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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Steven Soderbergh, #Gangsters, #George Clooney
Ocean's Twelve (Steven Soderbergh, 2004)

Trois ans ont passé. Chacun est retourné vivre sa vie, profitant des quelques millions de dollars subtilisés à Terry Benedict (Andy Garcia).
C’est alors qu’entre en scène le Renard de la Nuit (the Night Fox – Vincent Cassel). Le Renard de la Nuit est très certainement le plus habile des voleurs dans le circuit. Et il semble un petit peu jaloux du coup fabuleux entrepris par nos onze experts.

Il leur propose donc une épreuve, et pour les faire accepter balance à Benedict les noms de ceux qui lui ont fait perdre son argent.

 

Le Renard de la Nuit est, bien entendu, français. Il est extrêmement sûr de lui (trop ?), et il atout à fait raison : c’est une véritable pointure. Et qui d’autre pour interpréter ce jeune artiste que Vincent Cassel, nouvelle star française des Américains et autres cinéphiles étrangers.

Mais malgré tout, c’est notre bande de voleurs qui restent nos préférés, l’outrecuidance de ce nouveau venu est un tantinet insupportable.

 

On reprend (presque) le même schéma, mais si tout commence comme il faut, rapidement le système s’effondre : les uns après les autres se retrouvent derrière les barreaux, et la promesse de Benedict de les éliminer s’ils ne remboursent pas n’est pas suspendue pour autant.

On assiste alors à une course contre la montre faussée par l’élément étranger qui n’a pas l’intention de leur céder la première place dans le hit parade des voleurs de génie.

 

Steven Soderbergh est à l’image de son équipe : un expert. Il reprend d’une certaine manière le même schéma que trois ans auparavant en réussissant l’exploit de faire effondrer le stratagème de Danny Ocean (George Clooney) et consort, tout en les faisant retomber sur leurs pattes (là encore, on ne peut imaginer une issue fatale à une telle équipe).

Nous suivons au plus près les préparatifs des différentes expéditions et tentatives de vol, comme dans le premier film, mais cette fois-ci, la machine bien huilée promise se grippe et on a recours à des expédients plus ou moins (surtout) efficaces, avec une magnifique mise en abîme : Julia Roberts joue Tess Ocean qui se fait passer pour Julia Roberts* devant un Bruce Willis (qui joue son propre rôle) amusé par cette performance.

 

Parce que c’est une magnifique performance, que Linus (Matt Damon, superbe candide en recherche d’affirmation de soi) ne cesse de vouloir évoquer sans qu’on le laisse finir sa phrase.

C’est bel et bien Tess qui est la douzième personne. Il était temps que les femmes trouvent leur place dans une telle organisation, qu’elle le veuille – Tess – ou non – Isabel Lahiri (Catherine Zeta-Jones). Il existe une troisième femme qui joue un rôle important que je vous laisse découvrir si ce n’est déjà fait.

 

En plus de tout ceci, Soderbergh nous propose trois points de vue du casse (un œuf Fabergé, rien que ça), utilisant un montage parallèle pour nous montrer l’évolution des projets (les douze, Le Renard et Isabel, un temps la petite amie de Rusty (Brad Pitt). Mais si nous suivons cette évolution, le metteur en scène se garde par devers lui des cartouches qu’il nous envoie à la fin, nous faisant endosser à tour de rôle les trois points de vue sus nommés.

 

Encore une fois, c’est fabuleusement bluffant.

 

Vivement le troisième !

 

 

* Ne manquez pas le générique final !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Steven Soderbergh, #Gangsters, #George Clooney
Ocean's Eleven (Steven Soderbergh, 2001)

Danny Ocean (George Clooney), le bouc réglementaire, sort de prison.

A peine sorti, il remonte sur le ring : un nouveau casse est en préparation : trois casinos contrôlés par Terry Benedict (Andy Garcia), patron riche et surtout très redoutable.

Mais surtout, Terry sort maintenant avec l’ex-femme de Danny, la ((très) belle Tess (Julia Roberts).

On se venge comme on peut…

 

Non, il ne s’agit pas d’une histoire de vengeance. Quoi que…
Nous assistons plutôt à l’un des plus beaux casses du cinéma. Presque cent ans après Le Vol du grand rapide, film fondateur du type « braquages et casses », Steven Soderbergh nous offre un bijou du genre. Car non seulement nous assistons à un exploit, mais en plus, nous avons droit à toute l’élaboration et la mise en place du casse.

