leur mari à la guerre quand ce n’est pas ailleurs. Leur solitude n’est pas supportable dans cette période troublée. Alors de jeunes hommes disponibles, après hésitation, n’est pas pour leur déplaire tout à fait.

Cette rencontre est l’un des rares moments d’humanité totale du film. Je veux dire que pendant un moment, les uniformes ont disparu, les soldats sont redevenus des hommes et les femmes des femmes pour une danse, pour un instant de bonheur, fugace.

Et nous arrivons alors à une situation qui semble totalement incongrue dans un tel contexte : les tueurs et les familles des victimes réunies au son d’un ensemble musical de fortune. Sans uniforme. Sauf pour les Russes, rappelant alors que tout le monde n’est pas au même niveau.

 

On retrouvera  certains des criminels de guerre. En reste-t-il d’autres ? On ne le saura pas, et de toute façon, la parenthèse ouverte par ce bal d’après-guerre va se refermer : avec la neige, ce sont les soldats qui vont s’en retourner d’où ils viennent : leur pays, leurs familles… Leurs consciences ?

 

Difficile à dire.

 

 

 

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Espionnage, #Phil Alden Robinson, #Robert Redford
Les Experts (Sneakers - Phil Alden Robinson, 1992)

Il est vrai que l’équipe qu’on nous présente est composée de pointures – les personnages comme leurs interprètes – mais le titre original (Sneakers) est plus spécifique et nous renseigne : l’équipe de Marty Bishop (Robert Redford) va s’introduire dans des lieux ainsi que dans des systèmes.

Et quelle équipe : Crease (Sidney Poitiers), Mother (Dan Aykroyd), Karl (River Phoenix) et Whistler (Dave Strathairn). Sans oublier Liz (Mary McDonnell) qui se retrouve embarquée malgré elle ans cette histoire.

 

Mais reprenons : dans sa jeunesse (1969), Marty (Gary Herschberger) était ce que nous appellerions aujourd’hui un hacker : avec son ami Cosmo (Jo Marr) ils étaient parvenus à détourner de l’argent de riches républicains (i.e. du Party Républicain américain) vers des associations humanitaires quand elles n’étaient pas opposées à leurs « généreux » donateurs.

Malheureusement pour eux, le FBI veillait et Cosmo a terminé en prison, Marty entrant alors en clandestinité.

Une vingtaine d’années plus tard, Marty est rattrapé par son passé. La NSA l’a retrouvé et lui propose un marché : dérober un décodeur contre une amnistie totale.

A nouveau, il va falloir s’introduire dans un nouveau système et de nouveaux lieux…

 

Certes le film de Phil Alden Robinson n’est pas un chef-d’œuvre absolu, mais on ne peut lui dénier un certain charme. En effet, nous sommes dans une intrigue qui n’est pas sans rappeler Mission Impossible (la série), mais remise au goût du jour : la période qui a tout de suite suivi la chute du communisme. En effet, Bishop, jusqu’à très récemment, a participé à la « Guerre froide » comme le suggère son entrevue avec l’« attaché culturel » de l’ambassade d’ex-URSS.

Mais si le contexte est très daté, le propos de l’intrigue n’est pas si décalé que ça : nous sommes dans une nouvelle sorte de conflit : une guerre de l’information, où le virtuel prendra le dessus sur le matériel, à travers les ordinateurs.

Quand on repense à l’élection de donald trump et à la généralisation des « fake news » (1), on se dit que finalement, le film de Robinson est très prémonitoire.

 

Pour le reste, les protagonistes nous offrent un spectacle très agréable. Il faut dire qu’ne plus des personnes citées plus haut, on trouve le grand Ben Kingsley (au moins par le talent), dont le flegme britannique accentue la dangerosité : oui, Cosmo est devenu le méchant du film.

On est en plus bluffé par le choix de Gary Herschberger dans le rôle de Marty jeune : on retrouve en lui le visage Robert Redford dans Butch Cassidy & the Sundance Kid qui sortit en 1969, l’année où est censée se passer la scène d’introduction.

 

On se laisse alors délicieusement embarquer dans cette histoire d’espionnage un tantinet décalée. En effet, si l’équipe de Marty sauve d’une certaine façon le monde, ce n’est pas dans le style spectaculaire de James Bond ou d’une autre superproduction. On reste dans un cadre à échelle humaine, où le plus important c’est la mise en place et surtout la réalisation de chaque opération qui dominent, comme dans Mission impossible, mais surtout avec un dose d’humour très appréciable : Mother est complotiste et s’accroche régulièrement avec Crease ancien de la CIA ; Whistler est aveugle et pourtant c’est bien lui qui voit le mieux…

Réjouissant.

 

(1) Cette appellation on ne peut plus tendance cache ce qu’on appelait avant « mensonges ».

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guerre, #Bertrand Tavernier
La Vie et rien d'autre (Bertrand Tavernier, 1989)

Novembre 1920

La guerre est finie : on va même bientôt fêter les deux ans de l’Armistice. Mais la guerre n’est pas finie pour tout le monde : pendant que le Commandant Delaplanne (Philippe Noiret, superbe) essaie de mettre un nom aux disparus retrouvés, aux amnésiques, ou encore aux morts récemment exhumés, les familles vont de « gisements » en gisements (1) espérant encore retrouver leurs disparus, ou gagner encore un bout d’espoir s’ils ne sont pas là.