Et, cerise sur le gâteau, une dernière pirouette qui nous apprend encore mieux ce qu’on vient de voir : le casse est un coup dur et un mystère pour Benedict, mais nous, spectateurs qui avons tout suivi depuis le début, avons droit à une révélation finale qui nous scotche littéralement sur notre siège (ça ne nous assoit pas comme on dit d’habitude, on est déjà assis).

Il faut dire que Soderbergh est un magnifique narrateur (conteur ?). On a beau avoir tout suivi en détail, il a quand même réussi à nous surprendre au final.

 

Il y a une fascination générale pour les films de braquage, et pour ceux qui en dévoilent les moindres détails de la préparation. Cette fascination s’explique aisément par le fait que la très grande majorité des spectateurs sont tout bonnement honnêtes et qu’un tel acte est attractif car interdit. Il en va de même des films d’évasion où le spectateur se projette dans ce genre de héros qui en fin de compte risque, voire joue sa vie sur un plan extrêmement risqué.

Il s’agit, bien sûr du remake de L’Inconnu de Las Vegas (Lewis Milestone, 1960 – Ocean’s Eleven en VO), mais quarante ans après, les mœurs ont évolué : alors que ce dernier film se terminait un peu comme L’ultime Razzia (Stanley Kubrick, 1956), avec l’argent malencontreusement perdu pour les braqueurs, ici le braquage sera un succès total*. Qui en aurait douté avant de voir le film ?

 

Il faut dire que les protagonistes – les 11 du titre – sont magnifiques. Du plus jeune – Yen (Shaobo Qin) – au plus âgé – Saul (Carl Reiner, père de Rob) – respectivement 19 et 79 ans, nous assistons à un casting de rêve : que ce soit dans l’intrigue comme sur l’écran.

Il n’y a ni ordre ni préséance dans cette organisation. Danny, s’il amène le coup n’est pas pour autant le chef de ce gang. Ou alors un tout petit peu. Rusty (Brad Pitt) ou tout autre est un engrenage indispensable de cette grande machinerie qu’est ce braquage qui en devient légendaire.


Et quand le film se termine, on peut très bien s’en contenter. Au moment de la sortie, il n’était pas encore question d’en faire une suite. Mais la tournée promotionnelle aura raison de Soderbergh : lors de son passage en Italie, il imagine rapidement une suite, qu’il mettra trois ans à nous présenter, reprenant (condition sine qua non ?) les mêmes protagonistes, dont Carl Reiner qui, à 85 ans sera même dans le troisième opus (il sera même dans le produit dérivé...).

 

Mais, là encore, ceci est une autre histoire.

 

 

* L’est-ce vraiment ? Y aurait-il eu une suite si ce fut un vrai succès ?

 

PS : le titre original n’a pas été, cette fois-ci, traduit en France. En effet, réutiliser L’Inconnu de Las Vegas, comme ce fut le cas au Québec, ne correspond pas vraiment à l’intrigue. Danny Ocean est très bien connu des services de police d’une part, et de Benedict d’autre part, grâce à sa fréquentation de Tess.

 

 

 


 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Frank Capra, #Lionel Barrymore, #James Stewart, #Comédie
La Vie est belle (It's a wonderful Life - Frank Capra, 1946)

On a (presque) tous dit, dans un moment de déprime : « si seulement je n’étais pas venu au monde ! ». C’est le cas de George Bailey (James Stewart), directeur – malgré lui – d’une agence de prêts à base associative de Bedford Falls (New York).

Il faut dire qu’en quelques heures sa situation a beaucoup évolué, surtout défavorablement, grâce entre autres à l’action maléfique du potentat local : Henry F. Potter (Lionel Barrymore).

Mais Clarence (Henry Travers), son ange gardien veille.

 

Frank Capra nous offre ici l’une des plus belles histoires de noël qui soit. En effet, cette histoire, plutôt improbable, mais là n’est pas la question – allie le merveilleux à la réalité avec brio, et encore une fois, quand le film se termine, on ne peut éviter de garder le sourire quelques instants… Et, à l’instar du Kid de Chaplin, une petite larme au coin de l’œil.


Il est d’ailleurs étonnant que ce film fût si peu proposé à la télévision française en période de fêtes de fin d’année.
Certes, de nos jours, les chaînes de télévision françaises – sauf ARTE, mais c’est normal, c’est une chaîne franco-allemande – relèguent les films en noir et blanc en deuxième voire troisième partie de soirée (quand elles n’en proposent aucun, si vous voyez de laquelle je veux parler…), mais quand j’étais plus jeune il en était déjà de même à propos de ce film que mon ami le professeur Allen John et moi-même n’avons découvert que fort tard.

 

Et pourtant, quel beau film.

Capra a toujours eu l’art de filmer des histoires optimistes sur l’amitié. Et ici, on retrouve un apparentement avec Vous ne l’emporterez pas avec vous, ne serait-ce que par la présence de plusieurs acteurs dans ces deux films : James Stewart, Lionel Barrymore ou encore H.B. Warner (Gower, le pharmacien) pour ne citer qu’eux. Sans oublier la belle Donna Reed… Tous donnant une large palette de personnages plus ou moins truculents, créant un microcosme rappelant ici l’un des piliers de la société américaine : le célèbre « Melting pot ».

De plus, George Bailey est proche de Tony Kirby (Vous ne l’emporterez pas avec vous) de par sa fougue juvénile et ses projets fous.


Dans une première partie, on assiste aux événements marquants de la vie de George, événements qui deviendront cruciaux dans une deuxième partie qui nous montrera le devenir de sa ville et de ses habitants s‘il n’avait pas vécu.
Car c’est là que la magie opère : Clarence, avec l’aide de sa hiérarchie (Saint Joseph & Co), va montrer à un George sceptique les répercussions sur les lieux et les gens de son absence originelle. Et le résultat est franchement déprimant.
C’est aussi une des marques que laisse le film – avec le sourire – sur le spectateur qui ne peut se demander ce qu’aurait été la vie de ses proches sans son intervention plus ou moins fortuite.

Et une fois cette (brève) introspection réalisée, on se dit que finalement chacun a sa place dans cette vie pas toujours drôle ni facile, mais qu’on y a tout de même contribuer à la rendre un tout petit peu meilleure.

 

Mais la grande différence avec Vous ne l’emporterez pas avec vous, c’est la place encore plus importante de l’amitié, et le rôle de George dans cette communauté. Alors que Vanderhof était malgré tout un individualiste, George est véritablement le chantre de cette cohésion sociale que représente son agence de prêts. Et l’expansion de son espace communautaire (Bailey Park) rappelle l’action de John & Mary Sims dans Notre Pain quotidien (King Vidor, 1934), qui se passe, chronologiquement parlant, à la même époque.

Et puis il y a la générosité des personnages – déjà entrevue dans la scène de procès de Vous ne l’emporterez pas avec vous, avec cette foule de gens venue soutenir les personnages principaux là encore dans une situation de détresse.

 

Mais le film fonctionne aussi grâce à l’opposition de deux grands acteurs : James Stewart et Lionel Barrymore. Alors que George Bailey est un optimiste un tantinet utopiste, Potter, lui, est un réaliste de la pire espèce : un financier. Il y a un peu de Scrooge (A Christmas Carrol - Charles Dickens, 1843) dans Potter : ce méchant avare qui, la nuit de Noël, est visité par les esprits des noëls passés. Mais si Scrooge s’amende, il n’en va pas de même de Potter, infâme vieillard frustré bouffi d’orgueil par sa richesse. Et l’infirmité réelle de Lionel Barrymore, qui ne se déplaçait plus qu’en fauteuil roulant, accentue ce pouvoir corrupteur de l’argent sur Potter, qui reste insensible à tout sentimentalisme, et donc à cet esprit de Noël qui baigne le film.
En face de lui, James Stewart nous offre un George Bailey capable de nous faire (sou)rire et émouvant à souhait, sans pourtant tomber dans l’excès : humain, donc. Il est un homme qui sacrifie ses aspirations, ambitions et projets pour les autres – le bien commun et en cela Capra va ici plus loin que dans Vous ne l’emporterez pas avec vous – et qui, s’il n’est pas riche d’argent, l’est d’amis. Et, comme le dit le dicton : « c’est dans le besoin qu’on reconnaît ses amis ». Alors George est un homme riche, encore plus riche que ne l’était Vanderhof.

 

Un film qui, s’il est marqué par le temps (l’action se termine en 1945), traite d’un sujet qui reste (et restera) toujours intemporel.

Et qui, en plus, fait du bien…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Harry Langdon
Papa d'un Jour (Three's a Company - Harry Langdon, 1927)

Un, c’est le mari (Cornelius Keefe).

Deux, c’est Gladys, la femme (Gladys McConnell).

Trois, c’est… Harry (Langdon, bien sûr).

« Un, deux, trois », c’est ainsi que nous sont présentés les acteurs du film. Rien d’autre.
Mais s’il est le numéro trois, c’est tout de même Harry le personnage principal.

 

Le titre original (Three’s a Crowd) fait référence à un dicton anglo-saxon – « two’s company, three’s a crowd » – qui signifie que la troisième personne est inutile, voire encombrante.