Parmi ces chercheurs, deux femmes : Irène de Courtil (Sabine Azéma) et Alice (Pascale Vignal), à la recherche de deux hommes qui auraient pu se croiser, mais qui ne sont plus là. A moins que.

 

Irène, c’est la femme de la haute société, dont le mari s’est engagé, - tardivement peut-être, mais c’est bien connu, il n’est jamais trop tard – délaissant sa situation florissante de fils de grande famille.

Alice, c’est la jeune fille presque innocente. Elle n’est pas de la même classe, même si elle a tout de même son brevet : elle n’est qu’un prénom, sans origine, donc. Elle, c’est son fiancé qu’elle recherche. Un homme comme elle, avec des goûts simples, et une vie qui devait l’être tout autant.

Ces deux hommes, qu’elles cherchent au même endroit, sont aussi un symbole : celui de la l’Egalité, de la devise républicaine, cette « grande illusion »…

Mais s’il est une chose véritablement égalitaire, c’est la mort, étape ultime et inévitable de la guerre.

 

Et pourtant. Irène et Alice sont liées. Il n’y aura pas de résolution pour l’une sans l’autre. Leurs chemins se croisent et se décroisent jusqu’à la révélation finale. Parce qu’il y en a une. Une révélation terrible : forcément, elle est attendue sans l’être vraiment. Tant qu’il y a de l’espoir, il y a de la vie…

Mais si espoir il y a, pour l’une comme pour l’autre, ce n’est pas pour la même raison. Car si l’une veut retrouver son fiancé, l’autre n’est pas bien sure de revoir son mari.

Malgré tout, ces deux femmes n’existent que par l’autre, voire d’une certaine façon pour l’autre : chacune envie une partie de l’autre, tacitement.

 

Au milieu de ces deux parcours, on trouve Delaplanne, ce militaire que la guerre dégoûte, que le mensonge de celle-ci écœure. Inadapté, forte tête et surtout las de tout ceci, il voit en Irène une opportunité. Cette belle femme à la recherche de son mari l’attire. Mais il ne peut pas. Ou il ne veut pas. Ou alors pas comme ça. Le soudard en lui s’est éteint. Et quand son choix est fait, c’est trop tard : elle est repartie.

 

Et pendant ce temps, la grande Histoire (« le grand mensonge » pourrait dire Delaplanne) continue : il faut désigner un soldat inconnu. Absolument inconnu mais avant tout français ! Mais surtout pas un Français des colonies : ces derniers ne sont bons qu’à déterrer les morts – les « Annamites » – ou vérifier les sols minés – les Noirs (2).

Cette désignation nous permet un intermède comique au milieu de ce lendemain de cataclysme. Chargé de trouver un mort bien français, le capitaine Perrin (François Perrot, bientôt 95 ans…) sillonne la région accompagné d’une équipe d’Indochinois, aux coutumes qui lui sont totalement étrangères, les faisant travailler en leur promettant éventuellement du riz.

 

Ce prélude comique à une désignation hautement solennelle est un paradoxe très réjouissant. Et quand le soldat Thain (Eric Dufay) choisit, la solennité disparaît immédiatement : nulle grandeur d’âme ni autre poids de responsabilité dans son choix : une raison toute bête que je vous laisse découvrir. Une raison qui aurait pu tout à fait convenir à Delaplanne, spectateur obligé de cette cérémonie. Obligé et bien embêté (3) : son supérieur, le général Villerieux (Michel Duchaussoy) s’en rend bien compte. C’est l’aboutissement de leurs rapports intermittents : d’un côté une vieille ganache (ou baderne, au choix), qu’on attend à tout moment pousser un « scrogneugneu » rageur (comme c’est toujours le cas chez ce genre de personne) ; et de l’autre un militaire qui ne l’est déjà plus, malgré son uniforme et ses quelques décorations, las des combats, des morts et surtout de l’hypocrisie de ses supérieurs.

 

Et c’est le décalage entre l’Histoire des manuels (ou telle) et le quotidien des hommes – et surtout des femmes – qui fait tout le sel de ce film. Ces deux femmes (et toutes les autres à travers elle), tout compte fait, ne sont certainement pas moins courageuses que les hommes qu’elles recherchent, mais c’est pourtant l’héroïsme meurtrier que retiendra la sempiternelle Histoire, avec sa majuscule, diminuant un massacre qui lui aussi devrait avoir cette même majuscule et qui est pourtant réduit à une seule chose : une série statistiques, au grand dam de ce même Delaplanne.

 

 

  1. Ce sont malheureusement des gisements de cadavres qu’on retire de terre.
  2. Je vous passe le qualificatif usité dans le film, un de ces surnoms qui sent bon le colonialisme triomphant, méprisant, mais avant tout condescendant…
  3. Un terme plus fort me vient à l’esprit.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Colin trevorrow
Jurassic World (Colin Trevorrow, 2015)

Les dinosaures sont de retour !