Mais reprenons.

Harry travaille pour la compagnie Atlas, une société de déménagement. Il est l’unique employé d’un patron exigeant et matinal (Arthur Thalasso).
Gladys est une jeune femme enceinte déçue par son mari et qui donc l’abandonne. Seule, dans le froid elle est recueillie par Harry. Mais le terme de la grossesse est arrivé et la femme accouche d’un bébé qui a les yeux de sa mère et les pieds de son « papa » occasionnel.

Mais le vrai père veut retrouver sa femme.

 

Il s’agit ici du premier film réalisé par Harry Langdon, émancipé de Capra et d’autres réalisateurs.
Si le résultat n’a pas le ressort comique de ses grands succès (Sa dernière Culotte, L’Athlète incomplet…), il n’en garde pas moins la poésie intrinsèque au personnage lunaire de Langdon.
Il a toujours son côté naïf et vaporeux qui fait son charme.

La première séquence avec son patron nous ramène à un domaine connu où nous pouvons nous demander pourquoi ce patron le garde à son service : sa stature est loin der correspondre à celle d’un déménageur, et son efficacité est très contestable. De plus son organisation domestique est, sinon très orthodoxe, en tout cas très efficace !

 

Et cette femme qui lui tombe du ciel, c’est un désir devenu réalité comme l’explique l’épouse de son patron : un véritable conte de fée.

Mais Harry sait qu’il ne sera pas éternellement le père, malgré les prévisions du professeur De Motte. Et cela nous permet d’assister à un rêve magnifique, où le vrai père de l’enfant est le méchant, rejeté même par sa femme, et que Harry va devoir combattre. Et comme c’est un rêve, les personnages et les accessoires apparaissent soudainement mais naturellement : personne ne s’inquiète de tous ces changements subits.

 

Je le redis, on rit moins que dans les autres films susmentionnés, mais par contre, le sujet choisi est plutôt déroutant pour un comique comme Langdon. Non pas parce qu’il exprime très bien sa délicatesse, mais par le contenu de l’intrigue : une femme abandonne son mari alors qu’elle est enceinte, et va accoucher chez un parfait inconnu. N’oublions pas que nous sommes en 1927 ! Certes, le code Hays n’est pas encore d’actualité, mais tout de même, il y avait de quoi exciter les ligues de vertu !

 

Mais, de par cette situation (ainsi que le titre original), la fin – du point de vue de Harry – ne peut pas être heureuse. Et cette fin annoncée est amenée avec la subtilité de ce grand acteur, seul dans la rue, sa lampe à pétrole (accessoire primordial du film) dans la main, tel Diogène cherchant un homme.

Reste alors la délicatesse d’un comique éthéré, un peu oublié (hélas) à côté des géants : Chaplin, Keaton et Lloyd…

 

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Frank Capra, #Lionel Barrymore, #James Stewart
Vous ne l'emporterez pas avec vous (You can't take it with you - Frank Capra, 1938)

Alice Sycamore (Jean Arthur) est amoureuse de Tony Kirby (James Stewart). Sauf que.

Sauf que si la famille de Tony est très riche et respectable, il n’en va pas de même de la famille d’Alice.

Chez les Sycamore, chacun fait ce qu’il lui plaît : le grand-père Vanderhof (Lionel Barrymore) collectionne les timbres et joue de l’harmonica ; Essie (Ann Miller) – sœur d’Alice – danse sur des musiques de son mari Ed (Dub Taylor), sous l’œil attentif de son professeur le Russe Kolenkhof (Mischa Auer), sans oublier l’atelier à la cave où on fabrique des pétards et autres accessoires de fête.

Alors quand Alice veut que les deux familles se rencontrent, l’originalité de la famille n’est pas obligatoirement un atout auprès de sa future belle-famille…

 

Ce qui est formidable, dans le cinéma de Frank Capra, c’est qu’on finit (presque) toujours avec un sourire. Quoi qu’il arrive, on termine sur une fin heureuse, où le bonheur que tout le monde recherche est, en fin de compte, à portée de main.

Mais dans ce film, le moyen d’y arriver est encore plus évident : faire ce qu’on a envie.


Il faut dire que les Vanderhof-Sycamore sont des experts de ce principe. Chacun vit en bonne intelligence avec les autres et fait ce qu’il veut.
Alors quand le rencontre, qui était bien planifiée se trouve être avancée, les Kirby se retrouvent face à des gens qu’on peut aisément qualifier de dingues.
Mais au-delà de cette folie – finalement pas si évidente que ça – c’est un mode de vie que nous présente Capra. Et Vanderhof, malgré son détachement apparent des choses terrestres, est tout sauf un illuminé. On peut même dire qu’il est en quelque sorte le porte-parole de Capra lui-même : pas un grand supporter du gouvernement de l’époque, dirigé par Franklin Roosevelt…
Et c’est le moment où un représentant de ce même gouvernement vient demander à Vanderhof un arriéré d’impôt de 22 ans (!) que s’exprime le mieux son point de vue hostile, qu’on retrouvera aussi dans son film suivant : Mr Smith au Sénat.

 

Mais au-delà de cet aspect politique, c’est avant tout un film sur l’amitié et une très belle illustration de la maxime célèbre : « l’argent ne fait pas le bonheur ».

Car en fin de compte, ce qui est essentiel, ce n’est pas d’amasser un maximum d’argent : c’est bien connu, les linceuls n’ont pas de poche (d’où le titre). 

C’est l’amour le plus important, l’amour fraternel qui prévaut. Et le véritable déclenchement de cette prise de conscience par Kirby père (Edward Arnold), c’est quand coup sur coup son ancien ami Ramsey (H.B. Warner) et son propre fils se détachent de lui, au moment où il va réaliser son rêve financier le plus important de sa vie professionnel. Là se posera le choix crucial : l’argent ou l’amour ?

 

Mais ce film est aussi l’occasion de retrouver l’immense Lionel Barrymore, qui est malheureusement rattrapé par sa santé : l’arthrite l’oblige à se déplacer en béquilles pendant tout le film, le scénario ayant été modifié pour faire passer ce handicap pour un accident récent. Mais s’il fut diminué physiquement, il n’en reste garde pas moins un œil pétillant et une attitude espiègle tout au long du film.
De plus, il est non seulement le pilier qui soutient cette maisonnée et par la même occasion le quartier tout entier, sorte de vieux sage qui, s’il ne s’est pas retiré du monde est régulièrement sollicité dans les moments de crise.

 

Ce personnage altruiste, même s’il a des idées très individualistes, annonce George Bailey – qui sera d’ailleurs interprété par le même James Stewart – dans La Vie est belle : un homme qui s’il n’est pas riche à millions, est tout de même riche d’amis, ces amis que l’argent ne pourra jamais acheter.

 

Il y a aussi dans ce film – qui fut tourné il y a maintenant 80 ans – une portée prémonitoire. En effet, la situation économique de l’époque est assez similaire à celle qu’on vit actuellement – la menace fasciste en plus (quoi que…) – où les riches s’enrichissent toujours plus et les pauvres (la « racaille » dont parle Kirby Sr.) toujours plus pauvres et en outre méprisés (la crise ne sera résorbée qu’avec la deuxième guerre mondiale).

Et en plus, Tony  Kirby (Jr) est un magnifique visionnaire, puisqu’il veut réfléchir à une nouvelle source d’énergie naturelle et qui, même si elle existe depuis l’Antiquité, semble utopique à la fin des années 1930 : l’énergie solaire !

 

Un film qui se laisse toujours très agréablement regardé et vous donne, bien entendu, le sourire aux lèvres quand s’écrit le mot fin.
 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Claude Zidi
Les Sous-doués passent le bac (Claude Zidi, 1980)

Bébel (Daniel Auteuil), Julien (Philippe Taccini), Caroline (Françoise Michaud), Gaëtan (Gaëtan Bloom) et les autres, sont de véritables cancres, traînant leur jeunesse dans une « boîte à bac », le cours Louis XIV dirigé d’une main de maîtresse par Lucie Jumaucourt (Maria Pacôme) aidée des membres de sa famille.
Cette année, les élèves doivent avoir leur bac !

 

Depuis Jean-Charles et ses cancres, en passant par la Potachologie de René Goscinny illustrée par Cabu, l’humour potache a ses adeptes en France (et ailleurs, rassurez-vous). Alors bien évidemment, Claude Zidi n’est pas passé à côté.

 

Oui, on rit. Même presque 40 ans après.
On se demande ce qu’un acteur comme Raymond Bussières, qui a joué pour les grands (Clouzot et l’Assassin habite au 21, Carné et Les Portes de la Nuit…) vient faire dans cette histoire. Mais que voulez-vous, il faut bien vivre aussi.