Un peu plus de 20 ans ont passé depuis la presque inauguration du premier Jurassic Park. John Hammond et décédé – Richard Attenborough aussi – et le nouveau grand patron s’appelle Simon Masrani (Irrfan Khan).

La question ne se pose plus de savoir s’il faut ouvrir le parc : voilà près de vingt ans qu’il est ouvert, exactement là où a eu lieu la première expérience.

Isla Nublar (en fait, c’est l’île de Kahuai) accueille donc toute une galerie de dinosaures, avec quelques nouveaux venus comme des ankylosaures ou encore un mosasaure gigantesque.

Mais en toute sécurité, ce qui et la moindre des choses.

Mais les fréquentations baissent. Il ne reste qu’une seule solution : créer un dinosaure encore plus spectaculaire que le tyrannosaure.

Vous avez dit clonage ? Bien sûr.

Mais ne jamais oublier le théorème de « Mary Shelley » : quand on crée une créature potentiellement dangereuse, elle va s’échapper et semer la mort autour d’elle.

Et le Dr. Wu (B.D. Wong) – le seul qui a survécu aux autres épisodes – n’est pas plus adroit que le Dr. Frankenstein : l’Indominus Rex, tout comme « le Monstre » (Boris Karloff ou Peter Boyle, par exemple) s’échappent. Bien entendu la taille et la voracité du dinosaure font des dégâts autrement plus importants.

Et pour corser le tout : un couple en instance de divorce envoie ses deux fils dans ce parc que dirige Claire Dearing (Bryce Dallas Howard), la tante des enfants.

Mais heureusement, le beau et musclé Owen Grady (Chris Pratt) veille.

 

L’intrigue est un tantinet compliquée – surtout parce qu’on y trouve des sous-intrigues – mais le spectacle est là. Comme dans Jurassic Park, on ne voit pas les dinos tout de suite, il faut passer le premier quart d’heure pour entrapercevoir le nouveau-venu du parc : l’Indominus Rex (1). Rassurez-vous, on a maintes fois l’occasion de l’admirer en totalité et c’est un monstre assez impressionnant lui aussi, un peu plus grand que le T. Rex, mais en plus intelligent. En outre ses pattes à trois griffes nous indiquent qu’il semble être un croisement entre un tyrannosaure (la taille) et un vélociraptor (les griffes).

 

En plus de la référence ci-dessus, on a droit à un autre prolongement qui n’est pas sans rappeler Alien. En effet, parmi les dirigeants du parc se trouve Vic Hoskins (Vincent « Whale » D’Onofrio) un ponte d’InGen (toujours là). Et ce monsieur n’est pas là pour admirer les animaux, il est là pour une éventuelle utilisation militaire des raptors : Owen, quand on le rencontre pour la première fois, essaie de dresser ces charmants animaux…

Et encore une fois, tous ces gens tellement bien intentionnés sont châtiés irrémédiablement. Quand est-ce qu’on va comprendre qu’il ne faut pas jouer avec la nature ? (2)

 

Même si on reconnaît la présence de Spielberg dans le film, il lui manque un petit quelque chose pour en faire un grand film. En effet, peut-être eût-il fallu donner un peu plus d’épaisseur aux personnages qui sont un tantinet falots. Même Owen Grady, lointain couin d’Indiana Jones, manque de relief dans une histoire somme toute bien prévisible. Quant à Omar Sy, son rôle est plutôt décoratif et les rares répliques en français qu’il prononce ne sont pas dans un langage très châtié.

En fin de compte, manque au film de Colin Trevorrow la fraîcheur de Jurassic Park et la tension de The lost World, les deux Spielberg.

Il est certes difficile de passer après le maître, mais tout de même, j’en attendais mieux.

Quoi qu’il en soit, Colin Trevorrow semble remplir le cahier des charges : dinosaures ravageurs, enfants, adultes pas complètements adultes et menaces diverses et l’indispensable Tyrannosaure, véritable roi (rex, en latin) des dinos !

Par contre, la fin est un petit peu trop facile. Sans aller jusqu’à dire invraisemblable – cette saga peut-elle l’être ? – l’issue du combat des géants me semble un tantinet bâclée : l’utilisation d’un Deus ex Machina comme au bon vieux temps du théâtre antique n’était peut-être pas la bonne solution…

 

Mais comme je n’ai pas d’autre alternative à proposer, j’en resterai là. (3)

 

 

  1. « Dominus » signifiant « Seigneur » ou « Maître », le préfixe in- marquant la privation, on peut supposer que ce dinosaure a des tendances anarchisantes puisqu’il qu’il ne connaît « ni Dieu, ni maître »… Mais trêve de plaisanteries.
  2. Malheureusement, il semble que la réalité ait dépassé la fiction…
  3. Colin Trevorrow & C°, pour leur part n’en sont pas restés là : une suite est sortie en 2017. Avant de la visionner, il serait peut-être temps que je vois le troisième opus de la franchise (2012), non ?

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