 

Alors on regarde, amusé, et on se rend compte que de tous ces potaches qui ont percé au cinéma, seul Daniel Auteuil tient le haut de l’affiche. Beaucoup des autres ont fait aussi leur chemin. Comme quoi…

On s’amuse aussi de rencontrer un jeune examinateur qui n’est autre que Richard Bohringer, ou encore un jeune père qui a réellement au moins dix ans de moins que l’exige son rôle : Féodor Atkine.

 

Ce n’est certes pas un film extraordinaire, mais il a la grande prétention de faire rire (cf. Pierre Desproges : Criticon, 16 février 1986). Alors on rit, ou on sourit... Ce n'est pas toujours léger, mais bon. On rit de la bêtise de Galabru, de la surdité de Deschamps, de la machine à apprendre…

 

… Et puis on passe à autre chose.

 

 

Joyeux Noël !

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Terry Gilliam
Bandits, bandits (Time Bandits - Terry Gilliam, 1981)

Kevin (Craig Warnock) est un petit garçon anglais, vivant dans une maison anglaise dans un lotissement anglais. Il est aussi passionné d’histoire et plus particulièrement de l’Antiquité grecque avec ses mythes et ses héros.

Un soir qu’il va se coucher, des personnes sortent de son armoire : ce sont six nains qui ont volé la carte du temps de l’Etre Suprême.

Kevin va alors les suivre dans le temps et bien sûr, dans l’espace…

 

Il s’agit du deuxième long métrage de Terry Gilliam, (presque) libéré des Monty Python. Non pas que ce groupe soit une prison, mais c’est surtout son esprit qui fut envoûtant et difficile d’en sortir.

On retrouve donc plusieurs petites histoires dans la grande Histoire (ou apparentée) dans lesquelles la bande de pirates du temps que sont les six nains cherchent à s’enrichir.

Bien sûr, cette histoire de voyager dans le temps pour de l’argent nous rappelle les aventures de Timoléon et du professeur Stanislas imaginés par les dessinateurs Fred et Alexis (1974-75).


Mais nous sommes chez Terry Gilliam et l’importance est donc mise sur le merveilleux. En effet, le personnage central, Kevin, est un petit garçon ordinaire à qui il arrive des aventures extraordinaires, comme pour la plupart des personnages de Gilliam. Que ce soit Sam Lowry (Brazil), Sally Salt (Les aventures du Baron de Münchhausen) ou encore Jack Lucas (The Fisher King), le merveilleux rejoint la réalité pour ne faire qu’un, et pas seulement dans la tête des personnages.

Et partant du principe que c’est une histoire extra-ordinaire, quoi de plus naturel que de mettre en avant une bande de vrais nains : Randall le chef (David Rappaport), Wally (Jack Purvis) ou encore Fidgit (Kenny « R2D2 » Baker) pour ne citer qu’eux.


Mais comme Gilliam n’oublie pas ses racines, on peut trouver au générique deux de ses anciens complices : John Cleese (Robin des Bois) et Michael Palin (Michael) - par aillerus coscénariste - qui, avec Shelley Duvall (Pansy), fait plusieurs apparitions.

Ceci explique en partie la teinte pythonesque du film. Il faudra attendre Brazil avant que Gilliam se détache définitivement (?) de cette influence, et ce malgré la présence de ce même Michael Palin.

 

Ce sont donc ce qui fait le célèbre « nonsense », mélange d’absurdité et de non-sens très britannique (excusez donc ce pléonasme).
Mais surtout, c’est l’histoire qui est malmenée, qui devient source de comique : Napoléon (Ian Holm), Robin des Bois et Agamemnon (Sean Connery) ne sont plus vraiment ce qu’ils étaient. Napo est un frustré obnubilé par sa taille, quant à Robin des Bois, je vous laisse le découvrir.


Mais on retrouve aussi des références artistiques comme c’est souvent le cas : La Joconde apparaît dans l’épisode napoléonien, ainsi que le fameux « masque d’Agamemnon », utilisé comme tel.

Et puis il y a le méchant. C’est même le Mal avec une majuscule. Et encore une fois, c’est David Warner qui l’interprète.

Certes, le film ne semble pas complètement abouti et un peu bricolé. Mais si Gilliam a l'air de s’en tirer par une pirouette , il faut constater quand même que les éléments du basculement final sont présents dans la séquence d’affrontement du Mal. C’est d’ailleurs une séquence où le décor est absolument magnifique : noir comme le Mal, mais tellement fantastique. Il y a toujours ce même souci du décor  qu’on retrouve dans ses films où même le quotidien prend une autre dimension.

 

Toujours un plaisir à revoir...

 

 

PS : Et encore une fois, le titre français est un tantinet bâclé : les « Voleurs du Temps », ou « dans le Temps » deviennent seulement  des « bandits ».

Et en plus deux fois : pour ceux qui n’auraient pas compris ?

 

PPS : à noter qu’une grande partie de la distribution se retrouvera dans Brazil et même certains dans Münchhausen.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #Comédie
Les Ripoux (Claude Zidi, 1984)

« Ripou=pourri, pourri=ripou, t’as compris ? » (René)

 

Le premier, c’est René Boisrond (Philippe Noiret), un flic. Cinquantaine bien tassée, moustache réglementaire chez ces messieurs de la maréchaussée, épaules tombantes avec le poids des ans.

L’autre, c’est François Lesbuche (Thierry Lhermitte), un policier. Jeune, beau et dynamique, la tête haute, des projets plein la tête. Il voudrait être commissaire.

Enfin ça, c’est au début. Parce qu’à force de fréquenter René, François dévie progressivement de la ligne qu’il s’était donné…

 

Quand le film est sorti, on se disait que c’était l’énième film comique de Claude Zidi – il avait sorti auparavant Banzaï qui, malgré la présence de Coluche et l’intrigue en rapport avec les voyages ne volait pas bien haut – et donc, on ne s’attendait pas à des miracles.

Pourtant, ce fut un succès phénoménal (justifié) puisque le film remporta même trois Césars en 1985.

Il faut dire qu’avec ce film, Claude Zidi a pu montrer qu’il ne faisait pas que dans le comique grossier voire gras, le personnage de René étant à la fois un personnage grand-guignolesque (c’est Noiret, que voulez-vous !) et subtile, ce qui manquait un peu à ses anciennes comédies.

En effet, Philippe Noiret allie la subtilité à son jeu parfois un tantinet outré. Et ça marche très bien. La recette du duo (presque) mal assorti est aussi une des composantes du succès du film.

Ces duos, en effet sont toujours source de gags du fait de la différence évidente des personnages. Mais ici, cette différence, si elle prévaut (un jeune et un vieux) s’estompe peu à peu : François suivant l’exemple (mauvais) de son aîné. Et c’est cet aîné le personnage central de cette comédie.

 

Cette comédie, qui n’empêche pas certains effets de gros comique, y allie tout de même une dose de subtilité, le plus souvent exprimée par ce même René, vieux flics revenu de tout. Il y a dans ce personnage toute la désillusion du métier mais avec tout de même une teinte d’affection. En effet, si René est là pour protéger les citoyens, il n’en est pas moins homme et a appris à connaître ces petits délinquants qui font grimper les statistiques. Et même s’il sait que leurs activités sont illégales, il n’en a pas moins une certaine tendresse pour eux, les gourmandant plutôt que de les serrant après un délit.

 

Les deux autres composantes sont les femmes (surtout pour François) et les chevaux (grande passion de René). Les femmes sont présentes dans cette histoire plutôt masculine : Simone (Régine), qui vieillit doucement avec René et la jeune Natasha (Grace de Capitani), dont s’éprend follement François.

Elles sont là pour apporter un peu de stabilité dans la vie de ces deux flics, dont le quotidien n’est pas toujours rose (voir à ce sujet Polisse, de Maïwenn en 2010). Pour François, Natasha est le repos du guerrier : il rentre et pose son arme, pour ne s’occuper que d’elle. Pour rené, c’est une vieille compagne qui partage sa solitude et son désenchantement alors que l’âge le rattrape doucement.

Seulement voilà le magnifique paradoxe du film : ce sont toutes les deux des prostituées. Et pour un flic, ça ne se fait pas trop de partager sa vie avec ces dames…

 

Avec ce film alliant l’humour et la subtilité, Claude Zidi rend à sa façon hommage à la police. Mais sans tomber non plus dans l’hagiographie. Ce ne sont pas les héros aux prouesses extraordinaires que nous suivons. Non, de simples flics, avec leur bons côtés et leurs défauts : des êtres humains, faillibles.
Et autour du duo vedette évoluent d’autres figures connues du cinéma, mais toujours dans de courtes apparitions. De ces acteurs qu’on a déjà vu mais dont on ne connaît pas toujours le nom : René Morard (Fernand), François Cadet (l’hôtelier), Jacques Ciron… Sans oublier le grand Julien Guiomar.

Et puis un inconnu alors, dans un tout petit rôle de bagarreur arrêté pour voie de fait (normal, on l’avait traité d’enc…) : Ticky Holgado.

 

Mais le film, s’il fonctionne, c’est aussi grâce à l’étroite collaboration entre Zidi et son coscénariste et dialoguiste : Didier Kaminka.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Edmond T. Gréville
Les Mains d'Orlac (The Hands of Orlac - Edmond T. Gréville, 1960)

Les Mais d’Orlac III : le retour des mains maudites.

 

Oui, il est de retour. Le pianiste maudit est cette fois-ci interprété par Mel Ferrer. Il s’appelle toujours Stephen (prononcer [stefεn]), et les mains sont toujours celles de Vasseur.

Quant à l’intrigue, elle reprend plutôt celle de Robert Wiene que celle de Karl Freund. Mais avec une distribution assez prestigieuse : en plus de Mel Ferrer, on a la chance de pouvoir voir Christopher Lee, Donald Pleasence (splendide, non ?) et la belle Dany Carrel.


Mais malgré la présence de ces stars, la question demeure : était-il bien nécessaire de faire ce film ?

Parce que, à part la possibilité d’entendre Christopher Lee et Mel Ferrer deviser en français, il n’y a pas grand chose à sauver.

 

Ce n’est pas complètement désagréable à regarder, mais tout de même un peu plat. S’attaquer à un tel film après les deux autres versions a un côté suicidaire. Le film, s’il s’attache plus au sort du pianiste, ne prend jamais la dimension fantastique qu’on aurait pu en attendre.

Que Stephen Orlac s’abîme les mains suite à un accident d’avion, pourquoi pas, on est dans une version plus modernisée. Mais justement, c’est le seul élément qui change. Pour le reste, seule les coiffures et allures des gens nous indiquent que nous sommes à une autre époque.

Donc finalement, la « modernisation » n’apporte rien de plus.


Envolée la dimension obsessionnelle de Paul Orlac (1924) ou celle de Gogol (1935). Il ne reste que celle de Stephen, qui ne l’empêche finalement pas trop de vivre.

Il manque vraiment ce qui faisait le sel des deux précédents films : la portée fantastique voire fantasmagorique lors de l’apparition du faux Vasseur affublé de ses prothèses tombe à plat, comme le film en général.

 

Quel gâchis d’avoir à portée de mains (c’est le cas de le dire) de grands acteurs et arriver à produire un film aussi fade.

On aurait attendu mieux de quelqu'un qui a fait ses classes sur le Napoléon de Gance...

 

Dommage, vraiment.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Dean Parisot, #Comédie, #Morgan Freeman
RED 2 (Dean Parisot, 2013)

Trois ans après, ils reviennent, un peu plus âgés, certes, mais toujours aussi efficaces.

Bien entendu, Morgan Freeman n’est plus là, mais on découvre un nouveau retraité, lui aussi d’office, mais dans un hôpital psychiatrique en plein cœur de Londres : le professeur Bailey (Anthony Hopkins).

 

Si le premier opus fut une agréable découverte, cette suite est tout de même un tantinet convenue et ne possède la magie du premier qu’à de rares moments. Il est tout de même agréable de revoir ces vieux compagnons d’armes ans des histoires improbables (tant que ça ?), mais le plaisir s’est émoussé. Et même les scènes d’action les plus intense manquent de cette fraîcheur qui rendait irrésistibles ces retraités extrêmement dangereux dans le film précédent. Même Marvin (John Malkovich) n’est plus aussi paranoïaque qu’avant, c’est dire.

 

Mais heureusement, Anthony Hopkins est là, dans un rôle de vieux gâteux qui ne l’est pas tant que ça, toujours aussi british, mais avec une certaine fêlure qui lui sied tout à fait.

 

Pour le reste, on retrouve l’arsenal habituel de gros flingues et revolvers, le tout avec une sous intrigue amoureuse : quand paraît Katja (Catherine Zeta-Jones), ancienne petite amie de Frank (Bruce Willis). Il y a des couples qui se font et se défont dans les coups durs : ici, pas de soucis, c’est l’inaction qui pourrait séparer Frank et Sarah (Mary-Louise Parker), plus qu’une rivale !

 

Le seule petit changement, finalement, c’est l’usage de la bande dessinée pour les transitions entre les différents lieux de l’intrigue. Red est avant tout une BD de chez E.C. Comics : des dessins de Cully Hamner et des textes de Warren Ellis.

 

Et même si les retrouvailles – brèves – entre Victoria (Helen Mirren) et Ivan (Brian Cox) sont jubilatoires, elles ne représentent qu’une infime parenthèse dans un film où on tire plus (un peu trop d’ailleurs) qu’on ne s’explique entre gens civilisés – avant de tout de même s’entretuer, cela va sans dire – comme auparavant.

 

Dommage.

 

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